Soif d’europe …

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Une réalité. Au regard de l’ampleur de la crise et des remises en cause qu’inévitablement elle va induire, nos pays n’ont jamais eu autant besoin d’Europe pour peser sur leur avenir commun. Paradoxalement, la campagne nationale des élections européennes n’a pas reflété cette nécessité absolue, conséquence, de nombreux concitoyens risquent de ne pas vraiment choisir, soit en s’abstenant, soit en se réfugiant dans un vote protestataire, éparpillant le sens et le poids politique de leur bulleton.

Il est essentiel de rappeler les vrais enjeux de ce scrutin : déterminer quelle majorité siègera à partir de lundi prochain à Bruxelles, quelle ligne politique sera aplliquée et quelles personnalités animeront le Parlement et la Commission européenne ?

Car au bout du bout, les seules questions qui importent concrètement sont bien celles ci  !

Les bulletins des 375 millions de votants (ce qui fait se ce scrutin la plus grande élection transnationale de l’histoire), désigneront les 785 représentants du nouveau Parlement européen. Le hic, est que dimanche les abstentionnistes risquent d’être nombreux, ce qui est à la fois dommageable et dramatique au regard des enjeux qui portent sur les cinq années à venir.

Rappelons s’il en est que lors de ce dernier mandat, le Parlement européen et la Commission européenne ont été dominés par les conservateurs dont J.S Barroso. Autant dire que l’Europe, n’a pas apporté de réponse efficace à la crise, loin s’en faut et que la « laisser faire » a démontrer ses limites.
Certains leaders conservateurs ont communiqué énormément, trouver beaucoup de bouc émissaires pour expliquer les non résultats obtenus, mais seuls importent le concret. Au de la de l’éciume , lorsque l’on analyse un tant soit peut l’impact des décisions sur le monde réel, nous sommes à des années lumière du monde médiatique. Dernier exemple en date, les propositions faites au G20 sur les fonds spéculatifs et les paradis fiscaux … Du vent, car rien n’a réellement changé !

Concernant la crise elle même, pas de réponse commune. La croissance verte, les grands chantiers, le développement du numérique et des hautes technologies de communication, auraient pourtant pu être des éléments de réponse collective pertinents, surtout à l’échelle européenne et préparer le rebond de nos économies … Rien de tel ne s’est produit, la montagne a accouché d’une souris !

La crise globale que nous subissons démontre s’il en est le besoin absolu de régulation, de protection sociale et la nécessite de définir un autre modèle de croissance plus vertueux, régulé et durable. Cette crise est une rupture, un nouveau monde émerge. Il serait dommageable de réduire à la seule sphère financière les problèmes rencontrés.
Nous affrontons de plein fouet, une crise économique, sociale et environnementale. L’heure d’un nouvel ordre mondial a sonné, et l’Europe doit y trouver toute sa part. Pour cela elle ne doit plus être un nain politique à la remorque de l’Amérique, non plus de Bush mais d’Obama.

Le choix qui s’offre dimanche à chacun est  clair : bâtir une alternative collective, ou ne pas décider, s’éparpiller et maintenir un statu co qui serait dramatique et reproduirait demain, ce que nous subissons aujourd’hui en laissant Baroso et les siens en responsabilité, ou en irresponsabilité.

L’Europe ne doit pas laisser la seule Amérique d’Obama, incarner seule le mouvement et l’engagement. Elle a ses valeurs à défendre et de formidables atouts. un impératif cependant, être en capacité de constituer une alternative, pour cela nous devons « jouer collectif » en travaillant, malgré nos contrastes, nos différences, travailler dans le même sens et la même direction.

C’est ce que propose les 27 partis de gauche, notamment sociaux démocrates dans le « Manifesto », plate forme commune de propositions avec comme candidat à la succession de José Manuel Barroso, l’ex-premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen. Simple rappel, leur tête de liste en Ile de France est Harlem Désir …

Plus que jamais nous devons avoir envie d’Europe !

 

Où siègent les députés français ?

Les 78 députés européens français se répartissaient dans six des sept groupes du Parlement européen:
– Les 18 députés UMP siègent au Parti populaire européen-démocrates européens (PPE-DE), premier groupe du Parlement (droite)
– Les 31 socialistes appartiennent au groupe du Parti socialiste européen (PSE), deuxième formation du Parlement (gauche)
– Les dix élus en 2004 sous l’étiquette UDF siègent au sein de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), groupe charnière constitué avec les libéraux-démocrates britanniques, les démocrates italiens ou les libéraux allemands
– Les six Verts sont membres du groupe des Verts européens
– les trois communistes appartiennent à la Gauche unitaire/Gauche verte nordique, avec d’autres partis communistes européens mais aussi le Sinn Féin irlandais
– les trois députés du Mouvement pour la France (MPF) siègent au groupe souverainiste Indépendance et démocratie, dominé par l’Independence Party britannique
– les sept élus Front national sont non-inscrits

L’état de siège médiatique

sarko medias2.jpgUne petite anecdote, révélatrice qui en appelle d’autres, inévitablement, au moment où l’on célèbre, sans tambour ni trompette le 2 eme anniversaire de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée  …

Contexte : le jounal de 20 heures de la 2, présenté par Monsieur Pujadas, la semaine dernière … Actualité internationale et nationale : les ministres en action, message sublimal : « le monde tangue, la crise nous guette, mais dormez tranquille le gouvernement travaille  … »

Le même jour, la France fait l’objet d’une remontrance de la Commission Européenne devant l’ampleur de son déficit et le non respect de la parole donnée : A la Une du journal télévisée, une question taboue : faut il augmenter les impôts ?
Reportage sur l’agence : France Trésor (plutôt pathétique), interview du Ministre en charge du dossier ( quoi de plus normal ?) et de son opposition, nous sommes en démocratie, non ? Excepté, qu’en fait d’opposition, n’ont été interviewé que des députés de l’UMP, de dangereux gauchos suggérant à demi mot un assouplissement du bouclier fiscal … Rien d’autres … gonflé non ? Aucun interview d’un député ou d’un sénateur de gauche …  Message sublimal : « Il n’ya plus d’opposition ».
Ne cherchez pas, dans aucun autre sujet de ce journal, la parole n’a été donnée à l’opposition … Celle de gauche du moins …

 

Pas besoin d’être spin doctor pour comprendre la situation …
Lorsqu’est invité un élu socialiste, il n’est interrogé que sur le coté obscur de la force (Martine, Ségolène, Jack et les autres) et non sur ses propositions face au gouvernement. Ce dernier lui irrradie les ondes de force positive : du petit déjeuner (télévision publique : les quatre questions) au coucher, chez Mme Chabot !
Remarquez, cette situation va s’améliorer puisque désormais c’est le Président lui même qui désignera les dirigeants des chaines publiques nationales, rien n’arrêtera plus la marche en avant de la démocratie médiatique !

Aprés avoir abordé le coté aval de l’information, mille pardons j’ai failli écrire vassal, intéressons nous quelque peu à l’amont …
Là aucune crainte, Nicolas Sarkozy et son équipe de communiquants assure et s’occupe de tout, en qualité de fournisseur de contenu maitrisé et de produit fini : à chaque visite du Président c’est l’état de siège, au propre comme au figuré, tout doit être sous contrôle afin d’éviter le bug.
Question spontanéité, visite directe sur le terrain, le concept « je parle directement aux français »  a certes du plomb dans l’aile, mais à la télé cela donne de si belles images positives et consensuelles et les temps sont si durs !
Les rares fois où les caméras de télévision ont surpris des cris, des protestations, des pancartes contestatrices, le Préfet a été déplacé. Autant dire que depuis le pli est pris et à chaque visite annoncée c’est ville morte …
Un contrôle de l’image absolu, le moindre grain de sable est à éviter … Il faut positiver ! Exemple : finale de la Coupe de France, ne cherchez pas le Président au centre du Stade serrant la main aux joueurs des deux équipes, tradition républicaine s’il en est. La peur des applaudissements et des acclamations unanimes de la foule a dissuadé le Président de le faire … Peur certainement que les sages du CSA, garants impartiaux de l’équité politique ne décomptent ce moment du temps de son temps de parole ! la situation est sous contrôle …

 

Certes, tout n’est certainement pas la faute des médias, convenons en …
Cependant, force est de constater que l’état de siège médiatique est une réalité de plus en plus présente sur l’ensemble des médias télévisés. Non seulement sur ceux maitrisés par les amis de qui vous savez (la bande du Fouquet’s), mais désormais également sur les chaines publiques …
La berlusconisation des esprits est en route en mettant au premier plan la problématique suivante : » positiver et magnifier l’action d’un Président  travaillant pour un monde meilleuret le bien de tous et rendre ringard ou pathétique une opposition divisée et non constructive obsédée de querrelles politiciennes ».

Une réalité que l’opposition se doit d’assimiler, et au plus vite. Elle doit plus que jamais consacrer ses trop rares moments d’exposition médiatiques à l’essentiel : ouvrir de nouvelles perspectives politiques positives !

 

La ligne de partage des eaux

dfc6f442ccf17b0e49950f8c9e39f5ce.jpgJe suis candidat aux prochaines municipales. Si pour certains élus, depuis de nombreuses semaines sinon quelques mois, la campagne a commencé, pour la grande majorité des soutiers de la démocratie de proximité dont je suis, ce n’est pas le cas. La vie d’une collectivité est tout, sauf celle d’un long fleuve tranquille et ne peut subir sans préjudice une longue période de campagnes municipales, avec ces inévitables dommages collatéraux : non décision, floue, surenchères …
La dernière présidence de Chirac a été à ce titre exemplaire et hallucinante, une paralysie de notre pays qui a duré des années ! Nos communes ne méritent pas cela et n’en ont surtout pas les moyens !

J’ai jugé préférable de mettre à profit les ultimes semaines de l’année 2007, pour boucler  les derniers dossiers importants, sur lesquels nous travaillons depuis des mois , plutôt que m’éparpiller et battre le pavé, Situation qui explique également le ralentissement de mon activité sur ce blog depuis quelques temps, les journées ne faisant que 24 heures !

Désormais le Maire de plein exercice va laisser peu à peu la place au candidat, l’heure de la schizophrénie institutionnelle est arrivée ! Autre métaphore appropriée, celle de la « ligne de partage des eaux »…  Ce qui pour ma commune (riveraine de la Marne) est en plus tout à fait indiqué.Pourquoi une telle métaphore se demandent certains ?
Parceque d’un coup tout bascule pour un élu, il se doit d’être vigilant et de travailler dans la nuance : l’action menée n’est plus une action d’intérêt général mais peut être considérée comme initiative politique, ainsi que la moindre communicatrion faite à ses concitoyens, le sourire quotidien aux autres ou la poignée de main, perçue non plus comme un geste de civilité, d’écoute et de respect mais comme une invitation sinon au voyage, du moins au suffrage …
Sur cette thématique, la mue qui a métamorphosé certains citoyens-candidats est sur ce point éloquente … Une ville pour laquelle jusque là ils ne s’impliquaient guère devient brusquement l’objet unique de leur désir, ils découvrent même l’intérêt et la saveur de certaines valeurs humaines (altruisme, écoute …) qu’ils avaient trés certainement, mais jusque là enfouis au plus profond d’eux mêmes, miracles de la politique … 

 

Constat sans concession, la période n’engendre guère à l’optimisme. Mes permanences d’élu depuis des mois reflètent ce climat. La société est inquiète, anxiogène, éparpillée, divisée, fragilisée, fracturée … Ce n’est pas seulement de pouvoir d’achat dont il est question, mais de protection sociale, du travail qui se précarise, de repères qui se désagrègent, de sens de la vie et de confiance en demain  …Les politiques nationaux doivent le comprendre, derrière le strass et les paillettes de certains, se cachent le stress et les problèmes du plus grand nombre.

Les soucis de nos concitoyens sont à des années lumières des sujets proposés par les télénovelas quotidienne du 20 heures , ils appellent cela « journal d’informations », qui limite l’horizon et l’histoire quotidienne de notre pays, aux petites histoires de dirigeants n’ayant surtout en tête que leur égo.  Lorsque l’homme politique singe la rock star, c’est le monde à l’envers ! Gesticulations  secouant quasiment toutes les formations politiques: petites phrases, chamailleries, croc en jambe …La politique nationale n’élève plus, mais donne plutôt l’impression de réduire, de rabaisser !

 

Alors, pourquoi partir pour un nouveau mandat ?

 

 

666a3697ccaeaf8cebed03034375782a.jpgParce que justement, pour moi, l’heure est à l’engagement …

Plus que jamais …

Plus que jamais, notre société a besoin de sens, de souffle et d’un projet politique qui l’élève ! Je suis persuadé que celui-ci peut exister à l’échelle d’un territoire même limité comme celui d’une commune.
S’engager c’est surtout concilier deux qualités, qui doivent être complémentaires,ambition et humilité, et les mettre au service de son territoire et de ses concitoyens.

 

Plus que jamais, il faut tendre la main … absolument …pour protéger, aider et développer les solidarités. Non pour faire de la France, un pays d’assistés, sans esprit d’initiatives comme le  proclament certains (qui s’assistent d’ailleurs beaucoup), mais en faire un pays plus fort, car solidaire, serein, ouvert, confiant en son avenir, en ses habitants qu’ils soient jeunes, âgées, handicapées ou d’origine étrangère !

Plus que jamais, il faut agir … passionnément  …Pour innover, irriguer, réveiller, faire vivre nos territoires, les animer eten favorisant l’épanouissement de nos concitoyens, en rejetant toute fatalité. Un impératif absolu cependant,  gérer avec efficacité et pragmatisme et ne pas oublier le long terme

Plus que jamais, il faut sauver la planète …  tout simplement … Chacun à son niveau, localement mais avec l’ambition d’agir pour toute la planète, village mondial s’il en est. Nous devons prendre conscience de la fragilité de ce monde, des dangers qui menacent la bio diversité , de la rapidité et des ravages d’un réchauffement climatique qui n’est plus réversible …

 

En 2008, l’heure est à l’engagement, sans reniement …
Non par intérêt personnel, mais pour contribuer à changer la vie un peu, mais obstinément et chaque jour; c’est ce que j’appelle la révolution perpétuelle. Plus que jamais il faut agir « concret » , pour réconcilier les français avec la chose publique !

C’est aussi pour cela que je suis candidat aux prochaines municipales, avec la volonté de poursuivre le travail entamé comme Maire de Trilport, avec une équipe compétente, plurielle, dynamique, renouvellée et totalement impliquée dans sa ville ….

S’engager en 2008, c’est vivre une aventure collective comme il en existe encore à notre époque …

 

 

 

 
Le blog « Entre Marne et Forêt » restera actif durant toute cette période ; avec le même esprit éditorial. Il ne se transformera pas en blog de campagne … D’autres pages s’écriront sur le net, ailleurs, pour restituer ces futures actions collectives …

 
La ligne de partage des eaux désigne une limite géographique qui divise un territoire en un ou plusieurs bassins versants. Plus précisément, de chaque côté de cette ligne, les eaux s’écoulent in fine dans des directions différentes.

 

 

Déclaration de candidature (lettre aux Trilportais )

Vous pouvez télécharger ce document:candidature_j2m.pdf

 

Élections : l’envers du décor

medium_urne_nb.jpg Avant d’analyser les résultats de ce scrutin et ils le méritent, je voudrais revenir sur cette journée, qui a constitué pour le jeune Maire que je suis un baptême du feu électoral quelque peu mouvementé.
L’occasion de rappeler que ce blog est avant tout un journal de bord qui se doit d’aborder les difficultés rencontrées sur le terrain, afin d’apporter un éclairage particulier, peut être décalé, de l’activité d’un élu de terrain et permettant de dévoiler ainsi quelque peu l’envers du décor …

Revenons sur la difficulté technique que représente pour les petites communes l’organisation de toute élection, une seule obligation de résultat, obsessionnel : le « zéro défaut démocratique », afin que chaque citoyen puisse acquitter son devoir électoral.
Une obligation partagée également par les grandes communes, même si a contrario l’obligation de moyens diffère quelque peu …

Et ce n’est pas le vote électronique qui changera quelque chose à ce constat !

 

medium_elections3.jpgCe scrutin constituant pour moi une première, je n’avais pas voulu prendre le risque de changer quoique ce soit à une organisation déjà rodée et efficace (déroulement, lieu, personnel, logistique …) au regard de l’importance de l’élection; la prudence me conduisant à respecter un sacro saint principe de management : observer, anlyser, maitriser avant de vouloir innover !

Pourtant deux paramètres ont compliqué quelque peu la donne de départ :

– le premier, dont nous devons nous réjouir, est la mobilisation exceptionnelle et historique qui a caractérisé cette journée, un sursaut démographique bien venu, puisque c’est plus de 82% de votants (soit 2797 exprimés sur 3392 inscrits) qui ont voté à Trilport, avec certainement la volonté d’effacer la tache d’infamie pour notre pays et ses électeurs que constitue le scrutin du 21 avril 2002,

– l’autre plus inattendu, carrément inédit et nettement moins positif, est consécutif à une erreur informatique des services (impression de listes d’émargements « désordoonnées ») qui nous a pas mal compliqué la tâche toute la journée, comme celle de tous les citoyens accomplissant leur devoir électoral … 
Une seule erreur, mais payée cash, heureusement sans conséquence si ce n’est l’attente supplémentaire des nombreux électeurs, déjà longue du fait de l’importance de chaque bureau.

Un évènement qui me donne l’occasion de revenir sur l’organisation et la logistique à déployer afin de permettre à notre vie démocratique de s’épanouir en toute sérénité, 

Avec pour perspective une innovation technologique introduite cette année, celle du vote électronique. Peut elle être une solution à ces problèmes d’organisation ?

Un point de vue que je ne partage pas et ce pour plusieurs raisons …

 

 Le prix de la démocratie

Avant d’aborder la question du vote électronique, il est bon de camper quelque peu le décor. Petit rappel des différentes tâches à accomplr à destination de chaque citoyen électeur …

 

Avant le scrutin :
– Préparation administrative : constitution des listes d’émargement, mise à jour suite aux réunions de la Commission Electorale (radiation, inscription de nouveaux électeurs), impression des listes (c’est là que c’est situé le bug qui nous a pas mal perturbé dimanche) puis des cartes d’électeurs, envoi des cartes et traitement des retours …
– Déploiement des panneaux électoraux, en nombre règlementaire s’il vous plait, répartis sur l’ensemble du territoire de la commune,
– installation des isoloirs et des urnes.

Durant le scrutin :
Le responsable de bureau, accompagné de l’agent territorial, (en liaison téléphonique avec les services de la Préfecture, sur le qui vive …) et de « petites mains » se relayant afin de distribuer les enveloppes, de reconditionner les isoloirs, assurent le bon déroulement, la légitimité du scrutin et le respect des textes, jusqu’à 18 heures théorique, heure de fermeture des portes du lieu de vote. Les citoyens encore présents dans le lieu de vote avant la fermeture des portes, peuvent voter.

Au regard des files d’attentes considérables de ce dimanche, un constat s’impose : pour les prochaines élections de 2008, nous devrons certainement refondre les listes afin de créer de nouveaux bureaux et d’alléger les temps d’attente de chaque électeur … le devoir citoyen ne doit pas constituer une corvée !
Ceci étant, remarque particulière en direction des électeurs de Trilport. Aprés prise de contact avec plusieurs de mes collègues, les files d’attente ont été partout d’une longueur  totalement inhabituelle. 

Aprés le scrutin :
Il doit être méthodique et serein, consitutant une réelle vitrine démocratique. Un maître mot, transparence … Chaque électeur peut y assister du début à la fin.
Déroulement immuable : recompter la liste d’émargement, vider l’urne sur la table,  compter les bulletins, les classer et les ranger en paquets de cent, puis c’est le mement du dépouillement proprement dit avec l’ouverture des enveloppes, la lecture des bulletins et leur pointage … Le tout sous l’oeil avisé des scrutateurs et des citoyens présents. Enfin, il ne reste plus qu’à reporter les résultats, les communiquer par fax à la préfecture, et porter au Commissariat les différents procès-verbaux et listes d’émargement de chaque bureau …

Le vote électronique peut il constituer une solution utile permettant d’alléger cette logistique  ?

 

Machines à voter : victoire ou défaite démocatique ?

medium_vote_electronique.jpgA priori, ces machines possèdent quelques arguments à faire valoir : plus besoin de bulletins et d’enveloppes à imprimer, suppression du dépouillement et du décompte des bulletins, tout est dit en un tour de main … Economie de moyens, de temps, de consommation de papier, cette solution ne présente à priori que des avantages …

Pourtant, telle n’est pas mon opinion …

Pour plusieurs raisons : déshumanisation du vote, abandon du coté public, citoyen et transparent de cet espace de respiration de vie démocratique que constitue un dépouillement de scrutin …  sans parler du coté émotionnel et parfois théatral des minutes durant lesquelles  chacun croit voir les résultats se dessiner malgré les retournements de situation ou de tendance toujours possible …

Mais là n’est pas l’essentiel, le risque est ailleurs.

Avec de telle machines, tout est caché, vote et dépouillement. Aucune vérification possible, contrairement au système manuel, ou l’unique moment non public et privé est le choix individuel de l’électeur effectué dans l’isoloir …
alors « Tout devient possible » , et ce, sans tomber dans la paranoïa … Imaginons une seconde, un Etat qui ne serait pas impartial, ou la collision des moyens et des pouvoirs ferait que la démocratie ne pourrait devenir qu’une apparence ? Où les instances de contrôle et de régulation seraient nommées par le Pouvoir …

 

L’intérêt de ce choix n’est de plus pas évident …

Sans aborder le cout d’acquisition de ces machines, élevé, le problème est qu’il existe un risque potentiel pour la démocratie de détournement politique d’un vote. L’exemple américain de la première élection de Bush est à ce sujet édifiant (élu alors qu’il avait perdu les élections à la suite d’une « défaillance technique » des machines à voter dans un état dont le gouverneur était un de ses soutiens). Il me semble également dommageable d’abandonner cet exercice de vie démocratique, somme toute salutaire, qu’est le dépouillement des bulletins.

Autre constat, les files d’attente dans les communes utilisant le vote électronique n’ont pas été moins importantes !  

Dans ce domaine, je préfère décidemment le traditionnel et la méthode manuelle, artisanale, rien ne vaut la « filière courte », ce qui pour un écolo dans l’âme comme moi va de soi, allons directement du producteur au décompteur ou de l’électeur au scrutateur …

 

Résultats de Trilport (document PDF)

 

CPE : ou de l’autisme en politique …

L’entêtement de Dominique Villepin peut être grave de conséquence, il est en effet grand temps de trouver une porte de sortie à la grave crise sociale que nous traversons. A jouer le pourrissement du conflit, le Premier Ministre prend des risques considérables, l’autisme a ces limites ! Espérons que les prochains jours le ramène à une analyse plus circonstanciée de la situation. Constat évident, devant une réforme aussi sensible nos gouvernants auraient du mener en amont une réelle concertation avec les représentants des jeunes et les organisations professionnelles et patronales. L’essentiel était plutôt que de faire un coup politique (ou comment se distancier de ce cher « Nicolas ») de débattre et dialoguer autour d’une vision et d’un projet d’ensemble. Cela aurait permis l’utilisation d’arguments d’une toute autre nature que ceux développés jusque là par le gouvernement, pour certains irrecevables, le  « Mieux que rien » cachant trop souvent le « Pire que tout ».

 

Dialogue d’autant plus nécessaire, que les violences urbaines de novembre dernier devraient amener les différent spolitiques et énarques à laisser de coté une certaine arrogance et à manifester plus d’humilité.   

Il n’y a pas de fatalité à la précarité
Pour les jeunes, la réalité d’aujourd’hui n’est guère réjouissante : chômage important, voir dramatique dans certaines banlieues (lire note précédente), emplois précaires, temps partiel, stages non rémunérés, intérim … Comme le démontre beaucoup d’analyses de sociologues et d’économistes, le système produit chaque jour à foison ses « in » et ses « out » et la frontière entre ces deux états devient de plus en plus tenue.
Fait nouveau, le CPE s’adresse à tous les jeunes, quelque soit leur qualification et les réunit du coup dans la même angoisse; loin d’amélioer la situation il relègue la jeunesse au rôle d’une simple variable d’ajustement économique. 
La société génère une nouvelle catégorie de travailleurs : « les travailleurs pauvres ». Situation peu enviable, qui ne permet pas à ces personnes de bénéficier d’une réelle autonomie, de pouvoir vivre décemment de leur travail ou de se loger. Les nouveaux Contrats (CNE et CPE) sont des plus dissuasifs pour par exemple,  obtenir des organismes d’emprunt , des banques ou des bailleurs sociaux des prêts ou un logement.
Concernant le chomâge, la réponse de trop de politiques a été jusque là on ne peut plus réductrice : c’est la faute à la mondialisation … « L’enfer c’est les autres …  » … Attitude irresponsable qui a déclenché une réaction en chaine dont la dernière illustration a été le résultat du scrutin européen, le non à l’Europe soulignant la peur des autres (le plombier polonais) mais également du lendemain.
Nos différents gouvernants ont oublié une maxime essentielle : « Gouverner c’est prévoir »! La mondialisation économique entraînant de fait une nouvelle distribution des rôles entre pays développés et pays en voie de développement, elle nous impose de revoir notre politique sociale et la priorité absolue accordée à des secteurs comme l’éducation, la formation ou la recherche et la nécessité de redéfinir une vraie solidarité nationale afin de lutter efficacement contre les inégalités qui s’accroissent chaque jour un peu plus.

Le problème central avec le CPE n’est pas qu’il amène un minimum de souplesse à un système bloqué mais au contraire qu’il transfère l’essentiel du risque à l’acteur le plus fragilisé, le salarié, qu’il contribue à précariser davantage (la précarité ne s’arrête pas aux seules portes de l’entreprise mais poursuivant le salarié jusque dans sa sphère privée). Une des questions de fond posées par les anti CPE est celle de savoir « qui doit assumer le risque économique « , pour eux comme pour moi, la réponse apportée par le dispositif initié par Villepin est irrecevable.

L’inquiétude d’un patron de petite entreprise (je ne parle ici pas des grandes entreprises du CAC 40)  au moment d’une embauche devant la crainte du licenciement provoqué par les aléas économiques est également compréhensible. Un troisème acteur, la puissance publique, peut intervenir pour assumer tout ou partie de ce risque social, c’est sur ce constat simple que les pays scandinaves notamment ont avancé.

Ouvrir de nouvelles perspectives …
Le plus important pour notre société est il de précariser l’emploi ou au contraire de valoriser les compétences ? Il n’y a de richesse que d’homme écrivait un philosophe du moyen age, ce constat est toujours d’actualité au XXI eme siècle. D’autant que la mondialisation ne nous laisse pas d’alternative, ne pas avancer c’est reculer, réformer est donc nécessaire.
Mais une réforme ne peut être le produit de la réflexion d’un énarque solitaire coupé du terrain, elle doit être collective, partagée, nécessite un consensus entre les différents acteurs, des moyens et non de la précipitation, de l’autoritarisme et de l’autisme. Mieux vaut pour le monde de l’entreprise un personnel qualifié, bien formé, avec de l’optimisme, de l’énergie positive qu’un personnel précarisé.

Revenir au XIX eme siècle n’a aucun sens, mettons nous simplement au niveau de notre époque.

Il nous faut donc rebondir et sortir par le haut de cette crise, non pas fermer les fenêtres et ne rien faire, mais au contraire ouvrir de nouvelles perspectives et le champ des possibles … Quitte pour certains publics cibles déterminés, les non qualifiés par exemple, qui ne sont ni jeunes ni vieux, mais simplement sortis du système ou qui n’y sont jamais rentrés, mettre en place des mesures adaptées et spécifiques.
Nous devons également et en urgence, lancer de nouveaux chantiers, complémentaires et prioritaires  comme ceux de l’Education (et la place de l’entreprise dans l’enseignement supérieur), de la Formation et de la Recherche et nous tourner ainsi résolument vers l’avenir.

 

Précédentes notes

CPE, le contrat qui fait désordre : http://jmorer.hautetfort.com/archive/2006/03/06/cpe-le-rapport-qui-fait-desordre.html

Pourquoi CPE rime avec précarité : http://jmorer.hautetfort.com/archive/2006/02/22/pourquoi-cpe-rime-avec-precarite.html

Stand the ghetto : http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/11/07/du-sens-de-la-responsabilite-dans-l’art-de-manier-du-«-karch.html

 

Contribution de Jacques Attali et Vincent Champainhttp://juliette.nfrance.com/~ju16656/Supprimer/texte.pdf

Stand the ghetto

J’ai participé, il y a quelques jours, avec d’autres acteurs de terrain de l’Education et de l’Emploi à une réunion du MEDEF local afin de débattre, a posteriori et à froid, des violences urbaines de novembre dernier. Une initiative intéressante, engagée par d’autres structures que le patronat, puisque les chercheurs de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales organisaient eux aussi récemment un cycle de conférences sur la thématique : « Penser la crise des banlieues: que peuvent les sciences sociales?». Une bonne chose, car tout le monde le sait, si les penseurs s’en mêlent, nous sommes sauvés …

 

 

Arrêt sur image

Le bilan des désordres urbains qui ont touché entre le 27 octobre et le 21 novembre, 300 communes est éloquent : plus de 10 000 véhicules brûlés, 200 millions de dégâts et 3000 arrestations ; de quoi rabattre la superbe du Ministre de l’Intérieur qui du coup n’a pas à flamber de son bilan 2005 ( lire note précédente ). Pourtant, gare à la tentation ! Limiter l’analyse à un réquisitoire contre l’actuel gouvernement est tentant, facile mais ne suffit pas. Si effectivement les interventions médiatiques de Sarkozy ont mis le feu aux poudres et la politique menée par les gouvernements Raffarin et Villepin aggravé la situation, la profondeur du malaise constaté entraîne une remise en cause globale qui interpelle aussi bien la Gauche que la Droite.

Tout le monde en convient, les arguments développés par le Ministre de l’Intérieur ne tiennent pas la route une seconde : les émeutiers de novembre n’étaient majoritairement ni pré délinquants, ni manipulés par des terroristes, le malise est à la fois plus global et plus profond..

 

Le pacte républicain est il le même pour tous ?

Une des premières causes éventuelles évoquées est la discrimination raciale. Un sujet grave et notre pays, terre des droits de l’homme, n’est pas exempt de tout reproche, loin s’en faut. La discrimination raciale est réelle, avérée, constatée, indiscutable et inadmissible. Nos élites en sont la meilleure illustration, tout parti politique confondu ; il suffit d’allumer sa télé pour s’en convaincre. La parité homme / femme n’y a rien changé ; je ne suis pas persuadé d’ailleurs pour ma part qu’il y ait fondamentalement plus de différence entre un et une énarque qu’entre un énarque et un jeune manifestant de novembre dernier. Une discrimination vécue douloureusement au quotidien par les jeunes et qui s’expriment sans retenue lors des recherches de stages ou d’emplois.

Il est urgent pour notre société de traiter ce problème en priorité (les américains et les anglais n’ont sur le sujet aucune leçon à nous délivrer) et y apporter des réponses sans équivoque afin d’éviter tout développement des communautarismes les plus divers et des fractures d’une toute autre nature.

 

Mais le malaise est plus profond et ne concerne pas seulement les jeunes issus de l’immigration ; n’oublions pas que le facteur déclencheur est la mort des deux jeunes de Clichy et les réactions qui ont suivi. L’effervescence médiatique, suscitée par ce drame, en partie orchestré par Nicolas Sarkozy (le Monsieur Karcher « anti racaille ») a joué le rôle d’amplificateur et transformé le fait divers local en affaire d’Etat. Les victimes de Clichy sont deux jeunes semblables à beaucoup de gamins de nos écoles, de nos collèges ou de nos Lycées, deux victimes auxquels se sont identifiées beaucoup d’autres. Les arrestations qui ont suivi les évènements n’ont d’ailleurs pas concerné que des jeunes black ou beur mais tout type de jeunes.

La discrimination n’est pas seulement raciale, elle est globale : géographique, sociale, culturelle … le tout se cumulant. L’idée même d’égalité républicaine ou de pacte républicain apparaît dans certains quartiers comme déplacée, presque comme provocante ou obscène. On le tourne comme on veut, aujourd’hui la banlieue s’est transformée en un lieu de bannissement (au sens étymologique « être au ban »); il n’y existe plus de mixité sociale mais au contraire une concentration de personnes qui y vivent en accumulant les handicaps sociaux.

Auparavant, vivre dans un HLM correspondait à une étape de la vie sociale d’une famille ; désormais on y réside à « perpet' », sur plusieurs générations … Du coup, hors de la cité, point de salut et aucune perspective ; c’est la Ghettoïsation , avec ses règles de vie, ses codes moraux, ses signes d’appartenance.

Les perspectives qui permettaient à des jeunes et des moins jeunes (le chômage des seniors est aussi une réalité !) de croire en des lendemains meilleurs ont disparu. Les travailleurs sociaux, les fonctionnaires, les enseignants, les militants associatifs ont laissé place à des acteurs beaucoup moins altruistes derrière qui se profilent les communautarismes les plus divers.

 

Ou sont les perspectives ?

La banlieue est devenue un « ghetto » que les classes moyennes fuient, abandonnant la petite couronne pour la grande (93 vers 77 notamment). Lorsque une société est dans l’incapacité de développer en son sein de valeur collective, l’individualisme règne, chaque groupe social met alors tout en œuvre pour fuir le groupe immédiatement inférieur dans l’échelle sociale ; une seule obsession « ne pas être les derniers … ».

Pourtant ces quartiers sont un formidable réservoir d‘énergie potentielle. Une énergie qui doit désormais s’ouvrir à d’autres secteurs que le sport : les disciplines artistiques, l’économie, la société civile, les états majors des partis politiques …
Car les jeunes émeutiers de novembre dernier sont en manque de repères et en panne de perspective. Il est de la responsabilité collective de la société et des décideurs locaux et nationaux de relever ces challenges.

Croire en la société, cela commence par croire en ses jeunes.

Le premier tour de la présidentielle de 2005, a démontré le profond divorce entre les élites parisiennes et la trés grande masse de nos concitoyens; je situe, c’est discutable mais j’assume, le vote européen dans la même veine. Trop de français actuellement, jeunes et moins jeunes sont désenchantés et sont devenus des « a quoi boniste » (chers à Gainsbourg). L’absention, le manque d’engagement, la dépolitisation sont des indices sérieux de ce désenchantement et l’on ne peut que se réjouir des initiatives des Debouze, Thuram, Joe Starr, si au bour du bout, le réflexe citoyen électeur joue enfin; il est temps que les jeunes prennent leur destinée en main, et qu’au vote des pierres de novembre succède celui du vote de papier.

 

La situation est grave, mais pas désespérée … Les évènements de novembre ont été remarquablement géré par les forces de l’ordre, qu’il faut saluer. Un sang froid qui a permis de ne pas envenimer une situation mal engagée. Il est paradoxal que ce soit les acteurs du terrain, en première ligne, et non ceux des conférences de presse qui aient su garder leurs nerfs et délivrer ce message de professionnalisme.

S’il n’y a pas de fatalité, précariser encore plus des jeunes fragilisés, en état de révolte latent, sans leur proposer de nouvelles perspectives ne permettra pas de répondre aux interrogations soulevées en novembre dernier. S’il est vrai que la courbe démographique entraînera de fait une baisse mécanique du chômage dans les prochains mois, permettra t’elle de recréer une dynamique positive, un engagement des exclus dans la société de demain, j’en doute ?

Les solutions proposées par la droite (CPE, apprentissage à 14 ans) ne sont pas à la hauteur du traumatisme constaté, elles en sont aux antipodes …

Nous devons, chacun à notre place, contribuer à bâtir des perspectives qui permettront peu à peu de reconstruire des lignes de fuite potentielles … Il n’a pas une, mais des réponses collectives à apporter … Tout voyage à sa destination, c’est cette destination qui permet de subir les contraintes de la route, sinon certaines contraintes ne sont plus acceptables ! Les violences de novembre dernier démontrent le divorce actuel entre les jeunes des cités et notre société. Ils en sont pourtant le produit et l’avenir.

 

La balle est désormais dans le camp des politiques et des décideurs. Leurs responsabilités dans les prochains mois sera grande, car le populisme et la démagogie seront également au rendez vous de 2007. Pour être à la hauteur du rendez vous, il faudra être audible, constructif, savoir proposer de nouvelles perspectives, et faire naître un nouvel espoir collectif en des lendemains qui chantent.

 

Tout un programme …