Le H51N, Epidémie ou pandémie ?

La grippe aviaire risque fort d’être le sujet de discussion favori des prochains mois. Son virus qui suit la longue route des oiseaux migrateurs et du printemps est désormais aux portes de l’Europe. Sa présence en Turquie est avérée, pays depuis l’origine des temps situé à la confluence de l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Le risque de propagation est réel et préoccupant car cette maladie peut atteindre des pays sans aucune infrastructure sanitaire et vétérinaire digne de ce nom (pays africains notamment), ce qui pourrait entrainer à terme une situation catastrophique.

 

 

La grippe aviaire (ou grippe du poulet) ?

Cette maladie contagieuse est provoquée par un type de virus qui s’ils n’infectent initialement que les oiseaux (et rarement le porc) peut dans certains cas franchir la barrière des espèces et s’attaquer à l’homme.
Chez les oiseaux domestiques cette infection provoque deux formes de maladie différentes. Une à la virulence extrêmement faible et qui ne provoque que des symptômes bénins (pouvant facilement passer inaperçue), l’autre avec des conséquences beaucoup plus dramatiques ; ce qui est le cas actuellement avec le virus H5N1.
Problème majeur, la capacité du virus le plus begnin à muter jusqu’à devenir hautement pathogène. Il peut alors toucher différentes espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques en se propageant et à un certain degré, ses souches, sont susceptibles de franchir la barrière des espéces et d’infecter d’autres animaux, des mammifères ou l’homme.
C’est le cas actuellement dans certains pays ne disposant pas de circuit sanitaire performant. Il peut suffire alors d’un contact direct ou indirect (déjections …) avec des oiseaux infectées pour l’attraper. Une situation dramatique qui se déroule aujourd’hui en Asie du Sud Est et qui a déjà fait de nombreuses victimes. Facteur aggravant et particulier à cette Région du globe, la pratique d’un élevage traditionnel de volailles ou les basses-cours vivent à prosmicuité des habitations et des enfants et le nombre important de ces « élevages » (notamment en Chine).
Dans le cas d’une telle épidémie, tout contact entre l’homme et animal doit être absolument évité ; les différentes espèces domestiques séparés et les oiseaux sauvages tenus à l’écart ; ce qui explique les mesures de confinement proposées. Il faut être également très vigilant sur les mouvements des animaux, des denrées alimentaires et des populations.

Pour autant, et heureusement, le virus H5N1 n’est pour l’instant pas transmissible de l’homme à l’homme, l’épidémie est circoncisse à l’animal, et ne peut être transmissible que par l’animal. Une pandémie humaine ne surviendrait que si le virus mutait jusqu’à devenir contagieux pour l’espèce humaine (nouveau type de virus), ne se propageait facilement (de l’homme à l’homme) et s’accompagnait d’une mortalité élevée, ce qui n’est pas le cas.

Certes le virus H5N1 est un nouveau virus, s’est propagé à plus d’une centaine de personnes mais aucun cas de transmission entre les hommes n’a été signalé. Ce qui n’écarte pas pour autant le risque de voir ce virus acquérir cette capacité en mutant , tant que circulera l’épidémie.

Une mobilisation générale

La propagation du virus H5N1 de la grippe aviaire confirme que cette maladie est un problème international qui exige une réponse rapide à l’échelle mondiale, le virus comme le nuage de Tchernobyl (nous l’avons appris à nos dépens) ne s’arrêtera pas aux frontières des états.
Réunis à Pékin, 130 pays et la Banque Mondiale ont décidé d’investir 1,6 milliard d’euros dans cette véritable course contre la montre afin d’attaquer le mal à la source avant qu’il ne se propage de manière incontrôlée. Ce qui implique tout à la fois : d’améliorer la qualité des services vétérinaires, d’abattre systématiquement des oiseaux lorsqu’un foyer infectieux est détecté, d’aider financièrement les éleveurs de volailles touchés par cette mesure, de renforcer le dépistage et de mettre au point un vaccin pour les bêtes et les hommes. Combattre le mal à la racine, chez l’animal est le moyen le plus efficace d’éviter une mutation du H5N1 qui pourrait provoquer une pandémie.

En France, les signes avant coureurs de l’inquiétude des autorités se sont manifestés : mesures de confinement (afin de limiter au printemps tout contact avec les oiseaux migrateurs) et décision, somme toute spectaculaire vu l’importance du lobby des éleveurs (on connaît son influence sur le gouvernement en place), de ne pas accepter au Salon de l’agriculture 2006 de volatile.
L’heure n’est certes pas à la panique, mais à l’inquiétude et au principe de précaution. Car les chiffres donnés par l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans ses Bulletins hebdomadaires deviennent au fil des semaines des plus spectaculaires : en l’absence de traitement ou de vaccin, la grippe aviaire pourrait concerner prés de 15 millions de personnes et provoquerait 118.500 décès, dont plus de 20% chez les populations à risque (personnes âgées, malades, jeunes enfants et femmes enceintes). Notre pays consitute un stock de traitements (est il suffisant se demande certains journaux aujourd’hui ?) mais l’étude de l’évolution de l’épidémie dans certains pays touchés doit nous rassurer quelque peu, les procédures déjà évoqués précédemment ayant permis de limiter considérablement et avec efficacité l’épidémie ; signalons que les pratiques sanitaires et médicales sont dans nos pays heureusement différentes !

Fort heureusement, le virus H5N1 n’aime pas la chaleur. La température de 70° C (en tout point de l’aliment) le tue. Au saignant, il faudra peut être bientôt désormais préférer le tout cuit ! (dommage pour les amateurs de magret); se méfier également des œufs, porteurs potentiels du virus  (rappel : un jaune liquide n’est pas cuit !) .
Rester vigilant sur un risque trop souvent sous estimé, la contamination croisée ou le mélange (direct ou indirect) de morceaux de volailles contaminées avec d’autre produits sains … Une contamination qui concerne également les surfaces en contact (tables, mains) lors des manipulations. Un nettoyage à base de savon s’impose dans ce cas de figure.

 

Quelques pistes de réflexion plus générales …

La mondialisation des échanges (personnes et biens) fait qu’aujourd’hui une épidémie ne peut se limiter à un seul pays. A un moment donné elle se propagera jusqu’à atteindre d’autres frontières ou Continents. Au regard de l’écart  Nord / Sud qui s’accroit de jour en jour, l’application du simple principe de précaution impose plus que jamais aux pays riches d’être solidaires des pays pauvres et de se sentir concernés du sort de leurs habitants.
Le principe d’ingérence sanitaire développé en France par DSK s’impose ici de lui même, il devient du coup même, principe de précaution.

La communauté internationale doit apporter de toute urgence son soutien financier afin de créer un minimum de structures sanitaires, qui doivent comprendre également des vétérinaires et des spécialistes de la santé animale dans les pays où elles n’existent pas.
Aprés la peste et le rat, la tremblante du mouton, la vache folle, arrive la grippe aviaire. L’heure n’est plus aux économies, il faut constituer une première ligne de défense contre ce type de virus. Le temps qui passe nous a démontré que la barrière des espèces est une ligne Maginot qui peut être contournée. Il faut maîtriser dans les meilleurs délais l’attaque virale afin de ne pas leur laisser le temps à un virus de muter !
Le développement d’un élevage intensif, permettant de produire plus au meilleur coût en s’affranchissant de certaines normes sanitaires ou garanties montre une fois de plus ces limites.

La recherche médicale comme l’industrie pharmaceutique ne doit pas privilégier les circuits les plus rentables. C’est de la responsabilité des états et des organisations internationales d’imposer les vrais priorités. Les maladies virales qui touchent actuellement les africains (SIDA) ou les chinois (H51N) peuvent demain si on n’intervient pas en temps et en heure nous toucher.

Le réchauffement de la planète peut avoir à terme des résultats catastrophiques. Les barrières climatiques s’estompant, certaines souches de virus jusque là tropicaux ou exotiques (Ebola par exemple) pourront dans un futur proche muter beaucoup plus facilement et toucher des populations de moins en moins préparées

Une affaire somme toute assez exemplaire de notre époque, non ? Et qui démontre qu’en dehors du Développement Durable, point de salut !

 

STIF : Tel est pris qui croyait prendre …

Jean Paul Huchon, Président du Conseil Régional, également nouveau Président du STIF (Syndicat des Transports d’Ile de France) c’est une des conséquences attendues des élections régionales de 2004. La majorité veut remettre à niveau les transports en communs en Ile de France et aborde ce dossier avec la même détermination que celui des Lycées lors du précédent mandat. Une situation apparemment insupportable pour la Droite régionale, y compris aprés la fin de l’invraisemblable bras de fer imposé par l’Etat à la Région sur le montant des dotations financières destinées à compenser les nouvelles compétences transférées au titre du STIF (voir note précédente) et qui s’est terminé par un succés total de Jean Paul Huchon.

Chacun pouvait alors penser que devant l’urgence de la situation et le retard pris, les élus auraient enfin toute latitude pour se mettre avec sérénité au travail. C’était sans compter sur l’esprit revanchard de certains, le résultat des urnes leur étant défavorable, ils ont décidé de changer les règles du jeu …

 

Pour preuve la manoeuvre de Patrick Devedjian à l’Assemblée Nationale : le député des Hauts-de-Seine, avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy, a fait passer à la hussarde un amendement (à 2 heures du matin !) imposant que les investissement du STIF soient désormais votés à la majorité des 2/3. Cette décision donne de fait un droit de veto aux départements de droite (dont les Hauts de Seine) sur la gestion du STIF et risque de mener trés vite à la paralysie du Syndicat.

La majorité régionale, à l’initiative de Jean Paul Huchon a trouvé pour sortir de cette situation de blocage une parade inattendue et redoutable : Changer l’article du Règlement Intérieur du STIF relatif au mode de désignation des représentants de la Région afin de le faire passer de la proportionnelle au système majoritaire !

L’exécutif régional se donnant ainsi la possibilité d’exclure les élus de droite des postes de délégués au STIF et annulant du coup les effets de l’amendement Devedjian. Jean-Paul Huchon a voulu cependant offir une porte de sortie honorable à la Droite. Privilégiant le dialogue, plutôt qu’un changement de désignation définitif, il a préféré faire adopter une modification « light » : laisser la possibilité au Président du Conseil Régional, du choix du mode de désignation des représentants régionaux au Stif : proportionnel ou majoritaire.

La balle est désormais dans le camp du Gouvernement qui peut annuler son amendement, une décision attendue de nombreux élus régionaux de droite et qui pourrait intervenir, ironie du sort, lors d’un projet de loi proposé par Nicilas Sarkozy au titre de la Police des Transports dés les prochains jours !

 

C’est ce qu’on appelle un renversement de situation.

 

Devant la situation des transports en commun en Ile de France, l’importance du retard en équipement lourd et les besoins pressants du terrain, réalité quotidienne vérifiée et subie tous les jours sur les quais de nos gares par des millions d’usagers (12 millions), on ne peut que s’élever contre l’attitude de certains élus (dont Monsieur Devidjan notamment) préférant se livrer à des manoeuvres politiciennes « minables » plutôt qu’agir concrètement, ou laisser agir la majorité issue des urnes en bon démocrate, afin d’améliorer une situation inacceptable; chacun ses priorités !

 

Pourtant agir est urgent. Rappelons qu’entre la prise de décision, le vote des budgets, le respect des obligations de la commande publique et la livraison du matériel, de nombreux mois et années vont passer et le Conseil d’Administration du STIF ne s’est toujours pas réunit depuis juin 2005 !

 

Le but recherché par Monsieur Devidjian qui, lui, ne prend pas le train tous les jours pour se rendre au travail, ne serait il pas celui là ? Empêcher par tous les moyens une amélioration de la situation afin que lors du prochain scrutin régional les habitants de l’Ile de France ne puissent constater les résultats d’une politique publique volontariste et les progrés réalisés sur la mandature …

 

Ce serait Minable, non ?

 

En 2006 une Europe moins vert pale …

Si le mois de janvier est celui des bonnes résolutions, revenons sur celles relatives à la lutte contre l’effet de serre, au niveau européen … Il est vrai que l’objectif affiché par l’Europe lors de la signature des accords de Kyoto était ambitieux : passé de 5% en 1997 à 12% en 2010 de consommation d’énergie issue de l’énergie renouvelable ; où en est on à mi parcours ? C’est la question à laquelle répond régulièrement EurObserver, bureau d’études spécialisés dont les baromètres publiés, à défaut de faire la pluie et le beau temps font référence.

Fin 2004, l’Europe en était à 5,6% … Des progrès sont à faire, indéniablement avant 2010 … Et la France dans ce contexte ?

 Placée bien loin des pays aux avants postes (Allemagne et nations scandinaves), notre performance est encore plus à relativiser lorsqu’on la compare au niveau moyen européen …

Les résultats sont édifiants sur trois indicateurs caractéristiques de :

  • la filière bois : (TEP/ habitant) 0,15 contre 0,12,
  • l’énergie solaire : la surface en capteurs solaires thermiques en mètre carré pour mille habitants : 13,2 contre 33,7
  • l’éolien : production d’électricité (kWh / habitant) 9,7 contre 118 …

Si l’on compare avec l’Allemagne qui n’est pourtant pas plus ensoleillée (on le saurait …)  ou balayée par le vent, nous sommes toujours moins exemplaires avec : pour le solaire 75 m2 pour les allemands (13,2 pour la France), et l’éolien 274 kWh/ hab (10 pour la France).

Un élément positif dans toutes ces données, de quoi nous motiver pour les prochains mois … Notre marge de progression !

Pour 2006, je vous souhaite un bonheur qui dure …

Le moment des voeux pour un élu, est l’instant privilégié de redresser la tête du guidon pour faire le point, surtout aprés cette première année réellement en responsabilité comme Premier Magistrat de Trilport.

Un premier bilan contrasté, mi fugue, mi raison; ma commune, Trilport, ville à la fois rurale, à la fois urbaine, condense les difficultés et les atouts de ces deux univers, l’urbain et le rural, ce qui empêche la monotonie, se révèle passionnant mais demande pas mal d’énergie.

Le Maire tient un rôle essentiel auprès de ses concitoyens. Elu de proximité par essence, il est en première ligne devant leurs colères, leurs doutes, leurs attentes et leurs exigences; exutoire naturel, il se transforme souvent en bouc émissaire des contradictions d’une société qui n’en manque pas; surtout dans une petite ville de 5000 habitants, qui possède tous les problèmes d’une grande commune sans avoir pour autant ses moyens logistiques et financiers.

Dans un contexte politique où règne trop souvent l’effet d’annonce et les petites phrases du 20 heures, il doit au quotidien et concrètement mettre en place, au meilleur coùt, quadrature du cercle souvent impossible, les structures indispensables au maintien du lien social,  être également le garant d’une plus grande solidarité entre les uns et les autres et d’une meilleure qualité de vie pour tous. Paradoxalement, plus ses moyens semblent se réduire, plus les attentes de ses concitoyens sont fortes et les demandes des politiques pressantes.

Aujourd’hui, l’Etat, et je le regrette amèrement, est de moins en moins présent financièrement, alors qu’il est de plus en plus exigeant avec les communes, les conditions d’application de la loi SRU en sont une parfaite illustration … Attitude contradictoire s’il en est, certains diraient schizophrénique, surtout lorsque l’on aborde le volet fiscal !

Heureusement, le paysage institutionnel du pays évolue, les Territoires en s’émancipant (quelquefois contre leur gré)s’entremêlent : Région, Département, agglomération … une commune n’est plus tout à fait isolée et dispose d’un réseau de partenaires divers pour l’aider à répondre aux demandes de ses habitants. Il est impératif pourtant que l’Etat n’abandonne pas à son triste sort la cellule de base de la cohésion sociale qu’est la commune et qu’il le traduise financièrement sans ambiguité dans ses dotations (on peut toujours rêver!).

Pour finir ce propos sur une note un peu plus optimiste.

Afin de faire œuvre utile, c’est ensemble que les élus doivent travailler, afin de proposer de nouvelles perspectives à nos concitoyens; au regard d’un passé récent cela est plus que jamais une nécessité !

Là encore, l’élu de base doit rester humble, vigilant et gestionnaire à défaut d’être visionnaire, comme Saint Exupéry lorqu’il écrivait : « Il faut autour de soi, pour exister, des réalités qui durent ».

Car en 2006, nos concitoyens ont surtout besoin de bonheur qui dure

Ne l’appelait plus jamais Clem’

Coincé dans les eaux de Méditerranée, le porte avion Clemenceau devait terminer son dernier voyage en Inde aprés deux mois de traversée afin d’y être démantelé ; à un détail prés, la Cour Suprême de ce pays lui a interdit l’accès de ses eaux territoriales estimant que la quantité d’amiante à traiter violait la convention de Bâle relative à l’élimination des déchets dangereux.

L’odyssée pitoyable de ce fleuron de la flotte nationale, porte drapeau ayant porté haut nos couleurs dans toutes les eaux du globe et lors des derniers conflits du XXeme siècle est instructive, non sur le fait de savoir si un matériel militaire est concerné par cette convention, mais par trois erreurs lourdes de sens commises par le Gouvernement : L’absence de filière de démantelement, les dangers de l’amiante, l’affront fait à l’Inde.

 L’absence de filière de démantèlement

Puissance navale de premier rang, nous possédons une flotte importante , une industrie et des chantiers navals qui luttent actuellement pour leur survie. La société aujourd’hui demande aux industriels de posséder certes l’art de faire mais également celui de défaire; cette tendance se généralise sur l’ensemble des secteurs industriels et pose beaucoup de problèmes à notre industrie nationale, tout secteur confondu. Le Développement Durable impose pourtant la création de ce type de filière, véritable passage obligé, et tant mieux pour la planète.

Les coques du Clémenceau comme celles de la majorité des navires construits aprés la deuxième guerre recèlent beaucoup d’amiante, l’emploi de ce matériau étant inévitable à l’époque par ses qualités d’isolant au feu, la faiblesse de son coût, sa toxicité n’ayant pas été avérée (quoique …).

Au regard de la décision prise par le gouvernement, certaines questions méritent d’être posées :

  • Ce type de process industriel est il impossible techniquement à accomplir dans un chantier naval français ?
  • Est il créateur d’emplois ?
  • Le Clémenceau est il un cas unique ?

Car ce marché est viable économiquement pour notre industrie : du fait de la technicité qu’il requiert et de l’importance du stock d’amiante contenu dans de nombreux ouvrages ou équipements  (bâtiment notamment …), de fait, le désamiantage est malheureusement  un marché porteur.

Les dangers de l’amiante

Entre autres inconvénients, l’amiante présente la caractéristique d’être trés volatile, ce qui le rend d’autant plus dangereux. Effectuer un  désamiantage est une opération délicate à mener : il faut confiner et rendre étanche la zone à décontaminer avant de pouvoir l’extraire. Au regard des dangers évoqués, cette procédure est une opération plus que délicate malgré une réglementation très stricte et le risque environnemental est présent à toutes les étapes : extraction, transport et traitement.

Cette technique est désormais maîtrisée dans nos pays, mais depuis assez peu de temps, et rien n’assure que les procédures mises au point en Europe soient généralisées sur d’autres continents.

La découverte du fléau de l’amiante ne remonte officiellement en France qu’à 1997, même si ses dangers sont connus depuis bien plus de temps (début du siècle dernier). Difficulté majeure, si le temps d’exposition ou la quantité de fibres absorbés sont des paramètres significatifs, ils ne sont pas déterminants, une exposition ou une quantité absorbée infime peut se révéler mortelle, ce qui a amené l’Etat malgré la puissance du lobby des producteurs, qui a fait ses preuves jusque dans un passé récent, a procédé finalement aprés bien des altermoiements coupables (on se rappelle le scandale des veuves de l’amiante) à son interdiction totale.

Le problème aujourd’hui est que l’on trouve de l’amiante dans nombre d’endroits trés divers, notamment dans le bâtiment : plafonds, sols, tuyauteries mais également industrie automobile (freins), partout où l’on doit agir contre la chaleur. Ce risque est si important que lors d’une vente de bien immobilier un diagnostic « amiante » doit être effectué obligatoirement; il est dommageable que cette obligation n’est pas été étendu aux propriétaires vis à vis de leurs locataires. .

L’offense faite à l’Inde

Cette affaire est également exemplaire des relations Nord / Sud dans le domaine de l’Environnement et de l’élimination des déchets toxiques ou dangereux. On ne peut que regretter le mauvais exemple donné par la France, surtout après les déclarations de Chirac sur le Développement Durable et la « maison qui brûle ».

Débattre pour savoir si un matériel militaire doit s’affranchir de la convention de Bâle comme le fait l’Etat français est une insulte à l’intelligence des peuples et au Développement Durable. Poser simplement la problématique en ces termes est inacceptable et scandaleux. Saluons au contraire le rôle joué par la convention de Bâle qui protège la santé des populations des pays du Tiers monde (quelquefois malgré leurs dirigeants) en limitant ce type d’exportation. Elle n’autorise l’exportation  des matériaux dangereux que lorsque le Pays d’origine « ne dispose pas des moyens techniques et des installations nécessaires pour éliminer les déchets en question selon des méthodes écologiquement rationnelles et efficaces ». Est ce le cas de la France ?

Le temps aussi de considérer l’Inde tout autrement. Cette grande nation ne plus être considérée comme un pays du Tiers Monde, loin s’en faut, mais comme un pays état souverain disposant d’une économie florissante, d’un système éducatif qui donne des résultats remarquables, et d’une démocratie qui s’est confortée ces dernières années même si cette nation est toujours une terre de contraste.

La patrie de  Amartya Sen, prix Nobel de l’Economie commence désormais à jouer dans la cour des grands, voir des trés grands, il serait bon de s’en souvenir dans les années à venir.

La réponse de Gutemberg à Google

Un bras d’honneur prémonitoire

Il y a quelques années une affiche faisait les délices des métiers de l’imprimerie et de la presse écrite : « la réponse de Gutenberg à Mac Luhan », elle montrait l’ancêtre des imprimeurs effectuant un bras d’honneur au sociologue canadien Mac Luhan qui avait eu le malheur d’annoncer bien imprudemment la fin de « l’ère Gutenberg » ; force est de constater que 30 ans après les faits ont donné tort au spécialiste canadien.
Bien que l’annonce faite par Google, en octobre 2004, de créer une bibliothèque numérique universelle gratuite ait occasionné beaucoup de réactions passionnées,  elle ne représente pas pour autant, même à titre posthume, la victoire de Mac Luhan, loin s’en faut, le média privilégié étant toujours le support écrit; ceci étant dit la suite des épisodes est encore à écrire.
L’idée développée par Google n’est pourtant pas révolutionnaire, les avantages des supports numériques dans l’archivage électronique sont connus : ils s’affranchissent du vieillissement, de la rareté et de la fragilité du support d’origine (quelquefois de vieux parchemins), sont duplicables à l’infini, accessibles à volonté et possèdent tous les autres avantages liés à l’informatique (indexation, recherche …); il n’y a pas photo !

Un passage obligé cependant, délicat lorsque l’on parle de parchemins ou de vieux ouvrages, le but n’étant pas de les détruire aprés usage (des machines spécifiques ont été élaborées pour réussir cette mission),  la phase de numérisation ;  deux techniques existent :

– le « mode image », qui présente l’avantage d’être rapide et économique mais l’inconvénient de ne pouvoir donner de sens au texte, car il s’agit d’une simple photo de la page scannée,
– le « mode texte », qui possède le double inconvénient d’être plus long et coûteux, il faut d’abord procéder à la numérisation de l’ouvrage, ensuite un logiciel de reconnaissance de caractères (OCR) « traduit » la page scannée et la transforme en fichier texte; ce qui ensuite autorise le traitement de l’information : indexation, recherche, indexation et même traduction … Facile lorsque l’il s’agit de pages déjà imprimées, beaucoup plus délicat lorque l’on scanne des pages calligraphiées ou écrites dans une langue ancienne ou certaines polices de caractères.
Chaque grande nation possède une Bibliothèque nationale où l’on connaît ce style de technique; pourtant jusqu’à présent, excepté quelques expérimentations aucune opération d’envergure de numérisation de fonds documentaire n’avait été menée. Si Gallica, (la bibliothèque numérique de la Bibliothèque de France) compte près de 80 000 ouvrages numérisés, seulement 1 250 le sont en mode texte; or le projet Google Print repose sur une numérisation en mode texte …

on va comprendre tout de suite les raisons de ce choix.

 

La « Porte de Dieu »

L’irruption de Google dans le monde feutré des bibliothécaires a suscité la controverse et des réactions politiques à la chaîne. Réactions compréhensibles  face aux dangers représentés par cette initiative. Il s’agit ni plus, ni moins de la main mise d’une entreprise multinationale privée, américaine de surcroît, sur La bibliothèque universelle. Cette véritable tour de Babel virtuelle agrégeant la somme des connaissances humaines disponible à saciété depuis chaque ordinateur qui était jusque là une utopie poursuivit par des générations de philosophes, de lettrés et de savants.
Rappelons que la tour de Babel (Babel signifiant La porte du Dieu), construite par les descendants de Noé était destinée selon la Bible (genèse 11) à atteindre le ciel afin de permettre aux hommes de s’élever au niveau des Dieux. Devant le danger représenté par cette construction, Dieu créa les langues étrangères … Les hommes ne se comprenant plus ne purent plus travailler ensemble.  Succès sur toute la ligne de la puissance divine qui peut être vérifié à chaque bulletin d’informations !

L’ultime obstacle à la réalisation de ce projet n’est pourtant ni financier, ni technique. Car si la logistique à réunir pour numériser les livres (du haut des rayonnages des différentes bibliothèques c’est plus de 560 années de connaissances qui nous contemplent), notamment les ouvrages anciens, est trés importante ( temps, moyens financiers, techniques) elle n’est pas insurmontable.

A contrario les obstacles principaux sont :

– Juridiques : les droits d’auteur de certains livres n’étant pas encore dans le domaine public, Google a connu des problèmes avec certains  éditeurs américains et européens d’autant que les règles liées au droit d’auteur, à la duplication des oeuvres ou à la consultation (nombre de lignes donnant lieu au paiement d’une redevance ou d’un droit ) différent entre les pays …
– Economiques : du fait du danger de constitution d’un monopole de fait sur la Connaissance Universelle avec plusieurs problèmes derrière : quid des Bibliothèques Nationales, quelle langue privilégiée, la gratuité jusqu’à quand … Des interrogations qui expliquent la contre attaque menée par Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France, partisan d’une bibliothèque numérique européenne (BNE), dont l’idée depuis a fait son chemin; il ne reste plus qu’à trouver les financements d’une telle entreprise.
– Culturels : le potentiel technique de Google peut permettre à l’internaute de s’affranchir de l’entité livre et du cheminement de la pensée de l’auteur pour ne retenir que des tranches d’information et d’aboutir in fine à une forme de zapping des mots et des pensées.

 Aujourd’hui, nous n’en sommes qu’à une première phase, (http://print.google.fr) qui permet cependant d’avoir une idée assez précise de ce qui va suivre et de l’avantage concurrentiel possèdé désormais par Google dans la gestion de cet énorme fonds documentaire. Les profits à venir sont colossaux : le modèle économique développé par Google ayant démontré que le « tout gratuit » peut receler des niches à profit énormes et inattendues.
Bien que la réponse d’autres acteurs informatiques et institutionnels tels Microsoft et les bibliothèques nationales ne s’est pas fait attendre, n’oublions pas que …

Pour trouver une aiguille dans une botte de foin à défaut d’avoir une paire de trés bons yeux, disposer d’un bon moteur de recherche est souvent suffisant … à ce jeu Google n’est pas trop mal placé …

 

Notes précédentes sur Google :

Big Google is watching you :
http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/11/12/google-toujours-plus-…-pour-nous-servir1.html

Google, No limit :
http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/11/01/googl…
Google, puissance 80 :
http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/09/21/googl…