Le bien être peut il être soluble dans un indicateur ?

city calculator.jpgIl n’a fallut pas moins de 22 spécialistes, deux prix Nobels d’économie, et pas des moindres (Joseph Stiglitz et Amartya Sen) plus un économiste reconnu (Jean-Paul Fitoussi), pour constituer la « commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social » lancée apr Nicolas Sarkozy, himself.
Unique obsession de toutes ces têtes pensantes : élaborer l’indicateur miracle permettant de déterminer la performance qualitative d’un pays, afin de détrôner l’unique étalon de performance utilisé depuis les années 30, le produit intérieur brut ou PIB.
Cette quête du graal peu commune est destinée sinon à révolutionner l’économie, du moins son ressenti en réintégrant notamment dans l’analyse, les cotés obscurs de la force que demeurent encore pour les décideurs  le volet social et l’écologie !

Mais peut-on réellement mesurer la qualité d’une société avec une colonne de chiffres ?
C’est ce que l’équipe hollandaise de Winy Maas (MVRDV), une des dix équipes retenues pour plancher sur le grand Paris, a tenté de mettre en place, avec son «City Calculator», application informatique permettant à partir de données dites « objectives » de définir des schémas d’optimisation de l’urbanisme … Le futur Grand Paris pourra ainsi devenir «une des villes les plus qualitatives, vertes et compactes au monde» …CQFD ….

Aujourd’hui, tout économiste sérieux sait que le PIB ne peut raisonnablement indiquer la qualité de vie des habitants d’un pays, qui peut fort bien connaitre à la fois une croissance exponentielle de son PIB et une détérioration importante de la qualité de la vie de sa population. Car le noeud du problème est bien la répartition des fruits de la croissance obtenue ! Celle ci, jusque à l’an dernier était au rendez vous. Cela n’est plus le cas désormais, et trop souvent les statistiques sont  annonciatrices de mauvaises nouvelles mettant à plat les stratégies de communication les plus sophistiquées; pour beaucoup de politiques, la tentation de briser le thermomètre est forte …

Sur le fond une interrogation simple, changer l’indicateur du bien être, améliorera t’il le bien être lui-même ? Problématique sans doute plus philosophique qu’économique …

Ceci étant pour les politqiues s’interroger sur l’évaluation du « bien être » des habitants est fondamental, n’est ce pas la finalité de leur action ?
Encore faut il dans le même temps, ne pas oublier quelques points secondaires aux yeux de certains, la santé de notre planète vu les dégâts croissants causés par l’empreinte écologique et ne pas oublier dans la foulée  « l’empreinte sociale », donnée importante s’il en est  !

 

 

La crise est la preuve par 9, de la faillite des indicateurs utilisés jusque là par le marché. Ils n’ont jamais annoncé les prémices de la poussée de fièvre soudaine qui a saisi l’économie planétaire et l’a plongé en zone rouge. Soulignons en passant que la responsabilité de l’économie du virtuel, voir de l’illusion qui a provoqué cette catastrophe d’abord financière puis par un effet domino, économique et sociale est avérée. EN ayant dit cela, nous ne devons pas oublier que cela touche aux fondations mêmes de l’organisation économique mondiale et à ses repères.

Il est heureux que l’ensemble de nos dirigeants, ou presque, s’accorde désormais pour indiquer que l’heure n’est plus au court terme, mais au « Soutenable », conséquence, le PIB n’est désormais plus en phase car trop axé sur le court terme et le trop global …

Faut il rappeler qu’un autre indicateur existe depuis 1990,  l’indice de développement humain (ou IDH). Développé pour les Nations unies par l’économiste pakistanais Mahbub ul Haq et Amartya Sen, décidemment un habitué de la question, il est basé sur trois critères : espérance de vie à la naissance, niveau de scolarisation et « revenu réel corrigé », ou « standard de vie » (basé sur Parité du pouvoir d’achat ).

Gros inconvénient cependant, il repose sur les statistiques nationales officielles, quelquefois à prendre avec des pincettes. Il offre cependant un instantané intéressant du degré de développement de l’ensemble des pays … Pour l’anecdote, signalons que l’IDH n’a pas peur du froid puisque l’Islande a pris la place de leader à la Norvège qui la détenait depuis six ans (c’était avant la crise financière !), la France étant 10 eme de ce classement et Guinée-Bissau, le Burkina Faso et le Sierra Leone bon derniers (17 pays n’étant pas pris dont l’Afghanistan, l’Iraq et la Somalie, faute de données fiables). Mais l’IDH ne tient pas compte non plus des critères environnementaux, sociaux ou démocratiques …

Reconnsaissons que beaucoup des recommandations émises par la « Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social » valident des options que ne peuvent renier les progressistes (place des services publics, politique sociale, inégalités …), et qui doivent passablement agacer les tenants d’un certain libéralisme économique, jugeons en plutôt  :
Se référer aux revenus et à la consommation plutôt qu’à la production marchande, privilégier l’angle de vue des habitants, tenir compte des prestations fournies par l’Etat (santé, éducation), se référer à la répartition de la richesse et non à une simple moyenne, mieux évaluer les dépenses liées à la santé, l’éducation, l’environnement, le logement, tenir compte des inégalités : sexes, origines, générations …

Aujourd’hui plus que jamais, l’écart entre pays réel et pays « ressenti » se creuse … La « réalité supposée » de l’état du pays est de plus en plus éloignée de celle percue par les habitants, le hiatus est là, bien réel, et s’accentue avec la détresse sociale causée par les crises successives que nous traversons. L’écart croissant entre le premier décile (les 10% de la population les plus favorisés) et le dernier est sur ce point instructif, il prouve bien que réfléchir en termes de moyenne n’a pas de sens. Comme l’écrivait un journaliste récemment « aucun individu ne peut se reconnaître dans une moyenne statistique ».

Les indicateurs de la boite à outils ne sont plus adaptés, ils sont basés sur les critères d’une société qui n’est plus la notre. La planète a tourné, nous avons changé de millénaire et d’objectifs. Il y a obligation urgente à répondre aux impératifs environnementaux, question de vie ou de mort, mais également sociaux. Doit on rappeler que le Développement Durable a trois piliers : environnemental, économique et social ?

Taxer la mauvaise croissance (pollutions, exploitation sociale …) et encourager la bonne est une question de bon sens, encore faut il que les plus faibles disposent réellement de la liberté de choisir !
Lorsque l’on taxe le tabac ou l’alcool, et que dans le même temps, la société met en place des structures de remédiation, peu ou pas trop de problème. Mais à contrario, les ménages à faibles revenus qui se chauffent au fuel et sont obligé de se déplacer en voiture pour aller au travail, peuvent ils faire réellement autrement ?  Il faut avoir les moyens d’être écolo et habiter dans des terrtioires où cela est possible : inégalités sociales et géographiques incontournables !
Comment prendre en compte à sa juste valeur, le coté « subjectif » des situations,  la détresse sociale, le stress en entreprise… Une personne poussée au chomâge perd beaucoup plus qu’un revenu financier, c’est une perte de repères, de statuts, souvent une détresse identitaire ..

 

Un an de réflexion intense, de ces pointures mondiales pour confirmer la véracité d’un adage bien connu de mes grands parents, « l’argent ne fait pas le bonheur » !  Le rapport remis à son commanditaire, le Président français, un an jour pour jour après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers (point de départ officiel d’une crise dont les causes sont bien plus profondes et anciennes), tout juste avant le sommet du G20 arrive à point nommé dans une stratégie de communication murement planifiée pour donner à Nicolas Sarkozy, une stature planétaire … Mais qui est dupe ?

La conversion soudaine de cet « ancien » évangélisateur libéral à la sauvegarde de l’environnement et à la « soutenabilité », laisse pantois …  La période du Fouquet’s et du Bling bling semble révolu, mais jusqu’à quand ?
Cependant la nature profonde de l’animal politique que demeure Nicolas Sarlozy laisse sceptique sur cette conversion expresse. Cet homme est avant tout un aspirateur de tendances ou du moins de symboliques, pour le contenu, prière de repasser ! Il est paradoxal de l’entendre aujourd’hui du haut d’une tribune dénoncer la « religion du chiffre », alors qu’il est un apôtre des plus zélés de cette religion.
Un journal du soir en a dressé un inventaire évocateur, on n’est plus à une contradiction prés et les exemples sont légions : « Travailler plus pour gagner plus. », « taux d’élucidation des affaires » (exit la police de proximité), primes au « résultat » dans les commissariats (sans tenir compte de la nature des délits et de la durée des enquêtes importantes), le mot quota devient un générique : retours à la frontière, quota  de publications, « taux de mortalité » pour classer les hôpitaux idem …

Il est réconfortant de voir celui qui promettait, « d’aller chercher la croissance avec les dents », de vouloir instaurer le bien être pour tous …
Mais est ce une nouvelle étape dans sa stratégie de communication ou l’amorce d’une autocritique, voir d’une révolution intellectuelle, culturelle ou existencielle ?

 

Si oui, alors tout est possible sinon …

 

 

Un gymnase Ecolo parait il ?

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Le forum des associations s’est tenu cette année dans l’enceinte du complexe de la Noyerie. Une première qui s’est révélée une totale réussite illustrant à merveille la vitalité de la vie associative locale.
Avec moins de 5 000 habitants, Trilport compte en effet une cinquantaine d’associations, et des plus diverses …
Nous tenons à ce particularisme, vital pour le lien social et alimentant un esprit de convivialité que nous revendiquons et auquel nous sommes trés attachés.

Les nombreux visiteurs ont pu découvrir le nouveau gymnase, 3 eme équipement public « HQE » de la commune, qui a pu bénéficié ainsi de l’expérience accumulée depuis 2006 (voir les notes précédentes : centre de loisirs, école de la Charmoye).
Remarque toute personnelle,  cette expérience du concret et du terrain concernant l’architecture environnementale surtout lorsqu’elle concerne les équipements publics se révèle trés précieuse permettant d’aller plus loin en dégeant l’essentiel de l’accessoire .

Une réalisation en tout cas, attendue depuis de nombreuses années par les scolaires et les sportifs, de tout âge (y compris le troisème âge) et de tout handicap, un des nombreux points remarquables de l’ouvrage étant sa totale accessibilité depuis le parking.
Cet ouvrage fait l’objet, pour l’instant, d’un large consensus auprès de ses utilisateurs, et se révèle à l’usage opérationnel, pratique et évolutif; étant issu d’une véritable « co production » entre architecte, élus, utilisateurs (scolaires ou associatifs), services municipaux en charge de l’entretien et de la maintenance cela n’a rien de surprenant. Cette réflexion collective ayant débuté très en amont du projet, dés la désignation de l’architecte de fait.

Quelques mots sur la Haute Qualité Environnementale de cet équipement (HQE) qui devient peu à peu une marque de fabrique locale, ici à Trilport …

 

 

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Le bâtiment est constitué d’une entrée imposante composée d’un parvis extérieur mais abrité et d’un hall constituant un véritable « portail » (au sens informatique) du site et qui remplit une mission de « hub central » : attente, espace forum, canalisation des flux, desserte des espaces …

La volonté des élus comme le parti pris architectural a été de faire dialoguer ce bâtiment avec le site, pour souligner son caractère public, en privilégiant également une certaine esthétique grâce à la fluidité des lignes du bâtiment et au choix des coloris.
L’opération était double, l’extension s’accompagnant d’une rénovation majeure de l’ancien gymnase : nouvelle circulation, vestiaires pour les arbitres, nouveaux locaux techniques tant intérieur qu’extérieur. Un aménagement qui se poursuivra dans les prochaines années : isolation extérieure de l’ancien bâtiment, nouvelle couverture de la tribune …

Le défi étant de faire de ces deux entités un tout homogène. La volonté municipale est de reconfigurer entièrement le complexe sportif dans son ensemble à partir de cet équipement afin d’avoir une nouvelle lecture des lieux et de faire du site, un poumon vert de la ville et un espace de détente favorisant les relations multi générationnelles et l’épanouissement de ses utilisateurs.

Quelles sont les cibles HQE poursuivies ?

Economiser le bâti, grâce à la mutualisation et à la polyvalence des espaces. Illustration : la grande salle de l’extension grâce à une cloison amovible peut être divisée en deux et permettre ainsi a pratique en simultanée des arts martiaux et d’autres activités sportives, ou bien utilisée comme une salle unique de plus de 500 m2 pour l’organisation d’événements importants de la vie de la cité. Signalons dans le même esprit le mur d’escalade de plus de 7 mètres de hauteur permettant la pratique de cette activité en extérieur comme en intérieur.

Privilégier l’accessibilité : Totale, une personne non mobile peut utiliser pleinement et sans entrave ces locaux en qualité de sportif ou de spectateur de sa voiture à l’équipement, aucune marche n’existant dans le bâtiment, comme dans ses accés et le cheminement.

Economiser l’énergie et les ressources naturelles. C’est surtout dans ce domaine que nous avons bénéficié de nos expériences antérieures.·Un soin particulier a été apporté à l’isolation du bâtiment, l’ambition environnementale se doublant d’une volonté économique.
Les besoins en énergie sont limités (ce qui n’est pas rien pour un équipement généralement énergivore), grâce à une bonne isolation de l’enveloppe, l’installation de faux plafonds, le choix de l’aluminium pour les menuiseries extérieures, du polycarbonate pour les espaces vitrés, mais également l’orientation du bâtiment, choisie afin d’utiliser au maximum l’énergie solaire et l’éclairage naturel (salles comme espaces de circulation).
Concernant le chauffage, plusieurs choix permettent d’améliorer l’efficacité énergétique du complexe : chaudière à gaz à condensation à haute performance énergétique (rendement de 120%), implantation d’un plancher chauffant à basse température (17 degrés), ventilation à double flux avec réchauffement thermique électrique, choix du solaire thermique, 22 mètres carrés de panneaux thermiques réchauffent l’eau des sanitaires. A terme, nous prévoyons de recouvrir la quasi totalité des sheds de la toiture de l’extension du gymnase de panneaux solaires afin de revendre la production d’électricité, ce que nous faisons depuis 18 mois, avec le bâtiment scolaire de la Charmoye.
Enfin, mais cela devient une tradition à Trilport, les eaux de pluie des toitures sont récupérées dans une cuve de 10 000 litres et réutilisées pour l’alimentation des chasses d’eau des sanitaires.

Favoriser la maintenance et la sécurisation de l’équipement. Le choix des matériaux, la localisation et le nombre d’espaces techniques favorisent la maintenance du site; tant pour l’extérieur (tonte des pelouses et entretien du stade) que pour l’intérieur. Une volonté  explicite avec le choix pour les cheminements usagers de la logique « pieds sales / pieds propres / pieds salles ».
Concernant le respect des locaux et des personnes nous avons embauché un gardien, responsable du site, véritable médiateur, nous sommes convaincus ici que le lien social repose avant tout sur les personne, même si nous travaillons sur l’implantation d’un dispositif de vidéo surveillance reposant sur un enregistrement des images.

Cet équipement constitue non seulement un pari sur l’avenir, c’est la raison pour laquelle nous avons beaucoup travailler sur son évolutivité, mais également un investissement durable, il permet d’ores et déjà de renforcer considérablement le lien social dans toute la ville, et au-delà et pour toutes les générations.

Certains ne retiendrons que l’addition, élément important de ce dossier. Ce chantier est revenu, sans compter les frais d’études à 1 929 712 €, financés conjointement  par le Conseil Régional d’Ile de France : 720 000 €,  l’Etat : 192 000 €, au titre de l’accessibilité remarquable du projet, le Conseil Général de Seine et Marne : 184 000 €, la Commune de Trilport finançant le reste  soit 943 926 € (moins de 50%), et avançant la TVA soit moins de 50%.

SRU : enfin, du contractuel …

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Le Préfet de Seine et Marne, en personne, est venu à Trilport pour signer le « Contrat de Mixité Sociale » entre l’Etat et la commune formalisant nos engagements communs en faveur du logement social.
Cette visite rarissime, une première ici, traduit une évolution positive, sur cette question. Nous entrons enfin dans une phase contractuelle, dans laquelle l’état prend en compte à la fois, la réalité locale, les difficultés rencontrées mais également la volonté de la municipalité à répondre à la loi dans l’esprit et la lettre.

Faut il rappeler que sur la question du logement, nous sommes en première ligne pour répondre à l’urgence sociale, disposer d’un toit est un droit absolu, mais dans le même temps agir pour construire un avenir durable pour nos territoires et ne pas répéter les erreurs du passé.
Si l’article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains impose un seuil quantitatif (20%), que nous acceptons, notre volonté est de doubler cet objectif d’une exigence qualitative, techniquement plus compliquée à mettre en place, mais garante de qualité de vie future pour les habitants et de cohésion sociale pour la collectivité.

Ce Contrat reconnait expliquement les difficultés rencontrées sur le terrain,  principalement de quatre ordre :

• Financières. Trilport n’est pas riche, paramètre influant directement la capacité d’action et la réactivité de la collectivité. Il faut des moyens pour agir vite ! Paradoxalement, « l’amende SRU » a pénalisé notre action dans le domaine du logement social. Autant il est compréhensible que l’Etat sanctionne les élus refusant d’agir, lorsqu’ils en ont la possibilité, autant lorsque il pénalise au lieu de les accompagner les communes qui s’engagent dans cette voie, cela devient la quadrature du cercle !
• Foncières : la ville ne dispose d’aucune emprise foncière. Pour construire, il nous faut acquérir le foncier en préemptant, ce qui impose des montages financiers délicats et longs avec organismes, bailleurs,
• Règlementaires. Nous avons du élaborer un nouveau Plan Local d’Urbanisme. Document essentiel s’il en est pour le développement d’une commune, mais qui ne se réalise pas en quelques mois. Nous arrivons enfin au terme de cette réflexion, autour d’un document qui sera novateur sur bien des points,
• Enfin, problème spécifique à Trilport, son zonage. Une absurdité, Kafka n’est pas mort ! Pour faire simple et pas techno, nous nous retrouvons en zone 2 et non en zone 1, comme la ville le devrait, tous les services départementaux de l’Etat l’atteste. Ce classement pénalise le montage de toute opération. Si cela ne signifie pas grand-chose à un citoyen lambda, pour un bailleur l’équation est simple : cela équivaut à un surcout de 20% d’investissement pour chaque opération et à une moins value d’à peu prés 20% sur le montant des loyers !

Sans omettre deux faits majeurs plus circonstanciels :  la gestion des suites de l’explosion dramatique de la zone d’activités de la Halotte qui nous a accaparé de nombreux mois, mais également la création de l’agglomération du Pays de Meaux. Rappelons que ce n’est qu’en 2007 que notre jeune intercommunalité a validé son Plan Local de l’Habitat, document essentiel, s’il en est dans cette problématique.

Que n’avons nous entendu ou lu ces dernières années …  » Cancres, mauvais élèves, autistes, mauvais maire  … », les thuriféraires les plus divers comme la presse ne nous ont pas épargné, cependant le Maire que je suis devenu en 2004, a toujours réfuté avec force et conviction le rôle de bouc émissaire que certains voulaient lui faire jouer.

Aujourd’hui, j’ai l’intime conviction d’avoir agit juste en faisant de la qualité sinon un préalable du moins un objectif prioritaire.

Pourquoi ?

 

 

Le parcours résidentiel est en panne dans notre pays depuis des décennies, surtout dans le domaine du logement aidé. Situation qui n’est pas de la seule responsabilité des élus mais concerne également d’autres acteurs, dont principalement l’Etat.

A contrario, les décrets d’application de la loi SRU, sont plus récents. Reconnaissons le, nombre de constructions de logements n’a pas atteint à Trilport le résultat attendu, mais trés objectivement nous n’avons pas chômé en route. Faut il rappeler qu’à l’époque, nous n’avions, comme à peu prés toutes les communes de notre taille, aucune expertise en la matière. Car réussir un projet de développement urbain, le mot ne choque plus aujourd’hui et tant mieux car c’est bien de cela qu’il s’agit, nécessite non seulement compétences, structures, moyens financiers, mais également l’élaboration d’un projet de territoire intégrant cette priorité et une volonté collective forte.
Ici la volonté ne manque pas, depuis 2004 nous avons considérablement renforcé nos moyens d’action, acquis un peu de savoir faire (connaissance des enjeux, moyens, contraintes …), réuni un réseau partenarial et initié un projet de développement durable du territoire, autour d’un Contrat Régional, puis d’un Agenda 21  et enfin du Plan Local d’Urbanisme que nous finaliserons en fin d’année. Nous disposons désormais du socle et des fondations nécessaires, avec pour priorités la mixité sociale et générationnelle et le respect de l’environnement en privilégiant une croissance urbaine en centre ville comme le développement de l’éco habitat afin de préserver les espaces naturels et agricoles de la périphérie tout en limitant l’empreinte humaine.

Certes une autre démarche était possible : préempter un terrain en périphérie et y bâtir les locatifs sociaux manquants en nombre. C’était plus simple, rapide, moins couteux et respectueux des objectifs quantitatifs de la loi ! Nous avons choisi une voie plus complexe, mais nous semble t’il plus durable afin de ne pas reproduire demain les ghettos d’aujourd’hui, une leçon tirée des évènements de novembre 2005

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Au 1er janvier 2007, Trilport disposait de 91 logements sociaux, soit 5 % des résidences principales, avec un déficit de 276 logements aidés; l’objectif de réalisation de 41 logements sociaux qui nous avait était fixé, unilatéralement par simple application automatique d’une règle de 3, n’a pas été tenu sur la période 2005/2007 pour les raisons évoquées précédemment. Situation statistique qui a amené le Comité Régional de l’Habitat, à prononcer un constat de carence. Heureusement, les interventions auprés du Préfet, la valeur de nos arguments à amener celui ci à nous proposer un Contrat négocié dans un excellent climat de confiance.

Certains des engagements fixés à la commune sont bien avancés :

ð    Le Comité de suivi, existe de fait depuis 2006, à notre initiative, faut il le préciser, depuis tout est sur la table : dossiers, projets, montant et échéancier des amendes, échecs ou retard d’opérations,
ð    L’OPAC a enfin lancé l’opération de la villa Léo (création de 12 logements), qui avance selon la feuille de route établie, deux opérations sont au stade du montage avec FSM, dont une dans le cadre de l’éco quartier.
ð    Depuis 2008, nous travaillons avec l’Etablissement Public foncier d’Ile-de-France à l’élaboration d’une convention permettant d’exploiter les opportunités foncières sur la commune qui sera présentée au prochain Conseil Municipal
ð    Le PLU devrait être validé par le Conseil Municipal en fin d’année. Il ouvrira de nouvelles zones à l’urbanisation, en imposant un minimum de 30% de logements sociaux et sera un des premiers documents de ce type au niveau national à proposer une prime de constructibilité pour les constructions favorisant les performances énergétiques et environnementales. Nous avons intégré le groupe de travail national de l’ADEME sur ces questions,

Concernant l’éco quartier, nous accusons un léger retard, consécutif à notre candidature à l’appel à projet régional destiné à soutenir la création de quartiers durables franciliens. Cet éco quartier de 350 logements (estimation) a pour axe d’actions proritaires la mobilité, l’accessibilité, le lien multi générationnel et la mixité sociale. Trilport est un des 9 lauréats de l’appel à projet régional, nous y reviendrons prochainement. C’est dire la qualité d’un projet retenu également comme action du GP3 (Contrat de projet Etat / Région,), et présenté au concours national sur les quartiers durables initié par le MEDDAT.

 

Enfin, il est heureux dans un tel contexte, de voir l’Etat prendre également des engagements, car c’est en travaillant ensempble que nous arriverons à construire le logement du XXI eme siècle répondant à l’urgence sociale, humaine  mais également planétaire.

Ayant acquis par défaut, grâce à de multiples rencontres et échanges, quelque expérience dans cette problématique, je peux affirmer que le sujet du logement social est révélateur à la fois des paradoxes de notre société et de la difficulté à bâtir un projet de développement urbain à la fois soucieux de l’urgence de la demande, et des enjeux de développement durable et de cohésion sociale, mais également des méandres de textes législatifs pour le moins complexes, où même des énarques et des ingénieurs des Ponts  perdent leur latin …

C’est dire, comment voulez vous que le petit Maire que je suis, s’y retrouve ?

Aujourd’hui, nous sommes déterminés et sereins. L’objectif quantitatif assigné, grâce au travail de fond accompli ces dernières années est une perspective planifiée et organisée. Nous avons rassemblé des partenaires partageant les mêmes conviction sur le logement social, acceptant de mettre au premier plan la qualité des réalisations afin de :
o lancer des opérations à taille humaine, proportionnées à la commune, au quartier, en évitant les concentrations excessives de logements sociaux,
o promouvoir un logement social de qualité permettant de diminuer le prix des charges des futurs locataires et dans le même temps de participer à la lutte contre le réchauffement climatique
o  créer une mixité sociale et générationnelle épanouie …

Voilà le sens de notre engagement d’hier, d’aujourd’hui et de demain

 

 

A notre citoyenne d’honneur

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Trilport est en deuil, nous venons de perdre notre Citoyenne d’honneur, Michele Bardon. Elle a été inhumée aujourd’hui, aprés une cérémonie émouvante et digne, dans l’église de Trilport, entourée de nombreux amis, dont Yves d’Amecourt, descendant d’un certain Gustave Ponton d’Amecourt à qui elle a consacré une partie de sa vie …

Lorsque j’ai proposé en 2005, au Conseil Municipal de désigner Michele Bardon, Première Citoyenne d’Honneur de la ville, j’ai eu le sentiment de rattraper presque une injustice, tant l’apport de cette grande dame à notre ville est incontestable.

 

Depuis  …

 

 

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Sa plus tendre enfance Michele Bardon avait une passion pour notre commune, où sa mère avait été élevée ; en y venant tout d’abord en vacances, chez ses grands- parents, puis en y emménageant dans sa maison familiale, rue du Grand Trou, qu’elle n’a plus quittée depuis.

Ses études terminées, enseignante elle se passionne pour l’histoire, notamment locale, en premier lieu celle de cette ville. Il n’y avait alors que très peu de choses écrites sur le passé de Trilport, quasiment rien, sinon quelques écrits de l’abbé Munier et les travaux de son père. Après dix années de recherches, collectes de témoignages, fréquentation des bibliothèques et archives municipales, diocésaines, départementales ou nationales, elle a fait sortir du néant et de l’oubli, l’histoire de ce bourg et de ses habitants, réussissant l’exploit d’écrire un livre de 750 pages, terminant ainsi le travail entamé par son père.

Depuis, elle est devenue la spécialiste de l’histoire régionale locale que l’on connait, véritable référence pour des générations d’historiens locaux. De tous ses livres pourtant, elle en a écrit de toutes sortes dédiés à des figures illustres (telle Bossuet) ou à de plus humbles, un livre tient une place particulière dans son cœur, et dans nos cœurs, car il parle de Trilport, petite ville toute simple, située entre Marne et Forêts.

Ici point d’imposants vestiges médéviaux, de cathédrales, de drames et de complots, mais la destinée d’un bourg comme tant d’autres, vécue au fil de l’eau, au fil des siècles … Il n’est pas banal pour une ville comme la notre de posséder une telle mine d’informations sur son passé. Ce qui explique, pourquoi, nous avons tout mis en œuvre avec un réseau de bonnes volontés, dont Monsieur de Bartillat et Généviéve Leguay, pour rééditer ce livre en 2007.

Depuis … Les Trilportais d’aujourd’hui, les amoureux d’histoire locale, de tout âge et de toute origine, peuvent de nouveau connaitre et découvrir le passé de ce bourg , ses grands comme ses petits évènements, l’origine des lieux dits, des noms de rues, quelquefois pittoresques qu’ils parcourent. Ouvrage érudit, passionné et passionnant, dans lequel le lecteur « se réjouit de revivre le passé au sein du présent dans la vérité de l’instant vécue », écrivait joliment Christian Bartillat dans la post face de cette seconde édition …

Grâce à Michele Bardon, Trilport a retrouvé la mémoire, composante essentielle de son identité présente et à venir. Nous lui en serons éternellement reconnaissant..

C’est aussi et surtout cela l’apport inestimable des historiens, « passeurs de mémoire et de sagesse », véritables conquérants de l’utile qui nous aident à mieux comprendre la réalité du jour et celle du lendemain en nous parlant d’hier …

L’œuvre de Michelle Bardon rappelle qu’il n’y a pas de petite histoire ou de grande histoire, il y a l’histoire … qu’il n’y a pas non plus de petites gens sans importance, mais des hommes et des femmes qui passent, s’épanouissent, marquent parfois leur passage ici bas, d’une empreinte qui peut surgir soudain au détour d’un quartier, dans l’appellation d’une rue.

Il y a plus d’un siècle Gustave Ponton d’Amecourt, Maire de Trilport alors écrivait il: « Chaque village, chaque hameau, chaque champ, chaque nom d’homme ou de lieu devrait avoir son histoire. Rien n’est mesquin de ce qui touche à l’histoire de la famille humaine,  les plus petits détails grandissent à mesure qu’on les examine ».
Tout le talent de Michele Bardon a été de redonner vie à ces visages disparus, de  « … Faire revivre les morts par les vivants, et les vivants par les morts » …

Une ville est une communauté de vie qui s’honore, lorsqu’elle retrouve la mémoire. Ce que nous avons pu faire ce 14 juillet, grâce à elle, lors d’une belle cérémonie, en donnant au Parc Municipal, le nom de « Gustave Ponton d’Amecourt, père de l’hélicoptère ». Car l’autre combat de sa vie a été sans nul doute la réhabilitation de ce « précurseur oublié » qui a tant marque son époque et cette ville. Force est de constater que celle qui était notre première citoyenne d’honneur a réussit dans son entreprise.
J’ai la faiblesse de croire, que bien que diminuée par une longue et éprouvante maladie qu’elle affrontait avec courage et ténacité, Michele Bardon, qui a œuvré toute sa vie pour que le nom et l’œuvre de Ponton d’Amecourt soit reconnu à sa juste place, a attendu que réparation lui soit faite, avant de nous quitter sur la pointe des pieds, tant elle était discrète et fuyait les honneurs …

Voici ces quelques mots, extraits de la préface de son livre « Trilport, témoin de l’histoire » …


 » Peut-être faut-il savoir, par delà le temps, retrouver la présence des amis disparus,
avoir savouré la douceur qui inonde de sa paix champs et bois aux derniers rayons du soleil vespéral,
la joie des matins de Pâques, fleuris d’oiseaux et d’arbres fruitiers, lorsque se répondent dans le ciel d’un bleu très pur, tous les clochers d’alentour,
les murmures bruissants du silence de la forêt, les jeux du vent dans les mais et dans les blés,
la sérénité altière de la Marne ou encore, après la pluie, les pleurs des roses des jardins,
peut-être faut il avoir goûté la quiétude de ces lieux pour s y attacher profondément et en apprécier la beauté toute simple?
Ce paysage qui sourit maintenant reste marqué par tant de souvenances, que nous aimerions que, tel un ami très cher, il nous en fasse aujourd’hui les confidences. »

Le Maire de Trilport que je suis désormais, ne peux plus dire qu’un mot à Michelle Bardon, Merci …

Merci pour tout et pour tous …

Parc « Gustave Ponton d’Amecourt, père de l’hélicoptère »

inauguration-parc.jpg14 juillet singulier …

Cette cérémonie solennelle et intemporelle, qui chaque 14 juillet depuis 1789 célèbre la prise de la Basteille revêt cette année une saveur toute particulière. Nous fêtons pour l’occasion, notre ville et son histoire, en rendant hommage au plus illustre de ses enfants, le Vicomte Ponton d’Amecourt : Numismate, archéologue, savant, connu dans le monde entier par son invention, l’hélicoptère, mais aussi Maire de Trilport.

Une ville est avant tout une communauté de vie qui s’honore lorsqu’elle retrouve la mémoire … C’est au nom de ce devoir de mémoire que le Conseil Municipal a décidé de donner le nom de « Gustave Ponton d’Amecourt, père de l’hélicoptère » au parc municipal. Lieu symbolique pour la famille Ponton d’Amecourt et notre commune. Ce parc était en effet leur demeure familiale et constitue aujourd’hui un poumon vert de Trilport qui accueille nombre d’évènements festifs et populaires…

Aux trois valeurs républicaines qui se sont propagées sur la planète comme autant de graines d’espoir, semées au fil de l’histoire et de l’évolution du monde et des hommes, nous voulons mettre en avant en ce jour, deux autres valeurs auxquelles nous croyons : fidélité et respect …

Fidélité à notre histoire commune et respect pour les jommes qui l’ont porté, avec leurs joies, leurs peines et leurs contradictions quelquefois…
Il peut paraitre paradoxal, que le petit fils d’anarchistes espagnols que je suis fête aujourd’hui cet aristocrate légitimiste. Certes je n’appartiens pas à sa famille de pensée politique, et de loin, la belle affaire, est ce là l’essentiel ?
J’ai oeuvré pour que cette commémoration se déroule par respect et devoir de mémoire. L’histoire est un filtre fédérateur qui permet avec sérénité et sagesse de s’éloigner du tumulte des passions et de séparer le bon grain de l’ivraie … Qu’on le veuille ou non, et de la manière la plus incontestable qui soit, Gustave Ponton d’Amecourt a marqué durablement et positivement, son époque, ses contemporains, ce territoire et Trilport  …

IL est bon de se rémémorer que si Paul Cornu s’est envolé le 13 novembre 1907 à bord d’un hélicoptère de sa fabrication pour atteindre l’altitude de 1,5 mètres, c’est bien à l’invention de ce Trilportais qu’il le doit.

 

ponton amecourt.pngIl conçu en 1861 un appareil en acier mu par un mouvement d’horlogerie et se soutenant dans l’espace sans le secours d’un gaz plus léger que l’air, grâce à deux hélices sustentatrices qu’il dénomma « Hélicoptère ». Déposant le brevet à Londres sous le nom de « helicoptere ».

Ponton d’Amecourt était de ces aventuriers qui ont inspiré tant de romans de Jules Verne.; avec son ami Nadar (le Michel Ardan de Robur le Conquérant) n’a-t-il pas fondé la « Société d’encouragement pour la Navigation aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l’air » ? La Poste, en 2006 lui a rendu hommage et lui a dédié un des six timbres consacrés aux « drôles de machines volantes » dont la « Demoiselle » d’Alberto Santos-Dumont, l’avion III de Clément Ader (1897) à ailes repliables. Et l’hydravion, d’Henri Fabre …

Mais cet homme de culture, curieux de tout, passionné, tout à fait représentatif de ce véritable siècle des lumières scientifique qu’a été son époque, était également Maire de notre commune …
A ce titre il a influé la destinée de ce territoire : en facilitant l’introduction de nouvelles techniques agricoles venues d’outre-manche permettant une plus grande productivité, en créant la première société de musique de l’agglomération : la société Sainte Cécile, en accueillant l’Empereur Napoléon III venu célébrer la suppression du péage du pont de Trilport qui pénalisait tant les habitants.

Une histoire que nous connaissons grâce à la passion et au labeur des deux « passeurs de mémoire » qu’étaient Michele Bardon et son père. Ils ont permis cette célébration.
Ces « drôles de rêveurs » que sont les historiens locaux mènent un travail de fourmi, trop souvent anonyme, explorant avec méthode et minutie les différentes sources documentaires, archives, vestiges, nous aidant ainsi à mieux comprendre la réalité d’aujourd’hui.  Sartre ne disait il pas que l’identité est une trajectoire ?
Trilport est la résultante de cette trajectoire, de ce passé, de ce présent qui sont autant de forces projetées en avant pour affronter le futur. A l’heure d’Internet et au royaume de l’instantané, nous devons saisir tout le poids du passé et prendre le temps de la réflexion.
La science devrait nous enseigner avant tout l’humilité et le doute … Car si l’homme est seulement de passage, sa trace sur Terre est tout sauf éphémère et peut remettre en cause le devenir même de notre planète.

Gustave Ponton d’Amecourt aimait l’Histoire, la grande comme la petite.Ce spécialiste de l’archéologie mérovingienne, Président de la Société Numinastique de France n’a-t-il pas écrit …

« Chaque village, chaque hameau, chaque champ, chaque nom d’homme ou de lieu devrait avoir son histoire. Rien n’est mesquin de ce qui touche à l’histoire de la famille humaine,  les plus petits détails grandissent à mesure qu’on les examine ».

Une phrase qui sied à merveille à  Michele Bardon et à son père, historiens locaux qui ont toute leur vie œuvré pour que son nom soit connu de tous et reconnu à sa jsute valeur.

Force est de constater que celle qui est notre première citoyenne d’honneur a réussit, cette inauguration en est la plus belle démonstration et Trilport s’honore aujourd’hui en célébrant sa mémoire   …


Discours d’Yves Ponton d’Amecourt

(descendant de Gustave Ponton d’Amecourt)

Comme vous l’imaginez, nous sommes tous très heureux d’être ici à Trilport aujourd’hui. L’organisation de cette manifestation est une réussite et nous sommes tous très fier de voir honoré notre aïeul Gustave dans cette bonne ville de Trilport qu’il aimait tant.

Gustave de Ponton d’Amécourt est né à Paris le 16 août 1825.
Il fait ses études rue de Vaugirard, où, brillant élève, il remporta plusieurs prix de grec et de latin au concours général. Il étudia le sanskrit, les mathématiques mais se passionna surtout pour les lettres, l’histoire et la géographie. Les récits de Grégoire de Tours et de ses contemporains le conduisirent à s’intéresser à l’époque mérovingienne.

Il se fit connaître de bonne heure par de curieux travaux sur la numismatique et la géographie de la France sous les successeurs de Clovis. En même temps, il collaborait à plusieurs revues scientifiques et archéologiques. Amateur persévérant autant qu’érudit, il parvint à réunir de merveilleuses collections de médailles qui furent très admirées à l’Exposition Universelle de 1867 et dont une, dit-on, celle des médailles mérovingiennes, était d’une telle richesse qu’on n’aurait pas pu en former une semblable en puisant dans tous les cabinets publics et privés du monde entier.
On aurait pu en dire autant de la série de monnaies romaines en or.
En 1889, un an après sa mort, les chambres votèrent un crédit de 180000 F pour le rachat de ses collections par l’état français.
Comme écrivain, il a conservé les traditions littéraires du grand siècle.
Son style, toujours correct, élevé, pur de toute négligence, a surtout été remarqué dans Notice nécrologique du Duc de Blacas qu’il a publié en 1866.

Parmi les autres travaux qu’il a publiés, on peut citer :
–    Essai sur la numismatique mérovingienne comparée à la Géographie de Grégoire de Tours,
–    lettre à M.Alfred Jacobs (1864).
–    Excursion archéologique en Seine et Marne (1865),
–    Excursion numismatique dans la Bourgogne du VII° siècle (1866),
–    Recherches sur les monnaies mérovingiennes de Touraine(1872),
–    Monnaies mérovingiennes du Gévaudan (1883),
–    Enfin, son Essai sur les monnaies mérovingiennes du Maine qui a été couronné par l’institut en 1884.

Mais si nous sommes là aujourd’hui, c’est pour parler du rôle de Gustave dans La Navigation aérienne.
Gustave de Ponton d’Amécourt s’est beaucoup occupé de recherches scientifiques.
Il a remis à l’ordre du jour la question de la navigation aérienne, et a grandement contribué à la faire entrer dans le domaine de la science, en démontrant la possibilité du vol artificiel par la construction des hélicoptères.
Ce nom il le donna le premier en 1861 à un appareil en acier mu par un mouvement d’horlogerie et se soutenant dans l’espace sans le secours d’un gaz plus léger que l’air, grâce à deux hélices sustentatrices.
Son ami Nadar, le photographe, avait été fasciné par les ballons depuis sa tendre enfance et gardait pour magique l’idée de s’élever dans les airs. En 1857 il avait réalisé sa première ascension, avec le projet de prendre des photographies aériennes. Il lui apparût bientôt que ces ballons, si merveilleux que fût leur vol silencieux, étaient impossibles à diriger.
Ayant observé le vol des oiseaux, des cerfs-volants et son exemple favori, un ouvrier qui imbibe d’eau son éponge avant de la lancer à son collègue sur un échafaudage, il en vint à la conclusion que la navigation aérienne contrôlée exigeait de l’objet volant qu’il fût plus lourd que l’air.
C’est donc tout naturellement qu’il s’est fait l’ardent propagateur de l’invention de Gustave avec Messieurs Babinet et de La Landelle. On doit à Monsieur de La Landelle l’invention du mot « aviation ».

Ce quatuor devenu les champions du plus lourd que l’air eurent de nombreux imitateurs de leur hélicoptère.
Jules Vernes évoquera leurs travaux par la bouche de son héros Robur le Conquérant qui outre le « Je ferai mieux que Ponton d’Amécourt », prononcé devant l’académie des sciences, reprend dans ses démonstrations, toute la théorie de Gustave exposée dans La Conquête de l’air par l’hélice.
Gustave inventa et monta plusieurs hélicoptères à ressort de montre qui furent très en vogue à l’époque et qui montaient à 2 et 3 mètres.
Et puis il y eut aussi le modèle en Aluminium dont la hauteur totale atteint 63 cm et le poids est de 2 kilos. Ce dernier est exposé au musée de l’Air du Bourget.
L’aluminium était une matière toute nouvelle à l’époque et  l’hélicoptère de Gustave en constitue la toute première application aéronautique. L’Aluminium est toujours aujourd’hui le matériau de prédilection de l’aviation.
En cherchant un moteur léger, Gustave a aussi découvert les chaudières à petits tubes, au moyen desquelles il peut faire bouillir et entretenir à haute pression cent litres d’eau avec un kilogramme de houille.
Ce générateur de vapeur sera perfectionné par M. Temple et mis en application vingt ans plus tard par Léon Serpollet.
A ce propos, on a cité de lui quelques mots qui montrent l’efficacité de son système et la foi qui l’animait. Gustave écrivait en effet : «Si tous les fils télégraphiques du monde étaient de petits tubes, j’en ferais une pelote, je la jetterais dans le Vésuve et je ferais bouillir la Méditerranée».

Un jour, quelques sceptiques posèrent la question suivante à Gustave : « Et quand bien même vous réussirez à faire un hélicoptère, à quoi vous servira-t-il ? »
Il répondit :
« A quoi sert d’imprimer ? nous avons les mains pour écrire…
A quoi sert la vapeur ? Nous avons des forces motrices…
A quoi sert la locomotive ? Nous avons les diligences…
A quoi sert le télégraphe électrique ? Nous avons la poste…
A quoi sert de forger le métal ? Nous avons les outils en silex…
Et termina ainsi son propos : « Songeons que la perfection est notre but, que le progrès est notre loi et que nous devons le bien-être aux générations futures.

Nous passons, mais que notre passage soit signalé par un progrès ; et que sur les sentiers que nous avons frayés, la postérité puisse écrire ces mots : « Pertransierunt benefaciendo » c’est-à-dire « ils sont passés en faisant le bien ».
Monsieur le Maire, aujourd’hui, en honorant le souvenir de Gustave, vous écrivez dans la mémoire collective de la ville de Trilport « il est passé en faisant le bien »…

En honorant son souvenir, vous honorez le souvenir de 3 générations de notre famille à Trilport dont Antoine son Père, qui fut Maire avant lui, Gustave qui fut Maire et Président de la Société de Secours Mutuels, et Henry sont fils, Président, lui aussi, de la Société de Secours Mutuels, et qui mourût pour la France en 1915, comme 5 autres Trilportais, à Mesnil-les-Hurlus, hameau d’un village de la Marne.
Les destins d’Antoine, de Gustave, et d’Henri de Ponton d’Amécourt, sont intimement liés à la ville de Trilport, une ville qu’ils ont habitée, aimée, conduite, … Une ville qui les a élus, choyés, bercés, accompagnés dans leurs projets les plus fou.
Mais toute cette histoire, nous ne la connaitrions pas parfaitement, et nous ne pourrions pas en parler aujourd’hui avec autant de facilité, et d’érudition, sans l’aide précieuse de Michèle Bardon, qui depuis tant d’année recherche, analyse, écrit, relate, édite, …sur Trilport et sur notre famille.

Au fil des ans, Michèle Bardon et Gustave de Ponton d’Amécourt sont devenus des amis hors du temps.
Michèle Bardon a faite sienne cette phrase de Gustave dans une lettre à son ami l’abbé Thiercelin : « Chaque village, chaque hameau, chaque champ, chaque nom d’homme ou de lieu devrait avoir son histoire. Rien n’est mesquin de ce qui touche à la famille humaine ; les plus petits détails grandissent à mesure qu’on les examine. »
L’honneur que vous rendez aujourd’hui à Gustave de Ponton d’Amécourt, vous le rendez aussi à Michèle Bardon, que vous avez faites il y a quelques mois, Citoyenne d’honneur de Trilport, et pour laquelle cette journée, est la plus belle des reconnaissances, le couronnement de son travail, la cerise sur le gâteau qu’est son œuvre !

Alors Monsieur le Maire, Madame Leguay, chers amis de Trilport, soyez ici remerciés pour cette belle journée.
La mémoire de Gustave et la mémoire de Trilport ont destin lié…
Ensemble entretenons cette mémoire !
Vive Gustave et sa mémoire, Vive Trilport, Vive la France !

Des frissons venus du Nord

 

stockholm.4.jpgChangeons d’univers et d’atmosphère, ce qui ne fera pas de mal vu la période que nous traversons, parlons un peu d’Europe …

Tranquilisez vous, celle ci ne se limite pas à la seule sphère politique, heureusement au regard de l’actualité sur la réélection possible de M Barroso, elle est tout sauf enthousiasmante, mais nous aurons l’occasion d’en reparler …

L’Europe c’est aussi et surtout une terre de contrastes, des cultures à la fois proches et lointaines, à découvrir absolument … Cultures qu’il serait dommageable de limiter au seul patrimoine historique et architectural, mais également de conjuguer au présent. La littérature constitue indéniablement un de ces présents (au deux sens du terme), avec une place toute particulière pour le roman policier.

Les mois d’été sont paradoxalement la période la plus propice de l’année pour frissonner, constat de plus en plus de ces frissons sont provoqués par les polars provenant du grand Nord …Aprés Ikéa, Abba, Saab, Ingmar Bergman, grâce à Stieg Larsson et à ses fameux MiIllenium, la Suède fait de nouveau parler d’elle.

Attention, ce serait une erreur de considérer Millenium comme l’arbre qui cache la forêt, tant il y a pléthore d’auteurs de qualité ! Ils ont fait de ce mouvement littéraire une vraie tendance de fond et séduisent chaque année de plus en plus de lecteurs … Pour ceux qui en douteraient, qu’ils plongent sans retenue dans leurs oeuvres, ils y découvriront une atmosphère unique, somme toute « exotique » comme dans tout bon roman policier, l’intrigue n’étant que prétexte pour une introspection profonde, acérée et sans concession sur le temps qui passe, les moeurs, coutumes, non dits et failles des sociétés nordiques …
Pas à dire, ça décoiffe !

Les auteurs sont nombreux, Stieg Larsson, l’Islandais Arnaldur Indridason et tant d’autres (voir plus loin) … Bonne nouvelle pour l’éditeur Actes Sud, qui a publié avec le bonheur que l’on sait  la série des Millenium, la relève est désormais assurée, grâce à un nouvel auteur suédois, Camilla Läckberg.
La « princesse des glaces », son premier roman est parue en Suéde (2002) trois ans avant la publication du premier tome du tsunami qu’a été  Millénium. L’impact médiatique de cette véritable vague de fond a été tel que les éditeurs ont décidé de poursuivre le filon, permettant ainsi à Camilla Läckberg d’être publiée dans la même collection que son compatriote Stieg Larsson … heureux présage …

Un bon conseil pour les jours qui viennent. Que ce soit sur la plage, en montagne ou tout simplement chez vous, voici une sélection de livres à dévorer sans plus attendre.

 

Des livres disponibles dans toutes les bonnes librairies !

 

 

 

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Stieg Larsson

De son vrai nom Karl Sti-Erland, Stieg Larsson s’engage dès le début de sa carrière dans le mouvement suédois de science-fiction . Journaliste et graphiste à l’agence de presse Tidningarnas Telegrambyrå, il est l’un des pionniers de la fondation Expo, et le rédacteur en chef de son magazine du même nom, observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Actif dans le parti socialiste suédois, Stieg Larsson le quitte en 1987, refusant de soutenir des régimes socialistes de l’étranger qui lui semblent peu démocratiques. Stieg Larsson meurt d’une crise cardiaque peu après avoir remis à son éditeur sa seule oeuvre littéraire, une trilogie de romans policiers rassemblés sous le titre de ‘Millénium’ : ‘Les hommes qui n’aimaient pas les femmes’ (2005), ‘La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette’ (2006) et ‘La Reine dans le palais des courants d’air’ (2007).

Arnaldur Indridason

Grand Maître du polar Islandais, Arnaldur Indridason est diplômé en histoire, journaliste et critique de cinéma. Créateur de l’inspecteur Erlendur, « flic taciturne, adepte des surgelés et des vieux costumes fripés » … Arnaldur Indridason lui fait poursuivre ses enquêtes à travers des romans comme ‘La Cité des jarres’, ‘La Femme en vert, ‘L’ Homme du lac’, la Voix’,


Camilla Läckberg

A écrit cinq polars dont l’héroïne est Erica Falck, une biographe qui devient malgré elle enquêtrice. En Suède, les ouvrages de Läckberg se sont classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années, au coude à coude avec Millénium de Stieg Larsson. A écrit notamment : « La Princesse des glaces » et le « Prédeicateur »

Le polar suédois : gros chiffres, grand froid d’aprés le  Site fluctuat.net

En important la trilogie Millénium du suédois Stieg Larsson, le directeur de la collection « Actes Noires » d’Actes Sud, Marc de Gouvernain, a eu plus qu’une bonne intuition : il a décroché le jackpot. Les aventures explosives des héros Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander ont conquis les lecteurs français, au point d’exploser aussi tous les records de vente : selon Actes Sud, 1 150 000 d’exemplaires ont été écoulés, sans compter les 2 000 à 3 000 exemplaires de chaque tome qui se vendent encore chaque jour.
En Suède, un conflit oppose la famille de l’auteur et sa compagne de toujours, qui possèderait 200 pages inédites de Millénium. C’est dire quelle valeur a pris le texte de Larsson.

Après un tel succès, l’hypothèse n’est pas difficile à formuler. Le polar suédois semble être un bon filon, pas question de le laisser filer. Les traducteurs d’Actes Sud (Marc de Gouvernain et Lena Grumbach) se sont donc remis au travail, dans le but de faire découvrir cette fois l’œuvre de Camilla Läckberg, jeune auteure de polars qui talonne Stieg Larsson dans les listes de meilleures ventes en Suède.
Paru le 5 mai, La Princesse des glaces semble avoir tous les atouts pour succéder à Millénium.
Même format : couverture rouge et noir, titre et dessin intrigants, gros pavé pour bonne prise en main.
Une héroïne attachante, un décor naturellement glacé et propice aux crimes inexpliqués : La Princesse des glaces conte le parcours d’Erica Falck, biographe de trente-cinq ans installée dans un port de pêche de la côte ouest de la Suède, qui devient enquêtrice malgré elle après avoir découvert le corps de son amie d’enfance dans une baignoire.
De l’amour : tout comme l’ambiguïté des personnages de Millénium apportait du piment à leurs aventures, une pointe de romantisme vient échauffer l’enquête d’Erica Falck. Elle découvre l’amour dans les bras de l’inspecteur Patrik Hedström…

Depuis sa sortie, La Princesse des glaces se positionne plutôt bien dans les ventes. Après un premier tirage à 15 000 exemplaires, une réimpression est en cours selon l’éditeur. La collection « Actes Noirs » ne serait-elle pas en train d’impulser une véritable mode scandinave du polar dans l’édition française ? Marc de Gouvernain, qui pour avoir traduit tous les ouvrages suédois qu’il a publié, les connaît de long en large, a son explication : « Là où le polar scandinave est bon, c’est qu’on a des auteurs qui écrivent de vrais romans. Pas des exercices de style ou du délire personnel, mais de vrais romans. De gros romans, sur le modèle anglo-saxon avec souvent 600 pages mais sans les psychopathes style Hannibal Lecter. Ce sont des intrigues au plus près de nos préoccupations avec des personnages communs et du coup, le lecteur français se reconnaît dans ces univers ». Suffit-elle ?