L’AGC, 6 ans aprés …

105C.jpgCe samedi 18 septembre j’ai eu la trés grande joie d’accueillir en gare de Trilport, une des cinq nouvelles rames équipant désormais la ligne autrefois sinistrée « La Ferté Milon / Meaux » avec à son bord de nombreuses personnalités (voir vidéo) de la SNCF et du monde politique, dont Jean Paul Huchon, venus pour inaugurer ces nouvelles rames.

 
Ne jouons pas les modestes, j’ai particulièrement gouté ce moment,  tant je l’ai attendu et souhaité. Cette inauguration est le fruit d’une mobilisation exemplaire des usagers, je pense surtout à l’association AOUT, de quelques élus, trop peu à l’époque, dont je faisais partie. Nous défendions une position commune, refuser l’extinction de la ligne de chemin de fer de la Ferté Milon, une mesure que certains décideurs nous présentaient comme une fatalité incontournable.

Je me souviens avec précision d’un fait, vieux de six ans. Le jeune Maire que j’étais (tout juste quelques semaines), menait à l’époque un combat que beaucoup m’annonçait perdu d’avance : l’amélioration des transport en commun sur ce secteur particulièrement sinistré de l’Ile de France.
J’avais à ce titre rencontré les représentants de l’association AOUT, un collectif d’usagers de la ligne,  en leur apportant tout mon soutien, vu leurs demandes légitimes:  retards plus que fréquents, suppression de train au dernier moment sans information préalable, pannes nombreuses …

AUjourd’hui, heureusement la ituation change, qu’en est il ?

 

 

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Cette ligne, n’ayons pas peur des mots, était littéralement à l’abandon, avec pour conséquence directe pour ma commune, outre les problèmes liés à la qualité des transports, une recrudescence des voitures d’usagers  de cette ligne stationnant à Trilport. Leur nombre constituant  d’ailleurs un thermomètre indiscutable de l’état de santé de cette ligne.

 
Un matin, excédés par les semaines de galère et l’absence de perspective, les usagers ont  occupé les voies SNCF en gare de Trilport, bloquant la circulation de cet axe essentiel du réseau Est. Ils n’ont accepté finalement de ne lever ce blocage que contre la promesse d’une entrevue immédiate dans le bureau du Sous Préfet, en ma présence. Demande qui m’avait particulièrement touché à l’époque, car reconnaissant de fait ma mobilisation sur ces questions. Lors de l’entrevue j’avais souligné à l’autorité préfectorale comme aux représentants des transporteurs qu’il était hors de question d’accepter l’abandon de cette ligne et que nous étions mobilisés du coté des usagers.

J’ai rencontré fréquemment ensuite le Président de Région Jean Paul Huchon, qui n’était pas alors encore Président du STIF,  afin de lui faire des points réguliers sur la dégradation continue des conditions de transport en grande couronne, notamment sur ce secteur. Je n’oublierais jamais  que les premières décisions du nouveau Président du STIF qu’il est devenu courant 2006, ont concerné immédiatement et directement la grande couronne et qu’en quatre ans, les mesures prises par son équipe ont littéralement changé la donne pour le quotidien des usagers (rénovation de quais, de gares, nouveau cadencement multipliant le nombre de train, mise en place de nouveaux matériels roulants …), la vitalité de nos territoires et la lutte contre les gaz à effet de serre, soulignée depuis par le Grenelle II.

 
je n’ai entendu personne ce samedi, ma parlait de fatalité, mais d’atout pour nos communes, notre territoire, ses entreprises et ses habitants, l’électrification de cette ligne est meme sur les rails …

Cet exemple revêt aujourd’hui une nouvelle dimension. Il démontre la force du politique et d’une volonté collective, lorsqu’elle répond aux demandes légitimes du terrain. Il souligne à la fois l’importance pour nos habitant de l’action politique de terrain, au sens large et noble du terme, de l’engagement financier et décisionnaire des collectivités publiques, au premier rang, la Région et l’intérêt pour la vitalité de nos territoires et de leurs entreprises d’avoir des infrastructures de qualité.

Ces mesures, ne l’oublions pas, ont un cout mais elles constituent de fait un investissement pour notre pays et un atout pour son économie.

Mais ces nouvelles rames ne sont qu’un élément dans une stratégie de reconquête plus globale qui va peu à peu améliorer enfin le quotidien de milliers d’usagers (lire la suite) …

 

 

Ces nouveaux  trains sont des AGC (comme Automotrices à grande capacité), avec la particularité d’être bi modes : diesel et électrique (à partir de la gare de Trilport, direction Paris). Ces nouveaux matériels circuleront en mode électrique jusqu’en limite d’équipement puis en traction diesel au-delà.

Ces rames proviennent de l’usine Bombardier de Crespin (Nord) et marquent le début du renouvellement de l’ensemble du parc des trains Transilien.  Cette dotation constitue une rupture totale avec les pratiques ayant eu cours jusque là envers les usagers de la grande couronne, la SNCF et la Région dotant ces lignes de matériel ancien recyclé.
Cette mise en service est utile également pour l’environnement, les nouvelles rames réduisant considérablement les émissions diesel générées autour de la gare de Paris Est ainsi que sur le tronçon non électrifié de la ligne (- 78% de monoxyde de carbone, – 70% d’hydrocarbures imbrûlés, – 54% d’oxydes d’azote et – 32% de gaz carbonique).

 
Des mesures qui ont un cout et démontre l’importance pour nos collectivités d’avoir de smoyens financiers pour investir, le coût total des vingt-quatre AGC Transilien (déployé sur l’ensemble des lignes en étant dotée) est de 136 millions d’euros, (le tiers d’un airbus), investissement financé à 65% par la SNCF et à 35% par le STIF.

Cette arrivée met fin à une vraie hémorragie, jusque là encouragée, celle des usagers fuyant la galère de ces conditions de transport indignes.
Cette ligne perdait depuis 2005, du fait de sa mauvaise qualité  50 % des usagers entre Trilport / La Ferté Milon, et était classé au dernier rang des lignes Transilien de toute l’Ile de France (enquête SOFRES). Comme quoi, cette arrivée n’est pas du luxe, n’est pas une dépense inconsidérée mais répond à un impératif absolu.

Elle n’est que le reflet d’un effort sans précédent mené sur la ligne P, grâce à l’action conjuguée du STIF (sur ce sujet la priorité assumée par Jean Paul Huchon vis à vis de la grande couronne est sans équivoque) et de la SNCF dont les services et les dirigeants, il faut le souligner, ont effectué depuis 6 ans une véritable révolution culturelle …

Quelques indicateurs illustrent cette tendance :  6 % de trains supplémentaires depuis juin 2007, une régularité qui devient presque un point fort de la ligne ( 89 % de trains à l’heure en pointe et plus de 90 % des trains à l’heure sur l’ensemble de la journée), deux fois moins de trains supprimés qu’en 2007, notamment sur l’axe Meaux La Ferté Milon où les voyageurs reviennent, des rames dont la capacité totale en voyageurs est plus souvent respectée (1,4% des trains en composition non – conforme contre 2,2% en 2007) et qui tombent moins souvent en panne, 1/4 de pannes en moins sur les rames à deux étages et sur les « petits gris » …

Une tendance qui devrait se confirmer et s‘amplifier dans les prochains mois puisque le plan stratégique d’actions 2012-2015 de la SNCF, grâce à l’arrivée notamment sur la ligne P de la nouvelle automotrice francilienne, vise l’objectif de 93% de régularité des trains pour l’ensemble de la ligne.

 

L’objectif est ambitieux, mais qui vivra verra … En tout cas la donne a bien changé et ce sont les usagers qui s’en félicitent chaque jour de la semaine … Nous ne manquerons pas de revenir sur la problématique des transports, car il y a tant et tant à faire dans un contexte de raréfaction de l’argent public, que forcement des arbitrages seront à effectuer, notamment avec les projets autour du Grand Paris …

 

La suite donc, au prochain numéro …


 

Le détail des 130 M€ d’engagements financiers 2008-2012 :

 

– Amélioration de l’infrastructure:

  • 90 M€ (RFF) pour rénover les lignes de Tournan à Coulommiers et de Gretz à Provins, 2 M€ sur du remplacement de traverses entre Trilport et la Ferté Milon
  • 2,1 M€ (SNCF) pour fiabiliser la signalisation et les alimentations électriques sur l’ensemble des axes de la ligne P
  • 7,75 M€ (convention SNCF-STIF-RFF) pour accélérer le programme de modernisation de l’infrastructure notamment le système d’espacement des trains entre Villiers sur Marne et Tournan,

 

– Amélioration de la maintenance du matériel :

  • 10M€,financés par la SNCF dans le cadre du plan de relance de l’économie pour moderniser le site de Noisy en créant un bâtiment d’intervention rapide


– Amélioration de l’information et du confort des voyageurs :

  • 4,8 M€ sur la sonorisation des gares
  • 5,8 M€ pour moderniser la signalétique et le mobilier (normes transiliennes) des gares situées au-delà de Meaux et Gretz

 

– renforcement de la sécurité

  • 9 M€ pour étendre la vidéosurveillance à toutes les gares

 

SAV Poste : à bientôt pour le savoir …

 

 

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Le fil a été renoué cet été avec les responsables départementaux de La Poste qui ont enfin retrouvé l’adresse de la Mairie.

Rendez vous avait été pris, courant juillet, le jour même ou un journaliste d’un quotidien local, interrogeait les responsables de l’entreprise pour la Seine et Marne, suite à la motion que j’avais proposé au vote du Conseil Municipal (voir note précédente), il y a des coïncidences heureuses …

C’est ainsi que j’ai rencontré le Directeur Départemental, en charge des Projets et du Développement, accompagné du responsable local de l’agglomération. J’ai abordé lors de notre entretien, les points évoqués (voir note précédente), soulignant le manque d’accessibilité, l’absence de confidentialité, et la sécurité autour du Distributeur Automatique de Billets … en indiquant notre disponibilité afin de travailler en collaboration sur d’éventuels scénarios d’amélioration ou aménagements avec les élus et les services municipaux.

Mes interlocuteurs m’ont écouté avec beaucoup d’attention, s’excusant de leur longue absence de réponse (plus de dix huit mois). Ils ont souligné l’intérêt du  bureau de Poste de Trilport pour leur enseigne, indiquant qu’il diligenterait un audit dans les prochains mois aboutissant à des propositions substantielles et concrète d’améliorations, qui devraient nous être présentées en 2011 afin de répondre aux problèmes soulignés. 

J’ai tenu à aborder également lors de cet entretien un autre sujet d’inquiétude pour les usagers et les habitants : la dégradation de la qualité  des tournées de distribution de courrier, qui concerne toutes les communes dépendant du bureau de Trilport;  la situation devient en effet de plus en plus problématique. J’ai d’ailleurs  reçu à de maintes reprises des facteurs lors de mes permanences et une délégation inter syndicale venu m’alerter sur cette situation. Mes interlocuteurs, ne pouvant intervenir sur ce dossier, m’ont promis d’intervenir afin qu’un des responsables départemental de ce secteur prenne contact avec moi au plus vite.

 

Un entretien finalement, assez constructif, mais qui en appelle bien d’autres, car comme le signale fort justement une des nombreuses campagnes de pub de La Poste :

« Jusqu’où irez vous grâce à La Poste ?

A bientôt pour le savoir … »

 

Une maxime qui résume assez bien la situation !

 

70 ans ont passé …

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Certaines cérémonies nous éloignent heureusement d’une actualité ou le manque de valeurs républicaines, y compris de nos dirigeants, devient préoccupant, c’est notamment le cas de ce 14 juillet 2010, qui intervient  70 ans après 1940, l’année où tout a basculé, avec l’appel du 18 juin ….

Epoque épique que celle de la 2ème guerre mondiale.
Nous sommes toujours redevables aujourd’hui aux anciens qui ont permis à la France de sortir, non seulement la tête haute d’un conflit mondial généralisé, mais qui l’ont libéré du joug d’une dictature sanguinaire.

Souvenons nous de l’importance de cet appel, lueur insensée, fragile et magique, véritable fanal d’un phare s’adressant à un pays perdu dans la tempête et qui l’a mené peu à peu à bon port.

Saluons la décision  historique de Charles de Gaulle, alors sous-secrétaire d’État à la Défense, qui de retour d’une visite d’Etat à Londres auprès de Winston Churchill le 16 juin 1940, apprend le même jour la nomination du maréchal Pétain, partisan de l’armistice, comme nouveau chef du gouvernement et à l’écoute de l’annonce à la radio, le lendemain, par ce dernier de  l’arrêt des combats décide de  repartir immédiatement pour Londres.

Il y rencontre aussitôt Churchill et lui fait part de son intention d’appeler à la résistance ses compatriotes. Ce dernier, contre l’avis de nombreux ministres britanniques pensant la victoire des nazis inéluctable, l’aide dans cette folle entreprise.
Trop de citoyens ignorent ce que notre pays doit à Winston Churchill. Sans lui, il n’y aurait pas eu d’appel du 18 juin.
Les journées qui ont suivi ont été déterminantes, peu de nos compatriotes ayant entendu le Général alors. C’est jour après jour, pierre par pierre, de bouche à oreille, que ce Général de Brigade à titre temporaire de 49 ans, va bâtir non seulement un destin unique, mais ouvrir de nouvelles perspectives à notre pays grâce à la puissance et au pouvoir des mots légitimes qu’il a prononcé.


« La première chose à faire était de hisser les couleurs, a t’il écrit bien des années après, la radio s’offrait pour cela.

A mesure que s’envolaient les mots irrévocables, je sentais en moi-même se terminer une vie, celle que j’avais mené dans le cadre d’une France solide et d’une indivisible armée. A quarante-neuf ans, j’entrais dans l’aventure, comme un homme que le destin jetait hors de toutes les séries. »

 

C’est avec reconnaissance et émotion que nous nous sommes associés à cette commémoration lors de la fête nationale, dédiée à la République et à ses valeurs, anti thèse de celles défendues par les nazis et les fascistes…
Il est heureux qu’en 1940, les français de souche, de nationalité ou de cœur, de toutes origines, couleurs, cultures, religions, se soient mobilisés contre vent et marées, au péril de leur vie, pour libérer notre pays et nos consciences … Nous n’oublierons jamais notre dette a leur égard !

Un de ces français a illuminé de ses mots simples cette période noire de notre histoire. Son recueil « Poésie et Vérité » parut en 1942 rassemblant des poèmes de lutte a été diffusé à travers toute l’Europe sous le manteau, par radio, ou parachutage, dont le plus fameux, Liberté


Chacun comprendra mon émotion lorsque j’ai honoré au nom de l’Etat français, quatre de nos anciens, qui ont traversé cette période trouble, tumultueuse et dramatique de notre histoire. Il est essentiel, aujourd’hui plus qu’hier, de rappeler leur dévouement et le sacrifice de ceux qui y ont laissé malheureusement leur vie.


Tous, ils ont rendu ses couleurs à notre pays et à notre République : le Bleu, le Blanc, le Rouge et redonné sens aux trois valeurs républicaines : Liberté, Egalité, Fraternité …


 

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Liberté

 

Sur mes cahiers d’écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige

J’écris ton nom

 

Sur toutes les pages lues

Sur toutes les pages blanches

Pierre sang papier ou cendre

J’écris ton nom

 

Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J’écris ton nom

 

Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts

Sur l’écho de mon enfance

J’écris ton nom

 

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J’écris ton nom


Sur tous mes chiffons d’azur

Sur l’étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J’écris ton nom


Sur les champs sur l’horizon

Sur les ailes des oiseaux

Et sur le moulin des ombres

J’écris ton nom

 

Sur chaque bouffée d’aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J’écris ton nom

 

Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l’orage

Sur la pluie épaisse et fade

J’écris ton nom

 

Sur les formes scintillantes

Sur les cloches des c ouleurs

Sur la vérité physique

J’écris ton nom

 

Sur les sentiers éveillés

Sur les routes déployées

Sur les places qui débordent

J’écris ton nom

 

Sur la lampe qui s’allume

Sur la lampe qui s’éteint

Sur mes maisons réunis

J’écris ton nom

 

Sur le fruit coupé en deux

Dur miroir et de ma chambre

Sur mon lit coquille vide

J’écris ton nom

 

Sur mon chien gourmand et tendre

Sur ses oreilles dressées

Sur sa patte maladroite

J’écris ton nom

 

Sur le tremplin de ma porte

Sur les objets familiers

Sur le flot du feu béni

J’écris ton nom

 

Sur toute chair accordée

Sur le front de mes amis

Sur chaque main qui se tend

J’écris ton nom

 

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attentives

Bien au-dessus du silence

J’écris ton nom

 

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J’écris ton nom

 

Sur l’absence sans désir

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J’écris ton nom

 

Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l’espoir sans souvenir

J’écris ton nom

 

Et par le pouvoir d’un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté.

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Paul Eluard

1942, « Poésies et vérité »

Une « nouvelle » gare pour Trilport

IMG_9816.jpgC’est avec beaucoup de plaisir que j’ai participé à l’inauguration de la rénovation de la gare de Trilport, gare que les lecteurs assidus de ce blog connaissent vu les différentes notes qui lui ont été consacré.

Force est de constater que depuis 2005, fort heureusement la donne a bien changé, j’y reviendrais …

Lors de mon intervention, j’ai rappelé à mes interlocuteurs Odile Fagot Directrice de la région de Paris Est,  et Eric Cinotti Directeur des lignes Transilien Est (assurant la lourde responsabilité de succéder à Maurice Testut remarquable serviteur du service public du transport), ce que  cette manifestation signifiait pour nous et les raisons de notre attachement à « la gare ».

Trilport s’est bâtie autour de la mobilité et des transports : son gué tout d’abord, puis la route royale d’Allemagne, notre ville est par essence de par sa localisation, entre Marne et Forêts, ses ponts, les axes de circulation qui la traversent, un trait d’union entre Champagne et Ile de France …

Si ce petit village est devenue une ville, la gare y est pour beaucoup, offrant la possibilité à des générations de Trilportais de se rendre chaque jour au travail lors des migrations pendulaires du matin et du soir. Beaucoup de nos lotissements sont nés, c’était alors la grande période de l’extension urbaine, repoussant les limites de la ville, parce que justement la gare était là …

Combien d’amitiés durables se sont nouées lors des trajets quotidiens, souvent  trop longs entre Trilport et Paris ? Car le train, on n’en parle pas assez, est un formidable creuset social transportant et mêlant des usagers multiples : cadres, employés, étudiants qui attendent sur les quais, se parlent et voyagent ensemble tous les jours de l’année; le train de banlieue est incontestablement un vecteur de lien social, surtout lorsque le confort le permet, car pour  pouvoir échanger, mieux vaut être confortablement installé !

Je ne peux oublier le temps consacré chaque jour au transport, et ce durant des années. Ce temps  compte dans une journée et une vie de travail. Il est dur de prendre le train, trop souvent dans de mauvaises conditions, lorsque l’on part tôt le matin dans la nuit et que l’on revient tard le soir dans la nuit, un rythme qui fait apprécier les beaux jours. J’en parle à l’aise ayant été un de ces voyageurs abonnés au premier et au dernier train.

Des générations d’usagers, d’élus ont désiré, attendus se sont mobilisés et révoltés durant de trop longues années afin de demander des transports corrects pour la grande couronne.  Je me souviens des occupations de voie (tout juste il y a quatre ans), des pannes et retards trop fréquents, de l’état déplorable de motrices du siècle dernier (années 60) reliant encore pour quelques mois La Ferté Milon à Paris, des conditions de transports toujours  rudes et des longues heures d’attente Gare de l’Est, entre le train du midi et le train de 18 heures pour rentrer chez soi …

Comme quoi,  il y a bien eu un avant et un après 2006 !

Force est de  constater, en toute objectivité, que l’arrivée de Jean Paul Huchon à la Présidence du STIF a changé la donne pour le transport commun de la grande couronne.

 

Et nous en avions bien besoin !

 

 

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Ce blog s’est souvent fait l’écho de notre mobilisation et de nos demandes légitimes concernant les conditions de transport et d’accueil, notamment en cette gare …

Les occasions n’ont malheureusement pas manqué ces dernières années : amélioration du confort et de l’accessibilité du bâtiment et des quais, refus d’une fermeture durant le week end,  demande de présence humaine suffisante, installation d’un automate acceptant les cartes bleues …

Nous nous sommes mobilisés, souvent même contre la SCNF, afin de défendre le transport ferré de grande couronne, combattant  la conception du train à deux vitesses, défendue par l’entreprise nationale, « tout pour le TGV, rien pour le train de banlieue » !

C’était hier, c’était avant 2006 …

Depuis , incontestablement, beaucoup a été fait, à Trilport même : rénovation des quais, amélioration progressive du matériel roulant, implantation d’un nouvel automate, mise aux normes « Transilien »,  mise en place d’une signalétique et de l’information sonore, puis étape symbolique, l’inauguration d’aujourd’hui.

Plus  d’un million d’euros de travaux  consacré à cette rénovation, dont la moitié par la SNCF ! La gare de Trilport, retrouve désormais une seconde jeunesse, ce qui avec le nouveau cadencement est bon non seulement pour les usagers de notre ville, de l’agglomération du Pays de Meaux, mais également  pour ceux résidant dans toutes les intercommunalités voisines…

Comme l’a souligné Marie Richard, Conseillère régionale, « Là où il y a une volonté, il y a un chemin » (Lénine). Les élus se sont honorés en se mobilisant sur cette question qui concerne tant de nos concitoyens, chaque jour. Les Don Quichotte d’hier, osant s’attaquer aux moulins, ont démontré que rien n’était impossible lorsque le combat est légitime et la mobilisation réelle.
Bien des choses ont changé et la tendance est désormais inversée. Rappelons cependant  à nos concitoyens, sceptiques désormais devant les promesses des politiques (et qui s’en étonne ?) qu’agir concrètement demande plus de temps que promettre. Il faut en effet budgéter, commander, fabriquer lorsqu’il s’agit de trains, mettre en place. Un laps de temps souvent  incompatible avec la durée des mandats et le discours politicien (et non politique).
Je ne veux pas omettre dans ce panorama, la mobilisation exemplaire de la SNCF, de ses responsables et des cheminots qui ont effectué une véritable révolution culturelle sur leur conception du transport en grande couronne. Nos relations ont toujours été basées sur un respect mutuel mais également sur une franchise totale …
Il y  a eu donc des orages
… Reconnaissons cependant que le climat a changé et que nous travaillons en totale confiance, transparence et complémentarité avec un objectif commun, améliorer les transport d’aujourd’hui et de demain

Car beaucoup reste à faire …

Des 2010 : avec le remplacement des vieilles motrices reliant La Ferté Milon qui seront remplacées par un matériel flambant neuf, la validation du  contrat de « Pôle PDU » des gares de Meaux et Trilport, étape essentielle pour agir sur la périphérie de ces gares et y améliorer l’accessibilité et les transformer en vrais pôles multi modaux d’échange ..

Et puis, surtout après, afin de bâtir brique par brique une vraie chaîne des transport et mettre en place avec tous les acteurs et partenaires les conditions d’une multimodalité efficiente et épanouie !

Comme quoi, il y a encore du pain sur la planche et nous avons pas mal d’échéances à relever devant nous …

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La rénovation en bref :

Le hall est rénové du sol au plafond et les espaces sont repensés pour offrir une circulation aisée à l’intérieur du bâtiment voyageur.

• Un guichet d’accueil et de ventes Ile de France,

• Le confort d’attente dans le bâtiment voyageur, sièges et poubelles,

• Un distributeur de confiseries et de boissons,

• Un nouvel éclairage d’ambiance

• Des portes automatiques pour faciliter l’accès

• Une rampe d’accès donnant une accessibilité aux PMR en toute autonomie au bâtiment voyageur.

Les extérieurs ont bénéficié d’amélioration, notamment l’abri quai :

• Une mise en peinture anti-graffiti

• Un nouvel éclairage

• Un mobilier d’atten te, sièges et poubelle

Dans le souterrain, l’ambiance a été modifiée grâce à un nouvel éclairage.

Pour assurer une vente rapide de jour comme de nuit, un Automate de vente Transilien est implanté à droite du bâtiment voyageur. Ses fonctions :

• Vente de tous les titres Ile de France, billet Origine-Destination, carnets de billets, Forfait Mobilis, Ticket T+, rechargement de Pass Navigo Mensuel, hebdomadaire et Solidarité Transport …

• Paiement en espèces et carte bancaire à partir de 1€,

Montant des travaux :  1 100 000 euros

46% Région Ile de France, 5% RFF, 49% Transilien SNCF

La note juste

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Ce samedi, nous avons rendu un hommage mérité à Michel Vallier à l’occasion de sa nomination comme Maire Honoraire.

Exercice de style particulier …
Si nous avons voulu  garder le relativisme des choses afin d’éviter toute flagornerie ou cirage de pompe superflu,  qui serait à des années lumière de la nature profonde de ce qu’est réellement Michel, comment dans le même temps ne pas honorer l’action exceptionnelle qu’il a mené pour notre commune ?

Il y a eu en effet un avant, que j’ai connu comme simple habitant, Trilport était alors une ville sans équipement structurant, services à la population ou projet de territoire, et un après, suite à l’action qu’il a initié de 1978 à 2004 (date à laquelle j’ai pris le relais), et durant laquelle la commune s’est développée autour non seulement de nouvelles infrastructures mais  des liens sociaux qui s’y sont multipliés : vie associative, action sociale, liens multi générationnels …
Plus encore en creusant des fondations solides et profondes, il nous permet aujourd’hui de bâtir un projet de développement de territoire solidaire, en harmonie avec le magnifique patrimoine naturel qui nous entoure et les objectifs environnementaux qui s’imposent à tous.

Il nous semblait important afin de lui rendre l’hommage qu’il mérite d’inviter une personnalité emblématique de la noblesse de l’action publique lorsqu’elle est au service des autres et du collectif.
C’est ainsi que j’ai proposé à Lionel Jospin de venir à Trilport célébrer cet évènement, eu égard à l’admiration que Michel Vallier porte à son action d’homme d’Etat,  mais également du fait des valeurs d’altruisme que représente plus que quiconque l’ancien Premier Ministre, comme aux qualités que chacun lui reconnait : intégrité, respect de la parole donnée, sens de l’action collective, qui sont suffisamment rares dans le monde politique, pour être soulignées.

Lionel Jospin était  certainement le plus à même d’officier en cette occasion.

Il était … la note juste …

 

Plaisir double, car je n’oublie pas que j’ai été son étudiant durant deux années à Sceaux. Incontestablement, il a contribué comme Michel Vallier à mon engagement dans la vie politique. Concernant cette question essentielle de l’engagement, je me retrouve totalement dans ses propos  :

« S’engager, c’est quitter l’état de spectateur pour rejoindre celui d’acteur … à la fidélité aux convictions, il faut joindre la recherche de l’intérêt général. S’engager, c’est prendre conscience que l’on appartient à une société, c’est, plus largement, se vouloir partie prenante de la communauté des hommes.

L’engagement est une dimension essentielle de la condition humaine »

C’est peu de dire que nous avons été honoré par une telle visite.
Beaucoup espèrent et pensent, comme moi, que les graines semées par l’action de Lionel Jospin,  et elles sont innombrables, fleuriront demain jusqu’à devenir de beaux fruits qui porteront  de nouvelles perspectives, perspectives dont nous avons le plus grand besoin  …

 

Extrait du Discours que j’ai prononcé pour l’occasion …

Michel nous pardonnera sans doute de lui avoir fait la surprise de cette venue …

 

 


lionel.jpg«  J’ai réellement découvert Michel Vallier à la fin des années 1980 …

lorsque il a proposé au jeune étudiant et Directeur de Colo que j’étais, d’encadrer avec une partie de son équipe municipale, des séjours dans le Morvan destinés à divertir les jeunes Trilportais.

C’est ainsi que nous nous sommes rendus durant quelques années, à un jet de pierre de l’abbaye de La Pierre qui Vire, à Quarré les Tombes plus précisément … Nom prédestiné s’il en est, pour un pèlerinage …

Nous formions déjà à l’époque un tandem : à moi l’animation et la gestion du quotidien, à lui la partie culturelle du séjour. Un volet culturel du style, intense et dense … du lourd, voir du très lourd … Les jeunes en avaient pour leur argent.

« La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert » a écrit Malraux, et c’est en vrais conquérants (en car, à pied, par monts et par vaux, par tous les temps), que nous avons découvert ce coin de France magnifique qu’est le Morvan: carrières, forêt, lacs, vestiges romains, églises, tout était source de savoir pour notre guide. Mais 2 thématiques lui tenaient plus particulièrement à cœur :

la géologie, quoi de plus normal pour un Professeur Agrégé (il y tient !), en Sciences Nat’, passionné de l’environnement et des pierres de tout type et de tout poids,
mais également l’histoire, notamment la période charnière de la transition entre roman et gothique, magnifiée notamment par Umberto Eco dans son livre admirable « le Nom de la Rose »,

Michel nous a démontré, que paradoxalement, il pouvait y avoir de la grandeur et de la hauteur dans le roman, comme de l’humilité, de la retenue et du dépouillement dans le gothique … Tout est affaire de nuances, de relativisme, de passion, et ce dans tous les sens du terme, ou d’engagement spirituel.

C’était le Da Vinci Code avant l’heure … le mystère du verbe qui se fait pierre et qui devient vérité révélée…

Signalons, juste pour l’anecdote, deux autres temps forts, d’ordre plus récréatif : la toilette matinale dans les eaux de la rivière locale, le Trinclin, très revigorante, et la chasse au dahut … un moment attendu de tous, jeunes et moins jeunes. Cette « quête du Graal » donnait lieu à une véritable expédition nocturne dans la forêt, vu la timidité légendaire de l’animal recherché. Moments partagés inattendus qui nous ont permis de découvrir un Michel plus intime, «libéré » en quelque sorte …
Notamment, lorsqu’à une heure avancée de la nuit, il sortait d’une de ses innombrables poches, un élixir mystérieux, très certainement à l’origine de sa sérénité, de sa sagesse reconnue de tous et de sa longévité … La consommation de cette mixture, élaborée à partir d’un mélange d’alcools et de fruits, dénommée « confiture de Vieux garçon », digne d’une vraie A.O.C et à laquelle la main bienveillante de Paulette ne devait pas être étrangère, et qui nous a donné l’occasion de « Changer la vie » et de refaire le monde, en de maintes occasions !

Ces instants privilégiés m’ont permis de découvrir l’homme, sa simplicité et ses valeurs et sont à l’origine de mon implication à ses cotés lorsque j’ai décidé un beau jour de m’engager en politique dans la vie locale.

J’ai alors intégré sa liste municipale et ce fut le point de départ d’une collaboration étroite de plus de 20 années, émaillée de combats électoraux, victorieux ou non, d’un engagement croissant comme élu local à ses cotés, aux services des autres, de tous les autres, sans distinction ou préférence politique. 20 ans de passion partagée dans le respect mutuel et les valeurs communes.

Depuis, mon parcours c’est quelque peu étoffé, j’ai rencontré nombre d’hommes ou de femmes politiques, élus ou pas, toutes catégories et tendances confondues, du poids plume au poids lourds … voir même au très lourd …

Michel Vallier est un cas unique, atypique, ce que ses électeurs ont toujours pressenti et jamais oublié, ceci explique peut être cela … Au delà de ses convictions il a mis au premier plan l’humain, le sens de l’écoute, l’esprit de dialogue, le respect des autres et du service public. Il a beaucoup de similitudes avec le personnage principal du remarquable film de Franck Capra « Mr Smith au Sénat », œuvre magistrale qui interpelle avec justesse la classe politique sur le sens des valeurs, l’altruisme, la profondeur des engagements, et la différence fondamentale entre la fin et les moyens.

Toutes ces années auprès de lui, m’ont renforcé dans ces convictions et sont à l’origine de mes choix d’élu mais aussi d’homme … Entre le virtuel, le miroir aux alouettes, l’éphémère, voir l’instantané, et le concret, le durable, le réalisé, j’ai choisi.
Certains apprennent leur « métier d’élus » dans de grandes écoles spécialisées en technocratie et communication, sans aucun service après vente pour les citoyens, moi j’ai eu le bonheur de l’apprendre aux cotés d’un artisan passionné, sur le terrain, au quotidien et au concret, école d’humilité et de devoirs s’il en est et je lui en suis reconnaissant …

Il nous semblait important avec l’équipe municipale que je représente, de lui rendre un hommage sincère, appuyé, et surtout mérité. Il nous fallait inviter pour cela une personnalité emblématique de la noblesse de l’action publique, lorsqu’elle est au service des autres et du collectif.


Connaissant l’admiration que Michel a pour votre action, je vous ai proposé Monsieur le Premier Ministre de venir à Trilport, et je vous suis reconnaissant d’avoir accepté notre invitation …

Cependant, permettez à un de vos anciens étudiants, promo 1978 / 1980, d’évoquer quelques souvenirs plus personnels.

Je ne reviendrais pas sur l’excellent professeur que vous étiez, même aux yeux d’un jeune rocardien, et à l’époque c’était chaud. Sachez cependant que si vos cours d’économie politique nous passionnaient, votre itinéraire politique, non médiatique j’insiste, c’était une autre époque, nous interpellait et nous rendait fiers tout à la fois, et ce toutes tendances politiques confondues.

Avec vos étudiants, vous avez toujours brisé l’armure.

Je me souviens de votre arrivée dans l’amphi, au retour d’un congrès du PS dans lequel François Mitterand vous avez appelé à ses cotés. Devant la standing ovation que nous vous avions réservé, y compris les étudiants de droite c’était déjà l’ouverture, vous aviez eu deux remarques avant de débuter votre cours … « je vois que vous lisez les journaux et vous en félicite … » puis peu après … « Vous savez il faut toujours relativiser, ma femme m’a rappelé qu’à la Maison également, j’étais le numéro 2 »…

Un autre jour, vous m’aviez pris en stop devant l’IUT, pour m’amener de Sceaux à la Cité U d’Anthony dans une 2 CV qui avait manifestement de nombreuses heures de vol. Je me suis retrouvé à coté d’exemplaires tout fripés de BD, dont une « Tartine » qui devait appartenir à l’un de vos enfant et n’est pas ouvert la bouche du voyage, littéralement tétanisé par l’émotion ! Comme quoi la vie transforme les individus, et j’aurais du savoir « qu’une personne qui roule en 2 CV, est forcément quelqu’un de bien … »

Quelques mois après, jeune appelé au 10 eme RCS de Montmédy, installé devant une télé, je regardais la cérémonie au Panthéon. Devant l’interpellation d’un officier me demandant ce qu’il y avait de si intéressant, manifestement il n’était pas au 7eme ciel, je lui ai désigné mon ancien Professeur … Cette simple information m’a permis de terminer 1ere Classe sans l’ombre d’une corvée, ce dont je vous suis encore reconnaissant …

Nos routes se sont ensuite croisées à de maintes occasions du fait de nos opinions politiques communes, et des diverses campagnes heureuses ou non qui ont ponctué ces années d’engagement …

Concernant cette question essentielle de l’engagement, je ne peux résister à l’envie de vous citer …

« S’engager, c’est quitter l’état de spectateur pour rejoindre celui d’acteur … à la fidélité aux convictions, il faut joindre la recherche de l’intérêt général

S’engager, c’est prendre conscience que l’on appartient à une société, c’est, plus largement, se vouloir partie prenante de la communauté des hommes.

L’engagement est une dimension essentielle de la condition humaine »

 

Sachez Monsieur le Premier Ministre, que toutes les graines que vous avez semé, et elles sont nombreuses, demain refleuriront et deviendront de beaux fruits qui nous ouvriront de nouvelles perspectives, nous en avons particulièrement besoin en ce moment …

Eu égard, à ce que vous avez apporté à l’action publique et politique, aux valeurs d’altruisme et collectives que vous représentez plus que quiconque, et au respect que vous avez toujours eu de la parole donnée, vous étiez certainement le plus à même d’officier en cette occasion.

Vous étiez la note juste …


C’est pour toutes ces raisons Messieurs que je suis particulièrement honoré d’être aujourd’hui, entre deux élus « d’un tel acabit » comme le chanterait Brassens … Deux élus dont d’ailleurs des villes portent le nom, c’est dire …

Jospinet pour l’un, Ville Vallier, et même Saint Vallier pour l’autre, ce qui en ce jour revêt une signification toute particulière, chacun en conviendra, même si cette cérémonie est avant tout et surtout, une cérémonie républicaine.

 

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Deficits publics : faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages

 

1273752431.jpegCe n’est plus un scoop, le déficit public a explosé ces dernières années. Eric Woerth a beau occuper l’espace médiatique en se donnant l’image d’un gestionnaire sérieux et avisé, son action s’apparente plus à celle du pompier pyromane, qu’à celle d’un père la vertu.
C’est peu de dire que depuis qu’il est aux manettes, la dette publique a augmenté, les recettes de l’Etat ne représentant plus que 2/3 de ses dépenses (234 milliards sur 364 pour 2009).

La situation devient réellement problématique.

Quoiqu’en dise Nicolas Sarkozy, la crise n’explique et n’excuse pas tout concernant le poids des déficits successifs de ce gouvernement. Depuis 2002, chaque année notre stock de dettes augmente, régulièrement et singulièrement …

Pas la peine de sortir de l’ENA pour savoir que pour combler un déficit, deux actions sont possibles : réduire les dépenses, ou augmenter les recettes. Il est d’ailleurs préférable d’agir sur ces deux leviers à la fois; autre piste à ne pas négliger, la relance de l’économie,elle favorise l’augmentation des recettes comme la diminution des dépenses sociales.

Paradoxalement ce gouvernement a décidé de n’agir que sur la seule réduction des dépenses. Plus encore, dans un contexte budgétaire dégradé il a été jusqu’à réduire les recettes fiscales tout en augmentant ses déficits !

Position idéologique ? Certainement mais pas uniquement; rappelons, cela ne se dit pas assez, que ce cher M Woerth est également trésorier de l’UMP et grand argentier des campagnes présidentielles passé et future de Nicolas Sarkozy. Les divers cadeaux fiscaux accordées de manière très ciblées, ont été très bien accueillies par les « généreux donateurs » que le Ministre et le Président  reçoivent fréquemment dans l’optique du grand rendez vous de 2012, ceci explique peut être cela.
A  l’analyse, les mesures du gouvernement Fillon se révèlent non seulement injustes pour les français, préjudiciables au budget du pays mais risquent fort à moyen terme d’aggraver la reprise de la croissance du pays, nous y reviendrons.

Le bouclier fiscal est symptomatique de cette démarche. Selon le rapport du député UMP Gilles Carrez, il représente un manque à gagner pour l’Etat de 600 millions d’euros. «5% du total des foyers fiscaux qui ont fait jouer le bouclier ont reçu 74% des sommes reversées par le fisc», écrit il dans son rapport 2009, rappelons que 100 de ces privilégiés (patrimoine supérieur à 15 800 000 euros) ont touché un chèque moyen de 1,15 million d’euros (au total 1/3 du bouclier).

Le bouclier fiscal n’est cependant que la partie immergé d’une démarche plus globale : réforme de 2007 sur les droits de succession (3 % des plus riches), impôt de solidarité sur la fortune (ISF), baisse de la TVA sur la restauration, niches fiscales, loi Tepa (Travail, emploi, pouvoir d’achat) instaurant des exonérations coûteuses sur les heures supplémentaires.
Nombre de ces niches ou exonérations fiscales coutent non seulement extrèmement chers au pays, mais augmentent considérablement les injustices, se révèlant de plus souvent sans efficacité en terme d’emploi ou de croissance. Les choix politiques de l’actuelle majorité posent désormais un sacré problème à nos finances publiques, après le déficit budgétaire de 138 milliards d’euros en 2009, c’est un déficit supérieur (149 milliards ?) qui attend l’Etat cette année.

Plus grave encore, le gouvernement, avec la RGPP (révision générale des politiques publiques) a discrédité toute idée de réforme. Le simple fait de vouloir réformer est  assimilé désormais à une dégradation du service rendu, du fait d’une application strictement comptable, technocratique et qui vise à sacrifier le moyen et le long terme (éducation, infrastructures ) au court terme. Autre « mesure phare » de Nicolas Sarkozy, qui risque fort de déstabiliser la cohésion sociale et territoriale, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux (« économie » de 500 millions d’euros par  année), appliquée sans discernement et sans aucune vision prospective (notamment au niveau de l’Education), elle dégrade une situation sociale déjà difficile et compromet l’avenir.

Pourtant, contrairement à ce que s’évertue à  argumenter Nicolas Sarkozy et Eric Woerth, une autre voie est possible.

Certes, il y a des économies à réaliser et qui le nierait, mais des recettes sont également à retrouver. L’addition des différentes niches,  pour certaines à l’efficacité toute relative, représente un montant quasi équivalent au déficit budgétaire, l’Etat se prive ainsi chaque année de milliards d’euros qui pourraient se révéler fort utile aujourd’hui …

Je vous propose un petit tour d’horizon de certaines niches  …

 

 

En premier lieu, il me paraît indispensable de faire tomber une idée reçue : le déficit public est statistiquement plutôt une vérité de droite (voir graphique) que de gauche, les chiffres parlent d’eux même …

 

 

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Rappelons que si de 1981 à 1993, le déficit était « anecdotique », il a augmenté considérablement sous Balladur (1993/1995) et Juppé (1995/1997), diminue sous  Jospin ( 1997-2002) puis s’est envolé sous Raffarin (2002-2004),  Villepin (2005-2007) et surtout Sarkozy-Fillon (2007- 2010) avec lesquels il atteint des montants inégalés. Conséquence, le poids de la dette devient un poste des dépenses de l’Etat, équivalent au budget de la Défense !

Cet état de fait, n’est pas le fruit du hasard, mais répond à une stratégie politique et à à une position idéologique : réduire la place de la puissance publique et privilégier les hauts revenus.

L’action menée actuellement  par le gouvernement « contre » le déficit présente trois caractéristiques négatives :

  • Une cohésion sociale mise à mal.  L’Insee a publié  une étude démontrant l’accroissement des inégalités par le haut, le constat est simple, voir brutal : plus on est riche, plus on s’enrichit. Si le revenu moyen des Français a augmenté de 9% entre 2004 et 2007, la hausse a été de 20% pour les 1%les plus aisés, et de 39% pour la toute petite frange des grandes fortunes. A l’autre extrême, la France compte 8 millions de pauvres, et  fonctionne comme « un élastique : les inégalités se tendent aux extrêmes »
  • L’investissement public démantelé. C’est nier le rôle et l’importance de l’investissement public, notamment des collectivités locales, qui représentent 75% de l’investissement public civil.
  • met en difficulté  la croissance. Prendre aux classes moyennes ou aux plus pauvres pour donner aux plus aisés, limiter les moyens financiers des collectivités, ne va pas encourager la croissance. L’efficacité économique de telles mesures et leur impacts négatifs à moyen terme est dénoncées par beaucoup d’économistes dont Joseph Stiglitz.

Quand est il des niches fiscales ?

Pour la Cour des Comptes, elles représentent une somme de  140 milliards ! Si certaines peuvent se justifier, toutes ne sont pas indispensables et peuvent même à l’usage se révéler inutiles, inefficaces, injustes et pénalisantes. En voici quelques unes …

Les exonérations générales de cotisations sociales sur les salaires : créés en 1993 pour protéger l’emploi peu qualifié (notamment des bas salaires des pays étrangers), elles sont accordés à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité. Pour la Cour des comptes, l’efficacité sur l’emploi de ces allégements est «trop incertain pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité». D’autant que «ces allégements bénéficient surtout à  la grande distribution, non soumises directement à la concurrence internationale, pour lesquelles ils constituent un effet d’aubaine». Cout pour la collectivité : 21,4 milliards

Les exonérations sur les plus-values de cessions de filiales : le hit du moment. Elle permet d’exonérer d’impôt sur les sociétés (33,3 %) les plus-values encaissées par les entreprises lorsqu’elles vendent leurs filiales ou participations détenues pendant au moins deux ans. Plusieurs problèmes ont été signalé par Didier Migaud : le cout de cette exonération qui devait couter au départ 1 milliard d’euros par an à l’Etat au lieu de 3,4 milliards d’euros en 2007, 12,5 milliards en 2008 et 6,1 milliards en 2009, soit un total de 22 milliards d’euros sur trois ans (étrangement, le gouvernement s’est abstenu d’estimer son coût en 2010). Parmi les heureux les bénéficiaires, une dizaine ont ainsi économisé plusieurs milliards d’euros d’impôts (ex : Danone économiqant un demi-milliard d’impôt , Suez qui lors de sa fusion avec GDF, a économisé près de 1 milliard d’euros d’impôts …) dont des fonds d’investissement qui ont bénéficié également de cette mesure (PAI Partners, aurait économisé 670 millions d’euros d’impôts) malgré leur activité spéculative. Estimation du cout pour la collectivité :  20 milliards d’euros en 2 ans (soit le montant du grand emprunt),

Les exonérations ciblées de cotisations sociales : concentrés sur des publics particuliers (contrat d’alternance, jeunes, aides à domicile, arbitres sportifs, marins, vendangeurs…) ou sur des territoires (zones franches urbaines, zones de revitalisation rurale, DOM-TOM…). En 2008, l’ensemble de ces allégements ciblés a représenté 6,38 milliards d’euros. Selon un rapport parlementaire de juin 2008, «elles ont des effets dans les secteurs ou les zones concernés» mais «leur incidence sur l’emploi, par construction, est plus limitée, sinon inexistante». Des dispositifs qui contribueraient «dans le meilleur des cas à « changer l’ordre de la file », sous entendu à opérer une substitution d’un emploi aidé à un autre, et au pire à «des effets d’aubaine». Cout pour la collectivité : 6,4 milliards

Le crédit impôt-recherche : créé en 1983 afin de réduire le coût des investissements en recherche et développement des entreprises, le rapporteur du budget, l’UMP Gilles Carrez, note que ce n’est pas l’industrie mais le secteur de … la banque-assurance, qui en a le plus bénéficié en 2007. Cout pour la collectivité : 5 milliards

Les aides à domicile : cette mesure accorde une réduction d’impôts à ceux qui emploient une personne à domicile. Si le plafond initial (3 800 euros) s’adressait aux classes moyennes, ses modifications d’attribution du fait des gouvernements de droite  (plafond de 15 000 euros) se révèlent un vrai cadeau fiscal pour ménages les plus aisés, un véritable effet d’aubaine . Cout pour la collectivité : 3 milliards

l’exonération fiscale et sociale sur les heures supplémentaires : une des mesures marqueurs de Sarkozy ( «travailler plus pour gagner plus») avec le bouclier fiscal. Outre les doutes sur son efficacité, elle se révèle dans le contexte actuel, totalement contre cyclique : cela revient à subventionner les heures supplémentaires en période de chômage. Cout pour la collectivité : 3 milliards

La TVA à 5,5% dans la restauration : octroyée en contrepartie d’un «contrat d’avenir» signé par les organisations d’employeurs. Bilan : pas ou peu de baisse des prix, ou de créations d’emplois, seul le volet social a donné  lieu à quelques avancées. Cout pour la collectivité : 2,4  milliards