Schiste l’après décision du Conseil Constitutionnel

schiste.jpgEn 2010, le gouvernement Fillon avait accordé à certaines compagnies pétrolière américaines, Jean Louis Borloo était alors en responsabilité de ces dossiers, des autorisations leur permettant d’explorer le sous sol du pays afin de rechercher les gisements éventuels de gaz ou d’huile de schistes.
Ces compagnies avaient alors commencé leur travaux d’implantation afin de débuter leurs forages, sans informer au préalable populations et élus locaux.

Devant les risques environnementaux avérés, les associations de défense de l’environnement et les élus locaux, notamment en Seine et Marne (cf note précédente) se sont mobilisés en nombre. Cette prise de conscience collective a amené le gouvernement à faire machine arrière, ce dont nous nous sommes réjouis à l’époque et Christian Jacob a déposé une proposition de loi (loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011) visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique, abrogeant les permis exclusifs de recherches recourant à cette seule technique.

La société texane Schuepbach, une des compagnies concernés, dont deux des permis miniers avaient été annulés courant octobre 2011, a contesté la constitutionnalité des articles 1 et 3 de cette loi auprès du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, via une question prioritaire de constitutionnalité transmise ensuite au Conseil d’Etat puis au Conseil constitutionnel. Ce dernier a rendu vendredi dernier sa décision.

Dans son arrêt il a précisé que le législateur « a poursuivi un but d’intérêt général de protection de l’environnement », et que « la restriction apportée tant à la recherche qu’à l’exploitation des hydrocarbures ne revête pas, en l’état des connaissances et des techniques, un caractère disproportionné au regard de l’objectif poursuivi ».

C’est un signal fort envoyé aux détenteurs de permis abrogés, aux lobbies de l’industrie pétrolière, mais également un soutien important pour les riverains des zones d’exploration ou d’exploitation potentielles, dont de nombreuses Seine-et-Marnais (Doue, Jouarre). Cette décision constitue également une garantie de protection pour la sauvegarde des nappes phréatiques, capital dans notre région, et le maintien de l’intégrité des terres agricoles, enjeu de premier plan pour notre pays, tant la fracturation hydraulique présente des risques sérieux pour la sauvegarde de l’environnement.

Il faut souligner que, dans l’attente de la révision du Code Minier (entièrement à revoir, notamment sur le volet concertation),  le texte actuel de la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 n’écarte ni l’exploration des gisements, ni l’utilisation d’autres technologies que la fracturation hydraulique. Ce qui m’a amené a proposé le vote d’une Motion, en Conseil Municipal.

Je vous prie de trouver ci joint, le texte voté à l’unanimité, ce Vendredi 18 octobre

 

 

 

Motion votée par le Conseil Municipal de Trilport 

(unanimité)

 

« Mobilisés depuis 2010 dans la lutte contre l’exploration et l’exploitation des huiles de schiste par fracturation hydraulique, les élus du Conseil Municipal de Trilport se félicitent que le Conseil constitutionnel ait répondu à la Question Prioritaire de Constitutionnalité déposée par la société Schuepbach en validant la constitutionnalité des articles 1 et 3 de la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011, dite loi Jacob

Avec le souci de préserver le patrimoine naturel, la qualité des nappes phréatiques, l’activité agricole et de permettre aux habitants des territoires directement impactés par ces projets, dont de nombreux Seine et Marnais, de vivre en toute quiétude et sans crainte pour des éléments vitaux comme la qualité de l’eau ou de l’air, les élus de Trilport réunis en Conseil Municipal demandent :

 

o l’abrogation des permis d’exploitation et d’exploration des gisement d’huiles ou de gaz de schiste accordés y compris à titre expérimental, reposant sur la technique de la fracturation hydraulique

o que la plus grande transparence soit établie en matière de concertation et d’information, tant au niveau des élus locaux, que des populations directement et indirectement concernées, afin qu’ils puissent se positionner en totale connaissance des risques environnementaux ou sanitaires éventuels

o l’interdiction totale de tels forages, y compris à titre expérimental tant que la technique utilisée présente un risque environnemental avéré pour la qualité des eaux, l’intégrité des terres agricoles et naturelles, et ne soit un facteur de dégradation de la vie économique locale existante ou de risques pour les patrimoines publics et privés.

 

Ils soulignent également

o les limites du texte de loi actuel qui n’interdit que le recours à la technique de la fracturation hydraulique pour exploiter de tels gisements, autorisant de fait l’utilisation de tout autres technologies encore non-évaluées.»

 

 

La puissance d’un tweet

votre tele et vous.jpgC’est peu de dire que le manque de rigueur et d’éthique des journalistes de l’émission « Des paroles et des actes » dont l’invité était Christine Taubira m’a interpellé.
J’ai réagis en envoyant un tweet le soir même puis un mel le lendemain au médiateur de l’information de France Télévision, Nicolas Jacobs, afin d’exprimer le fond de ma pensée. Pour être tout à fait honnête, une telle réaction est une première pour moi, mais l’émission de Pujadas a été  la goutte d’eau de trop, un quasi point de non retour.

 A ma grande surprise Nicolas Jacobs m’a contacté suite à ce mel, puis après une longue discussion m’a proposé de participer à l’émission mensuelle animée par Marie Laure Augry sur la 3 « Votre télé et vous ».
Ce que j’ai accepté, étant très attaché à la télé publique, par culture et histoire personnelle. Ma conscience de citoyen s’est forgée en partie autour de certaines émissions des chaines publiques, notamment politiques, qui ont marqué ma jeunesse comme celle de tant d’autres. Les paroles mais aussi les silences, avait alors non seulement du poids, de la consistance, mais aussi et surtout, du sens. Pour l’interviewer, seules les réponses importaient alors, non ses questions.

De vrais temps forts structurant, éveillant les consciences, traitant du fond, apportant des clés de lecture et de décryptage utiles, évacuant la facilité, l’écume médiatique, le sensationnel, le superficiel ou le superflu… L’émission de Pujadas en est malheureusement à des années lumière.
C’est pour exprimer tout cela que j’ai participé à l’émission de Marie Laure Augry, dont les deux volets sont accessibles par internet  (émission et bonus internet du 25 septembre 2013).

Tout a en fait commencé par un tweet, c’est la force des réseaux sociaux :

«#DPDA #pujadas @chtaubira : Au secours Desgraupes ils sont devenus fous : l’indignité de Pujadas»

Mais, je vous propose d’aller un peu plus loin que ses 140 caractères …

 

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Deux cent ans après …

grognards4.jpgCe samedi, les grognards de l’empereur étaient de retour à Trilport : prise d’arme devant la Mairie (Place Albert Camus), défilé au son des fifres et tambours dans les rues de la ville. Ils y ont effectué une étape bienvenue avant de grimper jusqu’à Montceaux les Meaux et de redescendre ensuite, dans le même après midi, au village de Saint Jean Les deux Jumeaux.
Soulignons l’exigence et le soin apportée par les participants de cette reconstitution grandeur nature, que ce soit dans les costumes, l’exécution toute militaire des défilés, les attitudes, jusqu’aux chants accompagnant leur marche …  Ils nous ont offert un saut dans le temps pour le moins déroutant.
Ayons une pensée émue pour tous les fantassins qui, arborant de splendides bottes de sept lieux, risquent fort de se voir gratifier d’ici demain de magnifiques ampoules illuminées aux pieds.

Cette initiative originale, a été initié pour commémorer un épisode peu connu de la geste napoléonienne, celui de la bataille de la Marne de mars 1814, qui a été l’un des derniers combats de l’empereur. Cette idée invraisemblable, tout était à construire, François La Burthe, avocat passionné d’histoire Napoléonienne a su la faire partager au travers de l’association qu’il a créé « les Grognards de la Marne ». Avec son bâton de pèlerin, véritable bâton de maréchal, il a convaincu les différentes villes et villages de participer à l’événement, d’y contribuer même, en prenant le plus grand soin de préserver son coté populaire, fédérant autour de ce projet des compétences multiples et variées, allant de l’universitaire reconnu, au cavalier émérite et à la cantinière anonyme.
Nous avons soutenu cette initiative hors norme dés l’origine, contribuant comme tant d’autres, à la magnifique réussite de ce week end. Merci à toutes les chevilles ouvrières locales qui ont oeuvré avec beaucoup de coeur et de passion, avec une dédicace tout particulière à Geneviéve Leguay.

Cette commémoration a généré localement toute une série d’animations : conférences, dont une passionnante à Trilport il y a quelques mois, marche entre Trilport et Saint-Jean, bivouac à Montceaux-lès-Meaux, marché paysan, bal des officiers, expositions de peinture, pièces de théâtre et in fine une reconstitution grandeur nature de la fameuse bataille. Une initiative bienvenue qui aura eu également le mérite de préserver 5 emplois d’insertion (réalisation des costumes historiques) grâce à  l’activité de l’association Germinal.

Si c’est 2013 qui a été choisie plutôt que 2014, c’est afin d’éviter toute collision avec deux évènements qui nous attendent dans les prochains mois : les élections municipales mais aussi et surtout les cérémonies de commémoration de la grande guerre, qui a durement marqué notre territoire.

Je remercie les Grognards de la Marne d’avoir choisi Trilport comme ville étape. C’est effectivement ici, sur cette terre de Brie, qu’avec l’énergie du désespoir, les gardes nationaux, armée du peuple s’il en est, ont affronté et résisté longuement aux forces de la 6eme coalition, avant de plier …

Il y a quasiment deux cent ans.

 

 

grognards.jpg

La  Marne a depuis son origine bercée l’histoire de notre ville qui s’est développée à son contact. Tout d’abord grâce à l’aménagement d’un gué, puis d’un bac, et enfin de ponts reliant deux territoires voisins, hier opposés : les terres de Champagne et les terres de Brie.
C’est dire que Trilport a été durant des siècles un site hautement stratégique, du fait de son pont située directement sur la route d’Allemagne. La ville une des clés maitresses qui mènent a Paris a  vu passer durant les siècles, bien des armées étrangères en provenance de l’Est, qu’elles soient prussiennes ou allemandes.
Si la bataille  de la Marne reste associée à la Grande Guerre de 1914-1918, elle a été précédée, peu s’en souviennent, un siècle auparavant d’un épisode marquant les derniers jours du Premier Empire et qui ont constitué un véritable point de non retour pour Napoléon 1er, lors de la campagne de France qui s’est déroulée de janvier à avril 1814, elle a été capitale pour Napoléon Ier qui a tenté d’arrêter l’invasion du pays et de conserver son trône.

En février et mars 1814 des centaines de millier de soldats russes et prussiens font leur jonction à Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux et Trilport avec l’objectif de franchir la Marne pour arriver jusqu’à Paris. Durant cette bataille, le Maréchal d’Empire MacDonald fait sauter le pont de Trilport dans la nuit du 9 au 10 février pour ralentir l’avance des assaillants, le pont de pierre étant remplacé par un pont de 8 bateaux. Malgré cette initiative, et contrairement aux terribles combats de la bataille de la Marne qui marqueront durablement et durement un siècle plus tard ce territoire, « les digues lâcheront », l’ennemi passera, franchira la Marne et atteindra Paris.

La poignée d’hommes, renforcée de la Garde Nationale locale composée des habitants des villes et villages locaux qui tente d’arrêter depuis le plateau de Saint Jean jusqu’à Trilport les troupes ennemies est de loin bien inférieure en nombre aux forces ennemies, diminuée vu les pertes humaines subies lors de la campagne de Russie et surtout trés inexpérimentée, principalement composé de jeunes conscrits, les fameux  « Marie-Louise ». Elle n’a pas malheureusement fait long feu et a du plié.

L’histoire retiendra que si Napoléon parvient à infliger plusieurs revers aux troupes ennemies, il sera submergé par les différentes armées de la 6eme coalition, dont certaines commandées par ses anciens généraux. L’entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, beaucoup ayant passé part Trilport marque sa défaire, il abdique le 6 avril 1814 à Fontainebleau avant de partir en exil.

L’expiation, par Victor Hugo

Lors de la célébration à Montceaux les Meaux, un des participants a déclamé un extrait de ces magnifiques vers. Moment magique, empli d’émotion, on entendait une mouche volé, à savourer sans modération tant la langue française est belle et a du sens lorsqu’elle est écrite ainsi …

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.

Pour la première fois l’aigle baissait la tête.

Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,

Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.

Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.

Après la plaine blanche une autre plaine blanche.

On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.

Hier la grande armée, et maintenant troupeau.

On ne distinguait plus les ailes ni le centre.

Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre

Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés

On voyait des clairons à leur poste gelés,

Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,

Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.

Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,

Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,

Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.

Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise

Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,

On n’avait pas de pain et l’on allait pieds nus.

Ce n’étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :

C’était un rêve errant dans la brume, un mystère,

Une procession d’ombres sous le ciel noir.

La solitude vaste, épouvantable à voir,

Partout apparaissait, muette vengeresse.

Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse

Pour cette immense armée un immense linceul.

Et chacun se sentant mourir, on était seul.

 

– Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?

Deux ennemis! le czar, le nord. Le nord est pire.

On jetait les canons pour brûler les affûts.

Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,

Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.

On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,

Voir que des régiments s’étaient endormis là.

Ô chutes d’Annibal ! lendemains d’Attila !

Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,

On s’écrasait aux ponts pour passer les rivières,

On s’endormait dix mille, on se réveillait cent.

Ney, que suivait naguère une armée, à présent

S’évadait, disputant sa montre à trois cosaques.

Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !

 

Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux

Ils voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,

Avec des cris pareils aux voix des vautours chauves,

D’horribles escadrons, tourbillons d’hommes fauves.

Toute une armée ainsi dans la nuit se perdait.

L’empereur était là, debout, qui regardait.

Il était comme un arbre en proie à la cognée.

Sur ce géant, grandeur jusqu’alors épargnée,

Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;

Et lui, chêne vivant, par la hache insulté,

Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,

Il regardait tomber autour de lui ses branches.

Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.

Tandis qu’environnant sa tente avec amour,

Voyant son ombre aller et venir sur la toile,

Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,

Accusaient le destin de lèse-majesté,

Lui se sentit soudain dans l’âme épouvanté.

Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,

L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire

Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait

Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,

Devant ses légions sur la neige semées :

« Est-ce le châtiment, dit-il. Dieu des armées ? »

Alors il s’entendit appeler par son nom

Et quelqu’un qui parlait dans l’ombre lui dit : Non.

 

 

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !

Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,

Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,

La pâle mort mêlait les sombres bataillons.

D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.

Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance ;

Tu désertais, victoire, et le sort était las.

O Waterloo ! je pleure et je m’arrête, hélas !

Car ces derniers soldats de la dernière guerre

Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,

Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,

Et leur âme chantait dans les clairons d’airain !

 

Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.

Il avait l’offensive et presque la victoire ;

Il tenait Wellington acculé sur un bois.

Sa lunette à la main, il observait parfois

Le centre du combat, point obscur où tressaille

La mêlée, effroyable et vivante broussaille,

Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.

Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! – C’était Blücher.

L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme,

La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.

La batterie anglaise écrasa nos carrés.

La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,

Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,

Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;

Gouffre où les régiments comme des pans de murs

Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs

Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,

Où l’on entrevoyait des blessures difformes !

Carnage affreux! moment fatal ! L’homme inquiet

Sentit que la bataille entre ses mains pliait.

Derrière un mamelon la garde était massée.

La garde, espoir suprême et suprême pensée !

« Allons ! faites donner la garde ! » cria-t-il.

Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,

Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,

Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,

Portant le noir colback ou le casque poli,

Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,

Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,

Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.

Leur bouche, d’un seul cri, dit : vive l’empereur !

Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,

Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,

La garde impériale entra dans la fournaise.

Hélas ! Napoléon, sur sa garde penché,

Regardait, et, sitôt qu’ils avaient débouché

Sous les sombres canons crachant des jets de soufre,

Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,

Fondre ces régiments de granit et d’acier

Comme fond une cire au souffle d’un brasier.

Ils allaient, l’arme au bras, front haut, graves, stoïques.

Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !

Le reste de l’armée hésitait sur leurs corps

Et regardait mourir la garde. – C’est alors

Qu’élevant tout à coup sa voix désespérée,

La Déroute, géante à la face effarée

Qui, pâle, épouvantant les plus fiers bataillons,

Changeant subitement les drapeaux en haillons,

A de certains moments, spectre fait de fumées,

Se lève grandissante au milieu des armées,

La Déroute apparut au soldat qui s’émeut,

Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut !

Sauve qui peut ! – affront ! horreur ! – toutes les bouches

Criaient ; à travers champs, fous, éperdus, farouches,

Comme si quelque souffle avait passé sur eux.

Parmi les lourds caissons et les fourgons poudreux,

Roulant dans les fossés, se cachant dans les seigles,

Jetant shakos, manteaux, fusils, jetant les aigles,

Sous les sabres prussiens, ces vétérans, ô deuil !

Tremblaient, hurlaient, pleuraient, couraient ! – En un clin d’œil,

Comme s’envole au vent une paille enflammée,

S’évanouit ce bruit qui fut la grande armée,

Et cette plaine, hélas, où l’on rêve aujourd’hui,

Vit fuir ceux devant qui l’univers avait fui !

Quarante ans sont passés, et ce coin de la terre,

Waterloo, ce plateau funèbre et solitaire,

Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants,

Tremble encor d’avoir vu la fuite des géants !

 

Napoléon les vit s’écouler comme un fleuve ;

Hommes, chevaux, tambours, drapeaux ; – et dans l’épreuve

Sentant confusément revenir son remords,

Levant les mains au ciel, il dit: « Mes soldats morts,

Moi vaincu ! mon empire est brisé comme verre.

Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ? »

Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon,

Il entendit la voix qui lui répondait : Non !

 

Victor Hugo

Les Châtiments – Livre cinquième – L’autorité est sacrée

 

 

Etes vous France périphérique ou métropole ?

La-crise-qui-vient.jpgAvant l’été le résultat aux législatives de Villeneuve sur Lot, avec une poussée remarquée du FN avait fait couler beaucoup d’encre.
Il convient d‘aborder cette élection sans fausse pudeur, langue de bois ou recherche de boucs émissaires inutile, sous peine de voir les mêmes causes reproduire les mêmes effets. Qu’on le veuille ou non, ce vote est signifiant et pourrait n’être d’ici quelques mois qu’un signe annonciateur d’une évolution encore plus brutale.

Si le cas Cahuzac a joué,  tant il interpelle, déstabilise et écœure nombre d’électeurs (on le serait à moins !), le contexte économique et social a également compté. La crise touche au plus profond nos villes et campagnes (chômage, baisse du pouvoir d’achat, sinistrose), paradoxalement l’offre politique ne propose pas, ou peu, de perspectives visibles et crédibles.

Du fait de cette absence  nos concitoyens ont le plus grand mal à se projeter dans un futur « positif  et heureux». Réformer le pays, pourquoi pas estiment ils ? Mais comment ? Pour aller où et devenir quoi ? Tant que les partis traditionnels n’apporteront pas de réponses claires à ces questions simples, ils ne seront, ni crédibles, ni audibles.

Dans des registres différents des ouvrages récents (Christophe Guilluy, Laurent Davezies, Herve Le Bras), explorent les fractures sociales du pays et décrivent deux mondes littéralement opposés : la « France des métropoles », qui dispose des capacités à s’adapter à la mutation en cours, et les autres territoires, qu’ils soient péri-urbains (nous y reviendrons), ruraux ou industriels, fragilisés par l’impact des délocalisations, du chômage, ébranlés par la déliquescence des services public, ceux que Christophe Giully réunit sous l’appellation « France périphérique ».

Si cette « France » n’est pas encore perdue, elle est pour l’heure déconnectée. Les médias en parlent pas, ou peu, excepté les lendemains d’élection, tant ce pays « invisible » est éloigné des sunlights des leaders d’opinion ou des lieux de pouvoir.
Conséquence, ces terres constituent autant de points d’accroche pour les idées dites « populistes » et c’est le Front National qui en tire principalement avantage. Car ce nouveau contexte a été totalement assimilé par Marine Le Pen, il est même à l’origine du recentrage idéologique et des nouvelles positions sur les services publics et l’action de l’Etat du mouvement d’extrême droite. Climat favorisé par l’atmosphère anxiogène que certains s’évertuent à accentuer, nourrissant un terreau de plus en plus perméable au chant des sirènes des populismes de tout bord et des « Y’ qu’à « , «  Faut qu’on ».

 

 

La transformation en profondeur du pays accentue ces fractures, tant elle renforce les territoires forts et affaiblit à contrario les autres, qui accueillent de plus en plus de populations en difficulté. La réforme des collectivités en cours risque de renforcer ces inégalités dans un contexte de disette budgétaire qui fragilisera encore plus les « maillons faibles ».

La France périphérique apparaît comme le négatif de la France des Métropoles ; composée principalement de collectivités sans grands moyens financiers qui risquent d’être totalement déstabilisées par les restrictions budgétaires annoncées pour 2014 et 2015 qui obligeront les moins fortunées, non à tailler dans le gras des dépenses inutiles, mais dans le muscle de l’action publique, ce qui impactera inévitablement les politiques locales initiées et les investissement des collectivités.

Ce dualisme est il factice, schématique, artificiel, illusoire, ou erroné ? Où situer le péri urbain dans ces deux France ?

Continuer la lecture de « Etes vous France périphérique ou métropole ? »

Companero Presidente

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Il y a soixante aujourd’hui, disparaissait Salvador Allende, lors du coup d’état 

« Travailleurs de ma patrie !

J’ai confiance au Chili et à son destin.

D’autres hommes dépasseront les temps obscurs et amers durant lesquels la trahison prétendra s’imposer. Allez de l’avant tout en sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues sur lesquelles passeront des homme libres de construire une société meilleure. »

 

Salvador Allende, Palais de la Moneda
11 septembre 1973

Les derniers discours prononcés par le Président Chilien

 

 

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Le Président de la République du Chili Salvador Allende lance un appel sur les radios chiliennes à partir de 7 heures 55. Mais très vite, une à une, les antennes seront bombardées. Il restera à partir de 9 heures Radio Magellanes et ses lointains relais de Patagonie. C’est la seule radio qui diffusera son discours jusqu’au dernier mot.

 

7 : 55 Radio Corporación

 » Le Président de la République vous parle depuis le Palais de la Moneda. Des informations confirmées signalent qu’un secteur de la marine a isolé Valparaiso et que la ville est occupée, ce qui signifie un soulèvement contre le Gouvernement. Gouvernement légitimement constitué, gouvernement mis en place par la constitution et la volonté du citoyen.

Vu les circonstances, je lance un appel à tous les travailleurs. Qu’ils occupent leur poste au travail, qu’ils courent ensemble à leurs usines, qu’ils y maintiennent calme et sérénité. Jusqu’à maintenant, à Santiago, il ne s’est produit aucun mouvement anormal des troupes et selon les informations que m’a fourni le chef de la garnison, tout est normal à la caserne de Santiago.

De toutes façons, je reste ici dans le Palais du Gouvernement et ici me tiendrai, prêt à défendre ce Gouvernement que je représente par la volonté du peuple. Ce que je désire essentiellement, c’est que les travailleurs restent en alerte et vigilants et qu’ils évitent les provocations. 

Comme première étape, nous devons considérer la riposte, que nous espérons positive de tous les soldats de la Patrie qui ont juré de défendre le régime établi, expression de la volonté citoyenne et qu’ils agiront selon la doctrine qui représente le Chili, le prestige et la conscience professionnelle des forces armées. Durant ces circonstances, j’ai la certitude que tous les soldats sauront accomplir leur devoir. 

De toutes manières et fondamentalement, le peuple et les travailleurs doivent rester activement mobilisé, mais sur leur lieu de travail, à l’écoute des appels que je pourrai leur faire et des instructions que leur donnera leur camarade Président de la République. »

 

8 :15

 » Travailleurs du Chili !

C’est le Président de la République qui vous parle. Nous avons eu jusqu’à présent des informations qui nous révèlent l’existence d’une insurrection de la Marine dans la Province de Valparaiso. J’ai ordonné que l’infanterie se rende à Valparaiso pour étouffer cette tentative de coup d’état. Vous devrez attendre les instructions qui émareront de la Présidence. Soyez certains que votre Président restera en permanence au Palais de la Monnaie et défendra le gouvernement des travailleurs. Soyez certains que je continuerai à respecter la volonté du peuple qui m’a octroyé le mandat de gouverner la nation jusqu’au 4 novembre 1976. Vous devez rester vigilants sur vos lieux de travail en attendant mes instructions. Les forces, représentant la loi et respectant leur engagement envers les autorités, en se joignant aux travailleurs organisés, écraseront le coup d’état fasciste qui menace la patrie. »

 

8 :45

 » Camarades qui m’écoutez !

La situation est critique. Nous sommes devant un coup d’état auquel participent la majorité des forces armées. En ce moment d’aveuglement je veux vous rappeler certains de mes propos tenus en 1971. Je vous disais calmement, avec une absolue sérénité : je ne suis pas bâti de la manière dont on fait les apôtres et les messies. Je n’ai pas l’envergure d’un martyr, je suis un lutteur social qui accomplit la mission que le peuple lui a confiée.

Mais que ceux qui veulent faire régresser l’histoire et ne pas reconnaître la volonté de la majorité des citoyens chiliens le sachent bien : comme je ne suis pas construit de la chair des martyrs, je ne leur offrirai pas l’opportunité de faire un autre repas.

Qu’ils le sachent, qu’ils l’entendent, qu’ils le gravent en profondeur : je ne laisserai la Moneda qu’à la fin du mandat que m’a donné le peuple, je défendrai cette révolution chilienne et je défendrai le gouvernement car c’est le mandat que le peuple m’a confié. Il n’y a pas d’alternative. Ce n’est qu’en nous criblant de balles qu’ils pourront empêcher la volonté qui est celle de faire accomplir le programme du peuple.

Si on m’assassine, le peuple suivra sa route, suivra son chemin même si les choses seront plus difficiles et plus violentes. Et ce sera une leçon objective très claire pour la majorité de ces gens que rien n’arrête. J’avais tenu compte de cette éventualité, je ne leur offre pas la facilité. Le progrès social ne va pas disparaître parce que disparaît un de leur dirigeants. Il pourra demeurer, se prolonger. Mais on ne peux le renfermer ni le mettre à genoux.

Compagnons, soyez attentifs aux informations sur vos lieux de travail. Sachez que leur camarade Président n’abandonnera pas son peuple ni son lieu de travail. Je resterai ici, à La Moneda, même au péril de ma propre vie. »

 

Radio Magallanes 9 :03

 » En ce moment passent les avions.

Il est possible qu’ils nous bombardent. Mais qu’ils sachent que nos restons ici et que par notre exemple nous montreront que dans ce pays il y a des hommes qui savent accomplir les obligations dont ils sont investis. Je le ferai de par le mandat du peuple et de par le mandat d’un Président conscient digne de la charge à lui octroyée par le peuple durant des élections libres et démocratiques. Au nom des intérêts les plus sacrés du peuple, au nom de la patrie, je vous appelle tous par vous dire d’avoir confiance. L’histoire ne se détient pas par la répression et le crime. Cette étape sera dépassée.

C’est un moment dur, difficile. Il se peut qu’ils nous écrasent. 

Mais le lever du jour appartient au peuple et sera celui des travailleurs. L’humanité avance pour la conquête d’une vie meilleure.

Je paierai de ma vie la défense de principes qui sont chers à cette patrie. La honte tombera sur ceux qui ont renié leurs convictions, failli à leur propre parole et rompu la doctrine des forces armées. 

Le peuple doit rester vigilant et en alerte. Il ne doit pas se laisser provoquer ni se laisser massacrer mais défendre ses acquis. Il doit défendre le droit de construire avec ses propres efforts une vie digne et meilleure. 

Une parole pour ceux qui se sont  » autoproclamés  » démocrates et se disent représentants du peuple : ils ont incité ce soulèvement et ont entraîné le Chili dans un gouffre, d’une manière frauduleuse et insensée.

Au nom des intérêts les plus sacrés du peuple, au nom de la patrie, je lance cet appel pour vous dire de garder en vous l’espoir. L’histoire ne s’arrête ni avec la répression, ni avec le crime. Cette étape sera franchie. Ce que nous vivons est un passage dur et difficile. 

Il se pourrait qu’ils nous écrasent mais l’avenir appartiendra au peuple et aux travailleurs. L’humanité avance pour la conquête d’une vie meilleure.

Compatriotes ! Il est possible que les émissions radio soient arrêtées. Je prends congé de vous. En ce moment des avions nous survolent. Ils pourraient nous bombarder. Mais sachez que nous sommes là pour donner un exemple : dans ce pays, il y a des hommes qui savent remplir leurs fonctions jusqu’au bout. 

Moi je le ferai en tant qu’élu du peuple et en tant que président conscient de la dignité de sa charge.

C’est peut-être la dernière possibilité que j’ai de m’adresser à vous. Les forces armées aériennes ont bombardé les antennes de Radio Portales et Radio Corporación. Mes paroles n’expriment pas l’amertume mais la déception et ces paroles seront le châtiment de ceux qui ont trahi le serment qu’ils firent.

Soldats du Chili, commandants en chef et gradés. Amiral Merino…. Méprisable Général Mendosa qui hier encore avait manifesté sa solidarité et sa loyauté au gouvernement et qui s’est nommé ‘directeur général des services de l’ordre’ aujourd’hui même.

Face à ces événements, je peux dire aux travailleurs : je ne renoncerai pas. Impliqué dans cette étape historique, je paierai de ma vie ma loyauté envers le peuple. Je leur dis que j’ai la certitude que la graine que nous sèmerons dans la conscience et la dignité de milliers de Chiliens ne pourra germer dans l’obscurantisme.

Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais nul ne retient les avancées sociales avec le crime et la force. L’Histoire est à nous, c’est le peuple qui la construit. 

Travailleurs de ma patrie ! Je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez accordée à un homme qui a été le seul interprète du grand désir de justice, qui jure avoir respecté la constitution et la loi. En ce moment crucial, les dernières paroles que je voudrais vous adresser sont les suivantes : j’espère que la leçon sera retenue.

Le capital étranger, l’impérialisme réactionnaire ont créé ce climat afin que les Forces Armées brisent leurs engagements : Schneider nous l’avait signalé et ce fut confirmé par le Commandant Arayak. Victimes du même secteur social qui à partir de ce jour resterez dans vos demeures : avec l’aide des mains étrangères ils attendent de s’emparer du pouvoir afin de continuer à protéger leurs privilèges et l’exploitation des richesses de la terre.

Je voudrais surtout m’adresser à la femme modeste de notre terre, à la paysanne qui crut en nous, à l’ouvrière qui a travaillé dur, à la mère qui s’est toujours préoccupée de l’éducation ses enfants. Je m’adresse aux professionnels de la patrie, aux patriotes, à ceux qui depuis un certain temps voient se dresser au devant d’eux la sédition provoquée par leurs collègues, leurs camarades de classe, qui n’ont fait que défendre les avantages d’une société capitaliste. 

Je m’adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur combativité. Je m’adresse au Chilien, à l’ouvrier, au paysan, à l’intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme était présent depuis un certain temps déjà par les attentats terroristes, faisant sauter les ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et gazoducs, complices du silence de ceux qui avaient l’obligation d’intervenir… L’Histoire les jugera !

Il est certain qu’ils feront taire Radio Magallanes et le métal de ma voix calme ne vous rejoindra plus. Cela n’a pas d’importance, vous continuerez à m’entendre. Je serai toujours auprès de vous et vous aurez pour le moins, le souvenir d’un homme digne qui fut loyal envers la patrie. 

Le peuple doit se défendre et non se sacrifier. Le peuple ne doit pas se laisser cribler de balles, mais ne doit pas non plus se laisser humilier.

 

Travailleurs de ma patrie ! J’ai confiance au Chili et à son destin. D’autres hommes dépasseront les temps obscurs et amers durant lesquels la trahison prétendra s’imposer. Allez de l’avant tout en sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues sur lesquelles passeront des homme libres de construire une société meilleure.

 

Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vivent les travailleurs !
Ce sont mes dernières paroles.
J’ai la certitude que le sacrifice ne sera pas inutile.
Et que pour le moins il aura pour sanction morale :
La punition de la félonie, de la lâcheté et de la trahison. »

 

Une place Albert Camus à Trilport

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Nous avons tenu à honorer pour le centenaire de sa naissance, l’une des plus grandes figures de la littérature et de la philosophie française du XXe siècle, qui a inspiré tant d’entre nous. Philosophe, journaliste, homme de lettres, de théâtre, et surtout homme de cœur et de passion, Albert Camus, aurait effectivement soufflé ses 100 bougies, le 7 novembre 2013.

A cette occasion, la Place de la Mairie a été baptisé Place Albert Camus.

 

Rappelons les paroles prémonitoires qu’il avaient prononcé dans son discours lors de la réception du Prix Nobel de littérature qu’il avait obtenu en 1957, et qui résonnent singulièrement aujourd’hui.

 

« Chaque génération sans doute, se croit vouée à refaire le monde.

La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. 

Mais sa tâche est peut-être plus grande.

Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »

 

Albert Camus
Discours de réception du Prix Nobel de littérature, prononcé à Oslo, le 10 décembre 1957

 

 

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Nicole Bricq, Ministre du Commerce Extérieur et Nicole Klein, Préfète de Seine et Marne