Passeur de culture

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« Un coeur n’est juste que s’il bat au rythme des autres coeurs. »

Paul Eluard

 

Je veux témoigner de ma reconnaissance envers Jacques Chancel, tant je lui dois une part de ce que je suis devenu aujourd’hui. 

Au travers de son émission du Grand échiquier, il nous a permis d’accéder à des univers que nous n’aurions sans lui jamais parcouru, car inaccessibles jusque là, chasse gardée d’une petite élite, généralement parisienne.

Ce passeur de culture a su mieux que personne faire œuvre de vulgarisation en faisant, excuser du peu, rimer culture (avec un grand « C » et un « s » comme plurielle), l’émotion (la joie du direct) avec le « populaire », dans tout ce que ce si beau mot revêt de dignité et de noblesse.

Jacques Chancel  est intimement lié à des moments précieux et fédérateurs de ma vie, gravés au plus profond de mon cœur et de mon âme, car partagée, en famille, autour de son émission …
Tant et tant de talents l’ont traversé, tant et tant de mélanges et de cultures d’ailleurs … Ces moments nous ont tant et tant apporté …

 

A tous ceux qui doutent aujourd’hui de l’intérêt d’une télévision publique, Jacques Chancel comme Bernard Pivot et tant d’autres apportent la meilleure des réponse. 

Encore faut il, que le service public soit animé d’une véritable ambition et qu’il cherche, tout en étant et restant profondément populaire, c’est sa noblesse, à élever, interpeller et enrichir, plutôt qu’habiter le temps de bruit médiatique insipide, insignifiant et racoleur, bref qu’il soit une valeur ajoutée culturelle et un supplément d’âme. 

Ce soir je pense énormément à mon père et avec nostalgie à tous ces visages disparus qui ont peuplé le Grand échiquier et ont tant compté pour moi : de Brassens à Montant en passant par Ferré, De Moraes, Menuhin, Nougaro, Marceau et tant et tant d’autres …

 

 

Réconcilier France des villes et France des champs

618849901_huge.jpgDans le cadre des Etats Généraux du Parti Socialiste, j’ai élaboré une contribution relative à la fracture territoriale.
Rappel de la règle, toute contribution doit être inférieure à 2700 signes, ceci explique peut être cela …

La fracture sociale et spatiale entre métropole et périphérie s’accentue et transforme en profondeur le pays.
Ce mouvement de fond amplifié par la crise et les contraintes budgétaires provoque un véritable «bloodshift territorial », les territoires riches aspirant la ressource financière devenue rare aux dépens de la périphérie.
Conséquence pour les habitants : repli sur soi, déclassement, sentiment d’abandon avec une traduction politique directe : la montée de l’abstention et surtout du vote extrémiste, tant la désespérance s’installe dans ces espaces de déliaison sociale.

Accepter la discrimination entre citoyens selon son lieu d’habitation est inacceptable pour tout républicain ! Il nous faut redonner cohésion, espoir, perspectives.
Reconnaître le fait métropolain, ne signifie pas pour autant abandonner territoires ruraux et péri urbains. Notre planète avec 10 milliards d’habitants aura besoin de se nourrir, se loger, se chauffer et de forêts entretenues pour renouveler son atmosphère.

Nous devons revitaliser ces territoires autour :

Des mobilités réelles ou virtuelles. La capacité de se déplacer est un marqueur social et spatial. Pour un métropolitain tout est possible, pour d’autres un vrai parcours du combattant. Il faut développer dans ces territoires des réseaux de transport multi modaux performants basés sur les différents éco systèmes locaux et créer les infrastructures nécessaires aux usages numériques les plus innovants.

De la transition énergétique afin de lutter contre la précarité qui caractérise l’habitat de la grande périphérie et développer jeunes pousses et filières courtes (bois, matériaux bio sourcés, BTP) créatrices d’emplois locaux et de richesses,

De l’équité territoriale. Il ne peut y avoir une France à plusieurs vitesses et des citoyens de seconde zone, relégués, « invisibles ». Il faut une péréquation juste, lisible, réactive au cœur d’un pacte républicain renouvelé liant collectivités et Etat pour remettre confiance et sérénité au cœur des relations entre acteurs clés des politiques publiques.

Du lien social de proximité. En permettant à toutes les collectivités d’être en capacité de répondre aux besoins premiers des familles de plus en plus nombreuses qu’elles accueillent.

 

Imaginer aujourd’hui l’organisation territoriale de demain en baronnies ou duchés n’a plus de sens.
Les dynamiques territoriales tel un réseau neuronal doivent trouver force et énergie dans l’épanouissement de tous les territoires, la qualité et vitalité des liens qui les animent et les relient afin d’initier un développement durable, solidaire et partagé du pays.

Il est grand temps de réconcilier France des villes et France des champs autour d’un contrat territorial adapté à notre temps.

 

 

Le Développement Durable, matrice du socialisme du XXI eme siècle

Etats generaux.jpgDans le cadre des Etats généraux du PS, nous avons organisé a Trilport une réunion dédiée à la « Sociale Ecologie », le jour même du vote de la loi « sur la transition écologique et la croissance verte » dont un des acteurs et non des moindres Jean Louis Bianco était présent avec nous.

Ces états généraux sont l’occasion d’ouvrir les fenêtres, encore faut il le vouloir et le faire … Nous sommes nombreux à penser que c’est une nécessité; non pour des postures pré congrès mais plutôt pour laisser entrer la lumière, renouveler l’air ambiant, entendre les bruits et le tumulte du dehors, celui de la vie de tous les jours, contempler les paysages extérieurs, leurs perspectives, histoire de se confronter au monde réel comme  au nouveau qui se construit chaque jour, ici et ailleurs,

Ouvrir les fenêtres, c’est surtout à un moment donné, arrêter l’entre soi, afin d’échanger avec les autres, tous les autres, au sens large, et de débattre de vrais sujets, de sujets de fond, surtout avec une telle thématique …

Placer la question sociale au coeur de la réflexion écologique constitue selon moi non seulement une avancée majeure, mais un passage obligé, une démarche totalement adaptée à notre territoire, tant ces deux questions sont liées inévitablement.

De par son patrimoine naturel, la qualité de ses espaces et ressources (agriculture, filière bois, croissance démographique, sous sol, ressource en eau, émergence de filière en matériaux bio sourcés comme le chanvre …), la Seine et Marne est une terre d’opportunités pour l’écologie, encore potentielles et en devenir pour beaucoup …

De par les contraintes subies au quotidien par trop de familles ayant le sentiment d’être des « laisser pour compte », abandonner, déclasser, du fait des conséquences d’une discrimination territoriale et sociale avérée : précarité énergétique, problèmes de transport, menaces liées à l’exploitation des gaz, huile et pétrole de schiste, ‘état de la ressource eau …

Chacun constate que la problématique est aussi éminemment sociale …

C’est le sens de la contribution, en moins de 2700 signes (c’est la règle imposée) que j’ai commis pour ces Etats Généraux.

Elle est intitulée « L’urgence environnementale, le Développement Durable, matrice du socialisme du XXI eme siècle »

 

 

 

 

Ma contribution aux Etats généraux du PS sur la thématique « Croissance et Social Ecologie »

 

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L’urgence environnementale
Le Développement Durable, matrice du socialisme du XXI eme siècle

 

L’heure n’est plus au subtil équilibre du rapport Brundtland. L’état de la planète exige un changement de cap radical vu le réchauffement climatique et les menaces sur la biodiversité. Nous sommes confrontés aux limites physiques d’une planète qui n’a plus la capacité de se régénérer et se dérègle. Il s’agit non d’inverser une tendance de fond irréversible mais d’en limiter les conséquences et d’adapter nos modes de vie au nouveau contexte. Contenir la hausse globale des températures sous les 2°C d’ici 2100, impose une diminution des émissions de gaz à effet de serre supérieur à 50% pour 2050 et leur disparition en 2100, nous en sommes à des années lumière !

 

Pour les socialistes, plus question de sous traiter la problématique environnementale ou de verdir un discours généraliste. Le Développement Durable est la matrice qui s’impose désormais à tout projet politique dont l’ambition est de transformer la société. Certains prônent la décroissance, mais une autre croissance, respectueuse de la planète comme des plus fragiles est possible, il faut  pour cela :

Agir sur la politique énergétique. Renforcer notre sobriété (bâti, transports, économie) que ce soit au niveau des individus, collectivités ou entreprises. Constituer un mix énergétique basé non sur un modèle sophistiqué, centralisé autour d’un réseau distributif descendant, mais sur un modèle délocalisé, alimenté d’une multitude de sources d’énergies et de réseaux intelligents. Poursuivre l’innovation (pile à combustible, stockage, smart grids…)

Placer la dimension sociale au coeur de la démarche environnementale tant de nombreux habitants sont victimes de discrimination territoriale et sociale : précarité énergétique, mobilités, pollutions, manque de services publics de proximité … Nécessité de développer également l’éco citoyenneté.

Initier une croissance « verte »  qui privilégie économie circulaire, circuits courts, jeunes pousses et filières émergentes (ressourceries, énergies renouvelables, matériaux bio sourcés…), et soutienne filière bois, agriculture et pêche raisonnée, secteurs stratégiques pour alimenter 10 milliards d’habitants

Privilégier une nouvelle temporalité, pour sortir du « court-termisme ». L’action humaine exige la prise en compte de temps longs (analyse de cycle de vie, infrastructures…) et de principes universels (responsabilité, précaution, information), du fait de la complexité croissante des problématiques rencontrées, de leur coté systémique, de la nécessité d’une concertation citoyenne …

 

Le socialisme du XXI eme siècle doit porter une ambition écologique globale, pour les habitants, les territoires et la planète, tant nos destinées communes sont liées.

 

Cette publication est maintenant en ligne. Tu peux la visualiser directement sur le site en cliquant sur ce lien. Elle a été transmise au comité de pilotage des Etats généraux des socialistes. 

 

Dotations : pour éviter le tsunami

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Contester l’ampleur, le rythme et l’équité des baisses de dotations y compris dans les médias nationaux ou locaux ne signifie pas pour autant refuser de contribuer à réduire la dette publique, tant son niveau n’est plus soutenable.

L’endettement du pays atteint désormais 2 000 milliards d’euros et représentera dans quelques semaines 100 % de la richesse nationale soit 30.000 euros par Français !
Rappelons pour ceux qui auraient la mémoire courte que la dette a doublé entre 2002 et 2012, passant de 930 à 1860 milliards d’euros, dont 600 milliards pour le seul quinquennat de Nicolas Sarkozy ! Son remboursement constitue désormais la première dépense du pays.

Les taux d’emprunt historiquement bas (2%) étant supérieurs à la croissance (1%), la dette publique augmente mécaniquement chaque jour, situation délicate qui amène le gouvernement à tout faire pour garder des taux compétitifs, d’autant que la croissance est toujours atone …
Toute augmentation peut compromettre l’équilibre du budget, une hausse de +1% imposerait de trouver 30 milliards d’euros supplémentaires pour refinancer la dette !

Il faut sortir de ce cercle vicieux, et au plus vite, les élus locaux en ont conscience, comme ils ont conscience de la nécessité de maitriser la dépense publique, beaucoup s’y emploient et n’ont pas attendu 2014 pour agir (cf ma dernière note) !
Encore faut il que cela soit fait avec raison, mesure, circonspection, constance et surtout équité. J’ai la conviction que le scénario initial de baisse prévu par le gouvernement jusqu’en 2017, ne pourra être mené à terme sans conséquence douloureuse, tant il n’apparaît ni soutenable, ni raisonnable notamment pour les communes aux ressources les plus faibles.
Il ne sera pas non plus sans conséquence sur l’investissement public et l’emploi local, et ce au plus mauvais moment, comme sur la cohésion sociale du pays, et ce dans des secteurs géographiques déjà très fragilisés où les habitants ont plus que besoin de services publics locaux de proximité.
Ces baisses de dotations accentueront la discrimination entre citoyens selon leur lieu de résidence, une perspective inacceptable pour tout républicain !

Le chemin de crête est étroit, mais des pistes de réponse concrètes selon moi existent :

  • Il est urgent de mettre en place des dispositifs de redistribution efficaces, pérennes et surtout équitables
  • Il me semble essentiel de favoriser au plus vite les investissements liés à la transition énergétique, tant ils sont porteurs d’économies structurelles sur le court, moyen et long terme …

Enfin un moratoire suite au budget 2015 semble inévitable, tant je crains la casse territoriale, beaucoup de communes soient dans un état budgétaire très préoccupant dés 2015, notamment les communes aux recettes insuffisantes.

Je vous propose d’aborder de manière concrète quelques pistes de réflexion personnelles

 


 

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Le Premier Ministre affirme que la «péréquation horizontale» initiée depuis 2012 permettra de compenser les effets négatifs des baisses de dotations pour les communes les moins riches.
Revenons donc sur cette notion de « péréquation » essentielle, lorsque l’on aborde la problématique des finances locales. Il s’agit d’un mécanisme de redistribution destiné à réduire les écarts de richesse et les inégalités entre collectivités  (le site vie publique souligne que que 5% des collectivités – soit 1 800 communes – possédaient à elles seules 80% des bases de la taxe professionnelle) qui sont quelquefois flagrantes !

Cette péréquation peut être :

  • verticale via l’Etat, par le biais de dotations versées aux collectivités les plus pauvres au regard de leurs ressources et de leurs charges,
  • horizontale sur la base d’une solidarité entre les différentes collectivités. Les ressources fiscales des plus riches étant reversées aux moins aisées

Elle n’est pourtant dans les cas que trop souvent théorique …

 

Une péréquation  « horizontale », discutable

Pour le gouvernement, la péréquation initiée depuis 2012 grâce au Fonds de Péréquation des ressources Intercommunales et Communales (FPIC) qui attribue aux collectivités défavorisées une partie des ressources des plus « riches » compense les  baisses de dotations annoncées.
C’est inexact, car le compte n’y est pas, et de loin ! Le montant du FPIC étant plafonné à 570 millions d’euros, contre 3,7 milliards de baisse de dotations pour 2015 !

Si ce dispositif constitue incontestablement un pas vers la bonne direction il présente de sérieux points faibles ; outre qu’il devrait porter plutôt sur les écarts de ressources que de dépenses, ce qui n’est pas le cas, son attribution porte à discussion : une commune « pauvre » dans une intercommunalité  «riche» peut se retrouver contributrice alors qu’une autre commune au budget similaire dans une intercommunalité « pauvre » sera  bénéficiaire et il existe d’autres cas de figure tout aussi insolites !

Les élus bénéficiaires ne peuvent également considérer cette « manne » comme pérenne tant son attribution est aléatoire, et elle ne peut, à ce titre, figurer dans un Plan Pluri Annuel d’Investissement, d’autant qu’avec le mouvement brownien initiée par la réforme territoriale, et la création de nouvelles intercommunalités et  métropoles, qui peut prédire la situation de chaque collectivité vis à vis du FPIC d’ici 2017 ?
Certaines études d’experts tendent même à démontrer qu’avec l’émergence d’une métropole, la ville de Paris pourrait ne pas être contributeur, un comble !

 

 L’absence de péréquation dite « verticale »

L’état ne peut faire l’économie d’une refonte totale de sa politique de dotations, en choisissant des clés de répartition plus adaptées, à l’aune des défis que les territoires doivent relever aujourd’hui, et non sur ceux de la France d’avant hier, et qui doit absolument tenir compte des solidarités à préserver entre «France des métropoles » et « France périphérique » (cf Giully) afin de compenser des disparités territoriales de plus en plus flagrantes.
Il s’agit de créer une véritable péréquation verticale, jamais mise en place jusque là ! Pour moi, la question de l’équité est essentielle tant elle a été bafouée, et doit être remise au coeur des critères d’attribution des dotations et aides de l’Etat surtout lorsque la situation budgétaire est contrainte !

L’Etat doit tenir compte des recettes des collectivités, dans un autre registre pour illustrer ce propos, est il utile par exemple, que les communes les plus riches (Issy les Moulineaux, Neuilly sur Seine) bénéficient pour la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, au regard des difficultés budgétaires du pays, du même montant d’aides financière par enfant que des communes moins fortunées (au hasard Trilport ou des villages du 77, sans locaux, moyens ou logistiques pour cette mise en place) ? Permettez moi d’en douter …

Pour résoudre, malgré les difficultés rencontrées, la problématique complexe et douloureuse de la fracture territoriale, nous devons passer d’une culture de l’égalité formelle, de plus en plus théorique, à une culture de l’équité concrète.

 

Investir aujourd’hui pour économiser aujourd’hui, demain et après demain

Rappelons que nous importons chaque année, 70 milliards d’euros d’énergies fossiles, en économiser 30% se traduirait par un gain annuel de 20 à 25 milliards d’euros pour notre balance commerciale dont une part importante d’économies pour les budgets de nos collectivités.

Des économies à la fois structurelles et surtout cumulatives, autrement dit plus vite et plus le pays investira, plus il économisera. D’autant que tous les spécialistes s’accordent sur un point, le prix de l’énergie ne va pas cesser d’augmenter dans les prochaines années.

Autre élément d’analyse, social, celui de la précarité énergétique qui ne cesse de croitre vu la crise. Selon l’INSEE 3,8 millions de ménages ont un taux d’effort énergétique supérieur à 10 % de leur revenu, 3,5 millions déclarent souffrir du froid dans leur logement et 621 000 ménages souffrent des deux formes de précarité.
Ajoutons pour être complets que beaucoup vivent dans des secteurs ruraux et péri urbains, des territoires très touchés par les baisses de dotations.

Ajoutons à ces arguments, financiers et sociaux, l’état de la planète et la part prépondérante dans le mix énergétique des énergies carbonées, principales sources des émissions de gaz à effet de serre et reconnues de ce fait comme les principales perturbateurs climatiques.

Il est urgent et stratégique pour des raisons économiques, sociales et environnementales d’investir massivement pour renforcer l’efficacité énergétique du pays, surtout dans les secteurs les plus énergivores. Paradoxalement les baisses de dotations engagés obèrent les capacités d’investissement de leurs collectivités.

L’Association des Petites Villes de France propose que le Fonds de Compensation de la TVA (compensation de 15,761 % versées aux communes de la charge de TVA des dépenses réelles d’investissement faites 2 ans auparavant) soit versé immédiatement et en intégralité aux collectivités afin de les inciter à investir dés 2015, notamment dans les dépenses liées à l’efficacité énergétique.
Ces sommes pourraient être complétées utilement par des fonds européens et diriger vers des investissements liés à la transition écologique autour de dépenses  fléchées : isolation, implantation de chaudières ultra performantes, installation de réseaux de chaleur, mais aussi renouvellement du parc d’éclairage public.
L’éclairage public constitue le premier poste de dépense d’une commune en énergie, en moyenne la moitié de sa consommation électrique (soit 23 % de sa facture énergétique globale et 39 % de sa facture d’électricite)?.

Dans ce registre je tiens à saluer le dispositif d’emprunt vert à 40 ans et à 1,75% de la Caisse des Dépôts et Consignations intégrée à la loi sur la transition énergétique.

Dans le cas ou le gouvernement poursuivrait les baisses de dotation,  il pourrait dédier une part des 11 milliards d’économies prévues à un fonds d’investissement consacrée à l’accompagnement de la Transition énergétique, en privilégiant les axes d’action abordés précédemment.

De telles mesures relanceraient l’activité économique locale, faciliteraient le développement de nouvelles filières (matériaux bio sourcés, énergies …), et le soutien de la Banque Publique d’Investissement permettrait d’avoir un effet multiplicateur et levier.
D’importantes économies structurelles seraient ainsi réalisées dans chaque collectivité, et ce dés 2016, permettant de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et le déficit commercial du pays.
Je suis persuadé qu’en les adoptant le pays réaliserait des économies conséquentes permettant sans doute dans le moyen terme (20 à 40 ans) de faire plus d’économies que  la baisse des dotations initiée, tout en armant économiquement le pays dans des industries environnementales de pointe, un éco système économique stratégique aujourd’hui et surtout pour  les prochaines années.
La croissance verte n’est pas qu’une figure rhétorique !

 

 

Trois principes selon moi doivent mener à des inflexions sérieuses de la politique initiée :

  • Les vraies économies sont par essence structurelles et doivent être réfléchies, pérennes, efficaces et inscrites dans le long terme, non désordonnées, conjoncturelles et « courtermistes ».
    Mener un effort massif et urgent sur les économies d’énergie est un axe fort d’action qui donner axes résultats économiques, sociaux et environnementaux, visibles et concrets dés 2016
  • Nous devons placer l’équité au cœur de notre politique territoriale. Il ne peut y avoir une France à plusieurs vitesses et des citoyens de seconde zone, relégués, déclassés ou pire invisibles. Ce serait faire le lit du Front National et être aux antipodes des valeurs que nous portons.
    Il est vital de préserver dans ces territoires les liens de proximité et de solidarités entretenus par les politiques publiques locales.
  • Il faut remettre de la confiance, de la stabilité et de la sérénité dans les relations entre Etat et collectivités. Les élus pour participer à l’effort de redressement du pays, contribuer à la relance économique et agir au quotidien au service de la cohésion sociale, doivent savoir où ils vont et les moyens dont ils disposent pour mener leur action. Ce n’est pas possible actuellement.

 

Le gouvernement doit prendre toute la mesure des conséquences du mouvement qu’il vient d’initier.

L’idée d’un moratoire suite au budget 2015, permettant de dresser plus sereinement et objectivement un état des lieux de la « santé budgétaire des collectivités » (notamment de celles aux ressources les plus faibles) constitue une piste de réflexion constructive.
Ce moratoire permettra d’adapter ou d’infléchir certaines décisions si nécessaire, mais donnera également le temps  de mettre en place de nouveaux dispositifs de péréquation plus équitables, selon moi indispensables.
Sinon je crains le pire, et la tentation d’une fuite en avant afin de ne pas voir la réalité du terrain, entrainera un effet domino qui pourrait déstabiliser dés 2016 beaucoup de collectivités, et déclencher de fait un véritable tsunami territorial que nous pouvons encore éviter.

 

 

 

 

 

Dotations aux communes : avis de Tsunami annoncé

FR3.jpgC’est un véritable tsunami budgétaire qui va s’abattre sur nos territoires dans les prochains mois.
Le plan d’économies de 50 milliards lancé par le gouvernement, justifié vu l’état de nos finances publiques et le poids de la dette, impactera directement les collectivités qui y contribueront à hauteur de 11 milliards d’euros d’ici 2017  ! 
Mais l’ampleur de ces baisses, comme le rythme imposé par le gouvernement risque de mettre à mal les communes les plus fragilisées, une situation inacceptable !

En 2014 la baisse des dotations s’est élevée à 1,5 milliard (sur 41,5 milliards), elle atteindra l’an prochain plus du double (3,7 milliards) provoquant des dommages collatéraux évidents aux collectivités que ce soit sur : 

  •  L’investissement, avec une baisse d’activités préjudiciable à l’emploi de proximité, vu le contexte économique local plus que dégradé,
  •  L’autofinancement, laminé à un niveau tel que leurs marges de manœuvre s’en trouveront plus que réduites, 
  • Les services dispensés aux habitants. Les communes les moins riches seront dans l’obligation d’en supprimer, c’est pourtant dans leurs territoires qu’ils sont le plus nécessaires !

De nombreuses communes, jusque là sans problème, vont se retrouver inexorablement plongées dans le rouge, et bien malgré elles ! Certaines le sont déjà bien que cela ne se sache pas encore. Rappelons que contrairement à l’Etat ou aux collectivités allemandes (au passage) les budgets de nos collectivités sont eux équilibré et leur endettement maitrisé ne finance que les dépenses d’investissement.
La mise sous tutelle par le Préfet, cas de figure exceptionnel, qui ne concernait jusque là que les villes mal gérées, risque de devenir bientôt quasi banale; ce sera alors au représentant de l’Etat de décider des dépenses à supprimer ou impôts à augmenter ! Selon l’Observatoire des Finances Locales, 600 communes sont aujourd’hui sur le fil du rasoir, risquant de basculer dans le rouge dés 2015, du fait d’un manque de ressources, l’effet domino guette …

Quoiqu’en pensent les « sages » de la Cour des Comptes ou les experts de Bercy, la réalité des collectivités territoriales est multiple, du fait des écart de richesse entre les communes. A l’égalité théorique formelle, mieux vaut selon moi l’égalité réelle qui privilégie l’équité, avec de telles décisions, nous en sommes à des années lumière !
La baisse de dotations concernera toutes les communes, mais impactera principalement celles aux recettes  insuffisantes, qui n’en sont plus, pour faire image, à tailler dans le gras de leurs dépenses (représentation, communication, cabinet …), ou au niveau du muscle (baisse des investissements) mais carrément « à l’os » !

Si pour certains Maires l’interrogation est de choisir quelle dépense secondaire diminuer ou supprimer, pour d’autres le choix est plus existentiel : comment assurer la cantine, payer le personnel à la fin du mois, appliquer la réforme des rythmes scolaires, entretenir les écoles, trottoirs et routes, investir pour accueillir de nouvelles familles (écoles notamment)  ou mener la transition énergétique afin de pouvoir, enfin, réaliser des économies substancielles sur le court, moyen et long terme !

C’est le refus de cette perspective qui est à l’origine de ma mobilisation, comme Maire, citoyen, membre de l’Association des Petites Villes de France. A ce titre j’ai répondu aux sollicitations de médias (France Télévision, Europe 1 …) venus m’interroger sur les conséquences concrètes de ces baisses. Prise de parole publique que j’assume vu les incidences pour la vie quotidienne de mes habitants de décisions dont je conteste à la fois l’ampleur, le rythme et plus que tout l’équité.

Les digues de solidarité que nous entretenons au quotidien à grand peine, malgré tous les aléas et obstacles placés sur notre route afin de maintenir un minimum de cohésion sociale là où c’est le plus difficile et où les communes sont trop souvent le dernier acteur public présent et actif ( « S’il n’en reste qu’un ! ») risquent de lâcher d’un coup. Ce qui serait terrible pour des habitants se considérant déjà délaissés devenant du coup encore plus «invisibles» ! Les conséquences en seront dramatiques pour des territoires délaissés dans lesquels vivent de plus en plus de familles fragilisées. Contexte que les lecteurs de ce blog connaissent ayant fait l’objet à de maintes reprises de billets consacrés à la fracture territoriale ou à la « France périphérique » (rappel de ces notes à la fin).

 Pour planter le décor, rien ne vaut le réel. Aussi, avant d’explorer des perspectives d’ordre plus général et de faire des propositions concrètes (il y en a !), voici la situation d’une commune parmi d’autres, évoquée de manière synthétique mais dynamique, car un budget est avant tout une dynamique !

Ville dont je connais assez bien les caractéristiques cependant puisque c’est celle dont je suis le Maire, Trilport. 

 

 

 

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Trilport est une ville seine et marnaise de 5 000 habitants,  « péri urbaine », située dans la grande couronne francilienne. Située entre Marne et Forêts et dotée d’une gare SNCF, elle bénéficie d’un magnifique patrimoine naturel, assez unique.

La ville doit, afin d’être en conformité avec la loi SRU, se développer et construire de nombreux logements sociaux, ce qui nécessitera la mise en place de structures et d’équipements, en nombre et qualité. Son endettement, malgré une politique d’équipement très active ces dernières années, reste mesuré, inférieur à la moyenne nationale.

Trilport : (717 € / habitant), 
Moyenne nationale des villes de 3500 à 5000 : 800 €, de 5000 à 10 000 habitants : 881 € 

 

Un problème de recettes, comme tant d’autres communes …

La ville a un talon d’Achille, ses recettes, deux raisons principales : le passage à l’intercommunalité qui encaisse les recettes de zones d’activités dont la ville continue cependant d’acquitter les charges d’emprunt, et la faiblesse des dotations d’Etat, de très loin inférieures à la moyenne nationale. 

Trilport : 150 euros / Habitant (2013 : 736 739 €).
Moyenne nationale des villes de 3500 à 5000 : 192 € (soit – 28%), de 5000 à 10 000 habitants : 203 € (soit -35% ) 

Ces dotations représentent aujourd’hui 18% des recettes (4 115 760 €), 50% pour les impôts locaux alors qu’en 2004 (année à laquelle je suis devenu Maire) elles représentaient 22,5% (45% pour les impôts) !

Dotations, qui aux yeux de beaucoup d’élus reconduisent chaque année les inégalités entre français selon leur lieu de vie, ne tenant compte ni du contexte local, de la situation financière des communes au regard de ses recettes potentielles, ou des objectifs auxquels la collectivité doit répondre ! Faut il rappeler que ce sont les recettes qui déterminent la nature, la qualité et la diversité des services et équipements mis à disposition des habitants. « Dis moi combien tu gagnes et je te dirais combien tu dépenses » ! 

Pour faire simple, les villes abritant les sièges sociaux des entreprises ont les recettes, celles qui accueillant les familles des travailleurs les dépenses ; c’est binaire, schématique je vous l’accorde, mais cela se vérifie chaque année ! Situation qui cependant s’améliore depuis peu (2012) avec la création du Fonds de péréquation (FPIC), j’y reviendrais dans ma prochaine note, car tout n’est pas si clair !

 

Quid de la dépense publique ?

Le manque structurel de recettes de la commune est comblé en partie, grâce à une chasse aux subventions pro active et à un contrôle de gestion rigoureux de la dépense publique

Pour faire sens, depuis 15 ans nos dépenses (hors charges de personnel) n’ont augmenté que de 4,3 % (euros courants !) malgré l’inflation, le développement de la ville, l’arrivée de nouveaux habitants, une politique d’équipement ambitieuse et la mise en place de nouveaux services municipaux dont ceux de la jeunesse, de la Petite Enfance ou de la Police Municipale. Maire depuis 2004, je sais de quoi il en retourne.

Autre illustration, nos dépenses de fonctionnement 2013 sont inférieures à celles de 2012 ! Performance d’autant plus remarquable comparée aux services proposés aux habitants ! 

A Trilport la dépense par habitant s’élève à 818 euros.
Moyenne nationale des villes de 3500 à 5000 : 851 €, de 5000 à 10 000 habitants : 1 015 € 

La baisse des dotations cette année atteint 30 000 € (4% des dotations) et pourrait s’élever d’ici 2017, 200 000 voir 300 000 euros (hypothèse basse ou haute) ! La commune devra faire face à l’augmentation du prix de l’énergie, l’inflation et à de nouvelles dépenses telles la mise en place des rythmes scolaires, estimée à 170 euros par enfant (pour le budget 80 000 euros / an), dont seulement 40 000 € sont pour l’instant compensés par la CAF et l’Etat et rien ne garantit la pérennité du fonds d’amorçage.

 

Quelles perspectives attendre ?

Je suis persuadé que les baisses de dotations prévues ne pourront être menées à terme sans conséquences dramatiques pour les français vivant dans les collectivités les moins riches, à moins d’une véritable catastrophe sociale qui est une perspective intolérable dans une république qui se doit de considérer l’équité comme valeur fondamentale. Il n’est pas acceptable que la discrimination entre citoyens selon leur lieu d’habitation s’élargisse à un tel point, la ligne de fracture est atteinte !
Faut il rappeler que  les petites villes qu’elles soient rurales ou péri urbaines, ne disposent pas des structures ou dispositifs correcteurs issus de la politique de la ville dont bénéficient et c’est une bonne chose, les « grandes villes » dotées de quartiers sensibles ! Elles connaissent pourtant les mêmes difficultés et accueillent de plus en plus de familles en difficulté, toutes les dernières études et enquêtes l’attestent !

Il serait utile que les « sages » de la Cour des Comptes ou « experts » de Bercy, si prompt à semer le discrédit ou à jeter l’opprobre sur la gestion des élus locaux, arrêtent de généraliser et se limitent à commenter les conséquences, mais se penchent enfin sur les causes, dont celui du manque d’équité notamment des dotations (principalement la DGF) de l’Etat ! Ces dernières devraient tenir compte de la vie d’aujourd’hui, non des rentes de situation d’hier et surtout être plus équitable qu’égalitaire !
Est il normal, par exemple, que pour la mise en place des rythmes scolaires, les communes les plus riches, sans problème de ressources et de financement, bénéficient du même montant d’aide de l’Etat que celles ne disposant que de très peu de moyens pour assurer cette mise en place ?

J’ai une conviction forte. Le scénario initial de baisse prévu par le gouvernement ne pourra tenir sans casse sociale et territoriale,  tant au niveau de l’ampleur, du rythme ou de la répartition de l’effort exigé.Il risque de mettre à mal la cohésion sociale du pays à laquelle nous sommes tous attachés. J’ai également une autre conviction, les collectivités ne peuvent s’exonérer d’un effort sérieux sur la dépense publique qui doit diminuer significativement que ce soit sur le court, le moyen et le long terme, il en va de l’intérêt supérieur du pays. Nous devons passer d’une culture de l’égalité formelle et théorique, à une culture de l’équité concrète.

Heureusement des pistes de réponse crédibles et concrètes existent, encore faut il avoir la volonté de les mettre en place, elles feront l’objet de la prochaine note …

 

 

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De la boite à coucou à la boite de Pandore

boite a coucous.jpgJe prie mes fidèles lecteurs d’excuser un coup de gueule très inhabituel sur ce blog, il fait suite au coup de blues et de massue de ces derniers jours, mais en guise d’excuse, j’avancerais qu’il est parfois thérapeutique de lâcher quelques décibels, histoire d’évacuer …

Il serait bon que chacun reprenne ses esprits, que les ambitions individuelles, des uns et des autres, s’effacent devant l’intérêt supérieur du pays, que les responsables atteint « d’autisme », bunkerisés dans les certitudes de leur tour d’ivoire (petites ou grandes) se (re)connectent avec la France du quotidien et du concret, sinon les prochains lendemains risquent  d’être sanglants pour les couleurs et  « valeurs » que nous portons ! La responsabilité de cette catastrophe «industrielle» sera  alors collective et partagée.

Petit élu local, je mesure le fossé qui s’élargit et nous sépare de plus en plus de nos concitoyens. Nous ne sommes plus loin de l’implosion (entre nous) et de la fracture (avec les français) ce qui est beaucoup plus préoccupant.
Contrairement à ce que beaucoup de mes camarades déclament sous tous les modes, ce n’est pas le fossé entre partisans de « l’Offre » et ceux de « la Demande », ou de « la rigueur » (sérieux, austérité…) et de « la relance », qui exaspèrent nos concitoyens, mais tout simplement le manque de crédibilité qui émane de l’offre des partis politiques, dont le PS que ses portes voix soit frondeurs ou non pour être clair, et la capacité de ces partis à résoudre les problèmes du pays et des français : emploi, dette, croissance, et surtout solidarités qu’elles soient sociales ou territoriales…

Intuitivement les français savent qu’il faut à la fois relancer l’emploi et l’économie et agir sur la dette, pressentent les conséquentes dramatiques qu’une simple augmentation des taux auraient sur le budget du pays. Chacun sait que la ligne de crête est étroite et que le vent souffle haut et fort, surtout à cette altitude, alors autant préserver l’esprit de cordée indispensable pour éviter tout dévissage !
Si le chaos ambiant qui règne depuis des mois se poursuit, il y a fort à parier que le PS devienne la tête de gondole des partis à jeter et rejeter pour quelques années ! Un paradoxe alors que c’est à lui de réparer les dégâts des gouvernements précédents, ce que les français auront oublié. Nous avons portant déjà donné il y a quelques mois lors des municipales et des européennes …

Nous ne sommes pas élus pour nos chamailler sur des postures pré congrés, régler des comptes qui n’en sont pas, mais pour résoudre collectivement les problèmes des français et changer leur vie au quotidien, pour l’améliorer, cela va de soi !

Quelle solution  restera t’il alors au pays, si un tel « bordel ambiant » se poursuit ?

 

 

 

 

Je rage de voir tant de gâchis, alors que tant de français doutent de l’avenir et souffrent au quotidien, sans perspective aucune ! Nous devons absolument nous ressaisir, renouer avec nos fondamentaux, retrouver le sens du collectif, porter un projet commun de nouveau partagé, sans calcul de carrière préalable, d’arrière pensées politiciennes d’arrière garde ou de positionnement tactique pré congrés.

Rappelons que la destinée des uns et des autres dépend du succès ou de l’échec des trois prochaines années.  ?Prenons un peu de hauteur, vu le niveau et la qualité des débats, des tweets et des petites phrases nous avons de la marge avant de risquer le vertige !
Pour aller vers un idéal qu’il nous faut redéfinir,  nous n’avons plus de projet concret bâti sur le monde d’aujourd’hui depuis belle lurette, encore faut il pour cela comprendre le réel.
Cela ne vous rappelle personne ? Pourtant beaucoup l’ont cité avec emphase il y a quelques mois et surtout accommoder à toutes les sauces  !

Quelles sont nos positions, simples, claires, audibles, crédibles, face aux révolutions en cours ? Excusez du peu tant elle se bousculent au portillon : omniprésence d’internet, mondialisation, crises régionales multiples, développement du terrorisme, multi culturalisme, multiplication des catastrophes naturelles, bio éthique, nécessité de bâtir une Europe qui tienne enfin la route, et surtout plus que tout, adaptation au changement climatique et aux décisions que le réchauffement implique ?
Cherchez l’erreur ? J’aurais plutôt tendance à penser qu’il nous faut surtout changer de focale, arrêter de nous regarder le nombril ou de sombrer dans l’hystérie collective, et rechercher le cap à suivre !

Encore faudrait il renouer avec le brin de sérénité qui nous manque tant aujourd’hui, tempérer un peu ses propos dans des médias qui font plus fonction de chambre à distorsion que de chambre d’écho. Cessons de nous chamailler sur les points de détails, les logorées sémantiques, les postures sans fin, histoire d’avoir le sentiment illusoire d’exister médiatiquement quelques minutes notamment sur les chaines de la TNT (« 15 minutes of fame »).
Manifestement Warhol n’est pas tout à fait mort ! En oubliant jamais que tout ce qui est excessif et insignifiant.
Je vous en conjure camarades, arrêter les petites phrases (c’est pas moi, c’est l’autre), brandissez moins de certitude ! Ressentir doute et humilite est à mes yeux plus une qualité qu’un défaut ! Se poser les bonnes questions est préférable à apporter de mauvaises réponses ! A croire que l’histoire ne nous apprend rien …

Seuls, nous ne représentons pas grand chose, ou si peu, ?alors arrêtons de donner des leçons à la planète entière, un peu d’humilité et de relativisme ne fera de mal à personne, et surtout de la parole passons enfin aux actes concrets,car  pour être universel, mieux vaut le dialogue que le monologue.

Il serait bon pour le pays, que nous soyons enfin à la hauteur de la responsabilité politique historique que nous portons. Nous n’avons qu’une seule issue, réussir l’alternance de gauche que nous représentons (Manuel, Benoit, Arnaud sont de gauche comme beaucoup d’autres, arrêtons le délire, et la machine à excommunier style Mélenchon).
Pour ce faire que les uns et les autres se branchent de nouveau sur le monde réel, et au plus vite ! Je peux leur en faire visiter un bout, s’ils le souhaitent ou sont en manque, mais plus que tout, qu’ils laissent oukases, certitudes et égos au vestiaire, afin de se fondre dans l’œuvre collective.

Sinon, j’ai bien peur que nous soyons plus proche de la boite à baffes que de la boite à coucou des guignols, même si le ridicule ne tue pas …

Autant de boîtes qui me font penser à celle plus funeste de Pandore que nous venons d’entrouvrir ces derniers jours !

Spéciale dédicace amicale à Philippe T, et à tous les élus de proximité qui chaque jour mouillent la chemise en première ligne, loin des sunlights …