Les voeux 2012 …

Voeux-2012c.jpg Remarque générale, peu d’élus regrettent 2011, année anxiogène s’il en est … Mais derrière les multiples rebondissements de la crise de la zone euro et le sort d’un Triple A qui ne tient désormais plus qu’à un fil, il y a plus grave, la réalité du terrain, quelquefois dramatique.

Les habitants que je rencontre ne me parlent pas de crise, encore moins de triple ou de double A mais évoquent simplement l’emploi ou le logement qu’ils n’ont pas et leur pouvoir d’achat qui baisse inexorablement alors que dans le même temps la précarité se développe avec les risques d’exclusion  liés.
Les problèmes d’approvisionnement des Restaus du Cœur témoignent de l’ampleur de cette détresse. Trop de familles aujourd’hui dans la difficulté n’ont plus d’espoir dans le lendemain, et désabusés, lassés des promesses non tenues, s’éloignent du politique.

Le succès du mouvement des indignés certes interpelle, mais s’il est nécessaire et utile de s’indigner, il faut surtout mettre en place des réponses concrètes plus que des mots, des promesses ou des slogans ne durant que le temps d’une campagne électorale; 2007 est passé par là.  Il est certain que nous y verrons plus clair dans quelques mois,  le prochain scrutin présidentiel promet d’être décisif.

Notre pays se relèvera de cette séquence, défi somme tout relatif comparé à ce que nos parents et grands parents ont traversé et vécu durant les dernières décennies, reste à savoir en quel état …  Encore faut il ne pas se tromper de crise. Si ce que nous subissons aujourd’hui est une crise d’ajustement (de la dette, de la gouvernance, de la répartition de la richesse, de notre mode de croissance …) certes douloureuse, elle n’est pas la crise systémique que certain veulent nous survendre.

A contrario, celle qui nous amènera à changer nos choix de vie, notre modèle de société,  imposera régulation et réhabilitation du long terme et de l’investissement face au modèle actuel dominé par le court terme et la société de consommation, est bien la crise environnementale due aux  émissions de Gaz à effet de serre, y répondre est vital.

J’ai des raisons d’espérer, sentiment qui me vient du terrain, et de l’activité des femmes et des hommes que j’y croise chaque jour. Ils y vivent, y travaillent, s’impliquent, souvent avec passion, notamment dans nos associations, et font de Trilport une ville dynamique, attractive, attachante, avec une véritable dimension humaine, faite de convivialité, d’amitié et de solidarités …
Cette vitalité est une valeur ajoutée créatrice qu’il faut savoir apprécier à son juste prix.

Nous avons pu semer en 2011, dans un cadre budgétaire tendu et contraint, quelques graines d’avenir qui ne demandent qu’à s’épanouir et fleurir, avant de produire les fruits espérés.  Ce qui n’est pas si mal, car  si pour le plus grand nombre, le fruit est l’essentiel de l’arbre, les vrais jardiniers savent qu’en réalité, c’est la graine qui importe

Alors que proposer en 2012 ?

 

 

 

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L’enjeu est de rendre nos concitoyens, malgré un contexte difficile que personne ne conteste, acteurs de leur devenir, afin que nous puissions construire collectivement une ambition commune et surtout partagée par le plus grand nombre, sans exclusive ni exclusion, et de vraies perspectives …

Il est important de préciser que les difficultés de financement que rencontrent aujourd’hui les Conseils Généraux et Régionaux, sont également les nôtres. C’est autant de soutien en moins pour nos projets d’équipements ou d’infrastructure au service de nos concitoyens dans le cadre de politiques contractuelles malmenées, et d’incertitudes pour le maintien des politiques publiques pourtant indispensables, notamment pour les plus fragilisés, que ces collectivités portent …

Les professionnels s’en inquiètent. Le Moniteur de la semaine dernière titrait dans un de ses articles : «Quand les collectivités s’enrhument, les entreprises du BTP toussent ».

Autant dire que ces entreprises risquent de tousser fort en 2012. C’est également moins de travaux d’infrastructures pour rendre nos territoires compétitifs, moins de travail pour nos entreprises, moins d’emplois pour nos habitants et in fine moins de croissance pour une économie qui en a pourtant tant besoin. Comment réduire le déficit de la dette sans croissance ?

 

La feuille de route que nous nous fixons pour 2012 tient compte de ce contexte :

Bâtir des  proximités plus solidaires

Mettre en place un pôle social permettant au CCAS et aux acteurs sociaux de travailler dans de meilleures conditions. C’est lorsque les temps sont difficiles qu’il faut être en capacité d’apporter des solutions adaptées, rapides et complémentaires et améliorer ses capacités d’écoute.

Soutenir le commerce de proximité, il constitue un élément important du lien social que nous voulons développer. Nous devrions accueillir début 2012, deux nouveaux commerces, ce qui par les temps difficiles  que nous rencontrons démontre le dynamisme et le potentiel de notre ville.

Faire évoluer en profondeur les services municipaux, afin de les rendre plus performants face aux tendances de fond rencontrées : désengagement des missions de l’état, baisse tendancielle de nos ressources, augmentation des exigences des habitants et de leur nombre, manifestation de certaines incivilités, développement d’internet et de ces usages, nouveau paysage territorial … Les objectifs poursuivis sont clairs : améliorer la relation avec les usagers et Habitants, conforter le sens du service et de l’action publique à laquelle nous sommes très attachés, mieux informer, anticiper plus que subir, améliorer l’offre de service via notamment une réflexion autour de la mise en place d’un nouveau site internet doté de téléservices, proposer une nouvelle conception de l’organisation des services : plus agile et plus transversale.

Une réflexion qui bénéficie de l’implication des agents, sollicités depuis septembre, mais également des Trilportais, grâce aux questionnaires auxquels beaucoup ont répondu, certaines propositions émises ouvrent des pistes de travail intéressantes.

 

La réflexion et le travail collectif réalisé autour de l’éco quartier a permis de progresser sur des problématiques concrètes impactant le quotidien des Trilportais et permettront des réalisations concrètes dans toute la ville,  dés cette année :

Dynamiser la démocratie citoyenne : réunions publiques, lancement d’ateliers citoyens, plébiscités par les nombreux participants qui y viennent, et réunions de quartier

AmélioL’éclairage public : il nous faut éclairer mieux, plus juste, de manière plus économe, sans éblouir les étoiles et en limitant la pollution lumineuse. Une rénovation générale, des lampes aux armoires, va être lancée et s’étendre progressivement à toute la ville. Elle permettra de gérer chaque point lumineux en modulant selon les heures et les secteurs, l’intensité de l’éclairage, permettant d’améliorer le cadre de vie, d’effectuer des économies importantes tout en diminuant les émissions de Gaz à Effet de Serre.

L’accessibilité : relance de l’activité de la Commission extra municipale « Accessibilité » privilégiant une réflexion globale sur la ville, basée sur la notion d’itinéraire afin de traiter  les différents points clés à aménager,

Une bio diversité plus robuste en ville : aménagement d’un Parc Urbain, création des jardins familiaux, gestion différenciée des espaces verts.

Usages  numériques : contribution à un projet de télécentre afin de soutenir l’emploi et de créer des synergies locales, actions visant à  réduire la fracture numérique, équipement des écoles, d’ici la fin de l’année, toutes les classes des écoles de la commune, de la Maternelle au Primaire, seront connectées à Internet en filaire.

 

2012, verra également progresser certains grands dossiers

L’écoquartier « l’Ancre de lune », qui après avoir été lauréat 2009 de l’appel à projet «Nouveaux Quartiers Urbains », a été un des six lauréats 2011 du concours lancé par l’ADEME Ile de France, sur l’Approche Environnementale de l’Urbanisme.

Prévention de la délinquance : la réflexion intercommunale va bientôt déboucher sur la création d’un CLSPD, que nous réclamons avec insistance depuis 2002. Il nous semble essentiel que l’ensemble des acteurs impliqués dans cette problématique complexe puissent se rencontrer et agir en complémentarité. Au niveau communal, nous expérimenterons l’outil qu’est la vidéo protection; sans l’idéaliser, ni le diaboliser, mais avec éthique et  avec la volonté de l’utiliser avec efficience, selon nos moyens financiers. Notre priorité est de contribuer à renforcer la Police Nationale et de lui donner tous les moyens nécessaires afin qu’elle soit en capacité d’accomplir ses missions dans toutes les communes, en complémentarité avec notre Police Municipale. Il est essentiel pour la cohésion sociale du pays de défendre les missions régaliennes de l’Etat, liés notamment aux proximités.

Nos communes ne doivent pas devenir des déserts institutionnels, des cités dortoirs, ou des terres de relégation, mais demeurer  des communautés de vie ou le lien social n’est pas un vain mot.  Autant dire que nous attendons avec beaucoup d’appréhension les mesures de carte scolaire en préparation. Nos écoles ont besoin d’enseignants en nombre suffisant, formés, impliqués dans leur mission ! Nous serons attentifs et vigilant, il en va du  devenir du pays.

L’équilibre entre qualité du service public, action efficiente, dimension humaine, proximités et contexte budgétaire tendu concerne également d’autres acteurs  représentatifs également de la cohésion sociale, telles la SNCF et la Poste, nous aurons l’occasion d’y revenir dans ce blog …

2012, est également l’année d’un tragique anniversaire, celui des 10 ans de l’explosion de la Halotte, qui a fait 2 morts et marqué durablement la ville. Coïncidence symbolique, nous confierons la même année à l’agglomération cette Zone d’activités, désormais en plein essor, au lieu de la friche industrielle qui subsistait après l’explosion. Nous pouvons avoir la fierté du devoir accompli.

Pôle Gare : intégralement piloté par l’Agglomération, le chantier de rénovation des abords de la gare au titre des travaux d’aménagements liés au Pôle Gare (Plan de Déplacement Urbain d’Ile de France) devraient enfin débuter cette année ; après un retard de quelques années du à des négociations difficiles avec RFF.

Déviation de Trilport : outre la beauté et la qualité du patrimoine naturel local, du pont inauguré par Napoléon III et le Prince Impérial, de l’hélicoptère inventé par un illustre Trilportais, notre ville a une spécialité dont elle se passerait bien : son bouchon.
Sans revenir sur les épisodes précédents,  si nous sommes en panne depuis 2008 et le blocage du SDRIF par l’Etat (Grand Paris), la situation peut se débloquer grâce à la loi que la sénatrice Nicole Bricq a fait voter au Sénat.

 

« Une société sans rêve étant une société sans avenir. » (Jung), nous devons rêver ensemble à des lendemains qui chantent,

Genése d’une Appellation d’Origine Contrôlée

corto-ville-lune.jpgTout porteur de projet d’aménagement, qui s’implique réellement dans ce dernier, connaît le même dilemme … Quel nom ou dénomination attribuer à un morceau de ville et de vie dans lequel s’épanouiront des générations d’habitants ou d’usagers ?

C’est de fait une responsabilité très particulière.

Une ville ne peut pas être considérée comme un objet fini, mais bien comme le produit d’une véritable alchimie, toujours en cours, qui mêle tout à la fois histoire, géographie, culture, morphologie urbaine, environnement naturel, usages et imaginaire … Le tout s’entremêle et interagit …

Si par essence, un quartier est un condensé d’histoire et de vie collective et sociale, il respire et vit au quotidien, évolue, mute, se développe, se régénère quelquefois …

 

On ne dessine pas une ville, tel un objet fini, (cf le « dessine moi  … une ville » du Petit Prince au renard), on en représente plutôt le ressenti, reflet d’une histoire commune et partagée ou non, à un moment présent, éphémère, et pour tout dire intemporel.

Le projet d’éco quartier qui nous anime (voir billet du blog), possède entre autres particularités, une implication forte de ses acteurs et une volonté effective et assumée de rétro agir vers le territoire.

Avant d’être un projet urbain, cet éco quartier est déjà avant tout et surtout une aventure humaine collective, au service du lien social de proximité, témoignant également d’une réelle prise de conscience de la responsabilité particulière de l’homme envers son environnement.
Nous aurons l’occasion d’en reparler en 2012 dans ce blog, tant les choses ont évolué depuis ces derniers mois.

Les valeurs portées par ce projet sont tournées vers l’humain (habitat, liens sociaux et multi générationnels) avec une aspiration à atteindre une meilleure qualité du vivre ensemble dans un environnement plus harmonieux.

 

Alors quel nom justement pour cet Eco quartier ?

 

 

 

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Attribuer l’appellation « d’un lieu dit » aurait pu constituer une solution éventuelle ; mais un lieu dit définit par essence, un site avec son passé, son histoire, sa puissance évocative … or ce projet est multisites, sa finalité étant de rétro agir sur le territoire justement …

Il était important pour nous que le nom soit signifiant, et « porte » littéralement les valeurs initiales du projet, sans pour autant avoir de lien avec le concept finalement technique, connoté et réducteur d’éco-quartier (significative sans doute aujourd’hui mais demain ? ).

Ce projet, comme tant d’autres, se définit, se situe et se projette dans un présent qui est déjà, de fait, un futur proche «n’écrit on pas l’avenir aujourd’hui ?».
Il faut compter avec une certaine d’intemporalité, celle du temps qui passe …  Une ville est par essence un lieu où ce confronte les époques, les histoires mais qui constitue également un lieu de défis et de dépassement du soi « collectif » comme du présent vécu au quotidien …

Nous voulions pour ce nom, une vraie légitimité, voir une réelle autenticité, et non qu’il soit le fruit de l’imagination et du talent créatif d’un communiquant destiné à vendre un produit. Nous avons proposé à un panel d’élus et d’agents territoriaux de nous suggérer une liste de noms, ce qui a été fait …

 « l’Ancre de lune » est sorti du chapeau et du lot …

 

Aprés discussion, il a semblé à ce panel difficile de choisir un « nom descripteur », tant le risque était grand d’enfermer le projet, ses valeurs, atouts, potentiels et incertitudes dans des limites restrictives … Si la ville peut être évoquée de manière réaliste, ce qui fait sa force est avant tout sa dimension humaine et les perspectives qu’elle ouvre à ses habitants.
Notre panel a préféré s’éloigner des « canons traditionnels, et choisir un nom qui impulse une dynamique imaginative, représentative pour eux, d’un projet qui reste de l’ordre de l’hypothétique, de l’imaginaire, du rêve et qu’il faut rattacher, « ancrer », à la réalité. 

Avoir choisi un nom poétique pour ce quartier, c’est suggérer une histoire intemporelle restant encore et toujours à écrire, notamment par ses futurs habitants, afin qu’ils se l’approprient peu à peu.
Parler de sa ville de façon poétique, c’est avant tout insérer l’humain au coeur du projet,  et évoquer en contrepoint la vie, les peurs et les rêves de chacun et de tous.
Une ville ne peut être réduite à une liste sommative d’aménités, elle est aussi urbanité, civilité, humanité et proximité, avec les uns et les autres,  la nature, les bois et les champs qui l’entoure, les rythmes du jour et de la nuit ponctuant inexorablement le temps qui passe …

Ils nous ont proposé de placer la barre, sacrément haut, jusqu’à la lune, c’est dire !
Non pour la «décroisser», comme le chantait le Grand Jacques, mais bien pour l’ancrer un peu plus à notre quotidien, afin d’être à l’écoute de la planète, de ses cycles naturels et perpétuels, et de bâtir ensemble, aujourd’hui et demain, de nouvelles perspectives plus respectueuses d’une nature qui nous environne, nous protège et nous domine, mais qui demeure avant tout fragile, nous devons le retenir.

L’Ancre fait également référence, pour d’autres, à un pilotage à l’ancienne, qui au delà des aléas (vent, courant, marées, tempête …), permet de tenir le cap, en harmonie et en relation avec les étoiles, la nature et ses cycles, histoire de ne pas perdre le nord qu’il soit magnétique ou polaire …

Cap vers « l’Ancre de lune », afin d’ancrer un peu plus d’idéal dans nos quotidiens d’aujourd’hui et de demain …

Cela ne fait pas de mal, non, un peu d’idéal, surtout en ces périodes pour le moins moroses ? 

Semprun, « rouge espagnol de l’armée en déroute »

semprun.jpgJorge Semprun est mort à l’âge de 87 ans, il a été inhumé en Seine-et-Marne, le 7 juin 2011 revêtu du drapeau républicain espagnol », rouge, jaune, violet …
Sa vie a été plus qu’un roman, tant elle était improbable, de sa naissance à sa mort il a participé à tous les bouleversements et soubresauts traversés par nos pays le siècle dernier … Il a eu plusieurs vies …

Ce fils de diplomate a été successivement réfugié, résistant, déporté, militant, responsable politique, écrivain, scénariste, ministre …
Les différentes identités qui ont rythmé le fil de sa vie, espagnol de naissance et de langue maternelle, français par le lycée, la Résistance et le coeur, allemand par philosophie, sont autant de fleuves qui l’ont mené jusqu’à sa « mère » nourricière, l’Europe …

Car Jorge Semprun est indéniablement et avant tout un européen, citoyen éclairé d’un continent victime des grandes déchirures et fractures politiques et idéologiques du XXe siècle …
Son dernier livre « une tombe au creux des nuages », marque la fin d’un cycle de conférences prononcées en allemand et en Allemagne ces vingt dernières années. L’allemagne ce pays qui l’a tant marqué …

Entre le souvenir lancinant des cheminées de Buchenwald et l’arbre de Weimar, qui aurait inspiré Goethe parait il, ce survivant de camp de concentration, après un long temps de réflexion, a fait son choix et ne s’est souvenu que de Goethe … Jorge Semprún croit en l’homme, malgré et avant tout, son parcours individuel en est l’illustration la plus complète.

« Mais ce qui pèse le plus dans ta vie, ce sont certains êtres que tu as connus. Les livres, la musique, c’est différent. Pour enrichissants qu’ils soient, ils ne sont jamais que des moyens d’accéder aux êtres » (Le grand voyage)

Le témoignage que constitue son œuvre littéraire, a une portée collective. Il constitue un relais tendu, et transmis aux nouvelles générations, avec pour objectif, de défendre non une vie, des idées ou des idéologies, mais l’héritage humaniste et démocratique de ces valeurs et de ces cultures qui composent et font l’Europe.
Nos pays ont vécu, expérimenté et ressenti la douleur apportée par le coté obscur de la force, celui des totalitarismes… larmes, sang, haine …  ils ont appris à dominer leurs sentiments légitimes de révolte et de colère, puis à rebondir, à se rencontrer de nouveau, avant de se projeter dans l’avenir ensemble, enfin  …

Le titre de son dernier livre est extrait d’un vers du poème de Paul Celan « Todesfuge » (« Fugue de la mort »), il aborde un contexte que Semprun a trop bien connu, celui des camps de concentration.

« il crie, plus sombres les archets, et votre fumée montera vers le ciel

vous aurez une tombe alors dans les nuages où l’on n’est pas serré »

L’auteur utilisant pour métaphore l’expression employée par les déportés des camps, qui ne se disait pas entre eux : « un tel copain est mort », mais simplement « il est parti en fumée ».

« Tout m’était arrivé, rien ne pouvait plus me survenir », écrivait-il …

Si ce n’est l’Europe …

 

 

 

 

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Une vie d’européen …

La vie de Jorge Semprun éveille en moi des échos profonds, ceux de mes racines familiales. Je suis petit fils d’émigrés espagnols, simples bergers anarcho syndicalistes originaires de Fraga, qui se sont réfugiés également en France entre les années 1936 et 1938.

Lui est né en décembre 1923 à Madrid, fils d’une famille républicaine de la haute bourgeoisie, son grand-père ayant été à plusieurs reprises président du gouvernement espagnol. Durant la guerre civile  et la victoire inexorable de l’armée de Franco et de ses alliées, les forces nazis de la légion Condor, son père diplomate choisit l’exil et rejoint avec femme et enfants la France en 1939.

Jorge Semprun devient pensionnaire au lycée Henri-IV à 16 ans, puis suit des études brillantes de philosophie et d’histoire à la Sorbonne; devant l’occupation nazie, il rejoint la Résistance française et adhère en 1941 aux réseaux des Francs Tireurs et Partisans, puis au Parti communiste d’Espagne.

En septembre 1943 à 19 ans, il est arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald.

« Je suis emprisonné parce que je suis un homme libre, parce que je me suis vu dans la nécessité d’exercer ma liberté, que j’ai assumé cette liberté ».

Il devient le matricule « 44 904 », responsable des activités culturelles des prisonniers espagnols, puis est  libéré par les chars du général Patton; après son départ de Buchenwald, il décide de ne plus se souvenir, choisissant « l’amnésie délibérée pour survivre ».

Il ne rompra ce silence volontaire qu’en 1963.

« Pour les survivants, la mémoire la plus forte c’est l’odeur des crématoires. Lisez Blum qui parle de « cette étrange odeur » qui lui parvenait par les fenêtres de sa villa du camp de Buchenwald et qui l’obsédait des nuits entières. Comment voulez-vous transmettre une expérience aussi forte en dehors de la littérature… »

Le temps de l’écriture

Rejoignant Paris, Franco étant conforté dans sa dictature, il débute une carrière d’interprète à l’Unesco, avant de repartir en Espagne (1952), et de coordonner la résistance communiste au régime franquiste, sous divers pseudonymes, notamment celui de Federico Sanchez, en charge des relations avec les milieux intellectuels. Il gravit progressivement tous les échelon de ce parti : Comité central puis Comité exécutif (Bureau politique) en 1956.

En 1964, le chef du PCE Santiago Carillo l’exclut du parti pour « déviationnisme ».

Après cette rupture politique, Jorge Semprun renoue les fils avec sa jeunesse littéraire et son douloureux passé, évoqué dans son premier récit, « Le Grand Voyage », qui rappelle les cinq jours de voyage qui l’ont mené de Paris à Buchenwald.

C’est le début d’une nouvelle vie, durant laquelle il « entre en littérature » et écrit de nombreux romans à succés (en 1969, «La deuxième mort de Ramon Mercader» obtient le prix Femina), particularité rarissime, il écrit dans les deux langues : espagnol et français … Puis français …

« Je pourrais vous répondre qu’un écrivain habite sa langue ou plutôt, en ce qui me concerne, le langage. C’est-à-dire un espace de communication sociale, d’invention linguistique. Dans les différentes occasions qui m’ont été données de risquer ma vie, l’idée de patrie ne m’a jamais hanté.

En cela, je diffère beaucoup des intellectuels français qui sont convaincus de savoir non seulement ce qu’est l’identité de la France, mais que cette identité est apparentée à l’universel. »

« Je n’ai pas choisi d’écrire en français, j’ai choisit de maitriser le français. Pour tout le monde j’étais l’étranger, le rouge espagnol de l’armée en déroute. J’étais une ruse de guerre, je voulais être indiscernable

Alors je suis devenu après complètement bilingue. Parce que le français est une langue admirable, l’espagnol est une langue qui a tendance à la grandiloquence, et à l’emphase, une tendance aux chemins de traverse, une complexité baroque » disait il à Bernard Pivot dans une émission d’apostrophes fameuse, avec sa voix si chaude.

Il alterne romans et scenarios de cinéma  avec Pierre Schoendoerffer, Alain Resnais (la guerre est finie), Costa-Gavras (Z, l’Aveu, Section Spéciale), Joseph Losey …

La mort de Franco en 1975, et l’arrivée de Juan Carlos sur le trône d’une monarchie parlementaire, initie une nouvelle séquence durant laquelle il deviendra durant trois ans Ministre de la Culture de Felipe Gonzales. Sa libre parole, son indépendance d’esprit s’adaptent mal à l’activité politique.

Il retourne à ses chemins de traverses, redevint écrivain et membre de l’Académie Goncourt, entre autres …

Le temps d’écrire ses dernières oeuvres, dont « une tombe au creux des nuages »

Puis il est parti …

L’Europe … Verbatim

Pourquoi êtes-vous si réceptif à cette culture viennoise, les Freud, Musil, Broch ?

Parce qu’ils ont contribué à façonner une partie de l’esprit européen. Ce sont ces voix juives, au moment où l’Allemagne s’effondre dans le nazisme, qui sauvent l’âme de ce pays. Aujourd’hui, il ne reste pas grand chose de cette intelligentsia juive européenne. Elle s’est

Buchenwald, le camp ou vous avez été déporté, se situe à Weimar, la ville de Goethe et de la République du même nom… 

C’est un binôme essentiel de la mémoire. Il rappelle que la culture n’empêche pas la barbarie. Les deux peuvent se situer sur le même territoire. Et je vous rappelle qu’après avoir été un camp nazi, Buchenwald est devenu jusqu’en 1950 un camp de concentration soviétique géré par la police de Staline. L’Allemagne reste le seul pays d’Europe à avoir fait l’expérience des deux totalitarismes du XX eme siècle.

Hitler et Staline résument-ils pour vous ce XX e siècle ?

Heureusement non! Mais ils ont marqué ce siècle profondément, bien qu’on ne puisse mettre Hitler et Staline sur le même plan. Ces deux systèmes totalitaires sont comparables du point de vue de leurs conséquences historiques concrètes, mais ils diffèrent sur leurs idéologie et leur finalité proclamée.

Comme le disait le philosophe Max Horkheimer, « celui qui ne peut pas parler du stalinisme devrait aussi se taire sur le fascisme ».

 Ceci dit, le XX e siècle, c’est aussi le cinéma, les arts, la psychanalyse, l’émancipation coloniale, la fin des empires et la libération de la femme qui n’est pas terminée…

L’économie est importante, primordiale, mais la vraie question demeure : l’Europe a-t-elle besoin d’une âme ? 

Je pense que oui. L’Europe, mécaniquement parlant, cela fonctionne. Les jeunes pratiquent tous les jours l’Europe sans même le savoir, comme monsieur Jourdain faisait de la prose. Ils se déplacent sans visa, ils peuvent suivent des cours dans différentes universités, ils paient avec la même monnaie.

En revanche, au-delà de cette pratique de l’Europe, il faut la penser. Et là encore, je suis sûr que les écrivains et que la culture ont un rôle fondamental à jouer.

Quel est l’utilité du devoir de mémoire ?

L’expérience des camps nazis est une expérience singulière. En faire un sujet de roman requiert des précautions d’usage, mais je reste persuadé que seule la littérature peut endosser cette mémoire à l’adresse des générations suivante et la rendre vivante.

Il le faut bien et c’est même essentiel puisque bientôt il n’y aura plus de témoins directs de l’extermination qui s’est déroulé dans les camps nazis. Sinon la mémoire va s’éteindre et il y a des histoires que seuls des écrivains peuvent transmettre. Aujourd’hui, pour saisir quelque chose de la guerre de Trente Ans, il nous reste heureusement Mère Courage de Brecht.

Faut-il renoncer à améliorer le monde ?

Sûrement pas ! En revanche, il faut en finir avec l’idée de révolution, de tout changer. Il faut accepter une certaine forme de libéralisme dans laquelle il faut introduire plus de justice, plus de partage.

Tout ceci se fait au niveau des réformes, pas des changements radicaux. Mais je suis conscient qu’il est bien plus difficile de mobiliser les foules sur des réformes que sur la révolution.

« Fugue de mort » (Todesfuge) (Paul Celan, 1945)

Paul Celan a écrit ce poème en mai 1945, à Bucarest, trois mois après la libération du camp d’Auschwitz par l’Armée rouge.

Lait noir de l’aube nous le buvons le soir

le buvons à midi et le matin nous le buvons la nuit

 nous buvons et buvons

nous creusons dans le ciel une tombe où l’on n’est pas serré

Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit

il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d’or

écrit ces mots s’avance sur le seuil et les étoiles tressaillent il siffle ses grands chiens

il siffle il fait sortir ses juifs et creuser dans la terre une tombe

il nous commande allons jouez pour qu’on danse

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit

te buvons le matin puis à midi nous te buvons le soir

nous buvons et buvons

Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit

il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d’or

Tes cheveux cendre Sulamith nous creusons dans le ciel une tombe où l’on n’est pas serré

Il crie enfoncez plus vos bêches dans la terre vous autres et vous chantez jouez

il attrape le fer à sa centure il le brandit ses yeux sont bleus

enfoncez plus les bêches vous autres et vous jouez encore pour qu’on danse

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit

te buvons à midi et le matin nous te buvons le soir

nous buvons et buvons

un homme habite la maison Margarete tes cheveux d’or

tes cheveux cendre Sulamith il joue avec les serpents

Il crie jouez plus douce la mort la mort est un maître d’Allemagne

il crie plus sombres les archets et votre fumée montera vers le ciel

vous aurez une tombe alors dans les nuages où l’on n’est pas serré

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit

 te buvons à midi la mort est un maître d’Allemagne

nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons

la mort est un maître d’Allemagne son oeil est bleu

il t’atteint d’une balle de plomb il ne te manque pas

un homme habite la maison Margarete tes cheveux d’or

il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans le ciel

il joue les serpents et rêve la mort est un maître d’Allemagne

tes cheveux d’or Margarete

tes cheveux cendre Sulamith

L’agence de l’eau en eaux troubles

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Le travail d’un élu, outre son mandat direct, consiste également à participer à certaines structures, qu’elles soient associatives ou intercommunales. Ce qui exige quelquefois des gestions d’agendas délicates; point de cumul ces participations étant liés trés souvent à nos mandats et bénévoles.
Si j’ai accepté de siéger sur proposition de l’Association des Maires de France, au Comité de bassin de l’agence de l’eau Seine et Normandie, l’instance délibérative qui rassemble tous les acteurs impliqués (collectivités locales, industriels, agriculteurs, Etat, consommateurs, ONG…) c’est bien que cette problématique m’intéresse depuis de nombreuses années (voir reportage FR3 et billet).
La France compte 12 Comités de Bassin (7 en métropole), chacun fixant les grandes lignes de la politique publique relative à l’eau, en partant de son Schéma Directeur (SDAGE : Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux). L’organisation en bassin versant, modèle du genre depuis 1964, répond à une vraie logique d’ensemble.
Ces « parlements de l’eau » votent un programme d’actions, que l’agence de l’eau, leur bras armé, doit mettre en place dans chaque bassin hydrographique. Ces dernières financent la politique mise en oeuvre et concilient gestion de la ressource, développement économique et respect de l’environnement.
Elles privilégient trois axes d’action : la gestion équilibrée et durable de la ressource, les objectifs de qualité et de quantité; la protection et l’amélioration de l’état des eaux et des milieux aquatiques.
L’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN) est la plus importante en France, elle gère un budget de prés d’un milliard d’euros issu des factures acquittées par les usagers (20% de la facture environ). Cet Etablissement public dépendant du ministère de l’écologie traite toutes les questions relatives à l’ensemble du cycle de l’eau et à la protection du milieu (captage, assainissement, environnement) sur un territoire qui représente 20% du pays et dans lequel vivent 18 millions d’habitants.
Trop peu de nos concitoyens s’intéressent à cette problématique, ce qui est regrettable vu les montants en jeu, mais surtout de par son importance vitale pour notre vie quotidienne actuelle et future.
Autant j’étais impatient de participer à l’assemblée du 1er décembre, une  première pour moi, autant je ne suis pas prêt d’oublier une réunion qui fera date, me retrouvant plongé d’un coup dans les eaux assez troubles de petits calculs qui n’honorent ni l’Agence de l’eau, ni les acteurs réunis et nous éloignent considérablement des hautes missions que cette assemblée doit relever au service de nos concitoyens et de nos collectivités.
Voici le point sur une affaire qui risque de connaître de nouveaux rebondissements dont les deux principaux protagonistes sont André Santini, Ancien Ministre, Député Maire d’Issy les Moulineaux, ice-président de la communauté d’agglomération du Grand-Paris-Seine-Ouest, Président de la Société du Grand Paris, et du Syndicat des Eaux d’Ile de France (SEDIF) dont nous reparlerons, mais aussi Président du club des parlementaires amateurs de Havane, grosse tête à l’occasion et Anne Le Strat adjointe au maire de Paris, chargée de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des canaux, Présidente de la Régie Eau de Paris.
Objet de la discorde l’élection à la Présidence du Comité de bassin, jugeons plutôt …

 

 

La présidence de l’Agence de l’eau Seine Normandie est un poste politique influent, l’agence intervient dans 25 départements et concerne la vie quotidienne de 18 millions d’habitants : mise en conformité des stations d’épuration, lutte contre les pollutions diffuses agricoles et la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, protection des captages d’eau potable les plus menacés, interconnection des réseaux, actions en faveur des zones humides (lutte contre les inondations, préservation de la biodiversité, filtration de l’eau) et des continuités écologiques avec les mises en place de trames vertes et bleues. C’est dire son importance pour la protection de l’environnement.

Voici quelques péripéties qui ont illustré, l’élection à sa Présidence …

Episode 1 – Santini boit la tasse
Jeudi 29 septembre, préfecture de Paris et de Région, deux candidats se présentent à la présidence du Comité de bassin Seine Normandie : Anne le Strat,  André Santini. C’est un peu service public (Régie Municipales de Paris) contre grands groupes (Veolia est le concessionnaire du SEDIF).
Premier tour du vote à bulletin secret, André Santini l’emporte avec 71 voix contre 70 voix à Anne le Strat, et un bulletin nul.
Rappel au règlement, validé en direct par le représentant de l’Etat, compte tenu du règlement : pour gagner, il faut la majorité plus une voix, il manque donc à André Santini 1/2 voix pour être élu…
Un second tour s’impose.
Anne le Strat avec 73 voix, l’emporte sur André Santini : 69 voix. Elle est élue présidente du Comité de bassin Seine-Normandie, cette universitaire de 42 ans devient la première femme à la tête d’un Comité de bassin.
Monsieur Santini à priori, n’a pas admis, ce vote des délégués pourtant clair. Non seulement, il n’a pas été très fair play après le scrutin mais a décidé de déposer un recours au Tribunal Administratif.
Cette élection marque une rupture historique à la tête de la première agence de l’eau de France, puisque Anne Le Strat est la personne qui a conduit à bon port  la remunicipalisation de l’eau à Paris, aprés 25 ans de privatisation.
Episode 2- André Santini, Président du  Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (SEDIF)
Ce syndicat créé en 1923 alimente en eau potable 142 communes, 7 départements d’Ile-de-France (hors Paris), soit 4 millions d’usagers, avec un budget de 580 millions d’euros il est le plus grand service public d’eau en France. Le détenteur de ce marché pour le moins stratégique est la société Veolia, depuis un siècle et le dernier choix de délégataire,
André Santini est le Président de ce syndicat depuis 2003. La dernière consultation pour choisir le délégataire, en 2009, conséquence de la loi Sapin, a donné lieu une sacré passe d’armes avec Suez et aura fait baisser la marge du lauréat, Véolia, d’à peu prés 20 %. Résultats donnant lieu à quelques contreverses.
Episode 3- A l’eau de la claire fontaine
André Santini dépose un recours au tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val d’Oise) afin de  contester cette élection. Il aurait du, selon lui, être élu au premier tour.
Et là, les chronos s’emballent … Plus rapide encore qu’une procédure en référé …
Rappelons que ce recours a été présenté début octobre, et qu’il ne relevait pas d’une procédure en référé, il a fallut moins de deux mois pour instruire le dossier, à priori le Tribunal Administrif de Cergy a peu de dossier en cours, ou alors il a des traitements différenciés selon les justiciables. Madame Le Strat apprenait, le 24 novembre, que le délibéré se tiendrait sous quinze jours et que la décision serait notifiée vers mi-décembre. Ce qui était trop long encore, un Comité de Bassin devant se dérouler le 1er décembre.
Le 30 novembre en soirée, vous ne rêvez pas, moins d’une semaine plus tard et surtout la veille de la tenue du Comité de Bassin du 1er décembre, le tribunal indique sur son site, qu’il a notifié son jugement aux parties prenantes. C’est ce que certains sociologues dénomment  « l’accélération dans l’accélération».
On aurait pu imaginer que la justice se prononce en faveur d’une nouvelle élection, dont les règles de définition de la majorité absolue auraient été clairement définies sans ambiguïté possible, mais à priori il fallait qu’il y ait un seul vainqueur.
Deux questions, cependant, sans revenir sur le choix de l’avocat, à priori la défense de M. André Santini aurait été présentée en sa qualité de président du SEDIF : a t’il eu mandat pour le faire ?  En quoi la non élection de son Président actuel à la Présidence du Comité de Bassin, concerne t’il le SEDIF ?
Si tel était le cas, ce serait bien les usagers du SEDIF qui ont payé les honoraires dudit avocat dans la procédure intentée par André Santini pour reprendre à Anne le Strat la présidence du Comité de bassin Seine Normandie …
Episode 4 – L’Agence plonge en eau trouble
Quelle n’a pas été ma surprise, lorsque arrivé à la réunion, j’ai vu, alors qu’aucune notification officielle n’avait été délivré, devant une ambiance un peu tendue, le panneau de Madame Le Strat Président retiré par les services de l’Agence, et pire encore, la séance débuté sans présence de cette élue dans l’hémicycle, alors qu’elle était présente, et certains élus dans la salle remettre en cause le même compte rendu, qui a servi de base d’ailleurs au Tribunal Administratif pour prendre une décision à mes yeux contestable, certains poussant le comble à contester l’existence même d’un second tour qui s’est pourtant dérouler  ?
Quelques éléments de réflexion personnelle …
Dans quelle démocratie et dans quel pays nous trouvons nous ?
Autant je ne conteste pas bien évidemment à Monsieur Santini, le droit de poser un recours, autant le déroulement de la procédure par le Tribunal Administratif m’interpelle, notamment lorsque l’on connaît l’engorgement de ces instances.
Il y a le temps des juges et le temps de la vie …
La notification n’étant pas encore connue et signifiée officiellement aux justiciables, Madame Le Strat aurait pu et du présider cette séance du 1er décembre, quitte à être dessaisie le lendemain même du fait de la décision du Tribunal, nous sommes dans un état de droit, me semble t’il ?
J’avoue avoir été choqué de l’attitude des dirigeants de l’Agence, notamment de la Directrice qui a animé ce début de  réunion.  Quel était le problème ?
Devant cette situation, une majorité de membres du Comité de Bassin, dont je faisais partie ont demandé le report de ce qui a été une caricature de réunion, proposition accepté à l’unanimité mais qui  n’augure pas d’une ambiance sereine désormais dans cette assemblée.
La tenue d’un nouveau scrutin, avec des règles clairement définies sans aucune ambiguïté possible m’apparaît comme plus que souhaitable, incontournable.
Annexes
Pour Anne Le Strat, 
« les réseaux politiques ont réussi à faire pression sur la justice pour qu’elle hâte sa décision. Il s‘agit là d’une revanche de la pire bassesse politicienne, d’un putsch sur un vote démocratique. André Santini revient par la fenêtre de façon scandaleuse, il ne pourra présider le comité de bassin dans de bonnes conditions. »
Celle qui fut, un temps, la première et unique femme à présider un « parlement de l’eau », réfléchit à la meilleure option : engager à son tour un recours ou endosser l’habit de première opposante au président finalement reconduit ?
Décision du Tribunal Administratif
Le 29 septembre, Guy Fradin, qui était alors le directeur de l’agence, en présence d’un grand nombre de hauts fonctionnaires de l’État et d’élus, a considéré que la majorité absolue était à la moitié des suffrages exprimés plus un, soit 71,5. Il a donc organisé un deuxième tour où Anne Le Strat l’a emporté avec 73 voix contre 69, un suffrage de plus ayant été exprimé.
Or, selon plusieurs circulaires, celles du 21 juillet 2008 relative aux élections sénatoriales ou celle du 2 juin 2008 relative à la désignation des délégués des conseils municipaux, la majorité absolue est égale à la moitié plus un des suffrages exprimés, lorsque ce nombre est pair. La majorité absolue est égale à la moitié plus un du nombre pair immédiatement inférieur au nombre des suffrages exprimés, si ce nombre est impair.
Le rapporteur s’est appuyé sur ces textes pour valider la position d’André Santini. Ce dernier estime qu’il aurait du être élu au premier tour avec ses 71 voix (141 voix moins une, soit 140, divisé par deux plus un, soit 71…)
(…)
« Article 1er : Le second tour des opérations électorales qui se sont déroulées le 29 septembre 2011 pour l’élection du président du Comité de bassin de l’agence de l’Eau Seine-Normandie est annulé.
Article 2 : M. SANTINI est proclamé élu en qualité de président du Comité de bassin de l’agence de l’Eau Seine-Normandie à la place de Mme Le Strat.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. André SANTINI et à Mme Anne le Strat. Copie en sera adressée au ministre de l’environnement et du développement durable et au ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration. »
(…)

Pour une nouvelle approche du Développement Durable

 « le temps du monde fini commence »

                                                  Paul Valery


1378820579.jpg La 17e conférence de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) s’est ouverte, aujourd’hui,  pour deux semaines, à Durban.

A  tout juste quelques mois du 20 eme anniversaire du Sommet de Rio (1992),  le pire est malheureusement toujours à craindre, que ce soit au niveau de l’augmentation des  émissions de Gaz à effet de serre, que du réchauffement planétaire, qu’il paraît compromis désormais de limiter à 2 ° d’ici la fin du siècle, seuil plancher pourtant préconisé par les experts du du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour se prémunir d’un réchauffement aux effets irréversibles.
L’objectif est de prolonger le protocole de Kyoto, unique traité juridique contraignant ;  de récents rapports confirment que si rien ne change, la température sur la planète augmenterait de 3 °C à 6 °C d’ici à la fin du siècle !

Il faut effectivement trouver une suite au protocole de Kyoto, dont la première période d’engagement expire fin 2012. Rien ne nous dit pourtant malgré l’aggravation de la situation que le sommet de Durban sera plus constructif que celui de Copenhague (2009), ou de bien d’autres ...

It’s a long way ago

Issu des travaux du club de Rome, de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement humain (Stockholm, 1972), le concept du Développement Durable s’est popularisé avec le rapport de Gro Harlem Brundtland, « Notre Avenir à tous », (1987), qui le définit ainsi : « un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». 

La Commission mondiale sur l’environnement et le développement s’accorde sur une  « nouvelle » définition de ce concept en le faisant reposer sur ses trois piliers historiques : économique, social, et environnemental (ou écologique) et leur nécessaire équilibre.

Il faut attendre le Sommet de la Terre sur l’environnement et le développement (Rio, 1992) qui adopte la « déclaration de Rio » et sa déclinaison locale « l’Agenda 21 », pour voir  la plupart des Etats s’engager dans l’élaboration de stratégies nationales de développement durable. 
Mais la situation a évolué à un degré  tel, qu’elle nécessite au regard de  l’aggravation de l’état de la planète, de tout remettre à plat et en perspective :  enjeux, priorités, actions à engager et calendrier.

Ce qui nécessite un changement de cap radical dont l’urgence, du fait de l’accélération du réchauffement climatique due aux émissions de gaz à effet de serre  (notamment le CO2) et des menaces pesant sur la biodiversité, n’est plus remise en cause par personne.

 Il s’agit non seulement d’inverser ces deux tendances, mais bien de proposer une nouvelle approche du Développement Durable et de ses priorités …

 

 

 

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 L’heure n’est plus à un équilibre savant et théorique dans lequel l’environnement doit composer avec l’économique et le social, mais bien de répondre à une échelle de priorité claire et nette fixée par l’état dramatique de la planète.
Pour la première fois sur la terre, maintenant et désormais, l’action humaine avec ses processus cumulatifs, peut modifier durablement les dynamiques des enveloppes : atmosphère, hydrosphère, biosphère. 

Les croissances mondiales ne sont plus limitées que par les dimensions physiques de la terre et les limites de sa capacité à se régénérer. Paradoxe cependant, le court terme pèse plus dans notre société que le long terme, une réalité que l’on retrouve dans trop arbitrages à effectuer, au moment même pourtant où l’action humaine exige la prise en compte absolue des temps longs.

 

Pour une nouvelle approche du Développement Durable

Nos sociétés n’ont plus le choix, une hiérarchie nette des enjeux entre planète (la biosphère), et société des hommes, dans toutes ses dimensions (culturelles, sociales, économiques), s’impose.

Elle exige de déterminer tant la marge d’action est désormais réduite et l’échelle de temps courte ceux qui dans les objectifs poursuivis, vu les urgences, apparaissent comme les « plus prioritaires » ; application concrète du principe de responsabilité, .

C’est le sens du nouveau schéma proposé : les inter relations entre société et biosphère ou/et entre société et individu, intègrent les « piliers » économique et social du schéma traditionnel représentant le Développement Durable (Brundtland). 

L’économique et les relations sociales n’étant que les résultantes des médiations et des choix politiques des Etats ; le mode de fixation du prix des différentes sources d’énergie en est la meilleure illustration, tant différents paramètres interviennent (subventions, fiscalisation, taxes …).  Le préalable incontournable est bien l’état de la biosphère et ses impératifs. 

Une nouvelle dimension émerge également et s’impose à tous : la gouvernance. Elle n’intervient plus sur un équilibre quelquefois précaire ou factice entre trois composantes plus ou moins équivalentes, mais doit se fixer une priorité absolue, l’intégrité de la biosphère.

 

Elle résulte de la convergence de plusieurs paramètres conjugués :

– la complexité croissante des domaines concernés par la problématique du Développement Durable,

– la diversité et le pluralisme des approches des différents acteurs,

– la nécessité de privilégier une approche transversale abordant concrètement la problématique des usages et de la concertation citoyenne

– la continuité d’une démarche qui doit se perpétuer bien au delà de la livraison du quartier et se « conjuguer » au quotidien.

 

Enjeu prioritaire : la biosphère

L’état de la planète nécessite un changement de cap radical en divers domaines : efficacité énergétique, économie des ressources naturelles, production d’énergie non fossile, consommation foncière, biodiversité et limitation du  réchauffement climatique du aux émissions de gaz à effet de serre. 

Selon le rapport du GIEC, poursuivre les émissions de GES au rythme actuel accentuerait non seulement le réchauffement de la planète mais modifierait de manière irréversible le système climatique, avec des conséquences dramatiques.

En l’état actuel des recherches scientifiques, la température moyenne sur Terre pourrait augmenter de 3 à 6°C d’ici la fin du siècle ; pourtant une hausse des températures supérieure à 2 °C renforcerait les phénomènes météorologiques extrêmes et aurait pour nombre de régions du globe des conséquences désastreuses (montée des eaux, catastrophes météorologiques …).

Car toute activité humaine influe sur la biosphère : habitat (conversion des terres, gestion urbaine…), mobilité, maintien de la biodiversité (faune et flore), pollution (pesticides, effluents urbains et industriels, déchets …), changement climatique (émission de GES, combustion d’énergies carbonées, déforestation, industries …), espèces invasives…

 Ces menaces, directes ou indirectes, pèsent sur la biodiversité, et sont les conséquences de la présence humaine (nourriture, eau, énergie,  matériaux, espace, équilibre des écosystèmes, activités humaines …). Leur impact dépend non seulement du nombre total d’habitants, mais aussi de leur mode de vie ou de développement.

 

Mobilis in mobili (2)

 

0062.jpgRevenons sur les changements qui bouleversent peu à peu l’offre en transports tant ils modifient nos repères quotidiens en replaçant la question de la mobilité, au centre non seulement de l’organisation urbaine et de l’aménagement du territoire mais de notre vie en général.

Se déplacer est une nécessité absolue qui conditionne l’accès au travail, à l’éducation, à la culture, à la santé, et de manière plus globale à toute vie sociale.
Cette faculté ne peut être considérée comme une fin en soi, nos déplacements quotidiens étant directement liés à une activité et non au seul désir de parcourir une distance; il s’agit ici, pas seulement d’épanouissement individuel mais bien d’une obligation vitale, tant pour le citoyen que pour le dynamisme et l’agilité d’un territoire, dont l’efficacité tient également à la capacité qu’il donne à ses habitants de se déplacer de manière efficace.
Plus que jamais, notre société est en mouvement (mobilis in mobili »), c’est ce qui arrive à la Région Ile de France depuis 2006, y compris désormais en grande couronne.

Notons que si le lien entre accès efficient (cout / durée) à un réseau de transport performant constitue une valeur ajoutée pour les entreprises et l’économie, les infrastructures de transport représentent un coût significatif (investissement comme fonctionnement) et demeurent « peu rentables » sur le court terme. C’est pourquoi la puissance publique finance cette fonction qui constitue un véritable avantage comparatif territorial. Réalité qu’il est bon de rappeler aux tenants d’un ultra libéralisme qui démontre furieusement ses limites ces derniers temps, considèrant trop souvent la puissance publique comme une charge financière et un frein au développement économique. Il faut quelquefois voir au delà du bout de son nez, aussi long soit il …

Une des particularités de l’Ile de France, et non la moindre, est la présence du STIF (Syndicat des Transports d’Ile de France, nous y reviendrons dans le prochain billet). C’est incontestablement comme partout en France, la volonté des élus régionaux de changer une donne passablement compromise, afin d’enclencher un véritable mouvement de fond dans le domaine des mobilités qui a permis de faire évoluer un contexte qui semblait jusque là figée et de créer des perspectives meilleures.

En Ile de France, une des origines de ce mouvement est la réflexion initiée autour du Schéma Directeur Régional. Ce dernier, fruit d’un travail collectif piloté remarquablement par Mireille Ferri témoigne d’une nouvelle approche, liant développement territorial, intensité urbaine et mobilités. Il a permis de déboucher sur un document stratégique qui souligne l’importance de structurer un territoire autour des nœuds de son réseau de transport collectifs; ce qui permet en contre point de protéger également  espaces naturels et agricoles.
Une réflexion qui nous aura fait gagner beaucoup d’années, mais qui pour être mis en œuvre nécessite un préalable : avoir un réseau de transport performant.

C’est bien là que le bas blesse, conséquence logique du manque d’investissement tant de l’Etat, que de la SNCF depuis plusieurs décennies dans le réseau de banlieue. Situation devenue critique (cf ce blog) du fait du manque de moyens consacrés tant en fonctionnement qu’en investissement.
Incontestablement le changement de gouvernance au STIF a été le point de départ de ce que l’on peut réellement qualifier de « reconquête » : cadencement, acquisition de nouvelles rames, investissement dans les gares, création de lignes de tramway, rénovation des voies et ballasts, avec la particularité de consacrer la moitié des investissements à la grande couronne (volonté affirmée de Jean Paul Huchon).

Vague de fond qui s’est propagée aux acteurs  de la mobilité :

–  La SNCF renouant avec les territoires et les mobilités de proximité mais aussi avec ses racines, après deux décennies consacrées quasi exclusivement au développement du TGV. Remise en cause interne qu’il convient de saluer, accompagnée du soutien financier de la région et du STIF. L’entreprise nationale qui jusqu’en 2006 avait démontré un certain « autisme » face aux demandes des usagers et des élus (cf ce blog), a depuis entrepris une vraie révolution culturelle et s’investit de nouveau vers l’avenir en travaillant à bâtir de vraies perspectives, tant pour les usagers que son personnel …

– Les autres opérateurs, qui ont initié un mouvement de concentration, notre transporteur local historique (Marne et Morin) après avoir avalé tous ses concurrents a été racheté par le groupe Transdev et accélérer la constitution de réseaux suffisamment dimensionnés pour répondre aux enjeux transversaux de la nouvelle dimension que revêt désormais la problématique des mobilités beaucoup plus globale  : Keolis, Transdev, RATP …

Se déplacer est enfin redevenue un enjeu politique, au sens noble du terme, tant cette capacité  est liée au temps qui passe, au temps à gagner, à la liberté de se mouvoir avec agilité dans l’espace, tant pour son épanouissement personnel que celui de la société. Une capacité vitale qui nous caractérise depuis que l’homme est homme.

Peu à peu, irrémédiablement, le paysage des mobilités évolue, mute, un nouveau paradigme se dessine, avec l’émergence d’un nouvel acteur, la collectivité …

 

 

 

Réel changement de paradigme

Si les transports collectifs constituent un service d’intérêt général, ce dont aucun usager ne doute, ils fonctionnent pourtant avec des entreprises privées, d’où le concept « d’Autorité? Organisatrice ». Son origine remonte à la construction des premières lignes de tramway électrique (fin XIXe siècle); un montage juridique qui sépare de manière étanche, deux fonctions : une politique touchant à la définition du service public de transport (organisation, architecture, priorités, modalités) dévolu à l’autorité organisatrice, une carrément technique, la concession, portant sur la mise en œuvre concrète du service.

Cette architecture a été consacrée par la loi d’orientation sur les transports intérieurs (LOTI, 1982),  conférant la mission d’autorité organisatrice aux seules collectivités, excepté en Ile de France. Ce n’est effectivement qu’en 2004, que cette région, la seule jusque là demeurant sous le régime du décret de 1949, est passé sous la direction des élus, (en fait 2006, après quelques péripéties cf blog, et autre billet ).

Mais le changement de paradigme ne se limite pas au seul leadership décisionnel, il concerne également le développement des territoires et l’émergence de nouveaux besoins en mobilité.`

Si la France n’est plus rurale, elle n’est toujours pas « citadine» au sens strict du terme. Notre pays est littéralement léopardisé par les « aires d’influence urbaines ». Aujourd’hui 95% des français vivent sous l’influence des villes et plus d’un français sur deux hors du périmètre des transports urbains. Les zones rurales ou « sub, péri ou inter urbaines » accueillent de plus en plus de nos concitoyens, et développent quelques caractéristiques communes : faible densité de population, habitat dispersé, besoins en déplacements  multiples et omniprésence de l’automobile individuelle, due le plus souvent à la quasi absence de desserte collective.

Cette situation nécessite de combiner plusieurs modes de transport, d’autant que la ville centre n’a souvent plus l’attractivité d’antan, le développement territorial qui s’impose est de plus en plus multipolaire et s’affranchit de plus en plus du scenario de transport urbain qui prévalait jusque là (mono mode, de masse et pendulaire), plus du tout adapté à la nouvelle donne territoriale.

 

Définir et initier un projet de territoire « mobile »

Il est important pour chaque territoire de concilier dans son projet de développement, dynamique territoriale (économique, culturelle …), démarche environnementale (limitation des émissions de gaz à effets de serre), renforcement de la cohésion sociale et mobilités.
Pour ce faire il est nécessaire d’être en capacité d’identifier les particularités de chaque espace, présents ou futurs, afin de pouvoir les investir selon leur destination, les mettre en relation, tenir compte de leurs contraintes ou atouts, afin de  donner à la fois du sens et des perspectives.

Approche transversale et globale qui amène à réfléchir différemment, en prenant de la hauteur et permet d’analyser plus sereinement l’organisation de nos sociétés, leur développement, la nature des liens entre habitants ou usagers des territoires et inévitablement l’organisation des mobilités. Etape préalable inidspensable pour pouvoir être en capacité de projeter cet ensemble dans un futur proche afin d’anticiper plutôt que subir.
C’est tout l’intérêt des démarches de planification transversale, telle celle initiée en Ile de France avec le Schéma Directeur Régional et sur d’autres territoires autour des SCOT, PLH, PLD….

Il y a la « carte (présente), les territoires » et leurs liens  … Mais aussi la carte en devenir, à écrire. Les liens aujourd’hui ne sont plus simplement uni ou bi directionnel, mais quasi neuronaux. La force d’un territoire, notamment lorsqu’il est multi polaire est la vitalité et la qualité de ses échanges, qu’ils soient internes ou externes.

Pour illustrer ce propos, le projet de territoire de notre agglomération a associé les travaux autour du SCOT et du PLD, afin d’initier une démarche globale et systémique, qui pourrait constituer dans les prochaines années un vrai levier de développement territorial.
Signalons l’apport qualitatif des bureaux d’études qui ont accompagné ces réflexions et permis grâce à leur approche quasi provinciale, de proposer un schéma de développement, certes atypique pour la Région Ile de France, mais me semble t’il trés adapté aux caractéristiques de notre territoire face au changement climatique et à la nécessité de preserver les espaces naturels et agricoles : reliefs, présence de cours d’eau, espaces agricoles et naturels, présence de communes rurales, péri urbaines, centre …

Nous devons proposer une organisation globale reposant sur plusieurs modes de mobilités : transport « de masse » pour la ville centre, dimensionné à sa fréquentation (projet de Transport en Commun en Site Propre), articulation entre liaisons bus et réseau ferré et création de pôle multimodaux d’échanges pour le péri urbain et transport quasi individuel (transport à la demande), là ou la demande est actuellement trop individualisé et les flux d’usagers trop limité pour une offre classique en bus. Systèmecertes  complexe à mettre en place mais qui aux yeux des futurs usagers doit paraître transparent, nous y reviendrons dans le prochain volet de cette série.

Car l’enjeu dans nos territoires est de « combattre » l’usage intensif de la voiture, et pour cela guère le choix, il faut bâtir une offre de transport adapté à chaque contexte, une offre efficiente, articulée et complémentaire permettant de constituer une vraie alternative au « tout voiture ».

 

 

Annexes

 

Défis et orientations du Plan de Déplacement Urbain d’Ile de France

1.Agir sur les formes urbaines, l’aménagement et l’espace public

2.Rendre accessible l’ensemble de la chaîne de déplacements

3.Construire le système de gouvernance responsabilisant les acteurs

4.Faire des Franciliens des acteurs responsables de leurs déplacements

5.Rendre les transports collectifs plus attractifs

6.Agir sur les conditions d’usage des deux-roues motorisés

7.Redonner à la marche de l’importance dans la chaîne de déplacements

8.Donner un nouveau souffle à la pratique du vélo

9.Rationaliser l’organisation des flux de marchandises et favoriser le transfert modal

10.Agir sur les conditions d’usage de l’automobile