Trilport, témoin de l’histoire

c9cd3f346ac5e3bc314c00f64cb13670.jpg

La réédition du livre de Michele Bardon  « Trilport, témoin de l’histoire », a donné lieu à une belle cérémonie. Particulier, ce livre l’est par bien des aspects; il n’est pas si banal pour une petite ville comme la notre de posséder une telle mine d’informations sur son passé.
Avec son ouvrage, Michele Bardon (cf note précédente ) poursuit l’oeuvre entamée par son père. Il faut beacuoup d’énergie pour collecter cette somme d’informations éparses, éparpillées dans le grand maelstrom du temps et les labyrinthes des archives. Son travail, son talent et sa plume alerte permettent aux Trilportais d’aujourd’hui, de découvrir le passé de leur ville, de ses grands comme de ses petits évènements.

Je suis heureux d’avoir contribué à ce que les travaux de cette grande dame de la « petite histoire » soient connus du plus grand nombre et ne reste pas lettre morte, ce qui pour un livre, reconnaissons le, est plus que dommageable. Les bonnes volontés rassemblées (notamment avec les sociétés historiques locales de Meaux et Provins) ont permis de constituer le tour de table financier qui explique qu’un ouvrage de prés de 800 pages, avec des photos et une couverture quadri soit vendu seulement 15 euros.

Il est essentiel à l’heure d’Internet, du zapping et de l’instantané, de saisir tout le poids du passé, et de prendre le temps de la réflexion. Un élu qui aime son territoire et dispose de la dose d’humilité minimale, le sait … Les leçons de l’histoire se conjuguent au présent, souvent au futur et quelquefois au conditionnel .
C’est le sens de l’engagement de Christian de Bartillat, à qui je veux rendre hommage et sans qui nous aurions eu beaucoup plus de mal à boucler ce projet.  Cet homme de passion, de valeurs et de fidélité, a choisi il y a 25 ans d’implanter dans un village voisin, Etrépilly, une société d’édition dénommée « Les Presses du Village ».  Le choix de cet érudit, dirigeant de grandes maisons d’édition ( le Seuil, les Presses de la cité) loin des canapés et des petits fours des milieux intellectuels parisiens en a surpris plus d’un. C’était un choix du cœur,  qui s’est révélé au fil du temps précurseur … Le Développement Durable c’est aussi cela !

Avec sa société d’édition, il a contribué plus que quiconque à faire revivre l’histoire de cette région, mais également à permettre à de nombreux historiens animés d’une passion commune à la faire partager. Plus que jamais, je pense qu’il n’y a pas de petite histoire ou de grande histoire, il y a l’histoire … il n’y a pas non plus de petites gens sans importance, mais des hommes et des femmes qui passent , s’épanouissent et marquent parfois leur passage ici bas, d’une empreinte fugitive ou monumentale, qui peut surgir soudain au détour d’un quartier…

C’est également ce qu’écrit avec ses mots, Michelle Bardon :

 « Peut-être faut-il savoir, par delà le temps, retrouver la présence des amis disparus, avoir savouré la douceur qui inonde de sa paix champs et bois aux derniers rayons du soleil vespéral, la joie des matins de Pâques, fleuris d’oiseaux et d’arbres fruitiers, lorsque se répondent dans le ciel d’un bleu très pur, tous les clochers d’alentour,. les murmures bruissant du silence de la forêt, les jeux du vent dans les mais et dans les blés, la sérénité altière de la Marne ou encore, après la pluie, les pleurs des roses des jardins, peut-être faut il avoir goûté la quiétude de ces lieux pour s y attacher profondément et en apprécier la beauté toute simple?

 

Intervention  de Mlle Bardon …

Intervention  de  Michelle Bardon

 

eed1f9f91f79f4bff2ad5dabf460fb5e.jpg

 

 Voilà donc mon livre Trilport, témoin de l’Histoire réédité. C’était une parution attendue.
Ce nouveau volume reprend l’intégralité du précédent, mais augmenté d’un index des noms de lieux, de personnes et de matières ainsi que d’une liste explicative du contenu des différents chapitres.
Trilport, témoin de l ‘Histoire est un gros volume, qui essaie de faire une synthèse de tous les aspects de la vie d’un village. Les chapitres sont classés plutôt chronologiquement, mais ils sont indépendants les uns des autres, ce qui permet de commencer par n’importe quel sujet et de passer à un autre situé beaucoup plus loin. Mais je reconnais qu’il n’était pas facile de retrouver un lieu ou une personne et que les noms donnés en tète des chapitres n’étaient pas évidents pour savoir à quel sujet ils se rapportaient. C’est pourquoi cette réédition est la bienvenue puisque le livre, paru en 1980, était épuisé depuis plusieurs années.
Vous connaissez ma passion pour l’histoire depuis ma plus tendre enfance. D’autre part, j’ai toujours aimé Trilport, où Maman avait été élevée, où je venais en vacances chez mes grands- parents et où mes parents ont fait construire une maison, où j’habite depuis 1959 dans cette rue du Grand Trou qui, à l’époque n’était qu’un chemin sans habitation.
Mes études terminées, je souhaitais connaître un peu mieux l’histoire de ce village où nous vivions. Il existait bien quelques articles que le curé de Trilport de 1944 à 1958, l’abbé Mercier, avait écrit dans son bulletin paroissial, mais qui ne contenaient aucune référence.
Il est important pour un historien de citer ses sources. Non seulement cela permet aux lecteurs de vérifier la véracité de ce qu’il écrit, mais surtout, cela permet à d’autres chercheurs de trouver éventuellement des pistes pour leurs propres recherches. 
Il y avait peu de choses sur Trilport, alors je me suis dit qu’il fallait que je cherche de la documentation. C’est une de mes habitudes: quand il n’y a rien ou presque sur un sujet, j’arrive à écrire un article ou un livre! Dans ce cas précis, ce fut un volume de 750 pages, avec vingt-quatre illustrations, pour la plupart inédites.
Bien sûr, cela a demandé dix années de recherches de témoignages oraux, de documents en bibliothèques (au pluriel), dans les archives municipales, diocésaines, départementales, nationales. Mais, comme on dit: « Quand on aime, on ne compte pas. »
L’histoire locale est aussi replacée dans l’histoire générale de notre pays. Cela valait la peine de communiquer aux autres le fruit de mon travail. De nouveaux habitants se sont installés à Trilport. Eux aussi peuvent être intéressés par le passé de notre localité.
Vous ne serez pas étonnés que j’ai dédié mon livre à la mémoire du vicomte Gustave de Ponton d’Amécourt, bienfaiteur et maire de Trilport de 1855 à 1876. Il apparaît dans de nombreux chapitres.
Lui aussi aimait l’Histoire, la grande et la petite. N’a-t-il pas écrit cette phrase magnifique pour un chercheur : « Chaque village, chaque hameau, chaque champ, chaque nom d’homme ou de lieu devrait avoir son histoire. Rien n’est mesquin de ce qui touche à l’histoire de la famille humaine,  les plus petits détails grandissent à mesure qu’on les examine ».

En trente ans, la vie a changé: il y a davantage d’habitants, de circulation, de bruits. Mais cela ne m’empêche pas de continuer à aimer ce que j’écrivais alors …
« Peut-être faut-il savoir, par delà le temps, retrouver la présence des amis disparus, avoir savouré la douceur qui inonde de sa paix champs et bois aux derniers rayons du soleil vespéral, la joie des matins de Pâques, fleuris d’oiseaux et d’arbres fruitiers, lorsque se répondent dans le ciel d’un bleu très pur, tous les clochers d’alentour,. les murmures bruissant du silence de la forêt, les jeux du vent dans les mais et dans les blés, la sérénité altière de la Marne ou encore, après la pluie, les pleurs des roses des jardins, peut-être faut il avoir goûté la quiétude de ces lieux pour s y attacher profondément et en apprécier la beauté toute simple?

Ce paysage qui sourit maintenant reste marqué par tant de souvenances (n’oublions pas que ce fut aussi une terre d’invasions), que nous aimerions que, tel un ami très cher, il nous en fasse aujourd’hui les confidences.
Bien que consacré à un passé révolu, ce livre veut être un hymne à la Vie. Puisse ce bouquet de souvenirs – « âmes de nos habitations terrestres »- apporter au lecteur un peu de cette joie que j’ai eue à les évoquer. »
A l’heure où les gens cherchent leurs racines, où les études généalogiques se multiplient et où l’on aime savoir comment vivaient nos ancêtres, puisse la réédition de cet ouvrage donner l’envie aux Trilportais de connaître l’histoire de la localité où ils demeurent.

 

Michèle Bardon
 

 

e1dbd5542209f6891829b19b97398595.jpgTrilport Témoin de l’histoire

Livre de Michelle Bardon

 

 

 

Presses du Village

15 euros, à l’ordre de l’association Sédamédias 

SDRIF, attention au mélange des genres !

324d98ec22b15c8977a1118dde5bc35d.gifJusqu’au 8 décembre, le Schéma Directeur Régional de l’Ile de France (ou SDRIF) est soumis à l’enquête publique. Celle ci se déroule dans un climat pour le moins passionné,  depuis l’intervention de Nicolas Sarkozy le 26 juin dernier à Roissy …

Rarement texte d’urbanisme aura fait couler autant d’encre … Rappelons que le SDRIF est un document d’urbanisme qui organise le territoire régional d’ici 2030 de façon harmonieuse, durable et solidaire (« s’il te plait dessine moi une belle région « …). Il donne les grandes orientations d’aménagement pour les prochaines années …
Depuis 50 ans, les Schémas Directeurs qui se sont succédés ont incontestablement structuré l’Ile de France d’aujourd’hui : villes nouvelles, RER, autoroutes, La Défense …

Jusqu’en 1994, si c’est l’Etat qui officiait, désormais les lois de décentralisation ont confié cette compétence et lourde responsabilité à la Région. Cette dernière a lancé la procédure, en privilégiant une concertation poussée avec les divers acteurs du territoire.

Mais l’intervention de Nicolas Sarkozy a donné le départ d’une offensive généralisée contre le projet régional … Précisons que l’actuel Président de la République, ancien Maire de Neuilly sur Seine et Président du Conseil Général des Hauts de Seine, possède un point de vue très particulier sur l’Ile de France. Une situation similaire à celle du temps ou Charles Pasqua, à l’époque Président du Conseil général des Hauts de Seine s’était opposé avec succés aux propositions de Michel Rocard sur l’aménagement de notre région (« Touche pas au grisbi ! »).
Une position suivie à l’époque sans l’ombre d’une hésitation par l’ancienne majorité départementale votant comme un seul homme dans la nuit pour l’ordre venue de l’Ouest. Moralité, les déséquilibres entre l’Ouest (emploi, recettes, richesse) et l’Est (habitants, dépenses, charges) se sont accentuées  …

Il est instructif de revenir, sur les critiques des élus de Droite, surtout départementaux afin de les analyser à l’aune de la réalité du contexte régional actuel et des orientations prises lors du « Grenelle de l’Environnement », défendues désormais par Jean Louis Borloo (équilibre transport en commun / routes).

Bien évidemment si certains points du SDRIF sont à améliorer (et pourquoi pas ?), il est important de se positionner en fonction, non de sa couleur politique mais des enjeux et des faiblesses d’un territoire que nous connaissons bien et qui est avant tout une terre de contrastes. Eventuellement, rien n’empêche ces opposants de souligner également les points forts du texte (oui il en a !) et bien évidemment leurs propositions  …

Lorsque je lis certaines critiques émises, notamment par des élus départementaux UMP de Seine et Marne, je suis surpris, à croire que nous ne vivons pas dans le même endroit !

Décidemment certains ne sont plus à une contradiction prés !

 

10a9a96ee62455666e85670da5c63d54.jpg

Rappelons pour mémoire, qu’il y a tout juste un an, le président du groupe UMP à la Région était favorable au projet de SDRIF, comme l’essentiel des maires de droite, surtout aprés la vague d’amendements de février 2007 (cf note précédente). Mais l’intervention du Président de la République, défendant notamment la « grandeur du pôle de La  Défense », a radicalement changé la donne …

Nicolas Sarkozy désirant jouer tous les rôles veut s’affranchir également du vote des élus régionaux et renoué avec un interventionnisme étatique d’ancien régime. Pour les élus locaux UMP,  le règne du « copier coller » a sonné, ou comment critiquer aujourd’hui ce qu’ils avaient accepté hier. Ils utilisent un argumentaire commun en provenance des Hauts de Seine (que de similitudes entre ces deux départements !)

Afin de rester sérieux nous ne reviendrons pas sur les remarques portant sur la forme : mode de concertation (« en trompe l’œil » selon eux « l’idéologie l’emporte sur le pragmatisme «  (sic) ) … L’argument ici sonne pour le moins creux, c’est bon pour le son parait il …

Qu’importe si l’ensemble des acteurs a souligné la concertation sans précédent qui a accompagné cette démarche  entre  octobre 2004 et 2006 … Doit on rappeler la non concertation qui avait marqué le précédent Schéma Directeur, son manque total de dialogue … Aucune réaction, alors …

En contrepoint,soulignons le nombre de réunions et d’acteurs participant depuis juin 2004 à ce schéma. Ils ont permis d’en faire, y compris avec certaines imperfections, un outil stratégique de développement de territoire !
Quelle serait son utilité sinon ? Ce type de doucment ne doit il pas permettre de lutter contre les inégalités sociales et territoriales de notre région ? Contre le réchauffement climatique, enjeu crucial des prochaines années s’il en est ? et ne doit on pas favoriser un rééquilibrage spatial ?

Pour Jean Paul Huchon « Le but est de passer d’une région parisienne à une véritable métropole francilienne » en développant notamment un « véritable polycentrisme » et non pas une région tournée uniquement vers Paris.

Arrêtons nous plutôt aux critiques portant sur le fond du projet  …

Sur l’économique

Fallait il accepter le projet du Conseil Général du 92, voulant créer des milliers de nouveaux m2 de bureaux à la Défense, sans logements, et aller à l’encontre de l’objectif du SDRIF de rééquilibrage des territoires par la consolidation des bassins de vie. Ce projet défendu par l’ancien Maire e Neuilly sur Seine et Président du Conseil Général des Hauts de Seine aura pour conséquence de renforcer les inégalités territoriales existant déjà et amputera le budget de la Région (défiscalisation des bureaux créés à La Défense …) par une décision budgétaire gouvernementale pour le moins discutable (c’est la zone franche à l’envers …). Le SDRIF crée de nouveaux pôles de développement à l’est, dont certains sur notre département.

Sur le transport

Le SDRIF doit avoir une vision et une ambition dans ce domaine afin de corriger les faiblesses considérables du maillage actuel des transports publics, et de tenir compte également des conclusions du « Grenelle de l’Environnement ».

Même si l’on conçoit que la Seine et Marne dans le contexte francilien possède une position particulière aux autres départements sur  la question de la route, l’objectif prioritaire est bien de mettre en exergue la priorité d’un maillage plus dense et efficace des transports en commun, afin d’en encourager l’utilisation ! La multi modalité étant une interface de choix entre voie ferrée et route.

Mais le pire reste à venir …
L’Etat accuse la région de prévoir des infrastructures qu’il ne sera pas possible de financer.  Il doit penser surtout et notamment à sa participation, non ?
Mais à quel transport en commun veut-il  arriver ? L’objectif n’est il pas d’obtenir un service régulier, performant, cohérent , offrant une mobilité réelle à tous les franciliens qu’ils résident à Paris ou en grande couronne ? Et que cette mobilité puisse se décliner de banlieue à banlieue …

N’oublions pas que le retard du réseau actuel est considérable. Si l’on veut concrètement respecter les orientations définies lors du Grenelle de l’Environnement il va nous falloir mettre les bouchées doubles et sans doute, dans l’état actuel des choses, pallier aux carences d’un Etat qui ne cesse de se désengager et refuse d’en assumer politiquement le prix.

Le projet de SDRIF a retenu localement, l’électrification de la ligne Meaux / La Ferté Milon,  le prolongement du RER E vers Meaux (nous sommes quelques uns à suggérer aussi le RER A), l’élargissement de la A4 et de la 104, le doublement de la RN 36, Meaux / Melun, la fin du contournement de Meaux …

Excusez du peu …

Sur le logement et l’urbanisation

L’Etat récuse la limitation à 15%  sur 30 ans de l’extension des bourgs et des villages. Même si 30 ans, c’est long, supprimer cette règle, risque fort de provoquer un étalement urbain et une multiplication des zones pavillonaires.

Deux objectifs sont poursuivis par le SDRIF :
– promouvoir la construction de logements, 1,5 million de logements en 25 ans, soit un rythme annuel de 60.000 nouveaux logements, avec une proportion de 30% de logements sociaux à l’horizon 2030 (simple application de la loi SRU)
– ëtre économe en consommation de terres afin d’éviter le « mitage » du territoire, notamment de la Seine et Marne et de préserver notre patrimoine agricole et naturel.

Alors que penser de tout ce remue ménage ?

Tout d’abord regretter qu’un document qui est avant tout un outil de développement de territoire, ne devienne en fait une arme politicienne destinée à polémiquer afin d’arriver à un statu co regrettable.
Où sont les propositions alternatives ? Où est l’autre vision générale d’aménagement de l’Ile de France ?

Il y a un vrai problème de responsabilité politique sur ce sujet, un élu local, doit il changer d’opinion au gré des pressions politiques venus généralement d’en haut ou de l’Ouest ?
A contrario, je rappelle que bien évidemment ce projet n´est ni parfait, ni définitif et que chaque Francilien qui le souhaite peut le faire évoluer, grâce à ses remarques, le tout est de les remettre au Commissaire Enquêteur.

Mais attention, il faut faire vite car l’enquête publique s’achèvera le 8 décembre prochain !

Les observations écrites seront analysées alors par une commission d´enquête indépendante qui rendra  au printemps 2008 un rapport et un avis au président du Conseil régional.

Selon ses conclusions, le Conseil régional pourra éventuellement modifier le projet avant de l’adopter, en vue d´une approbation définitive par l´Etat.

 Mais ceci est une autre histoire !

La Halotte, la fin … au prochain épisode !

cb3c2a8447b5f2cc2a41af19180f3017.jpgLe 9 novembre dernier la Cour d’appel de Paris a rendu son verdict sur le dossier de la Halotte (cf notes précédentes). Un arrêt qui modifie singulièrement la donne sur cette affaire.

 Aucune charge n’a été retenu contre le plombier, la cour d’appel revenant ainsi sur le jugement rendu en première instance. A contrario, l’entrepreneur est jugé seul et unique responsable de l’explosion,au niveau de la juridiction civile (à lui le remboursement intégral des dommages et intérêts) et pénal car il écope d’une peine d’emprisonnement de deux ans avec sursis.

 Bien évidemment, ne commentant pas la chose jugée, je m’abstiendrais de tout commentaire sur ce dossier. Fin de partie pour autant ?

Non, le feuilleton judiciaire se poursuit … Nous venons de recevoir un courrier de l’avocat de l’entrepreneur qui nous informe que ce dernier a inscrit au Greffe de la Cour d’Appel de Paris, un pourvoi en cassation …

Autrement dit, ce n’est pas encore demain que la Mairie sera remboursée des 2 397,67 euros qu’elle a demandé pour remboursement du préjudice subit (pretium doloris)  !

Rappelons au passage que cette explosion s’est déroulée il y a déjà plus de 5 ans …

 Aucun commentaire avons nous dit ?

Grenelle de l’Environnement … Chiche !

ebd7f4c423a5f1969bb6fa45f71db5f9.jpgLe Grenelle de l’Environnement s’est terminé sur un satisfecit quasi général et ce n’est pas moi qui m’en plaindrait !

Pardon d’évoquer quelques souvenirs personnels, style vieux combattant, mais tant pis !
Lorsqu’en 2002, j’ai incité l’équipe municipale à se lancer dans le Développement Durable, à partir des partenariats contractés avec la Région et le Département, nous apparaissions aux yeux des élus voisins sinon comme des « indiens », du moins comme des originaux  … En 2003 et 2004, au moment de l’élaboration de nos projets H.Q.E, nous devenions selon les uns des « pionniers », et les autres des « dépensiers » et nous en étions encore à l’explication de l’intérêt du concept de Haute Qualité Environnementale,  y compris auprés d’élus de tout premier ordre, qui nous écoutaient poliment mais sans plus. Lorsqu’en 2005, Trilport a lancé son Agenda 21, nous faisions carrément sourire (une mesure « gadget » !), un an aprés nous en étions toujours à l’explication de texte concernant cette démarche (voir note )  …
Aujourd’hui nos premières réalisations sont incontestablement dans l’air du temps, font parler d’elle, quelquefois malgré nous (cf note sur l’eau, et ronds dans l’eau)  et nombre de villes voisines nous regardent désormais d’un tout autre oeil, certaines allant même jusqu’à suivre cette même voie !

 Au niveau national, le Grenelle de l’Environnement marque également une inflexion forte dans la prise de conscience collective des français en direction du Développement Durable. Saluons le travail effectué par les cinq collèges (Etat, ONG, salariés, employeurs, collectivités territoriales) composant le tour de table tant dans les groupes de travail de l’été, que dans les séances plénières de l’automne. Un sccès à mettre également au crédit des ONG, vu la place décisive qu’elles y ont pris, notons pour l’anecdote qu’aucune n’a claqué la porte !

Pour la première fois dans notre pays, et c’est là l’essentiel, l’Environnement est traité globalement et non de manière sectorielle et éclatée, l’enjeu est bien à ce niveau. Il est temps que les formations politiques recoivent le message 5 sur 5, revoient leurs fondamentaux et placent au cœur de leur projet de société les questions environnementales comme les problématiques qu’elles induisent.

La France réagit enfin à ce qui constitue un réel bouleversement copernicien : le réchauffement climatique et ses conséquences … Vu notre retard dans ce domaine, le triomphalisme n’est pas de mise, nos élus seraient bien inspirés de ne pas vouloir donner de leçon à la planère entière mais au contraire faire preuve d’humilité (qualité faisant parfois défaut aux français …) et retrousser les manches …Car tout reste à faire !

 Une fois les sunlights des médias éteints, que restera t’il de ce Grenelle ?Au-delà des mots et des images, le plus dur reste à accomplir, notamment en matière de financement, d’arbitrages et de mise en oeuvre.N’oublions pas que les décisions nécessitant des choix décisifs et des décisions concrètes ne seront prises qu’aprés les élections locakes de Mars 2008.

Comme quoi, le maître mot pour résumer l’aprés Grenelle est bien : Vigilance …

 

e7e10c32308883fad81fe1ff0a1fee4c.jpg

Point à souligner, essentiel pour l’avenir, la question écologique est enfin abordée par le patronat, non comme une contrainte mais comme une valeur ajoutée, ce qui constitue, pesons nos mots, une vraie révolution.

Depuis le rapport Stern (cf note) l’environnement est un sujet d’économie politique et la vision d’une écologie malthusienne repliée sur elle-même,  laisse place peu à peu à celle d’une écologie « positive » désirant orienter le développement économique vers de nouveaux concepts et valeurs, enclenchant une croissance vertueuse. Désormais la prise en compte de l’environnement constitue un levier de croissance économique. Car derrière les déclarations d’amour à la planète de certains de nos dirigeants se profilent des arrières pensées plus mercantiles, celles des marchés d’aujourd’hui et de demain.

Ce n’est pas pour rien que Georges Bush où plus prés de nous Nicolas Sarlozy ( « Le créneau écolo, c’est vrai que cela me fait chier », avait il confié à Yasmina Reza lors de l’élection présidentielle (cf son livre «L’aube le soir ou la nuit»,) revoient progressivement leurs positions vis-à-vis du Développement Durable : nécessité fait loi. That’s a real politik

Comment devenir « exemplaire » ?

 Soyons assurés que certains lobbies n’ont pas dit leur dernier mot et interveindront dans les prochaines semaines afin de bloquer loin de la fièvre médiatique des mesures les pénalisant. Car certaines ombres demeurent malgré tout :

Quid concrètement du principe de précaution remis en cause notamment par la Commission Attali, que ce soit pour les pesticides, les OGM ou l’EPR ?
En matière agricole, nous sommes toujours dans le domaine de la rhétorique et de la Com’. Si le chef de l’Etat accepte les pesticides, il interdit des OGM sur lesquels il possède quelques « doutes », s’engageant à « réduire de 50 % l’usage des pesticides, dont la dangerosité est connue… « si possible dans les dix ans qui viennent » (sic !).

Comment définir l’exemplarité environnementale ?  Au nom de quoi ? Dans quels domaines ? Et pour quels bénéfices ? Pour beaucoup d’observateurs avisés, avec son fameux « Grenelle »,  la France ne fait que rattraper son retard. Faut-il rappeler les innombrables condamnations de notre pays pour non-application du droit européen en matière environnementale, notamment dans le domaine agricole ?

Dans l’attente des mesures précises, concernant  le développement du fret, du transport en commun ferroviaire, des énergies renouvelables, comment atteindre les objectifs annoncés sans toucher au mécanisme des prix, à l’établissement de mesures coercitives ou incitatives : permis de polluer, taxe carbone, remise à plat de la fiscalité …  Enfint pourquoi l’Etat n’ a pas voulu aborder le sujet des Tranports en commun pour l’Ile de France ?

Quid de la fracture sociale ? Faut il rappeler que nombre de français ou de pays n’ont pas les moyens d’être écolos, et que ce terme rime souvent avec « bobos ». Ou comment aider concrètement les pauvres à moins polluer ?

Enfin sur les pays ne respectant pas le protocole de Kyoto, ne pas oublier que le principal des pays non signataires est les Etats-Unis, premier pollueur mondial, et ce grâce à Monsieur Bush …

Enfin, comme trop souvent,  les plus grandes incertitudes règnent sur le financement national des mesures annoncées, notamment dans le domaine du bâtiment (isolation, énergie …), qui va payer ? es besoins sont estimés à 20 milliards d’euros annuel (rappelons que les cadeaux fiscaux attribués par ce gouvernement aux plus aisées s’élèvent à environ 15 milliards d’euros par an…)

 De l’intérêt de la puissance publique

La question environnementale renvoie depuis ses origines aux principes de responsabilité, d’éthique et de précaution.

L’importance de l’enjeu et la situation actuelle de notre planète, nécessitent une action urgente s’affranchissant des frontières (faut il rappeler qu’elles n’ont pu arrêter  le nuage de Tchernobyl)  reposant sur des contrôles, des évaluations, des incitations ou des sanctions … Cette régulation ne peut être effectuée que par la puissance publique : états ou ONG ayant lune capacité d’action réelle !
Voilà qui nous éloignent des tenants d’un libéralisme débridé et sans entrave ou la recherche d’un profit immédiat et optimal s’affranchit des contraintes du long terme, que ce soit pour prévenir ou pour financer les infrastructures.

N’oublions pas que c’est le prix actuel du baril de pétrole, qui incite certains à investir dans les énergies renouvelables ou dans l’isolation des bâtiments, pas l’état de la planète !

Toutes ces raisons expliquent que si bien évidemment je me réjouit de ce Grenelle de l’Environnement, je rete circonspect pour la suite … Je n’oublie pas le fameux discours de Jacques Chirac à la tribune des Nations Unies : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » ? n’a eu aucune suite concrète … Car dans le domaine de l’environnement, plus que dans toute autre, la seule réponse acceptable est celle de l’action quotidienne, et de ses incidences directes sur notre planète …

Tout le reste n’est que littérature ou effet de Com’.

 

Liens ou notes précédentes sur cette thématique 

le site du GIEC

Plaidoyer pour la filière bois

Les bio-carburants sont ils vraiment écolos ?

 Le changement climatique devient une affaire d’économistes

Planète, la preuve par 4

 Le Petit Prince, centre de Loisirs HQE