La semaine dernière les déclarations de Nicolas Sarkozy et de Patrick Devidjan député et Président du Conseil général des Hauts de Seine sur le RER A ont mis le feu aux poudres. Ces deux personnes ont plusieurs points communs : ils sont UMP, élus des Hauts de Seine depuis des décennies et ne s’étaient jamais penché auparavant sur l’état des lignes du RER et leur financement.
Que le Président de la rupture et du Pouvoir s’achat, s’émeuve enfin de la situation pitoyable des transports en commun dans la région, notamment en grande couronne est une bonne chose, encore ne faudrait il pas limiter cette problématique au seul RER A ; mais au-delà des mots, où est l’action, car c’est bien là que le bas blesse !
Les déclaration présidentielles relayées dans la foulée par les propos de Devidjan apparaissent plus comme une provocation, qu’une inflexion de la politique gouvernementale sur la problématique du transport en commun, ce qui aprés les accords de Grenelle est regrettable. Le sens de l’intérêt général de ces deux élus des Hauts parait être à géométrie variable, nous y reviendrons.
Alors pourquoi tant de haine ? Quelle réalité se cache derrière ses effets de manche ? Où est le grand dessein présidentiel pour les transports publics, après le Grenelle de l’Environnement ?
Car en définitive, c’est de bien cela qu’il faudrait parler et qui importe aux franciliens !
Une vie ne vaut rien, rien ne vaut une vie André Malraux Si… Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu sais méditer, observer et connaître, Si tu sais être dur, sans jamais être en rage, Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire Rudyard Kipling 10 années déjà … cela représente beaucoup à l’échelle d’une vie d’homme, mais théoriquement peu dans l’histoire d’un pays. Pourtant certains évènements accélèrent singulièrement le fil de l’histoire, illustration géo politique de l’effet papillon cher aux météorologues (voir note ). C’est aussi cela ce jumelage ! La chute du mur de Berlin, évènement attendu s’il en est, est la résultante d’une véritable vague de fond qui a secoué l’Europe de l’Est, dont les tragédies de Budapest de 1956 et de Prague en 1968, où tant d’hommes et de femmes ont péri, sont l’illustration. J’ai eu la chance il y a deux ans de découvrir le magnifique pays, qu’est la Hongrie lors d’un voyage qui reste pour moi, mémorable (cf note précédente). Je comprends mieux depuis pourquoi les magyars sont si fiers de leur culture, qu’elle soit celle des mots ou des notes de musique et l’incidence de celle ci sur la notre. Nous en avons encore eu l’illustration ce week end avec une presation remarquable de trois solistes hongrois : orgue, guitare et piano. Ce grand écrivain, rescapé de l’holocauste et survivant d’Auschwitz, ayant vécu de longues années sous le régime communiste, a déclaré simplement, le jour où il a reçu son prix à Stokholm, que son histoire personnelle mêlée à celle de son grand pays, l’avait rendu plus lucide. Les histoires de nos trois pays sont sans nul doute différentes, nos langues également, mais nos cultures beaucoup moins, car l’Europe a toujours été terre de rencontre et de mélanges …La lucidité commune (pour reprendre l’expression d’Imre Kertesz) qui nous anime à Pannonhalma, Engen ou Trilport, repose en grande partie sur les moments douloureux traversé par l’Europe le siècle dernier et qui ont touché au plus profond nos pays. Cette expérience constitue un ciment fort, permettant après un long cheminement millénaire, à une citoyenneté européenne, celle de nos enfants, d’émerger … Elle est d’autant plus solide qu’elle est bâtie sur des valeurs partagés, basées sur le respect de la vie humaine, de la liberté d’expression, de nos cultures respectives et d’un patrimoine naturel dont la Planète a tant besoin … Rainer Maria Rilke, européen d’avant-garde s’il en est, l’avait si bien écrit : « La destinée ne vient pas du dehors à l’homme, elle sort de l’homme même. » Nous sommes européens car c’est notre destinée commune. Nous devons y travailler comme les abeilles font leur miel, inlassables, chacune à sa place, butinant et découvrant ici et là, des saveurs et des odeurs nouvelles qui permettront d’obtenir un miel meilleur car riche en parfum et saveurs plurielles, Que de chemins parcourus en 10 ans ! Que d’échanges, de visites communes, de moments heureux passés, ensemble …Souvenons nous, 1998 c’était au siècle dernier et l’an 2000 n’était pas encore passée … Il faut saluer le rôle d’hommes comme Johanes Moser, le maire d’Engen et d’Ulrich Scheller, responsable de ses jumelages, pour avoir su initier ce formidable mouvement d’amitié qui permet de créer d’innombrables passerelles entre France, Allemagne et Hongrie … Cet anniversaire est un heureux évènement, la réalité des faits démontre chaque jour un peu plus, l’urgence de bâtir l’Europe du concret et des citoyens … Extrait du discours d’Imre Kertesz, prix Nobel de littérature, en Novembre 2002, à Stokolm. « D’anciennes prophéties disent que Dieu est mort. Il ne fait aucun doute, qu’après Auschwitz, nous sommes restés livrés à nous-mêmes. Il nous a fallu créer nos valeurs, jour après jour, par un travail éthique opiniâtre mais invisible qui finira par produire les valeurs qui donneront peut-être naissance à la nouvelle culture européenne. Que l’Académie Suédoise ait jugé bon de distinguer précisément mon œuvre prouve à mes yeux que l’Europe éprouve à nouveau le besoin que les survivants d’Auschwitz et de l’Holocauste lui rappellent l’expérience qu’ils ont été obligés d’acquérir. Mais ce qui a été révélé à travers la solution finale et « l’univers concentrationnaire » ne peut pas prêter à confusion, et la seule possibilité de survivre, de conserver des forces créatrices est de découvrir ce point zéro. Pourquoi cette lucidité ne serait-elle pas fertile ? Au fond des grandes découvertes, même si elles se fondent sur des tragédies extrêmes, réside toujours la plus admirable valeur européenne, à savoir le frémissement de la liberté qui confère à notre vie une certaine plus-value, une certaine richesse en nous faisant prendre conscience de la réalité de notre existence et de notre responsabilité envers celle-ci. » Où que nous regardions l’ombre gagne L’un après l’autre les foyers s’éteignent Le cercle d’ombre se resserre Parmi les cris d’hommes Et des hurlements de fauves Où que nous regardions l’ombre gagne Pourtant nous sommes de ceux Qui disent non à l’ombre Nous savons que le salut du monde Dépend de nous aussi Où que nous regardions l’ombre gagne Nous savons que la terre A besoin de n’importe lesquels D’entre ses fils De ses fils les plus humbles Où que nous regardions l’ombre gagne Les hommes de bonne volonté Feront au monde une nouvelle lumière Ah! Tout l’espoir n’est pas de trop Pour regarder le siècle en face Où que nous regardions l’ombre gagne Ah! tout l’espoir n’est pas de trop Pour regarder le siècle en face Aimé Césaire Predictability: Does the Flap of a Butterfly’s Wings in Brazil Set off a Tornado in Texas? »
(ou Prédictibilité : le battement d’ailes d’un papillon au Brésil provoque-t-il une tornade au Texas ? )
<!–[if gte mso 9]> « Art. L. 531-2-1. – Les organismes génétiquement modifiés ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l’environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées “sans organismes génétiquement modifiés”, et en toute transparence. »
Amendement présenté par Monsieur Chassaigne député PC du Puy de Dôme (lien)
« Cet amendement prévoit que la mise en culture, la commercialisation et l’utilisation ne peuvent se faire que dans le respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales. Il prend en compte des principes déjà retenus par les ministres de l’environnement de l’Union Européenne.
29 avril 2008 …

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Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être que penseur ;
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !Engen Pammonhalma, 10 ans …
J’étais ce week end en Allemagne, invité par la ville de Engen (notre ville jumelée) à fêter le 10 eme anniversaire de son jumelage avec la ville hongroise de Pannonhalma (cf note précédente)..
L’époque récente fourmille de telles dates, dont celle du 9 novembre 1989, qui a tant changé de vies. La chute du mur de Berlin a marqué pour l’Europe une nouvelle naissance, notre continent a enfin pu retrouver son deuxième poumon, celui de l’Est, dont il avait tant besoin pour être de nouveau lui même !
J’ai toujours en tête les images noires et blancs du poste de télévision de l’époque et le bruit des chars russes envahissant les rues de Prague. Des souvenirs amplifiés par la suite, par la lecture lors de mes années lycées d’oeuvres telles « Le zéro et l’infini (Darkness at noon) », de d’Arthur Koesler, et de l’intérêt sucité par la destinée d’hommes comme Imre Nagy en 1956 et Dubcek en 1968,
Cette nation n’est pas seulement la patrie de Sandor Petöfi, poète de légende et héros de la Guerrre d’indépendance de 1848, auteur d’un vers prémonitoire : « Liberté, amour, voici ce qu’il me faut, Pour mon amour je sacrifierais ma vie,Pour la liberté, je sacrifierais mon amour ! », mais également celle de Ferenz Lizt et de tant d’autres, dont, plus prés de nous, Imre Kertesz, prix Nobel de littérature en 2002.
Une lucidité fertile avait il précisé, dans laquelle « réside la plus admirable valeur européenne« , il avait également souligné le «frémissement de la liberté, qui donne à notre vie sa richesse » (voir plus loin).
Aimé

Le chaos est orphelin

OGM / NKM : l’Objet du délire

