Tapis rouge pour les éco quartiers

l3-frassati.jpgC’est au « Tapis rouge »,  à deux pas de la gare de l’Est, dans les locaux de ce qui a été le plus ancien « grand magasin » (1784) de Paris, que s’est déroulée la 2eme conférence nationale des Eco quartiers. Deux objectifs affichés : établir un point d’étape sur l’éco quartier « à la française », et présenter la feuille de route 2011 .

Un cadre quasi intimiste comparé au Musée Branly choisi par Jean Louis Borloo, un an auparavant, pour l’annonce du premier palmarès. La symbolique du fond muséographique, l’architecture épurée de Nouvel, l’intégration spectaculaire du végétal, la luminosité du lieu et la disparition de Levy Strauss la veille, avait créé un climat propice aux envolées lyriques, très présentes dans le  discours ministériel, abordant tant le sens de la vie et le devenir d’une « civilisation » arrivée à un véritable carrefour  (« On the turning away ») que sur les éco quartier?. La dynamique du Grenelle n’était pas alors encore encalminé

Palmarès, somme toute honorifique (pas de subvention à la clé, contrairement à l’appel à projets régional) distinguant surtout des opérations d’aménagement de quartier d’habitat, sans véritable incidence sur les alentours sinon la verticalité, et très éloignés encore du standard des éco quartiers de référence européens et de l’émergence d’une conception « globale ».

J’avais regretté au moment de la candidature de ma commune au concours national, l’option prise de privilégier une approche thématique et segmentée (eau, déchets, biodiversité, mobilité, sobriété énergétique et énergies renouvelables, densité et formes urbaines, éco-construction) contrairement à celle de la Région Ile de France (appel à projets «  Nouveaux Quartiers Urbains ») transversale, et abordant également les questions de fond relatives au pilotage, à la question sociale, à la rétro action sur la ville …
Les choses évoluent cependant, car en lançant la convention dans la grande salle du Tapis Rouge, le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, a présenté l’appel à projets 2011 qui intègre notamment une grille de critères élargie (cadre de vie, préservation des ressources, pilotage …), et témoigne une perception plus globale de la thématique, inflexion due aux travaux du Club National des Eco Quartiers.

Car au delà de ce concours et de son palmarès officiel, certainement la partie la plus visible et la plus « communicante » mais peut être la plus discutable de la démarche initiée vu les standards retenus, il faut souligner l’importance du « Club national Ecoquartier » créé en cette occasion. Si cette initiative pouvait faire sourire à l’origine, force est de constater qu’elle a démontré sa crédibilité et son intérêt.

Ce club est le révélateur d’une démarche innovante, atypique et quelque peu iconoclaste, inspirée des pratiques anglo saxonnes, selon Laurent Thery (Grand Prix de l’urbanisme 2010). Durant une année porteurs de projets, élus, professionnels, scientifiques, services de l’Etat se sont retrouvés pour ensemble approfondir leurs connaissances de manière pour le moins transversale, échanger sur les réussites ou difficultés rencontrées, les freins à surmonter, confronter points de vue ou méthodes et explorer des pistes de progrès ou de réflexion  … 

Adossé aux activités du club, un Comité Scientifique composé de spécialistes des questions liées à l’urbanisme, au bâtiment, aux inter relations entre vie sociale et habitat, a également planché sur la question …  L’objectif commun étant d’élaborer un référentiel national des éco quartier .

Avant de revenir dans de prochaines notes sur le bien fondé ou non, de ce concept d’éco quartier à la française,  il m’est apparu utile de revenir sur une année d’activités du « Club National » auquel j’ai eu l’honneur de participer et qui a initié me semble t’il un véritable mouvement de fond sur cette thématique systémique (et non un mouvement sismique, quoique …).

 

Retour sur un peu plus d’un an de réflexion et de travaux …

 

 

 

 

 

 

Afin de favoriser un travail constructif et productif, le Club a organisé des ateliers nationaux thématiques. Un regret toutefois, les différentes réunions des quatre ateliers étant  calées sur le même cycle (trois réunions annuelles) et planifiées durant les mêmes semaines, il a fallut  faire des choix cornéliens et des arbitrages quelquefois difficiles sur  les réunions à privilégier dans les quatre ateliers :

  •  « L’EcoQuartier, levier vers la ville durable » : choix du site de l’EcoQuartier, prise en compte de l’existant, articulation des échelles spatio-temporelles, généralisation à toute la ville des bonnes pratiques …
  •   « Le pilotage d’un EcoQuartier » : analyse des acteurs, du cadre juridique, du montage financier et du choix de management de projet, de son évaluation et de son pilotage …
  •  « Le citoyen et l’entrepreneur, moteurs de l’EcoQuartier » : place des acteurs (collectivités locales, agents économiques, associations et habitants) dans la fabrique des EcoQuartiers …
  •   « L’EcoQuartier en milieu rural » : spécificités du milieu rural, comment  encourager et soutenir les démarches initiées,

 

Il faut souligner l’intérêt de chaque réunion à laquelle j’ai participé : qualité des intervenants (techniciens, experts ou simplement acteurs du terrain), richesse des échanges et des débats, mise à disposition d’un extranet créé pour le Club.
Disposer de ressources  téléchargeables a constitué un plus appréciable pour nos travaux, tant  en amont, avec les éléments de cadrage (ou documents préparatoires), mis en ligne avant les ateliers et permettant ainsi de les préparer, tant après le déroulement de la journée de travail : comptes rendus, synthèse, mise à disposition des présentations effectuées …

Pour ma part, j’ai tenu à participer à toutes les séances de l’atelier « Pilotage d’un Eco quartier», en relation directe avec le degré d’avancement de notre dossier.  La qualité du panel des différents intervenants, la richesse des débats ont permis d’approfondir cette thématique très particulière, de disposer d’une boite à outils utile et d’apprendre beaucoup des retours d’expérience exposés au fil des réunions. Certaines de mes convictions en sont sorties renforcées : importance cruciale de la phase «amont », utilité de constituer une véritable équipe projet pluri disciplinaire à dissocier de l’aménageur, intérêt d’un portage politique fort, importance également de la gestion du temps …

J’ai participé également à certaines réunions d’autres ateliers :

  •  « Le citoyen et l’entrepreneur, moteur de l’éco quartier ». L’appréhension de la dimension sociale et relationnelle est certainement la plus complexe à aborder mais elle est au combien essentielle pour aborder la temporalité d’un éco quartier la question des usages. Elle permet en phase amont, d’éclairer utilement certains arbitrages à rendre : domanialité, entretien et maintenance de l’espace public, mixité sociale et générationnelle …
  •  « l’éco quartier en milieu rural ». Il a permis de partager des retours d’expériences divers, localisés sur l’ensemble du territoire national et donc très instructifs, car éloigné du prisme déformant francilien. Ces séances ont démontré à la fois la difficulté financière pour des petites collectivités, de pouvoir se doter d’une véritable équipe projet pluridisciplinaire permettant de lancer et porter un éco quartier digne de ce nom, et non un simple eco lotissement. Problématique complexe, vu l’enjeu, comment  rendre «reproductible» à une échelle plus réduite la démarche qualitative nécessaire pour créer un vrai éco quartier.

 

De l’art du « bureau des méthodes »

Laurent Thery définit l’urbanisme comme « l’art de dépasser sa simple parcelle », citation appropriée également pour un éco quartier. Si ce dernier peut être effectivement considéré comme un territoire d’expérimentation, il ne faut surtout pas qu’il demeure un territoire d’exception, car il faut qu’il rétro agisse bien au-delà pour initier un effet d’entraînement vertueux menant vers la ville durable

Encore faut il pour ce faire bousculer quelque peu les schémas classiques et initier une démarche à la fois systémique, pluridisciplinaire et participative. La nécessité de décloisonner les organisations verticales afin de favoriser une approche transversale n’est plus à démontrer, et elle doit s’initier trés en amont malgré les aléas. Et c’est du fait de ces aléas qu’il est utile d’avoir un portage politique fort garantissant le maintien et le respect des objectifs initiaux sur toute la durée du projet.

La question des méthodes est également centrale. Construire un éco quartier nécessite de nouvelles compétences et expertises très diverses et impose un pilotage fin qu’une Assistance à maitrise d’Ouvrage en Développement Durable favorise.
Pour ce faire il faut disposer d’une batterie d’indicateurs, de labels, d’outils méthodologiques de suivi et d’évaluation, permettant la mise en place d’un véritable process d’amélioration continue.

 

Entrer en résonnance avec le territoire

Pour qu’un Eco quartier entre en résonance avec le territoire, il faut qu’il prenne en compte très en amont ses spécificités mais également les usages de ce territoire par des habitants qui se l’approprient, s’y épanouissent, se rencontrent … l’utilisent …
Il est essentiel de réfléchir très en amont pour tenter d’anticiper et limiter certaines des contraintes liées aux usages, à la gestion des espaces, publics ou privé, aux différentes interactions et fonctions de la ville. Un éco quartier peut favoriser l’émergence de services absents jusque là, répondre à des besoins du territoire afin d’apporter ainsi un « plus » appréciable aux habitants en valorisant les ressources locales et en permettant de vivre la ville différemment.

Le qualitatif est un passage obligé pour que cette résonnance soit positive. L’organisation urbaine, la qualité des espaces verts, des points de vue, des paysages ou de l’architecture ont un lien de causalité direct avec  l’acceptation de la densité, la sensation du  bien-vivre ensemble dans sa ville, la perception et l’appropriation de l’éco quartier par ses habitants mais également par ses visiteurs …
Il faut rendre « la ville aimable », qu’elle donne envie … C’est aussi pour cela, qu’un vrai éco quartier dépasse le simple objectif environnemental et intégre des dimensions sociale, économique, esthétique et culturelle.

 

Un défi  à relever 

Encore faut il disposer des moyens financiers et logistiques pour s’entourer des compétences d’une équipe pluridisciplinaire. La phase amont (réflexion, stratégie, études préalables) est non seulement structurante, mais elle est incontournable pour atteindre les objectifs qualitatifs inhérents à un éco quartier.
Elle nécessite cependant des moyens financiers que nombre de petites communes n’ont pas. L’inégalité territoriale joue que cela soit sur la taille de la commune ou ses moyens financiers. C’est la grande force de l’appel à projets « Nouveaux Quartiers Urbains » initiée par la Région par rapport à celui de l’Etat. Vouloir décrocher les étoiles pour concevoir un éco quartier référence est une belle initiative, encore faut il en avoir les moyens, surtout dans le contexte actuel.

 

 

Une étape utile

En mettant en place le Club national EcoQuartier, le ministère a amorcé une démarche de partage d’expériences et d’émulation collective, étape nécessaire à la poursuite des progrès en matière d’urbanisme durable. Il faut maintenant que ces échanges théoriques aboutissent à des outils concrets pouvant aider les collectivités à mener à bien leurs projets. 

Une des difficultés particulière du moment, est d’initier une approche globale mêlant urbanisme, aménagement,environnement et vie sociale, dans un contexte des plus mouvant : que ce soit au niveau du réchauffement climatique, de la dégradation de la bio diversité, qu’institutionnel (fusion des services de l’Etat, décentralisation, remise en cause de l’action publique …), ou budgétaire (raréfaction des ressources financières), autant de paramètres impactant durablement l’action publique, notamment locale et bouleversant considérablement les repères des uns et des autres .

Echanger, mutualiser les connaissances, les savoir faire, croiser les points de vue, a permis sinon de rattraper le retard français dans le domaine des éco-quartiers, du moins de creuser peu à peu les fondations qui favoriseront l’émergence d’un référentiel, vraie valeur ajoutée, à la fois outil, guide, boussole et compas indiquant le cap  à atteindre.

 

 

 

 10 idées clés selon le Ministère????

La synthèse de ces travaux et de celle du Comité Scientifique ont permis de faire émerger dix idées clés :

1) La planification stratégique et la programmation, indispensables pour éviter de faire des EcoQuartiers des territoires d’exception. Elle favorise l’innovation et les évolutions éventuelles qu’elle soit technique, financière, juridique dans une temporalité longue malgré les contraintes …

2) Choisir un panel d’outils adaptés à la fois à son projet d’éco quartier, comme à son environnement et son territoire (tissu urbain notamment).  Il n’existe pas de critères d’exigence communs à tous les EcoQuartiers en France et un éco quartier n’est pas un produit standard duplicable, mais un morceau de ville qui doit respecter l’authenticité et la spécificité du territoire .

3)  Une organisation transversale des services dont le chef de projet est le catalyseur permet de privilégier une approche systémique.

4) Le diagnostic de territoire, un levier d’action souvent sousestimé. Il permet à la fois d’identifier les ressources disponibles, le potentiel économique, le contexte naturel,  historique et social …

5) L’évaluation, démarche indispensable pour atteindre. Développer des critères d’évaluation ou des outils de comparaison favorisant un pilotage permettant d’atteindre les résultats escomptés (Exemple : le Système de Management Environnemental ou SME))

6) Une approche collaborative du projet avec une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO), initiée très en amont (plans masses, programme d’actions …) afin d’identifier les besoins du projet : compétences et expertises attendus …

7) La nécessité d’une démarche participative, auprès des habitants, afin qu’ils s’impliquent,  s’approprient et puissent se projeter dans le futur EcoQuartier.

8) Le partenariat plutôt que la contractualisation : importance de développer une vision et des valeurs partagées …

9) Un élément à prendre en compte en amont : les services et les activités commerciales, des enjeux de mixité urbaine.  Il existe une forte attente des habitants en termes d’offre de services et d’activités de proximité afin de préparer une bonne intégration à l’environnement urbain.

10) Un besoin de structuration des filières des éco-matériaux et des filières courtes

 ?

 

Du licenciement abusif en matière d’opinion …

 

entrer des mots clefs

« Je lui dirais… 

 que les sottises imprimées

n’ont d’importance qu’aux lieux

où l’on en gêne le cours;

que, sans la liberté de blâmer,

il n’est point d’éloge flatteur;

et qu’il n’y a que les petits hommes,

qui redoutent les petits écrits. »

Le mariage de Figaro (1784), V, 3
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

Pour en savoir un peu plus

Note sur ce sujet ( Note précédente)

Article du Monde, suite de la note (Radio France condamné)

 

 

 

 

Article du Monde

 

L’humoriste Stéphane Guillon a remporté une large victoire judiciaire contre Radio France, vendredi 28 janvier. La radio publique a été condamnée par le conseil de prud’hommes de Paris pour avoir licencié l’humoriste « sans causes réelles et sérieuses ».

Les contrats à durée déterminée (CDD) de Stéphane Guillon depuis avril 2003 ont été requalifiés en contrat à durée indéterminée (CDI). A ce titre, les prud’hommes attribuent 150 000 euros d’indemnités pour licenciement injustifié à l’humoriste. Mais Stéphane Guillon obtient également 41 981,70 euros d’indemnités de licenciement ; 11 581,16 euros pour le préavis de licenciement ; 5 790,58 euros d’indemnités de requalification ; 1 158,11 euros pour les congés payés et 1 500 euros pour ses frais de justice. En tout, le licenciement de l’humoriste pourrait donc coûter la coquette somme de 212 011,55 euros à Radio France.

Contacté par Le Monde.fr, l’avocat de Radio France, Dominique Barthes se refuse à tout commentaire « avant d’avoir reçu la notification du jugement ». L’avocat de Stéphane Guillon n’était pas joignable en début d’après-midi.

Stéphane Guillon avait appris son licenciement le 23 juin 2010, dans un entretien au Monde de Jean-Luc Hees, le PDG de Radio France, après plusieurs mois de polémiques entre l’humoriste et sa direction. Plusieurs chroniques sur des personnalités politiques et sur Jean-Luc Hees et Philippe Val, le directeur de France Inter, avaient suscité l’ire de ces deux derniers.

« Si l’humour se résume à l’insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais aussi pour moi. Quel patron d’une grande entreprise accepterait de se faire insulter par un de ses salariés sans le sanctionner ? », avait affirmé M. Hees au Monde. La nomination du PDG de la radio publique par Nicolas Sarkozy lui-même, supposé hostile à Stéphane Guillon, avait également renforcé les critiques de l’opposition sur les raisons de ce licenciement.

LANGUE ACERBE

L’humoriste officiait trois jours par semaine à 7 h 55 sur France Inter. Il n’hésitait pas à manier une langue acerbe à propos des invités de la matinale. Une chronique sur les frasques supposées de Dominique Srauss-Kahn en février 2009 et une autre comparant Eric Besson, alors ministre de l’immigration, à « une taupe », en mars 2010, avaient ainsi suscité des vives critiques des deux hommes politiques. La direction de France Inter avait dans les deux cas présenté ses excuses aux personnalités moquées.

A la fin de mai 2010, Didier Porte, qui réalise la chronique humoristique le jeudi, est au cœur d’une polémique pour avoir fictivement conseillé à Dominique de Villepin de répéter après lui la phrase « J’encule Sarkozy ». Son avenir sur France Inter est remis en question après sa convocation dans le bureau de Philippe Val, où il écope d’un avertissement. Il sera également licencié à la fin de la saison.

Stéphane Guillon, prétextant « bouder » de ne pas avoir été mis à la porte alors que ses chroniques font déjà grand bruit, défie alors sa direction. « Si je dis que je sodomise le président, ça fait un avertissement. Mais si je dis que je sodomise le président, qui a des yeux de merlan frit : attaque physique, deuxième avertissement ! »

Quelques jours plus tard, la direction tranche et décide de licencier l’humoriste, suscitant de vives critiques des syndicats de France Inter et de plusieurs partis d’opposition. La direction a « agi sur ordre politique », affirme alors Stéphane Guillon dans Le Monde. « Ils (les membres de la direction) donnent des gages à Sarkozy, qui les a nommés », conclut-il.

 

 

SCOT, la géographie au service des territoires …

 

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Le développement quasi exponentiel de Roissy et de Marne la Vallée, bouleverse l’équilibre territorial du secteur et ce n’est pas le nouveau projet de « Village nature » (qui n’a du « « village que le nom) qui va arranger la donne loin s’en faut, vu l’ambition de cette initiative !

Dans un tel contexte, la réflexion autour du projet de territoire du Pays de Meaux, arrive à point nommé, d’autant qu’elle repose sur un projet de développement bâtie par les élus autour des valeurs du Développement Durable.

Réflexion collective soulignant les atouts de cette agglomération «sentinelle », située entre Marne, canal de l’Ourcq et forêts, constitués de sa très grande diversité (géographique, urbaine, économique) et d’un patrimoine naturel exceptionnel. Les élus ont compris tout l’intérêt de privilégier dans leur modèle de développement le « Pays de Meaux » et ses 18 communes, plutôt qu’un « Grand Meaux », tourné sur un développement autocentré et asphyxiant de la ville centre dans lequel l’essentiel des équipements structurants y seraient localisés …
Constat simple, si aujourd’hui, 30 000 habitants sur 80 000 n’habitent pas la ville Centre, ils seront sans doute 40 000 dans quelques années …

Si tout n’est pas parfait dans l’intercommunalité, nous ne sommes pas dans un monde de bisounours, un élément est essentiel, pour conduire ce projet, vital pour leurs habitants, les élus ont mis de coté leurs divergences notamment politiques, permettant ainsi à cette réflexion territoriale d’avoir réellement du sens et de s’inscrire dans la durée …
Conséquence, à ce stade de la démarche : des forces qui désunis constitueraient des lourdeurs et des freins rédhibitoires, rassemblées (cf première note de ce blog) deviennent un formidable levier de développement au service d’une véritable vision stratégique et partagée

Autre atout, la transversalité de la réflexion engagée. Outre le SCOT (voir note précédente) les élus travaillent à l’élaboration d’un Plan Local de déplacement, d’un  Programme Local de l’Habitat et à l’émergence d’un projet économique majeur, le Parc d’Activités du Pays de Meaux.

Enfin, il faut souligner la qualité du travail des équipes supportant cette réflexion, et notamment le « plus » incontestable apporté par les bureaux d’études sélectionnés. Provinciaux pour l’essentiel, sans à priori francilien, ils ont tout de suite perçu l’originalité d’un territoire à la fois rural, rurbain et urbain, véritable terre de contrastes, atypique des villes franciliennes de la petite couronne.

Autant d’éléments qui rassemblés permettent non seulement d’esquisser un projet de développement original, mais également d’identifier les tendances lourdes, les atouts  et les défis de ce territoire comme la présence de certains signaux faibles, précurseurs de bouleversement ultérieurs qui pourraient dans un futur proche constituer des opportunités déterminantes.

La démarche  engagée apporte aux habitants de ce territoire comme à leurs élus, une véritable Valeur Ajoutée, dans laquelle le Développement Durable joue un rôle pivot,

Pourquoi ?

 

 

 

 

 

Géographie, science des territoires

L’Approche Environnementale de l’Urbanisme (AEU) choisie par les élus a été déterminante pour la qualité de cette réflexion. Outre l’importance de la démarche participative (séminaire, rencontre ateliers thèmatiques…) habituelle dans ce type d’approche, il faut insister sur l’apport incontestable de l’analyse des caractéristiques physiques du territoire, menée lors de l’élaboration de l’état initial de l’environnement  (ou EIE).

Cette phase grâce a l’état des lieux environnemental exhaustif effectué, constitue un véritable tournant stratégique, tant pour aujourd’hui que pour la prochaine décennie.
La grande diversité des paysages, la présence de nombreuses forêts, de la Marne et du canal de l’Ourcq, de zones humides, de terres agricoles et d’un relief accidenté,  multiplient les points de vue remarquables et les séquences paysagères. Autant d’éléments naturels qui protègent également une bio diversité fragile, et remplissent une fonction de régulateur thermique qui permet de limiter de 2 degrés le réchauffement climatique lors des canicules; au regard du réchauffement climatique, c’est une opportunité à préserver.

L’Etat Initial de l’Environnement représente une véritable  revanche pour la géographie, alors qu’il y a peu, beaucoup s’interrogeait encore sur son utilité. Dans un monde en mutation, elle rend à l’étude du «local» ses lettres de noblesse.
L’apparition de nouveaux moyens d’observation (photos aériennes, satellites…), de bases de données informatisées, des Systèmes d’Information Géographique, l’incidence des contraintes naturelles (relief, voie d’eaux …) sur les mobilités notamment, comme la nécessité absolue de protéger la bio diversité, rendent cette science de nouveau incontournable.
Paradoxe des paradoxes, la «terra incognita» n’est plus une terre océanique lointaine mais devient son propre territoire. Les nouvelles techniques favorisent  une introspection des plus utiles, renforcée par l’apport des sciences de la Terre (géologie, climatologie…) et la nécessaire prise en compte du fait naturel : inondations, averses de neige, énergies renouvelables, canicule …
Ce retour en grâce, enrichit considérablement l’aménagement du territoire, du fait surtout  des nouvelles priorités que sont la protection de la bio diversité, la limitation des gaz à effet de serre et la nécessité de gérer autrement les ressources naturelles (eau, espaces naturels et agricoles).

La géographie permet également au citoyen, du fait de la puissance simplificatrice et évocatrice des cartes de s’impliquer plus facilement, presque concrètement, sur des choix concernant directement son quotidien, tant ils impactent le cadre de vie.
De la géographie figée et théorique, de « sachants » passifs,  on passe à une géographie « dynamique », proche des sciences de la terre, véritable « science des territoires » au service de ses habitants.  « La géographie … ce sont les faits qui se déplacent » disait Pennac,  dans le cas présent il s’agit surtout de prendre de la hauteur et de changer simplement de point de vue.

 

Le PADD, étape centrale et stratégique

Elaboré sous la responsabilité des élus, le Plan d’Aménagement et de Développement Durable, comme dans le cas du PLU (voir notes précédentes : Comment diminuer l’empreinte humaine, Vous avez dit PADD) tend à organiser les grands objectifs stratégiques à l’échelle du territoire (ici la communauté d’agglomération) et à éclairer les enjeux territoriaux, de l’agglomération aux communes, de manière plus stratégique que prescriptive (ce n’est pas son rôle).

Le Document d’Orientations Générales, prochaine étape de la procédure, articulera planification communautaire (ensemble des communes du territoire) et communale. Il devra permettre et favoriser la réciprocité d’échelles entre SCOT intercommunal et PLU municipaux et faciliter si possible l’écriture de ces derniers qui sont plus que jamais des documents d’urbanisme, l’urbanisme étant l’art de dépasser sa simple parcelle.
Il devra être compréhensible du plus grand nombre et allier pédagogie et précision, ce doit être par définition un document communiquant …

 

L’EIE a permis d’effectuer une relecture active et attentive du territoire., forces, faiblesses, potentialités. La citation  « Connais toi, toi même … » chère à Socrate, pourrait illustrer l’apport incontestable de cette étude sur un projet territorial s’ inscrivant dans la durée et sur les caractéristiques physiques des différents espaces naturels :

Fédérer le territoire grâce à une trame verte et bleue à créer progressivement et connectant  les principaux points d’intérêt  de la communauté d’agglomération :  parcs urbains, projets communautaire (éco quartiers, parc d’activités, grandes infrastructures …), espaces naturels … Décliner ensuite cette trame dans chaque commune, en y intégrant les exigences liées à la gestion de l’eau : qualité des eaux, inondations, infiltration des eaux pluviales …

Développer les potentialités constituées par les espaces agricoles et naturels. Le monde agricole est en pleine mutation, de nouvelles filières « vertes » apparaissent et peuvent constituer de réels opportunités économiques et environnementales : agriculture bio, eco matériaux, bio masse, bois,  tourisme …
Cet objectif induit un impératif : maîtriser la consommation d’espace naturel, en définissant des limites durables à l’urbanisation, et en requalifiant les transitions entre espace urbain et rural …

Qualifier des espaces naturels, historiques ou urbains, afin de les valoriser ou de les sanctuariser si nécessaire (zone Natura 2000). Que ce soit d’anciennes carrières et plans d’eau, des formes urbaines caractéristiques, des points de vue à préserver (dont certains présents dans l’Atlas des paysages de Seine et Marne), les lisières des forêts, les espaces verts et parcs urbains …

Tenir compte des risques naturels et technologiques (inondations, mouvements de terrain, risque industriel, lutte contre les nuisances) en les prenant en compte dans la localisation et la conception des espaces à vocation résidentielle ou économiques et intégrer tout le potentiel des énergies renouvelables : solaire, géothermie principalement.

 

Elément important de cette réflexion, la gestion de la dynamique démographique sur le territoire et dans chacune des 18 communes. Lorsque l’on aborde la notion « d’Aménagement du territoire », la problématique de la « compacité » (mot techno par excellence) est centrale, tant elle influe sur l’organisation humaine des villes, pour faire schématique et quelque peu caricatural : leur coté horizontal et déployée ou au contraire vertical et concentré.

Trop souvent la « capacité d’accueil » n’est abordée qu’au seul prisme de l’analyse des réserves foncières. Vision réductrice qu’il convient de compléter avec d’autres critères : l’accès de tous à un réseau de transport public performant, le potentiel de densification par type de commune (ville centre, rurbaine, rurale …), la qualité et la diversité de l’offre de logements, et des commerces, services ou équipements de proximité …

Une ville peut travailler sur sa « compacité » (je ne m’y fait pas) tout en préservant son identité et son organisation urbaine. L’objectif commun est de limiter la consommation d’espace naturel (consommation foncière annuelle moyenne : près de 29 hectares, dont prés de 50% dédié à l’habitat individuel)  en « reconstruisant la ville sur la ville », quitte  à densifier un peu plus ou différemment …
Attention, la réponse apportée sur le terrain, peut être qualitative, tant elle tient à l’art et au talent des urbanistes et des architectes !

Un constat avéré et vérifié au fil des mois et des années, la dynamique démographique du territoire, qui est à l’image de celle de la Seine et Marne. L’objectif global est de passer en 2030, de 80 000 à 100 000 habitants (soit 1% de plus d’habitants par année).
Les élus désirent tendre progressivement vers une mixité sociale plus partagée, pour ce faire, ils ont décidé d’adapter des objectifs chiffrés variables par commune, selon sa typologie et son degré de mixité sociale (en réponse aux critères de la loi SRU : de 1,2% à 0,7% selon les communes).
Autre contrainte retenue, produire des logements en réduisant la consommation d’espace naturel et l’étalement urbain, selon la spécificité de chaque commune : bourgs ruraux, villes moyennes,  ville centre …

 

Autre axe fort du projet, développer l’emploi sur le territoire afin d’éviter aux habitants des voyages quotidiens pénibles et longs ou pire le chomage. Encore faut il disposer d’entreprises qui embauchent et sont porteuses de richesse pour le territoire.

La définition et la mise en place d’une stratégie de développement économique afin de développer les synergies, réduire les contraintes pour les habitants, faciliter la gestion et mutualiser les infrastructures au lieu de les multiplier est incontournable.
Atout déterminant, la création de la Communauté d’Agglomération et l’instauration d’une Taxe Professionnelle Unique. Elle a constitué un changement de paradigme capital, si auparavant, chaque commune avait intérêt à développer sa Zone d’activités, quitte à concurrencer la ville voisine,  aujourd’hui cette situation n’a plus de sens, il faut raisonner au niveau de l’agglomération : localiser les activités, mettre en place les structures et infra structures nécessaires, accompagner chaque projet professionnel ou les mutations des entreprises locales, développer le trés haut débit …
L’intercommunalité n’échappera pas à cette nécessaire mutation, si bien du chemin reste à faire, le lancement du parc d’activités communautaire (le PAPM comme Parc d’Activités du Pays de Meaux) qui pourrait à terme permettre la création de 4 000 emplois est un signal clair de cette volonté collective.
Autre impératif,  préserver le foncier. Signalons qu’entre 1982 et 2010 c’est plus de 255 hectares de foncier qui ont été consommés par la CAPM pour sa politique (moyenne annuelle de 9.13 ha). Un fait économique objectif,  la filière agricole peut nous réserver de belles surprise, tant au niveau de la production alimentaire (circuit court, agriculture bio) que sur le développement des éco matériaux ou de la bio masse.

 

Il est impératif pour que toutes ces actions se réalisent de trouver des réponses adaptées pour favoriser toutes les mobilités qu’elles soient résidentielles ou professionnelles, avec la création d’un nouveau système de déplacement qui permettent à la fois de mieux connecter le territoire dans sa diversité et de limiter les émissions de gaz à effet de serre en promouvant les modes de déplacements doux et les transports en commun.

Force est de constater que la thématique des mobilités est de plus en plus au coeur des dynamiques de population, d’aujourd’hui et de demain. Il est vital pour que l’agglomération fonctionne, de mettre en place un réseau de transport respectueux de la nature, structuré et performant, adapté et dimensionné aux différents  besoin. Ce réseau doit permettre sur les 18 communes de développer des synergies territoriales prenant en compte les interdépendances spatiales, leurs effets cachés comme les besoins des différents publics d’habitants où qu’ils résident et quelque soit leur âge.

 

 

Il me semblait important de souligner certaines particularités de la démarche initiée autour de ce Scot. Nous sommes bien dans l’expression d’un projet de territoire structurant qui n’est pas le fruit de scénarii théoriques mais d’une réelle vdynamique territoriale pour l’instant partagée.

Le fait de mener simultanément la réflexion sur le SCOT, le PLH (Plan Local de l’Habitat) et le PLD (Plan LOcal de Déplacements), en privilégiant une approche globale, transversale et croisée permet d’avoir à l’arrivée un effet levier incontestable. Ce projet de territoire n’est plus de la prospective, mais une planification stratégique préparant tant le présent (résoudre les dysfonctionnements constatés) que le futur, son échelle de temporalité est donc large.
Il induit de nouvelles approches tant au niveau environnemental (gestion des ressources naturelles, protection de la bio diversité …) que de l’organisation urbaine (densification, limitation de l’étalement urbain, mixité sociale), qui devront être intégrées dans les PLU de chaque commune et ainsi essaimé dans toute l’agglomération.

Au regard de ses caractéristiques particulières, la capacité de ce territoire à se développer, à devenir plus réactif et dynamique, à développer les potentialités humaines et le réservoir d’énergie créatrice considérable qu’il porte, dépend exclusivement du maillage entre les  18 communes, de la création d’inter relations, de la mise en place de schéma de développement territoriaux support des politiques publiques locales, qui favorisent liens et synergies et permettent d’apporter des réponses adaptées à tous les habitants, assurant ainsi une cohérence globale sur l’ensemble du  bassin de vie.

Si l’intention est bien présente, ne reste plus qu’à la traduire dans les faits et la réalité, comme dans les priorités concrètes et budgétaires, mais il est vrai que l’échelle de temporalité n’est du coup plus la même et que d’autres aléas surviennent …

 

2011, année solidaire ?

 

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La farandole des vœux est lancée, elle fait du mois de janvier un véritable marathon républicain à la gestion délicate pour les agendas, d’autant qu’avec l’intercommunalité et les relations amicales tissées de ci de là entre élus, le nombre de cérémonies aux quelles nous participons, s’est multipliée …

Une chose est certaine, beaucoup de nos concitoyens ne sont pas mécontents de voir 2010 se terminer enfin : perte d’emploi, baisse du pouvoir d’achat, incertitudes pour le lendemain, pessimisme ambiant, météo exécrable depuis deux mois, tout se ligue pour que l’heure soit à la sinistrose, le constat est général  …

Détail édifiant et révélateur de l’ambiance du moment, à la bourse des valeurs, la solidarité revient au premier plan, c’est une valeur montante, trés nettement et sous  toutes les latitudes  … Le « gagner plus pour travailler plus », symptomatique d’un individualisme triomphant, a perdu en apparence, beaucoup de ses adeptes, ce dont personnellement je me félicite, en espérant que cela dure  …

Sur le terrain, la rigueur est bien présente, mais elle a apparemment ses humeurs, et frappe différemment que vous soyez riches et puissants ou non, c’est bien le problème ! D’autant que l’image donné du pouvoir est loin d’être emballante et l’exemplarité semble à géométrie variable.
Sur le terrain, les aides financières considérables consenties en 2009 aux banques (cf les vœux de l’an dernier), ont fait exploser les déficits publics, et c’est désormais à chacun d’entre nous de payer la facture : hausse des prélèvements, baisses des dépenses publiques et sociales, souvent menées sans discernement ni équité … A contrario pour les banques et le CAC 40, « don’t panik » c’est reparti, beaucoup reprennent leurs mauvaises habitudes d’antan, celles qui avaient failli nous conduire droit dans le mur  …

Plus grave, des dépenses d’investissement incontournables et indispensables au développement du pays et à la sécurité de nos concitoyens sont remis en cause de manière inconsidérée : éducation, recherche, santé (oui c’est aussi de l’investissement pour un pays),infrastructures électriques, centrales nucléaires, réseaux de transports …  Nous risquons demain de payer au prix fort beaucoup de ces économies du trop court terme …

Pour les communes l’équation est de plus en plus délicate, elles sont en première ligne pour répondre aux besoins immédiats, urgents et multiples des habitants, tant en fonctionnement (mise en place de services proches, réactifs, efficaces) que dans les investissements à réaliser (équipements publics, trottoirs, routes … ) mais ont de moins en moins de latitude financière ce qui au regard des besoins du terrain, risque de poser quelque problème  …
Pour exemple l’état de la voirie. Après les deux hivers rigoureux que nous venons de subir, les rues ont  souffert et ce dans toutes les villes, les marchands de bitume vont voir leur chiffre d’affaire exploser en 2011, pour peu que les collectivités puissent effectuer ces travaux !

Alors que promettre pour 2011 : du sang, de la sueur et des larmes ? Pas tout à fait, ou du moins cela n’a pas été du tout le sens de mon discours lors de cette manifestation républicaine, qu’est la cérémonie des voeux   …

 

 

 

 

Ni sang, ni larme, par contre la sueur, vu le contexte budgétaire, est assurée …  Heureusement le redémarrage de  l’immobilier, du fait des taxes afférentes,  permettra peut être de compenser quelque peu la baisse des dotations de l’Etat !

Malgré le contexte actuel, au regard des besoins urgents de nos concitoyens,  les communes doivent agir et concrètement en leur direction, sinon qui le fera ?
Il faut permettre aux accidentés de la vie de plus en plus nombreux, de rebondir … Ce n’est pas faire de l’assistanat, mais simplement être solidaires. N’oublions jamais que demain l’accidenté peut être chacun d’entre nous ou un de nos proches.

Je suis de ceux qui pensent que la solidarité est à la fois un moteur et une des clés qui permettra à notre société de relever le challenge de la mondialisation par le haut, pour peu que la cohésion sociale règne …

Soyons des solidaires actifs.

C’est une des nombreuses raisons pour laquelle, l’équipe municipale a désiré mettre en avant, cette valeur à laquelle nous sommes intimement attachés, et qui est emblématique de l’action de nos collectivités …  C’est à la fois fragile et précieux, la solidarité, cela se construit chaque jour par petites touches, grâce à une suite de petites actions concrètes, non spectaculaires mais au combien utiles : accueil et écoute, intervention d’urgence, aides financières, permanences des travailleurs sociaux, animation du Point Emploi …
Un vrai travail d’équipe, rendu possible par les bonnes volontés qu’elles proviennent des institutions, associations, bénévoles, élus, travailleurs sociaux …

Chacun remplit son rôle, avec humilité, discrétion, efficacité et implication, c’est la complémentarité qui fait sens.

Si certains ne voient que la dépense, n’oublions pas que depuis la fin de la deuxième guerre mondiale elle est le socle de la cohésion sociale et du pacte républicain du pays,  également garant d’efficacité et de sérénité … C’est lorsque les temps sont durs, que ce socle prend tout son sens, et que nos concitoyens ont le plus besoin de l’action de l’Etat et de services publics de qualité, et les temps aujourd’hui sont durs …

Notre engagement est du coté des usagers, que ce soit pour défendre la qualité des transports (cf notes précédentes : inauguration gare, arrivée de l’AGC), ou  améliorer la qualité des conditions d’accueil, d’accessibilité et de sécurité des guichets de la Poste.

 

L’année 2011 est pour Trilport une année charnière … 

Elle marque la fin des dispositifs contractuels signés avec le Département et la Région qui ont permis de doter la ville d’équipements publics utilisées chaque jour par nos concitoyens depuis 2006 : Centre de loisirs,  bâtiment péri scolaire de la Charmoye (cantine, réfectoire …), extension et rénovation du Gymnase, (toutes HQE), mais également mise en accessibilité de la Place de l’Eglise, de la Mairie et des salles d’animation …  Soit  plus de 4 millions d’euros d’investissements engagé dont 2 millions pour le seul gymnase …

Chacun peut comprendre que l’essentiel de nos efforts ait jusque là porté sur le financement de ces réalisations. Une page se tourne et nous préparons désormais de nouveaux objectifs en veillant à ce qu’ils soient compatibles avec notre budget

Elle correspond à la mise en place du nouveau Plan Local d’Urbanisme, qui s’achève après une concertation tout azimut : plusieurs réunions publiques, journal municipal, espace internet dédié permettant le téléchargement des documents, accueil en Mairie …  Sa validation par le Conseil Municipal fin janvier marquera la dernière étape de ce véritable marathon  mené depuis 2006 autour d’un document qui fait déjà date, puisqu’il est un des premiers au niveau national, à intégrer des bonifications destinées à récompenser les constructions respectueuses de l’environnement : végétalisation, récupération d’eau ou efficacité énergétique.

Elle correspond au  lancement de notre éco quartier. Si certains trouvent les questions environnementales lointaines,  théoriques ou secondaires, rappelons simplement que 2010 est l’année qui a connut le plus grand nombre de catastrophes liées aux conditions climatiques depuis 130 ans (voir note précédente),  contexte qui justifie la mise en place des politiques destinées à limiter les émissions de gaz à effet de serre, protéger la bio diversité et ce magnifique patrimoine naturel auquel nous sommes si attachés. C’est tout le sens de ce projet d’éco quartier. Faire la ville différemment tout en préservant son âme …

Ce projet est un des 9 lauréats 2009 du  concours régional « Nouveaux Quartiers Urbains », et un des 160 éco quartiers suivi par l’Etat au niveau national. Grâce à l’aide financière de la Région nous avons pu rassembler l’expertise nécessaire pour répondre aux ambitions sociales et environnementales du projet. Deux étapes clés en 2011 :

• Le lancement d’une ZAC Multi sites, dont la concertation débutera fin janvier et donnera lieu à une exposition publique en Mairie et sur le site internet,

• le choix, avant l’été, de l’aménageur qui devra apporter une vraie valeur ajoutée environnementale et vivre ce projet comme nous le vivons. Nous avons la volonté et l’ambition collective de  construire un éco quartier référence …

 

D’autres projets sont également portés par l’équipe

  • Sur le social,  avec la création de la première structure de la  future Maison de la Petite Enfance, un Relais d’Assistantes Maternelles (ou RAM) et la création d’un pôle social destiné à accueillir le CCAS, et les permanences des travailleurs sociaux ou de la santé …
  • Dans le domaine de l’éducation, avec le lancement de la réhabilitation totale de l’école Prévert et le câblage des classes de l’école Prévert, toutes les classes de nos écoles élémentaires seront alors connectées à Internet, du CP au CM2 …
  • Concernant le logement social,  notre volonté de mettre en place un habitat social de qualité est désormais reconnue. Nous avons fixé à nos partenaires 6 exigences  qualitatives : Opération à taille humaine, éco construction, accessibilité, mixité multi générationnelle et sociale au niveau du quartier, qualité architecturale et intégration au site.
    Notre but est de réussir une mixité générationnelle et sociale épanouie dans toute la ville. C’est pourquoi nous privilégions la conduite de plusieurs petites opérations de 12 à 15 logements sociaux, plutôt qu’une seule, plus importante, même si cela est plus long à mettre en place et plus compliqué. Nous avons actuellement 4 opérations en cours (soit 60 logements à peu prés). Pour information,  sur le budget 2010, alors que nous acquittions 50 000 euros au titre du prélèvement SRU c’est plus de 410 000 euros que la commune a consacré à cette politique, en préemptant le foncier, sans aide de quiconque. Difficulté supplémentaire et récurrente,  le classement en zone 2 qui perdure, pénalisant chaque opération.
  • Améliorer l’accessibilité et la sécurité dans nos rues avec la poursuite du Contrat Triennal de Voirie signé avec le Conseil général et la reprise des  travaux de la Commission Accessibilité afin de réaliser le Plan de mise en Accessibilité de la Voirie et des Espaces publics.
  • Relancer la concertation citoyenne : réunions de quartiers, ateliers citoyens, mise en place d’un nouveau site internet avec l’introduction de télé services destinés à faciliter la vie de nos concitoyens, votre Mairie 24 heures sur 24, la refonte du journal municipal « le Ginkgo »
  • Animer Trilport, en soutenant la vie associative locale,  essentielle dans le maintien du lien social entre habitants, en lançant des initiatives culturelles,  en créant une bourse aux projet pour les jeunes Trilportais et en soutenant les commerces du Centre Ville …

 

Comme chacun peut le contester, malgré un climat incertain, pour tout dire morose, pêche et dynamique sont au rendez vous, car l’équipe a le sentiment d’être tout simplement utile, d’agir malgré les aléas, pour offrir des perspectives à nos concitoyens, afin qu’ils puissent s’épanouir sur cette Terre de Brie que nous chérissons tant, coincé « entre Marne et forêts »  …

Comme l’écrivait joliment avec des mots simples, un des pères de l’Europe, Jean Monnet, qui a réussit à faire d’une utopie, une réalité et peut être demain une planche de salut pour nos  pays,

 

« Il ne s’agit pas d’être pessimiste,ni d’être optimiste, mais d’être déterminé »

 

 

 

 

2010, l’année de l’Eyjafjöll

 

logo-sommet-cancun.jpgPour la planète, 2010 a été une véritable « annus horribilis » à oublier au plus vite, tant les catastrophes se sont succédées à un rythme effréné et effrayant.
Elles ont  transformé le journal du 20 heures, en une superproduction hollywoodienne aux incroyables effets spéciaux, à un détail prés, la douleur n’était pas virtuelle et les larmes bien réelles …

Moussons, typhons, inondations innombrables (les prochaines semaines sur ce point sont à suivre y compris chez nous …), incendies dus à la sécheresse, épidémies, dérégulation climatique … La liste très longue est quasi exhaustive, hormis un Tsunami la planète a tout connu. Une constante cependant, dont nous reparlerons,  95% des victimes vivaient dans les pays les plus pauvres…

2010 est l’année également qui a connu le plus grand nombre de catastrophes liées aux conditions climatiques depuis que ces statistiques existent (soit 130 ans selon le rapport du réassureur Munich Re qui assure les principales compagnies d’assurance).

L’homme aussi s’en est mêlé, avec quelques désastres industriels emblématiques et retentissants, touchant cette fois ci les pays industrialisés : marée noire du golfe du Mexique aux USA, boues toxiques de Hongrie, sans oublier les innombrables atteintes à la bio diversité qui atteindront bientôt le point de non retour …

Jusqu’aux incidents météo qui ont mis au premier plan les caprices de dame nature, des fumées et cendres du volcan islandais Eyjafjöll bloquant à lui tout seul le trafic aérien international pendant plusieurs jours, et les conséquences de quelques flocons d’hiver plus nombreux que d’habitude paralysant l’Europe du Nord et semant une vraie « pagaille » générale …

 

2010, annus horribilis certes, mais également année riche en enseignements,  que nous devrions nous empresser d’intégrer, tant dans notre pratique que dans certains choix politiques ou éthiques, avant qu’il ne soit trop tard

 

 

 

 

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Le prix d’une vie

2009 n’a pas été une année clémente avec 335 sinistres et plus de 10 000 victimes (selon le Centre de Recherche en épidémiologie et catastrophe), mais 2010 la dépasse de loin dans l’horreur comme tout ce que nous avions connu jusqu’à présent, avec 950 catastrophes naturelles, plus de 250 000 morts et 130 milliards de dollars de dégâts, de loin supérieur à la moyenne des 30 dernières années.

Principal cause, le tremblement de terre d’Haiti.

Pourtant paradoxalement si ce séisme est bien le plus meurtrier (222 570 victimes), il ne représente que 8 milliards de dollars de dégâts, contre 30 milliards de dollars pour le tremblement de terre du Chili et ses 520 victimes !
En effet, ce qui importe pour les assureurs est le nombre de personnes ou de biens bénéficiant d’une assurance. Rappelons pour mémoire lque a tempête Xynthia en février dernier a causé 6,1 milliards de dollars de dégâts dans notre pays.
Le prix d’une vie varie selon les latitudes …

Signe des temps, si l’homme ne peut infléchir le nombre de catastrophes (ce serait plutôt l’inverse), il peut à contrario en limiter considérablement la portée et les dommages ; pour preuve, depuis 1975, le nombre de catastrophes a été multiplié par 4, et le nombre de morts divisé par 3 …  Que 95% des victimes soient issus des pays du Sud, n’est pas le fait du hasard, ces pays ne disposent pas des capacités pour faire face : politique de prévention, infrastructure, temps de réaction et organisation des secours …

Il n’y a pas de fatalité, ce qui laisse des marges de progression. Pour s’en convaincre, deux illustrations : les typhons font 17 fois plus de morts aux Philippines qu’au Japon, le degré de développement des deux pays n’étant pas le même, et le Bangladesh en améliorant ses modes opératoires a considérablement limité les dommages de ces cyclones. Si le dernier en date a causé 3 500 victimes (2007), nombre considérable pourtant, les précédents avaient été bien plus meurtriers (1970, plus de 300 000 morts …) !
Et chacun sait que si le bilan du Tsunami de décembre 2004 dans l’océan Indien, a occasionné autant de morts (230 000 personnes), c’est bien du fait de la défaillance des systèmes d’alerte.

Pour limiter les conséquences dramatiques des colères de la Nature, les pays doivent de se doter des modes opératoires adaptés : dispositifs de prévention, qualité de constructions, normes anti sismiques, aménagement du territoire, organisation urbaine, conditions sanitaires …

D’autant que les mégapoles se développent  (notamment en Asie de l’Est), et que les catastrophes les plus fréquentes (inondations et ouragans, plus de ¾ des catastrophes naturelles) sont non seulement prévisibles, mais saisonnières.

Tout n’est pas perdu donc. Mais si rien ne change le pire est à craindre, les mêmes causes ne produisant pas toujours les mêmes effets, surtout dans les pays ou les villes sont de plus en plus surpeuplées et les conditions sanitaires (eau, assainissement) de plus en plus précaires.

D’autant qu’ensuite les catastrophes sont souvent suivies de malnutrition et d’épidémies !

 

Quand l’homme s’emmêle

Deux catastrophes industrielles significatives, et finalement instructives, ont marqué l’opinion en 2010 : la marée noire en Louisiane et le déferlement de boues toxiques en Hongrie …

Les USA d’Obama se souviendront longtemps de « Deepwater Horizon », plate forme offshore du golfe du Mexique exploité par BP située à 80 kilomètres des côtes de la Nouvelle Orléans. Lorsqu’elle à explosé, brulé et qu’elle s’est mise à couler en sectionnant une tête de puits situé à 1500 mètres de profondeur, l’émotion et la colère des habitants a été à son comble. BP mettra 5 mois avant d’arrêter cette marée noire, alors que dans le même temps certaines compagnies exploitent des forages off shore beaucoup plus profonds, jusqu’à 10 000 mètres de profondeur et négocient des droits pour exploiter le pétrole off shore jusque dans l’Artique …

Pour la petite histoire, devant à la fois l’hostilité du lobby pétrolier, hyper puissant et des habitants de la Nouvelle Orléans,  Barak Obama s’est résolu à lever le moratoire pris lors de la catastrophe et les compagnies pétrolières américaines poursuivent leurs investigations.

 

Quelques mois après, en octobre dernier, la rupture d’une digue de réservoir des boues rouges (arsenic, soude caustique, métaux lourds …) d’une usine de production d’aluminium située en Hongrie à proximité de Budapest, a entrainé la fuite de 700 000 m3 de boues toxiques dans le Danube. Les investigations des enquêteurs ont décelé des infractions graves aux règles de sécurité les plus élémentaires, pourtant l’entreprise exploitant cette usine a obtenu l’autorisation de reprendre la production.

 

Ces exemples terribles illustrent l’importance d’intégrer deux principes majeurs du Développement Durable, qui sont le principe de précaution et le principe de responsabilité …

Principes que l’industrie moderne se devrait d’adopter, que ce soit dans les pays du Nord ou dans les pays du Sud mais dont l’application n’est pas aussi aisée que l’on pourrait le penser …

 

Le principe de précaution

Cet héritage du Sommet de la Terre de Rio de  1992, a été porté de longues années par les écologistes allemands, notamment anti nucléaires, qui le déclinent en trois directions : éviter les dangers immédiats, prévenir les risques de moyen terme et avoir une gestion optimale, à long terme, des ressources naturelles.

En France, son application est beaucoup plus récente, mais l’affaire du sang contaminé, la crise de la vache folle, les OGM et plus récemment le vaccin contre la grippe H5N1 et les cendres du volcan islandais Eyjafjöll l’ont mis au premier plan.

Son application lors de ces derniers évènements, a été sujette à polémique, tant il apparaît quelquefois l’otage d’une politique de communication, ou d’une couverture de risque maximum du politique. Ces derniers ne gèrent pas que le rationnel, ils doivent intégrer également le risque subjectif, né de  l’imaginaire collectif autour d’une menace hypothétique amplifié par les médias …

 

Nombre de spécialistes ont jugé les interdictions de vol (cendres de l’Eyjafjoll) , comme la campagne de vaccination autour du virus HRN1 excessives, dans le 1er cas au regard de l’impact économique provoqué par l’arrêt des vols et dans le second, c’est la décision de vacciner l’ensemble du pays qui a été jugée disproportionnée au risque encouru et trés contre versée au niveau scientifique

 

Le Principe responsabilité

Il est issu des travaux du philosophe allemand Hans Jonas qui a souligné que désormais l’homme dispose d’un pouvoir (science ou maitrise de techniques) qui lui donne la possibilité non seulement de s’autodétruire mais également de détruire la nature autour de lui.
C’est la parabole de l’île de Pâques

Dans la pratique, cela signifie que devrait être interdite, toute technologie qui comporte le moindre risque de détruire l’humanité ou l’existence de l’homme.

Cette menace, réelle, doit amener l’homme à s’interroger sur sa responsabilité envers ses semblables, mais également envers le monde en général (la biosphère selon Teilhard de Chardin), sa capacité d’intervention dans les processus de la nature ou le cycle de vie.

Hans Jonas souligne également un danger imperceptible, les effets cumulatifs à long terme, qui peuvent être imprévisibles et incontrôlables …

Cela signifie t’il pour autant qu’il ne faut arrêter la recherche …

L’application de ses deux principes, ne peut être automatique, et  nécessite prudence, discernement, analyse, croisement des points de vue … Cependant,  ils remettent en  cause le dogme de la vérité scientifique absolue, et l’utilité de disposer d’observateurs indépendants afin justement d’évaluer les risques objectifs « objectivement »…

Concernant les deux catastrophes évoquées précédemment, il est certain que plus la prise en compte de ces deux principes sera faite par les décideurs en amont, moins les risques de catastrophes industrielles, voir naturelles (ne pas construire  en zone inondable) seront élevés. Le problème est que souvent ils s’opposent à des intérêts économiques et des lobbies puissants.

C’est bien pour toutes ces raisons qu’il est important de faire progresser les préceptes du développement durable partout sur la planète, notamment dans les pays du sud, en rappelant aux sceptiques que le nuage de Tchernobyl ignorait les frontières et que les dommages collatéraux de certaines catastrophes industrielles peuvent avoir des conséquences inimaginables pour tous les humains et la planète …

 

 

SCOT : quelques clés de lecture à décrypter

scot.jpgIl me semble utile de revenir sur un point abordé lors du dernier Conseil Communautaire, relatif au Schéma de COhérence Territoriale (ou SCOT ) ; plus précisément au «débat » prévu par les textes qui théoriquement accompagne l’adoption du  Projet d’Aménagement et de Développement Durable (ou PADD), moment clé s’il en est de la réflexion engagée sur notre projet de territoire.

Je regrette la quasi absence de prise de parole au regard de l’importance d’une telle réflexion collective pour notre jeune intercommunalité et la qualité comme l’originalité de la démarche initiée,  prometteuse à plus d’un titre.

Nous disposons désormais d’une véritable vision partagée sur le devenir d’un territoire dans lequel nous vivons, et pour beaucoup d’entre nous, sur lequel nos enfants s’épanouissent. Vision partagée, car réellement collective et relativement consensuelle, du moins pour le moment, nous aurons l’occasion de revenir sur ce point prochainement.

Il m’a semblé préférable, avant d’aller plus loin dans l’analyse, de décrypter quelques clés de lecture incontournables, qui permettront je l’espère à chacun de disposer des éléments nécessaires à la bonne compréhension de la démarche et d’anticiper les prochaines étapes de ce processus et leurs conséquences tant pour chacune des 18 communes que pour ce coin de Brie.
Vu l’importance des enjeux qui entourent cette réflexion, elle concerne chaque habitant de ce territoire, mais peut également intéresser tout citoyen impliqué dans les thématiques relatives à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire, car il y a matière !

Encore faut il pour que chacun soit réellement partie prenante dans cette réflexion globale qu’il puisse s’affranchir du barrage sémantique cher aux urbanistes, pour tout dire assez ésotérique et techno … J’en profite pour rappeler les notes consacrées à la démarche initiée sur ma commune autour du Plan Local d’Urbanisme (ou PLU : vous avez dit PADD, PLU  s’il te plait dessine moi une ville), qui complètent utilement ce rapide panorama …

Voici une tentative de décryptage de quelques concepts ponctuant cette démarche  : SCOT, PADD, DOG, PLD, ou encore démarche AEU …

Commençons par le SCOT ou Schéma de Cohérence Territoriale …

 

 

 

Élaboré par une ou plusieurs intercommunalités, dans notre cas la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux, le Schéma de COhérence Territoriale (ou SCOT ) est l’héritier des anciens « Schémas Directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme » (appelés également SDAU).

Instauré par la loi SRU (13/12/2000), il fixe les objectifs des diverses politiques publiques : habitat, développement économique, déplacements …
Batterie d’objectifs complétée récemment par le Grenelle 2, les SCOT comme les PLU doivent désormais contribuer à réduire la consommation d’espace, équilibrer la répartition territoriale des commerces et services, améliorer les performances énergétiques,  diminuer les obligations de déplacement, réduire les émissions de gaz à effet de serre …

En tant que tel, ce document d’aménagement s’adresse non seulement au présent et au devenir à court terme d’un territoire composé de plusieurs communes (correspondant à un bassin de vie) mais également à une échelle de temporalité beaucoup plus large …
Pour mieux définir les orientations générales de l’aménagement du territoire, il doit prendre en compte tous ses différents équilibres : développement urbain, activités agricoles et économiques, préservation de la qualité de l’air, des milieux, sites et paysages naturels ou urbains. Les questions relatives à la protection de l’environnement étant beaucoup plus présentes dans cette réflexion, que dans l’ancien SDAU.

Sa finalité est de définir des orientations d’aménagement générales, sans localisation précise, qui permettront de mettre en cohérence le projet de développement du territoire en tenant notamment compte de ses interrelations et de toutes ses dominantes sociales : déplacement, contraintes territoriales liées à l’activité économique,  mixité sociale, aires d’influence des équipements, mais également patrimoine naturel et agricole.

S’il ne détermine pas la destination générale des sols (« Le SCoT localise, le PLU délimite »), il prévoit une stratégie globale d’aménagement pour l’agglomération, en respectant  la réflexion régionale (SDRIF ou Schéma Directeur de la Région Ile de France) et en prenant en compte les intercommunalités voisines.
Il s’agit bien ici d’une réflexion globale, voir systémique qui concilie plusieurs politiques : restructuration urbaine, habitat (mixité générationnelle et sociale), transports …  En fixant les orientations fondamentales de l’organisation du territoire et l’évolution des zones urbaines, il préserve un équilibre harmonieux entre zones urbaines, industrielles, touristiques, agricoles et naturelles. Un SCoT,  c’est avant tout et tout d’abord un territoire d’usages…

 

Une fois adopté, il sera opposable aux PLU, aux programmes locaux de l’habitat (PLH), aux plans de déplacements urbains (PDU), aux opérations foncières et d’aménagement, aux schémas de développement commercial et aux autorisations d’urbanisme commercial, ce qui démontre toute l’importance de ce document.

Encore faut il pour être utile, qu’il ne se contente pas d’être une simple compilation d’études théoriques, mais qu’il soit un véritable outil opérationnel et prospectif au service d’un territoire et de ses habitants actuels et à venir.

 

Son élaboration, similaire à celle du PLU, comporte trois étapes :

  • Un rapport de présentation qui doit expliquer les choix retenus dans les documents ultérieurs. Il est composé d’un diagnostic du territoire et d’un état initial de l’environnement (IEI), dont nous reparlerons tant il peut être un élément déterminant de  la réflexion d’ensemble  …
  • Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (ou PADD), document éminemment stratégique, dans lequel l’intercommunalité fixe ses orientations générales, les enjeux et des contraintes à relever,
  • Un Document d’Orientations Générales (DOG), fixant les modalités de mise en œuvre du PADD.

Auquel il faut bien évidemment rajouter toute une série d’annexes : documents graphiques, dispositions relatives aux mobilités, à l’accessibilité qui permettront d’accompagner l’ouverture de nouveaux secteurs à l’urbanisation,  la création de nouvelles dessertes en transports collectifs ou d’infrastructures à réaliser, les grands projets d’équipement intercommunaux ….

 

Le SCOT fait l’objet d’une concertation tout au long de son  processus d’élaboration, tant auprès des Personnes Publiques Associées (ou PPA : services de l’État, région,  département, acteurs du territoire, intercommunalités voisines …) que du public …

Voici les principales étapes de cette élaboration :

  • Un débat doit être organisé par l’assemblée délibérante sur les orientations du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (cf le début de cette note), avant l’arrêt du projet et sa transmission aux PPA pour avis,
  • Son approbation sera soumise à une enquête publique dont l’objectif est d’informer la population et de recueillir ses remarques,  ainsi que celle d’un commissaire enquêteur indépendant.
  • Prise en compte (ou non) au retour de l’enquête, des avis du commissaire-enquêteur, ou de certaines remarques émises, mise au point du projet,
  • Approbation par l’assemblée délibérante (le Conseil Communautaire) ;
  • Transmission aux services du contrôle de la légalité.

 

Particularité de la démarche initiée lors de ce SCOT, et non des moindres, celle d’avoir opté pour une Approche Environnementale de l’Urbanisme (ou AEU®).
Cette approche globale et transversale développée par l’ADEME qui s’applique à toutes les étapés-clés d’un projet afin de contribuer au respect des exigences environnementales lors des opérations d’aménagement s’est révélée être une véritable opportunité stratégique,

 

nous y reviendrons prochainement.