Un powerpoint sinon rien !

 

Powerpoint_slide.jpgPowerpoint, le logiciel de Microsoft est dans la tourmente, suite à la publication du livre de Franck Frommer consacré à l’incroyable succès de ce logiciel qui a causé un véritable tsunami médiatique et lui a valu des articles éloquents dans la presse parisienne : le Monde, Télérama, les Inrocks, l’Express …
Le sujet passionne littéralement les éditorialistes, et pour cause, Powerpoint s’impose partout (réunion, enseignement, internet …) et est utilisé par tous. 

Apparu en 1987, le premier des logiciels de Présentation Assisté par Ordinateur (PréAO) est devenu en quelques années un outil incontournable , un passage obligé pour tout décideur désirant communiquer un minimum.

La révolte a commencé au début des années 2000 aux USA. Notons que la réalité américaine n’est pas la notre, problème de culture, de forme d’esprit et d’éducation de nos élites, mais soulignons qu’outre atlantique l’utilisation de Powerpoint dépasse l’entendement.
Un succés qui déborde le simple territoire de l’informatique et de l’entreprise ou les arcanes  de la communication et du management pour s’étendre à tous les espaces sociaux et lieux de pouvoir. Pourtant beaucoup de présentations proposées présentent la caractéristique commune d’être longues, monotones, inintéressantes, confuses, vides de sens et souvent sans originalité !

Faut-il pour autant renoncer à Powerpoint ou apprendre à bien s’en servir ?

Plus grave encore semble t’il, l’utilisation quasi hégémonique de Powerpoint a une conséquence majeure : la forme conditionne désormais le fond de la pensée exprimée.
Une situation qui amène beaucoup de spécialistes à se mobiliser contre la  « powertisation » rampante des esprits, tant il apparaît que ce logiciel en canalisant les idées, réduit la portée de la pensée et s’affranchit de toute complexité, afin d’offrir un raisonnement linéaire éloigné de toute contradiction. 

Alors faut il réellement se révolter, instruire le procès de Powerpoint et de le bruler sur l’autel de nos valeurs ?

Tout n’est pas si simple cependant,

 

Focus sur ce logiciel et son utilisation …

 

 

 

 

Itinéraire d’un enfant trop gaté

Les créateurs de Powerpoint (Robert Gaskins et Dennis Austin) en 1987, désiraient proposer aux utilisateurs du Mac, un logiciel destiné à afficher des supports de présentation. Séduite par le potentiel du produit, la société Microsoft le rachète et  dés 1989 une version PC apparaît. C’est le début d’un formidable essor, il  se développe peu à peu malgré le coté peu fun du PC, jusqu’à s’imposer et devenir omniprésent dans le monde informatique des années 2000, suscitant l’arrivée d’un nouveau périphérique, le vidéo projecteur promit à un bel avenir depuis.

Le monde informatique passe d’une « culture Word », basée sur l’écrit avec une argumentation textuelle solide, argumentée, détaillée, à une « culture PowerPoint », de l’image, beaucoup plus évocatrice, synthétique et in fine réductrice.

Ce succès incroyable a plusieurs raisons : 

  • directement liées au logiciel, les utilisateurs mettant en avant ses qualités intrinsèques : simplicité, efficacité, mise en valeur de l’orateur et des points clé de son argumentaire, 
  • ou au contexte professionnel. Powerpoint apparaît à un moment clé du développement de l’entreprise et des méthodes de management. Cette dernière, autrefois compartimentée et hiérarchisée, se transforme, devient décloisonnée, collaborative, auto apprenante et évolue au rythme des nombreuses réunions mêlant tous les services. Powerpoint apporte un support de communication commun, accessible à tous, fédérateur, intégrateur qui permet de travailler dans la même direction.

Le succès est tel que le logiciel devient omniprésent, avec pour conséquence négative : l’augmentation des « présentations » (ou keynotes) de mauvaise qualité ou standardisés. Situation qui amène de nombreux consultants en  management à réagir et remettre quelquefois violemment en cause l’utilisation même du logiciel : Seth Godin (Really bad Powerpoint), Edward Tufte, (Wired «  Powerpoint est démoniaque ») … 

Soulignons qu’aux USA, Powerpoint est un phénomène de société, le logiciel s’imposant jusque dans les états-majors de l’armée américaine (c’est l’heure des « powerpoint rangers »), une importance dont témoigne les séries télévisées (experts, 24 heures …).
Les anecdotes sur le sujet sont multiples, Powerpoint rejoint même le champ de l’Histoire aprés la prestation de Colin Powell, secrétaire d’Etat à la défense, aux Nations Unies qui a utilisé un Powerpoint pour démontrer l’existence supposée d’armes de destruction massive en Irak, à l’aide de moult effets graphiques, transitions, schémas et cartes.
En avril dernier, un général des marines en Afghanistan s’est même révolté après une présentation effectuée par un officier supérieur : « PowerPoint nous rend stupides ! ».

Dans le même ordre d’idée, le rapport d’enquête sur l’accident de la navette Columbia a dénoncé l’utilisation récurrente du logiciel par la Nasa et l’inadéquation de l’outil au traitement d’informations aussi sensibles et complexes. Des éléments d’une diapositive (ou slide), argumentaire et illustration, aurait amené certains experts à ignorer ou sous estimer un élément essentiel, entrainant la catastrophe dramatique que chacun connaît … 

 

La standardisation des approches

Cette hégémonie interpelle, questionne et devient problématique. Ses détracteurs reprochent au logiciel de  « formater » la pensée, d’anesthésier l’esprit critique, d’altérer la capacité à raisonner ou s’interroger et de neutraliser le débat d’idée. 

Car pour être efficace un bon powerpoint se doit d’être court,  linéaire, hiérarchisé, sans alternative, en éloignant toute contradiction, et en s’affranchissant de toute complexité superflue, qui fait perdre de la percussion au message.
Powerpoint invite aux raccourcis, la forme devient peu à peu le fond, l’accessoire devient l’essentiel, l’outil transforme la substance, et incite à penser le contenu différemment.
Problème de taille, notamment lorsque l’esprit créatif et critique manque ou répond aux abonnés absents, les argumentaires deviennent vite des slogans, souvent  vides de sens, ou des tautologies, lorsqu’ils ne se limitent pas à un simple visuel destiné à jouer sur le facteur émotionnel.

Dans l’Education, les slides remplacent  les polycopiés et les étudiants sont de plus en plus évalués sur leur capacité à présenter un argumentaire plutôt qu’à disserter. Le schéma traditionnel « thèse/antithèse/synthèse » qui a formaté des générations d’élites, laisse place à d’autres capacités : celle d’exposer une problématique, simple à retenir, courte, percutante, qui utilise l’image, la couleur, l’émotion et le talent de l’orateur.

Cette  tendance est tout sauf un effet de mode, le livre « l’homme au deux cerveaux » (Daniel Pink) indiquant notre entrée dans une ère « conceptuelle », dans laquelle la sensibilité, l’émotion et la capacité à conceptualiser deviennent déterminantes …
Des qualités apparemment issues du cerveau droit contrairement aux qualités dominantes jusqu’alors plus tournées sur le calcul, la rationalité, la logique et l’analyse et supportées apparemment par le cerveau droit.

 

L’arme fatale de la pensée unique 

Powerpoint est devenue dans l’arsenal des décideurs, une arme de choix, « le lavdur de cerveaux », l’arme ultime, celle qui permet de faire avaler le non comestible ou l’impensable  : business plan, restructuration, réforme, RGPP…   autant d’occasions de ne démontrer qu’une seule issue est possible … 

L’exemple de France Telecom est éloquent : une société de Consultants répondant à la commande de la Direction a réalisé un argumentaire en 50 diapos afin d’apporter  aux 4 000 managers de France Telecom les éléments de langage et l’argumentaire leur permettant de justifier la mobilité de 10 000 salariés et le départ de 22 000 autres. Dans ce cos, un cas d’étude a été évoqué et a donné lieu à un slide particulier « la résistance d’un salarié au changement », avec un titre explicite : « Le positionnement du salarié et les phases de deuil ». Chacun appréciera comme il se doit les conséquences dramatiques d’un tel diaporama et un humour noir dont beaucoup de familles se seraient passé…

Autre critique évoqué, l’importance donnée à l’orateur, placé dans une position dominante face à un public passif, captif d’un discours qu’il ne peut interrompre, à l’abri de tout débat ou controverse, certains évoquant le coté « hypnotique » du média … d’autres son reflet narcissique, très adapté à l’époque et à l’attitude de certains de nos décideurs.

 

Faut-il pour autant brûler PowerPoint ? 

Si  Powerpoint n’est qu’un outil, il est révélateur de tendances, débats ou contradictions qui secouent notre société, mais ne peut en aucun cas en être jugé responsable. Ce logiciel est à la fois un outil mal utilisé et le baromètre d’une époque ou trop souvent le superficiel d’un message remplace le fond …

 La finalité de PowerPoint est d’être simple et schématique. Dans chaque diapositive la place est comptée, le champ lexical très limité et nécessite de résumer l’argumentaire ou la pensée en quelques mots, moins de 6 disent les spécialistes. Par définition, une telle présentation ne peut qu’appuyer un argumentaire ou un exposé, en aucun cas être l’exposé. Pourtant dans la majorité des cas, les intervenants se militent à lire leurs slides, avec plus ou moins de conviction et de talents pour les distribuer ensuite comme des documents de référence. 

Le problème est simple, aujourd’hui, PowerPoint ne sert plus à appuyer un discours, il est devenu le discours … y compris lorsque le support multimédia n’est pas approprié au sujet abordé et nécessite un document plus détaillé.

Rappelons simplement qu’un exposé oral n’a pas la même fonction qu’un document bien rédigé. Certaines problématiques complexes nécessitent un temps d’analyse, quelquefois même un temps de méditation et non une adhésion immédiate, suggérée ou spontanée. Toutes les problèmatiques  ne peuvent se réduire  à quelques  diapos (slides).

Une liste à puces, telle que proposée par le logiciel ne peut décrire, attester ou rendre compte de relations complexes et croisées entre forces politiques, économiques, ethniques. 

Comme l’écrit joliement Garr Reynold dans son livre « Présentation Zen » (voir après)

« la technique n’est pas une fin, surtout en communication. Le logiciel est le pinceau qui suit la main du maitre, non l’inverse » 

L’auteur pour fqire sens, compare d’ailleurs les « keynotes » (présentations publiques) de deux monstres de l’informatique : Steve Jobs d’Apple et Bill Gates de Microsoft. Autant la prestation du premier est un évènement attendu de tous, qui est un vrai show (« think different ») autant celle du second, est un évènement de plus sans saveur …

Avant de jeter ce logiciel, rappelons que l’art de la présentation transcende la technique et demande talent, savoir faire, sens de l’écoute et quelquefois même humilité … 

 

En guise de conclusion

Signalons que ce débat ressemble fort à un débat du passé, nous sommes déjà dans l’aprés Powerpoint … le web 2.0, mais surtout les réseaux sociaux et  les médias collaboratifs  apportent une nouvelle dimension dans la communication en général, et dans l’entreprise en particulier,

mais ceci est déjà une autre histoire …

 

 

Présentation Zen

 

Garr Reynold est un designer américain, professeur de marketing qui vit au Japon, et propose depuis 2005 des méthodes, et réflexions sur les différentes manières de créer des présentations de qualité. Son livre « Présentations Zen » propose des conseils pratiques faciles à appliquer et des concepts théoriques qui demanderont du temps pour être approfondis. Son livre ne se focalise pas sur la technique des logiciels de préPAO, mais sur l’esprit des présentations réussies, Avertissement cependant, ce livre est truffé de « zenitude ».

C’est une vision décalée, utile et pour tout dire très rafraichissante.

 

Les 14 commandements de Présentation Zen

Saisir l’essence du zen n’est pas chose facile. Cette liste peut vous servir d’aide mémoire au moment de préparer votre prochaine présentation PowerPoint.

1. Le zen des présentations est une approche, non une liste de règles rigides à suivre uniformément, non un livre de recettes.

2. Souvent, il ne s’agit pas d’un problème d’outils ni de techniques complexes à maitriser mais principalement de mauvaises habitudes à perdre.

3. Les contraintes ne sont pas un ennemi mais constitue un allié de poids.

4. Pendant la préparation de l’exposé, faites preuve de retenue en conservant toujours ces trois notions à l’esprit : simplicité, clarté et concision.

5. Trouvez-vous un moment seul pour prendre du recul.

6. Si le public ne doit retenir qu’une chose, que doit-il retenir ?

7. Faites preuve de retenue durant tout l’exposé et ramenez tout au message central.

8. Une présentation va au-delà du simple exposé des faits.

9. Pensez à supprimer plus qu’à ajouter.

10. On peut simplifier en réduisant soigneusement le non-essentiel.

11. Attention, le design compte.

12. Exploitez le principe du contraste pour marquer nettement les différences entre éléments différents.

13. Pensez « effet maximal avec minimum de moyens »

14. Lors de votre prestation, tel un maître d’épée, vous devez être pris par l’action sans penser au passé, au futur, à la victoire ou à l’échec.

 

 

 

 

Où en est la déviation de Trilport ?

question_77.jpgJ’ai profité de la visite cantonale de Vincent Eblé et de la réunion qu’il a organisé avec les élus des deux cantons pour l’interroger sur l’évolution du dossier du contournement de Trilport.

Le Président du Conseil Général a rappelé son attachement à un projet qu’il a sorti de l’enlisement dans lequel il était plongé depuis des années.
Ce que je peux aisément confirmer, l’ayant rencontré juste après son élection en 2004, afin de  lui présenter en qualité de nouveau Maire, certains dossiers d’intérêt général, en panne jusqu’alors, qu’il me semblait important de relancer (conditions de transport SNCF sur le secteur, caserne de pompiers de Trilport) ou de mettre enfin sur les rails tel celui de la déviation.

Force est de constater que sous son impulsion, ces dossiers ont bien avancé.
J’ai eu l’occasion d’aborder fréquemment dans ce blog les améliorations concernant  les conditions de transport et d’accueuil tant de la gare que des trains (voir les pages « Transport et mobilité « ), et l’évolution de  l’actualité du dossier du contournement de Trilport  :

réalisation des études préparatoires (3 ans d’études et de concertation) qui ont permis de valider dés 2007, un fuseau de passage dans lequel pourra s’intégrer le futur tracé de la déviation. Ce fuseau, a fait l’objet de compromis et d’échanges  qui permettent de concilier à la fois les intérêts écologiques d’un massif forestier de qualité exceptionnelle, l’activité agricole, la proximité de la ville et les contraintes techniques des futurs ouvrages d’art à construire,

 prise en considération par l’assemblée départementale votée à l’unanimité de l’assemblée départementale,

 

Cependant depuis 2008, , ce dossier semble en panne, pourquoi ? 

Et surtout où en est on aujourd’hui ?

 

 

Le Président du Conseil Général a toujours indiqué que le Département ne pourrait assumer seul le poids financier cet aménagement (plus de 50 millions d’euros), ce qui est compréhensible, au regard des montants financiers en jeux, la constitution d’un tour de table financier est inévitable et incontournable.

Ce qui a déjà était le cas, lors de la réalisation de la 1ere phase de la déviation de Meaux (plus de 160 millions, dont 52 pour le seul viaduc) financée par l’Etat, la Région Ile de France et le Conseil Général.

 

Tour de table financier : l’Etat sera t’il aux abonnés absents ?

Remarque préalable toutefois : la plus grande incertitude règne sur une participation financière éventuelle de l’Etat, qui apparaît très improbable aujourd’hui pour au moins deux raisons : le transfert effectué par ce gouvernement vers les départements, souvent contre leur gré vu les conditions financières de ce transfert, de la gestion de la plupart des routes nationales, et la mise en place du « Grand Paris », dont le financement est toujours aussi obscur et devrait capter beaucoup des ressources financières disponibles d’un état qui en a de moins en moins !

 

Tour de table financier : la région peut elle intervenir ?

La participation éventuelle de la Région est techniquement possible, du fait de  l’inscription de la déviation de Trilport au Schéma Directeur de la région Ile de France (SDRIF).
Petite décision peut être mais aux conséquences importantes pour la suite du projet. Cette inscriptionest  due à l’amendement déposé par Brigitte Eude (Conseillère Régionale) après un important travail de conviction déployé auprès des élus régionaux tant par Vincent Eblé que moi même (les projets routiers de ce type inscrits au SDRIF se comptant sur les doigts des deux mains).

Le Président du Conseil général et celui de la Région ont même été plus loin, en intégrant les études de la déviation au Contrat particulier Région et Département voté en 2007 (montant 4,3 millions d’euros : financés à 50% par le Conseil Général et 50% par le Conseil Régional) par les deux assemblées.

 

Problème de taille, ce dossier n’a pas bougé d’un iota depuis le 25 septembre 2008 (date d’adoption du SDRIF par la Région) du fait d’un blocage gouvernemental, le  gouvernement refusant de transmettre le texte au Conseil d’État (malgré l’enquête publique) comme l’exige la loi.
Conséquence, le SDRIF n’ayant toujours pas de réel fondement juridique, la région ne peut investir le moindre euro sur un dossier concerné par ce document et ce refus pénalise de plus enj plus de collectivités, bloquer dans leur développement

 

Tour de table financier : un nouvel acteur la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux

L’autre partenaire éventuel et naturel est la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux. Ce projet fait l’objet désormais d’un vrai consensus auprès de tous les élus (avec quelques aménagements mineurs à intégrer au projet, notamment sur Poincy), que l’adoption prochaine tant du Plan Local de déplacement que du SCOT devrait confirmer. Jean François Copé,,Président de la Communauté d’Agglomération ayant toujours soutenu une déviation qui permettrait de mettre un point final au contournement de Meaux.

 

Quelle perspective, pour quel calendrier ?

Mais dans sa réponse, Vincent Eblé a souligné un autre sujet d’inquiétude 

Outre les craintes légitimes suscités par le contexte financier de plus en plus dégradé des collectivités territoriales, surtout des départements, il faut avoir les moyens d’investir …
Une des mesures  de la réforme des collectivités territoriale, actuellement discuté par le gouvernement, porte sur  l’interdiction des financements croisés Région et Département.  Pour faire simple, si cet article de  loi était adopté, une collectivité de plus de 3 500 habitants n’aurait plus la possibilité de  cumuler des subventions de la Région et du département. Concrètement, sur ma commune une telle décision aurait rendu quasi impossible la réalisation de notre gymnase, du bâtiment scolaire de la Charmoye et du ré aménagement de ces abords. Une mesure qui serait lourde de conséquence pour nos communes, l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens et l’activité économique du pays.

Concernant la déviation, cette décision aurait pour impact direct, un tour de table se limitant aux seuls Conseil Général et à l’Agglomération du Pays de Meaux … Vu les montants financiers en jeu, cela  changerait considérablement la donne.

 

Autant la déviation de Trilport, avant la réalisation de la 1ere tranche du contournement de Meaux (en service depuis 2006) n’apparaissait  pas forcement, à part pour les Trilportais, prioritaire, autant désormais sa réalisation est « incontournable » et urgente; non seulement pour notre agglomération, mais pour tout le quart Nord Est francilien et les régions voisines, tant pour le dynamisme économique du pays que pour la qualité de vie d’un secteur en plein développement.

Je ne doute pas une seconde de la volonté des uns et des autres à s’associer afin de réaliser, et de « co produire » ensemble, un  aménagement majeur pour le devenir de notre région  et qui fait honneur à l’action politique.
Un enjeu de cet importance, surtout au regard des précautions prises au niveau environnemental (lors des études préliminaires déjà effectuées) transcende largement tout clivage partisan.

Compte tenu du contexte économique et budgétaire, comme du calendrier politique,  chaque échéance ayant tendance à brouiller les cartes et cliver le positionnement des uns et des autres (j’en parle tranquillement n’ayant jamais joué à ce jeu), chacun se doit d’être transparent et admettre une réalité simple, qui s’impose à tous : plus le tour de table financier sera large, moins cela pèsera pour chaque collectivité et plus cela nous rapprochera de la date de réalisation.

Il serait regrettable que l’Etat soit absent d’une telle entreprise (la suppression du péage du pont de Trilport n’a t’elle pas été céélbré par Napoléon III ?), et plus encore incompréhensible qu’il complique sa réalisation en rendant impossible tout montage entre département et région.

 

Echange d’expérience franco allemand

visite-.jpgNous avons accueilli une délégation de 20 Maires du land de Constance, à l’occasion d’un voyage d’études qu’ils consacraient à l’Education et aux inter relations entre collectivités, famille et éducation. Dans ce cadre, ils ont visité un Collège, une école primaire, un Lycée et participé à deux tables rondes en présence de divers acteurs éducatifs ou institutionnels.

S’il peut paraître surprenant de voir les élus d’un pays cité le plus souvent en exemple, venir s’inspirer de ce qui est en place ici, ne doutons pas une seconde que ce voyage d’études est tout sauf du tourisme.
Les allemands ont un sens pragmatique redoutable, et surtout la volonté de répondre concrètement à deux challenges majeurs pour leur pays : le défi démographique et l’amélioration de leur système scolaire.

Alors, pourquoi la France ?

 

 

Si notre pays a un problème avec son économie, l’Allemagne, elle, a un gros souci avec sa démographie. Jugez plutôt : l’accroissement naturel* en Allemagne est négatif -112,7 (contre + 280,7 en France),  le taux de fécondité* de 1,37 (contre 1,91  pour la France) et le taux de natalité* de 8,6 (12,8 pour notre pays).  Dés que l’on aborde le sujet des retraites, chacun mesure l’importance de ce type d’indicateur.

L’éducation comme les structures péri scolaire ou de la petite enfance ont certainement un cout, mais elles ont surtout une utilité économique, sociale et sociétale à court, moyen et long terme. Dans ce cadre on peut réellement parler d’investissement immatériel.
Lorsque des politiques critiquent l’immigration excessive, faut il leur rappeler que près de 80 % de l’accroissement de la population européenne est dû au solde migratoire du fait même de la faiblesse du solde naturel (différence entre naissances et décès) ? Rare exception cependant, la France.
Soulignons l’importance d’un indicateur comme celui du taux de fécondité. Pour simplement permettre le renouvellement générationnel, il doit atteindre 2,1 enfants/femme. La France est proche de ce seuil, contrairement à l’Allemagne qui en est fort éloigné et se trouve menacé par un vrai crash démographique à moyen terme (2025-2040) sauf redressement important de la fécondité ou l’arrivée d’une immigration massive.

Cette visite avait pour autre objet l’amélioration du système scolaire d’outre rhin. Ce dernier a subit une véritable révolution culturelle après le traumatisme causé par les résultats de la 1ere évaluation internationale du programme PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) en 2000. Ce programme de l’OCDE lancé en 2000 évalue tous les trois ans les performances des systèmes éducatifs des pays membres (la publication de l’enquête menée en 2009 est attendue pour décembre 2010).
Les résultats de la 1ere enquête avait causé un véritable choc outre Rhin, le journal Der Spiegel titrant même en une « Les élèves allemands sont-ils des imbéciles ? ».
Ce pays a revu considérablement sa copie et depuis le vent du changement souffle : organisation de la journée des élèves sur une journée complète, amélioration des pratiques pédagogiques au sein de la classe grâce à une meilleure formation initiale et continue des enseignants, individualisation du suivi de l’élève …

Aujourd’hui afin de mieux se préparer à affronter la concurrence planétaire, et de soigner leur(s) avantage(s) comparatif(s), l’Allemagne réinvestit dans son système d’enseignement,  d’encadrement de la jeunesse et sa politique familiale !

Voilà de quoi faire méditer nos dirigeants, d’autant que nous allons dans les prochaines semaines, beaucoup entendre parler de convergence franco allemande, dans le but de faire disparaître le trop fameux bouclier fiscal, sans que la majorité actuelle ne perde la face pour autant, ce qui parait tout de même difficile sur le sujet  !

Revenons sur les principaux sujets abordés par nos amis allemands et les conclusions, à porter ou non, concernant l’évaluation PISA ?

 

 

Les élus allemands nous ont surtout interrogé sur l’organisation péri scolaire, le cout d’une journée d’élève et la charge financière et logistique représentait pour les collectivités par ces structures.
Ils ont découvert avec surprise lors de leur visite, les réfectoires et cantines équipant collège et écoles comme  les services proposées aux familles, notamment l’amplitude des services d’accueil péri scolaire en place sur la commune : 7h / 19h.

En écoutant les différents intervenants (Inspectrice de l’Education Nationale, élus, responsables sociaux), ils ont perçu l’importance, mais aussi les difficultés du travail de réseau entre les différents acteurs et ce que cette organisation nécessite comme complémentarité, concertation et sens du compromis.
Ils se sont déclaré impressionné par l’intérêt pour les familles, mais également la vitalité d’un pays et de son économie de disposer de telles structures, qui constituent une véritable clé de voute de la politique familiale. L’autre intérêt souligné et qu’elles favorisent également le développement du travail des femmes.

A l’analyse, la politique familiale issue de la seconde guerre mondiale avec l’apport notamment du Conseil National de la Résistance apparaît comme une chance considérable pour notre pays, un véritable avantage comparatif à ne pas sous estimer et à sauvegarder absolument comme un facteur important de dynamisme.

 

PISA

Concernant PISA, bien des avis diffèrent, vu la difficulté à comparer des systèmes éducatifs différents, animés de philosophies et d’objectifs tout aussi différents à un moment « T ». L’enquête menée par l’OCDE propose d’évaluer régulièrement, tous les 3 ans, des compétences d’un échantillon représentatif des élèves de 15 ans dans trois domaines : compréhension de l’écrit, culture mathématique, culture scientifique.

Au cours du premier cycle d’évaluation (2000 à 2006), plus d’un million d’élèves ont été évalués à l’aide de tests écrits, prise d’information complétée par divers apports complémentaires (élèves, chefs d’établissements) sur la base de  questionnaires permettant d’établir les liens de causalité entre performances relevés et environnement des élèves, notamment informatique.

Première interrogation : l’âge de 15 ans marque t’il un palier ou la fin de la scolarisation ?
Ce débat est tout sauf théorique, cet âge marquant dans la plupart des pays de l’OCDE, la fin de la scolarité obligatoire. PISA est centré non sur la qualité des acquis des élèves dans la perspective d’une poursuite d’études, mais sur leur aptitude à appréhender de manière autonome les situations de la vie de tous les jours. Mais peut on réduire la finalité d’un système éducatif à un socle minimum à atteindre à 15 ans, la question mérite d’être posée ?

Deuxième interrogation : quel socle commun évalué ?
PISA n’évaluent que des compétences communes correspondant aux  «compétences et qualités générales utiles à tout citoyen européen pour réussir dans sa vie quotidienne ». Ces dernières évoluent cependant en fonction du développement de notre société, qui est tout sauf statique (au développement d’une compétence clé peut s’opposer la nécessité de cultiver également une compétence  «opposée» ou différente), la vérité d’un jour n’étant pas celle forcement du lendemain.
Ce débat peut paraître artificel mais il est central, notamment au niveau de la définition des compétences génériques à développer et au rôle de plus en plus déterminant des savoirs (savoir être, savoir faire) et habiletés (terme canadien) dans les apprentissages spécifiques permettant d’accomplir les tâches les plus complexes.
Remarque essentielle, l’approche pédagogique des compétences transdisciplinaires (ou « cross-curricular competencies ») est surtout développé de manière inductive, on ne peut les évaluer par écrit !

Troisième interrogation : Quelle finalité ?
Beaucoup reprochent à cette étude de susciter et encourager l’esprit de compétition entre pays, à partir des standards du seul développement politique et économique préconisé par l’OCDE.
Les besoins immédiats de la société actuelle sont-ils adaptés pour autant aux capacités de cette société à faire face aux défis du présent et surtout du futur ? Vaste débat car l’éducation est également un investissement à moyen terme sur le futur …

Quatrième interrogation : Portée de l’analyse comparative ?
Nous devons demeurer prudent sur l’analyse comparative des résultats de ces enquêtes (« comparaison n’est pas raison ») et ne comparer que ce qui peut l’être, en tenant compte des disparités  entre les systèmes éducatifs et pays.
Si l’enquête PISA possède son lot de détracteurs, reconnaissons cependant qu’une telle évaluation permet de dégager de vraies tendances, ce qui est un des rôles dévolu à  toute évaluation. Ayant eu l’honneur de travailler avec Claude Thelot au sein de la « Division de L’Évaluation et de la Prospective » au Ministère de l’Éducation Nationale, je suis persuadé qu’en matière d’éducation, l’évaluation est non seulement utile , mais nécessaire, encore faut il ne pas vouloir lui faire dire ce pourquoi elle n’a pas été créée ! Soulignons  que PISA n’évalue pas les élites, mais se concentre sur le plus grand nombre d’élèves disposant d’un « potentiel académique de base », l’enquête porte sur les plus faibles, ce qui est loin d’être inintéressant, et délimite le périmètre des actions correctives à mettre en place.

Cinquième interrogation : Où en sont la France et l’Allemagne ?
Chaque évaluation PISA met l’accent sur une compétence particulière : 2000 la lecture, 2003 les mathématiques. A partir de tests réalisés auprès de 400 000 élèves de 15 ans dans 57 pays en 2006, la dernière enquête PISA met l’accent sur la capacité des élèves à comprendre les problèmes scientifiques et leur résolution.

Force est de constater que les élèves finlandais sont une nouvelle fois en tête du classement, ce qui est loin d’être le cas des français. Si en 2003, nous étions à la 10e place pour les sciences, nous voilà désormais au 19e rang sur les trente pays de l’OCDE, un décrochage confirmé dans deux autres domaines étudiés depuis 2000, la compréhension de l’écrit (lecture) et les mathématiques. En attendant les résultats de l’enquête 2009.
Certains pays ont initié des réformes éducatives suite aux mauvais résultats obtenus. En Allemagne la réforme en cours est la conséquence directe du « choc PISA » déjà évoqué, avec l’adoption d’un programme fédéral qui s’étend progressivement dans tout le pays et la prise en charge des enfants l’après-midi, avec la participation des lands (d’où le voyage d’étude des Maires allemands).
Les résultats 2006, confirment une réelle progression même si ce pays n’a toujours pas rejoint la Finlande, (en tête du classement depuis 2000) il occupe le 8e rang des pays de l’OCDE, alors qu’il se situait en bas du classement en 2000 (20e) et en 2003 (15e).

Dans le même temps, la France recule …  les résultats de 2006 sont moins bons que ceux de 2001 et 2003 pour nos élèves. En sciences, la France passe du 10e au 19e rang, en lecture du 14e au 17e rang et en mathématiques, du 13e au 17e rang. Un recul qui devrait nous inciter la France, à l’image de ce qui s’est passé en Allemagne, à nous interroger sur les raisons de ces mauvaises performances .

Pourtant l’enseignement français était considéré comme l’un des meilleurs au monde (enquête internationale menée par L’IEA comme International Project for the Evaluation of Educational Achievement) en 1981-82, autant dire qu’il est plus que temps de réinvestir dans l’Education … A moins que cela ne devienne urgent après la publication des résultats PISA de 2009 !

Définition des termes démographiques (INSEE)

Le solde naturel (ou accroissement naturel ou excédent naturel de population) est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période..

Le taux de fécondité est le nombre d’enfants nés vivants des femmes au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge. Par extension, le taux de fécondité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à l’ensemble de la population féminine en âge de procréer (nombre moyen des femmes de 15 à 50 ans sur l’année).

Le taux de natalité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Wir sind Europäer

 

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Nous avons fêté ce week end, le 10 eme anniversaire de notre jumelage avec la ville allemande d’Engen. De toutes les manifestations qui se sont succédées, la plus émouvante a certainement été la cérémonie  devant l’arbre de jumelage durant laquelle les enfants des écoles ont repris l’hymne européen accompagné d’une simple guitare, en français et en allemand.

C’est en 2000 que nos deux villes se sont jumeléesdate pivot s’il en est, la fin d’un siècle plus que tourmenté pour l’Europe et les prémices d’un nouveau millénaire qui débute pour nos deux villes par une belle histoire d’amitié. Depuis, l’arbre planté pour l’occasion a bien poussé, au propre comme au figuré. La greffe incontestablement a prise et l’arbuste, un chêne,  a développé des rameaux débordant de vitalité, laissant place peu à peu à un jeune arbre qui ne demande qu’à s’épanouir.

Durant ces 10 années, grâce à l’énergie et à la volonté de quelques uns, qu’il faut remercier, les occasions de se retrouver n’ont pas manqué, que ce soit à Trilport ou à Engen ! Chaque année une manifestation, une visite, a rappelé à nos deux villes l’existence de l’autre …
U
n jumelage sans échanges concrets, sans moments de fête partagés, est comme une ruche sans vie, sans miel, sans nectar; à quoi sert alors une ruche ? Il faut chaque année butiner, se rencontrer, échanger …

C’est cette succession de petits moments heureux partagés, entre jeunes ou moins jeunes, sportifs ou non sportifs qui construit les amitiés durables. Nous avons également il y a quatre ans découvert l’autre ville jumelée d’Engen, Pannonhalma la hongroise, dont nous avons eu le plaisir d’accueillir le Maire qui a tenu à participer à cette fête d’anniversaire.
La découverte de
 ce magnifique pays, à l’histoire si riche, a été non seulement pour moi à l’époque, une véritable leçon de géographie, mais surtout d’histoire européenne. J’ai depuis une vision différente de l’Europe, de son histoire, de ses racines et de son formidable potentiel.

Dix années d’amitié sincère, à l’image de ce que doit être la construction européenne. Non un dédale administratif, un monstre bureaucratique et froid, à mille lieux de la vraie vie, mais une Europe du concret, des citoyens, offrant à chacun d’entre nous des perspectives en un avenir meilleur. Une maison commune à bâtir pierre par pierre, une Europe qui élève …

Nos histoires, à Pannonhalma, Engen ou Trilport, comme nos langues sont différentes, mais nos cultures ne sont pas si éloignées. Nous somme porteurs d’un modèle de société basé sur l’humain, sur la juste place de l’homme sur une planète qui ne lui appartient pas. Nos différences basées sur un respect mutuel font notre richesse, elles font également notre sagesse, parce qu’issues de nos histoires mêlées, trop souvent dramatiques et douloureuses. 

 Cette perspective commune : l’émergence de la citoyenneté européenne, est notre force, n’en doutons pas surtout dans le contexte économique et social actuel et augure de lendemains meilleurs, d’horizons plus souriants. Comme l’écrivait  simplement Jean Monnet le père de l’Europe …

« Ce qui est important, ce n’est, ni d’être optimiste, ni pessimiste, mais d’être déterminé. »

Nous devons être déterminés, surtout aujourd’hui, car nous sommes européens …