Rolihlahla, Madiba, Mandela

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1918 – 2013

Il était le capitaine de son âme …

 

Invictivus

 

 » « Dans les ténèbres qui m’enserrent

Noires comme un puits où l’on se noie

Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient

Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances

Je n’ai ni gémi ni pleuré

Meurtri par cette existence

Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu de colère et de pleurs

Se profile l’ombre de la Mort

Je ne sais ce que me réserve le sort

Mais je suis, et je resterai sans peur.

Aussi étroit soit le chemin

Nombreux, les châtiments infâmes

Je suis le maître de mon destin

Je suis le capitaine de mon âme. »

 

William Ernest Henley 

 

Nelson Mandela avait écrit cette poésie sur le mur de sa prison de Robben Island

 

 

De la ville durable au territoire durable …

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La revue Urbanisme a consacré un numéro spécial à l’étalement urbain et m’a demandé d’y participer voici un extrait de la tribune publiée …

Revue urbanisme

Hors série sur l’étalement urbain

 

«  Un Maire n’est pas l’élu d’une ville mais d’un territoire, ensemble complexe composé d’entités urbaines, agricoles et naturelles qui doivent dialoguer ensemble en bonne intelligence … / …


La consommation croissante d’espace naturel en Ile de France, notamment en Seine et Marne atteint des limites qui doivent interpeller les acteurs qui font la ville, tant la menace de voir se dégrader ce patrimoine naturel fragile est réelle. Chacun connaît la contribution des espaces ouverts à l’équilibre de l’écosystème, à la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles mais il est essentiel également d’anticiper et de tenir compte des évolutions liées au réchauffement climatique et à la croissance démographique. La fonction de régulateur thermique joué par les trames vertes et bleues n’est pas à sous estimer et il faudra bien loger et nourrir une planète qui comptera  9 milliards d’habitants en 2050, ce qui impose de préserver une agriculture performante.

Face à cette réalité environnementale, il nous est apparu évident de prendre le contre pied du modèle culturel urbain dominant, celui de l’étalement urbain, basé sur le développement de la maison individuelle et de la ville  « longue distance », consommatrice (foncier, énergie, pierre, temps) et dévoreuse d’espaces … / …


Mais au delà du rationnel, du technique, il faut surtout parler d’humain, d’affect, de pathos, de désir. Trop peu d’acteurs se préoccupent de cette problématique, pourtant  centrale. Une feuille de route s’impose : rendre la ville désirable et travailler sur la qualité des espaces, du bâti, des services, prendre en compte les besoins des habitants … La question sociale est essentielle, car vivre en ville, c’est avant tout l’habiter.

Il est urgent de faire évoluer dans l’inconscient collectif les représentations liées à la ville, à l’épanouissement personnel, familial et collectif, en améliorant concrètement la qualité de vie dans la ville,  ses aménités, son intensité urbaine, et en plaçant l’humain et la nature au centre de la réflexion. La ville est un tissu vivant qui doit se régénérer, se reconstruire sur lui même et être en capacité de procurer de l’émotion et d’avoir une dimension évocative : qualité des espaces publics, des formes urbaines, intensité urbaine adaptée au territoire … Il est nécessaire de développer une ville plus intense, mais surtout, paradoxalement, plus humaine …« 


Texte intégral de la tribune…


 

 

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Un Maire n’est pas l’élu d’une ville, mais d’un territoire,

ensemble complexe composé d’entités urbaines, agricoles et naturelles qui doivent dialoguer ensemble en bonne intelligence …

Ce constat a guidé le projet de ville mené sur Trilport, 5000 habitants, située en grande couronne francilienne. Dotée d’une gare SNCF, la commune doit répondre aux obligations de développement urbain et de mixité sociale de la loi SRU, comment préserver dans le même temps un patrimoine naturel et agricole remarquable représentant 80% de son territoire ?. 

Le diagnostic territorial (2000/2002) mené dans le cadre des politiques contractuelles  nouées avec le département et la Région a permis de déterminer 3 priorités : développer dans la ville l’éco construction, l’accessibilité, et préserver la ressource eau.
Un des atouts d’un diagnostic mené sans tabou a été son coté pluridisciplinaire et la qualité de la concertation initiée grâce à la participation de partenaires actifs  : institutionnels, CAUE 77, acteurs du terrain. Elle a notamment aboutit au 1er Contrat Régional d’Ile de France a suivre une démarche H.Q.E sur l’ensemble des équipements réalisés (Centre de loisirs, Ecole et Gymnase).

L’engagement de la ville dans le développement durable et la concertation initiée s’est confirmé avec le lancement d’un Agenda 21 mené en synergie avec la réflexion autour du Plan Local d’Urbanisme (2004 /2007). Clé de voute entre ces deux démarches l’élaboration d’un Projet d’Aménagement et de Développement Durable réellement stratégique. A l’aune de cette analyse croisée, l’intérêt de préserver l’intégrité de l’exceptionnel patrimoine naturel et agricole de Trilport s’est imposé, la problématique de l’étalement urbain apparaissant comme un enjeu majeur du développement du territoire. 

La consommation croissante d’espace naturel en Ile de France, notamment en Seine et Marne atteint des limites qui doivent interpeller les acteurs qui font la ville, tant la menace de voir se dégrader ce patrimoine naturel fragile est réelle.
Chacun connaît la contribution des espaces ouverts à l’équilibre de l’écosystème, à la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles mais il est essentiel également d’anticiper et de tenir compte des évolutions liées au réchauffement climatique et à la croissance démographique. La fonction de régulateur thermique joué par les trames vertes et bleues n’est pas à sous estimer et il faudra bien loger et nourrir une planète qui comptera  9 milliards d’habitants en 2050, ce qui impose de préserver une agriculture performante.

Face à cette réalité environnementale, il nous est apparu évident de prendre le contre pied du modèle culturel urbain dominant, celui de l’étalement urbain, basé sur le développement de la maison individuelle et de la ville  « longue distance », consommatrice (foncier, énergie, pierre, temps) et dévoreuse d’espaces.

Dans ce cadre, nous nous sommes intéressés aux perspectives de la ville durable. Une demande de riverains lors de la concertation du PLU, nous a donné l’opportunité de lancer une réflexion urbaine (2006/2008) à partir d’un secteur de ville à l’abandon, composé de délaissés agricoles et industriels, situé à proximité directe de la gare SNCF, situation qui nous a amené naturellement à privilégier la piste d’un éco quartier (2008).

Deux axes de travail essentiels se sont imposés : élaborer un projet social moteur basé sur les besoins réels du territoire (actuels et en devenir), rétablir un vrai parcours résidentiel privilégiant la mixité qu’elle soit sociale ou multi générationnelle. Une évidence pour nous, fonder le projet sur  une expertise plurielle en tenant compte des contraintes et potentialités locales (filières de matériaux bio sourcés).
Dans cette optique nous avons initié un Comité de Pilotage d’une quarantaine d’acteurs liés aux mondes du social, de l’économie, de la culture numérique, des mobilités et de l’aménagement et de citoyens impliqués dans l’Agenda 21.

A partir des premières esquisses du projet social et d’un périmètre situé en «cœur de ville», la commune a postulé à l’appel à projet des «Nouveaux Quartiers Urbains» lancé par la région Ile de France.
Trilport plus petite ville postulante, est devenue un des premiers lauréats (2009) de l’appel à projets, ce qui a apporté les moyens matériels et logistiques nécessaires pour approfondir et enrichir le projet d’éco quartier (2010/2012) initial et le diagnostic territorial, en engageant les études indispensables à une opération d’une telle envergure. Repérée par le Ministère de l’Environnement, notre ville a été également lauréate de l’appel à projet national, j’ai alors rejoint le Club national des Eco quartiers auquel j’ai participé activement.

Désirant choisir l’aménageur le plus adapté à l’originalité de l’éco quartier de l’Ancre de lune (nom donné à l’éco quartier), nous avons élaboré avec des partenaires clés (CAUE 77, CETE Ile de France, Bureau d’études) un référentiel durable spécifique qui nous a permis après un appel à projet de plus de 10 mois, de sélectionner comme aménageur parmi 4 les 4 postulants, l’AFTRP, qui porte désormais les destinées de l’ancre de lune (2013). Nous avons également afin d’assurer la meilleure transition possible lors de ce passage de relais et de pérenniser les engagements environnementaux et de concertation opté pour une démarche AEU avec l’ADEME Ile de France.


« Il faut surtout parler d’humain »

Pour qu’une ville soit durable, il est indispensable de privilégier une approche globale, concrète et transversale évitant les écueils du «green washing» et du «green tech». Limiter la performance énergétique aux seules consommations des bâtiments au prix d’innovations technologiques complexes est illusoire et réducteur, tant une ville est un tout  et que le défi énergétique aborde tous les champs du possible dont ceux liés aux mobilités et aux fonctions de la ville comme à ses relations sociales, grand pourvoyeur en GES.

Mais au delà du rationnel, du technique, il faut surtout parler d’humain, d’affect, de pathos, de désir. Trop peu d’acteurs se préoccupent de cette problématique, pourtant  centrale. Une feuille de route s’impose : rendre la ville désirable et travailler sur la qualité des espaces, du bâti, des services, prendre en compte les besoins des habitants … La question sociale est essentielle, car vivre en ville, c’est avant tout l’habiter.

Il est urgent de faire évoluer dans l’inconscient collectif les représentations liées à la ville, à l’épanouissement personnel, familial et collectif, en améliorant concrètement la qualité de vie dans la ville,  ses aménités, son intensité urbaine, et en plaçant l’humain et la nature au centre de la réflexion. La ville est un tissu vivant qui doit se régénérer, se reconstruire sur lui même et être en capacité de procurer de l’émotion et d’avoir une dimension évocative : qualité des espaces publics, des formes urbaines, intensité urbaine adaptée au territoire … Il est nécessaire de développer une ville plus intense, mais surtout, paradoxalement, plus humaine.

 

« Ce qui rassemble les gens dans un lieu, c’est le récit que l’on partage, le récit du territoire, du passé vers l’avenir. Il faut créer du commun, et non du collectif »

Jean Viard



« Sur quels leviers jouer ? »

 

  •  le foncier : limiter drastiquement dans les documents d’urbanisme l’étalement urbain, décourager toute spéculation, altération et fragmentation des espaces naturels et agricoles. Définir avec les opérateurs fonciers  (SAFER, AEV, EPFIF …)  initier des stratégies urbaines territoriales adaptées tenant compte des contextes locaux et donner aux opérateurs les moyens juridiques de protéger le territoire de la spéculation foncière (donation de complaisance …).  
  • Valoriser l’espace naturel et agricole : La France possède une des plus grandes forêt d’Europe, pourtant il n’existe plus d’industrie du bois. Développer cette filière ainsi que des filières courtes de matériaux bio sourcés notamment agricoles (construction, chauffage, bio masse …).
  • Maitriser les différentes temporalités : Il faut du temps pour réfléchir, se concerter, étudier en amont, piloter de manière transversale et collaborative en tenant compte d’échelles de temporalités différentes en anticipant (foncier) les évolutions urbaines en cours .
  • S’appuyer sur un vrai diagnostic territorial  de terrain partant de la réalité et des contraintes du territoire mais aussi des tendance sociétales et des signaux faibles L’aménagement c’est surtout du fonctionnement de la maintenance. Il est important d’être  agile pour s’adapter aux évolutions
  • Elaborer un nouvel urbanisme :  Autour des différents outils (SCOT, PLU, PLD, PLH …), définir une stratégie territoriale à moyen et long terme, anticiper les mutations, ne pas figer une ville qui doit se faire, se défaire et se refaire de manière quasi continue et se régénérer pour ne pas mourir. Il est important de rendre possible la reconstruction de la ville sur la ville.

 

Trilport lauréat 2008 du concours national Art Urbain, lauréat 2009 des appels à projets régional et national, lauréat 2011 de l’appel à projet national et de l’ADEME Ile de France sur l’AEU.

 Pour en savoir plus  www.lancredelune.fr

 

 

Européennes : 5 eme sur 13

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C’est officiel, les militants socialistes franciliens ont validé à plus de 77% la liste d’Ile de France aux européennes, sur laquelle je me retrouve en 5eme position. Si cette place n’apparaît pas comme éligible, le PS en Ile de France comptant aujourd’hui deux députés européens, elle constitue une belle marque de confiance que j’apprécie à sa juste valeur.

Chacun pressent que ces élections ne seront pas une partie de plaisir et risquent d’être pour le moins «délicates», le vent n’apparaissant guère porteur pour le PS actuellement.
Reconnaissons cependant qu’il ne l’a jamais était jusque là, il serait bon d’en faire un jour l’analyse. Si l’Europe constitue un enjeu majeur pour le développement de nos pays, tout le monde en convient, cet enjeu à priori n’est que théorique tant il apparaît éloignée des préoccupations et ambitions de nos politiques, toutes couleurs confondues !
Le prochain scrutin constitue néanmoins une belle tribune pour faire passer à nos concitoyens des messages qui ne soient pas que sublimaux, notamment sur une autre manière de faire l’Europe et surtout de partager ce grand dessein avec le plus grand nombre.

N’étant ni technocrate, ni spécialiste attitré de ces questions, ni apparatchik, aucun plan de carrière à trois bandes sur ce coup, mon quotidien est celui de mes concitoyens, leurs problèmes sont ceux que je dois surmonter dans ma vie de tous les jours et ma perception actuelle de l’enjeu européen est celle d’un petit élu local de base.
Je me sens, je suis, profondément européen, du fait de mon itinéraire personnel, de mes voyages et de rencontres humaines inoubliables, mais aussi et surtout de l’histoire, de la géographie et de la diversité culturelle de ce magnifique continent qui est le notre. Pourtant, force est de le constater,  la traduction politique actuelle de l’Europe, sa réalité concrète, l’absence actuelle d’un véritable projet européen de « la maison commune » fait que la situation actuelle ne m’emballe pas « outre mesure » comme le coté plus que désincarné de l’institution. Autant dire que je ne me retrouve absolument pas dans la politique de Barroso des Commissaires Européens actuels.

Alors que penser de cette position de 5eme, inattendue, sur la liste régionale aux européennes ?

 

 

 

Sans revenir sur la conjonction d’évènements qui m’a conduit à figurer sur cette liste, la physique quantique de la vie politique résulte quelquefois d’une curieuse alchimie, que penser d’une 5 eme place sur une telle liste ?

Tout d’abord rassurer ceux qui me voient déjà effectuer des navettes entre Bruxelles ou Strasbourg et qui pleureraient un éventuel exil,  ou ceux le souhaitant (d’autres élections se profilent peut être ?), la probabilité pour que cette 5 eme place soit éligible est infime, excepté un tsunami électoral du PS, qui serait une première ou un remake de l’excellent film « Noblesse Oblige » (les cinéphiles apprécieront), seulement je n’ai pas le talent d’Alec Guiness !

Je veux souligner cependant que cette position constitue une lourde responsabilité, je suis bien le seul Seine et Marnais sur 13 candidats ! Comme beaucoup, je pense que ce département méritait bien plus, tant il représente un axe de développement majeur de l’Ile de France dans les prochaines années, que nombre des enjeux qui feront que cette région d’avenir (qu’il serait réducteur de limiter au seul Grand Paris) réussisse son développement sur des bases plus durables, harmonieuses et respectueuses des hommes comme de la planète, dépendent en grande partie de notre département qui recèle d’un patrimoine naturel et agricole remarquable et de tant de femmes et d’hommes de talent.

Il s’agit, sans aucun doute, d’un signal émis en direction des territoires péri urbains du Nord et des franges franciliennes, que je représente et dont je suis un élu. J’ai une conviction forte, l’Europe que nous appelons de nos vœux et que nous devons porter, doit s’adresser à tous nos concitoyens, sans exclusive, c’est bien de cela qu’il s’agit ! Elle ne doit plus être cette usine à gaz, froide, impersonnelle et lointaine, conçue par des techno pour d’autres technos.
Il est impératif, pour sa survie même, qu’elle ne plane plus à des années lumière des préoccupations quotidiennes du citoyen lambda et qu’elle arrête d’être perçue comme la cause d’une série de contraintes successives (les fameuses normes européennes !) ou une fatalité malheureuse …
Il est grand temps qu’elle redevienne une perspective positive et passionnante nous projetant vers un monde meilleur, et plaçant au cœur de son projet, le citoyen, la planète et les territoires … J’insiste, tous les territoires, y compris ceux  ruraux ou péri urbains qui demeurent plus que jamais des lieux de vie et d’épanouissement en plein renouvellement démographique et ne sont pas des terres de relégation qu’il convient d’abandonner pour soulager des déficits publics ! Non au « bloodshift territorial ».
Une des richesses de la Seine et Marne est cette diversité (villes nouvelles, villes moyennes, petites villes, villages et hameaux) qui nous permet mieux que d’autres sans doute de comprendre la nécessité absolue d’être solidaire et complémentaire, mais aussi innovant dans les politiques publiques à initier et mettre en place.

Dans ce choix, je vois également une reconnaissance de l’obscur et inlassable travail de terrain réalisé chaque jour, dans des conditions de plus en plus difficiles, par les Maires, notamment Seine et Marnais, souvent sur des terres de conquête délicates et fragiles (rendez vous dans quelques mois !) pour les partis de gauche.
Comme nombre d’élus locaux je suis en première ligne pour agir et tenter d’apporter des réponses adaptées à nos concitoyens. Pour beaucoup d’entre nous, « invisibles », vivant dans nos villes et ne disposons pas de chargé de mission ou d’attaché de presse, notre univers est le monde du réel, du concret, nous sommes en phase directe avec, et aujourd’hui nos sociétés ont plus qu jamais besoin des digues que nous entretenons ou batissons pour contenir une détresse sociale qui monte !

Pour éviter le vote des extrêmes, très tendance aujourd’hui pour trop de nos concitoyens, nous devons à la fois apporter des réponses concrètes aux problèmes quotidiens (travail, mobilités, logement, pouvoir d’achat) et indiquer un cap à suivre qui soit partagé, et qui pour ce faire, à grand besoin de lisibilité.
C’est un des enjeux de la prochaine campagne, aux têtes de listes, aux politiques nationaux, aux candidats également, de quelque bord qu’ils soient, d’être à la hauteur de ce challenge et d’apporter des solutions applicables qui soulagent le quotidien plutôt que de dénoncer les problèmes à résoudre.
C’est désormais l’enjeu de chaque élection, tant le vote populiste se développe, véritable marqueur d’une société qui doute et souffre au plus profond d’elle même.

Nous avons un travail énorme à accomplir, notamment au PS, une véritable révolution copernicienne à mener, afin de nous rapprocher, notamment sur les questions européennes, d’une simplicité qui n’est actuellement pas de mise, alors qu’elle n’est en fait que la marque du respect et de la proximité que l’on doit à chaque citoyen.
Faire simple, pas simpliste, être proche pas sachant, s’engager pas se défausser, mais surtout indiquer le cap à suivre, ses avantages et les difficultés d’une traversée quelquefois chaotique selon les aléas météorologiques …

J’apprécie assez les métaphores marines car elles illustrent la difficulté d’un pilotage qui n’est que la gestion d’une multitude de contraintes, de toutes contraintes, qu’elles proviennent des éléments, de la météo, de lois physiques (ne pas prendre l’eau plus que possible sinon la ligne de flottaison devient un vrai problème), mais aussi de la cohésion d’un équipage …

Si au travers de ma candidature, le 77 ne pouvait apporter simplement que fraicheur, simplicité et proximité, il donnerait un peu de la valeur ajoutée qui le caractérise et bien des regrets à ceux qui ne lui on accorder qu’une place sur 13 …

« Objectif fibre » nous rend visite

objectif-fibre.jpgDans le cadre du lancement de son dernier guide dédié au raccordement des maisons individuelles neuves au réseau en fibre optique, Objectif fibre a organisé une visite de terrain à Trilport dans un ensemble pavillonnaire de logements sociaux pré-équipé réalisé par les Foyers de Seine-et-Marne (FSM), le bailleur de par la ville.

Saluons le travail de standardisation effectué par la plate forme interprofessionnelle qu’est « Objectif Fibre » et ce depuis sa création (2009). Elle fédére autour du déploiement généralisé de la fibre optique les acteurs privés et publics emblématiques de plusieurs filières qui ont enfin décidé de jouer collectif.   Le guide présenté aujourd’hui est la meilleure illustration de cet « esprit d’équipe », il vise à garantir la qualité, la pérennité et la conformité des réseaux déployés, notamment dans les territoires les moins denses.

Force est de constater que la fibre était jusque là, un signe extérieur de richesse des grandes villes, avantage concurrentiel et résidentiel réservé à leurs seuls habitants. Une situation intolérable dans une République dont l’égalité est une valeur clé et la citoyenneté de plus en plus numérique.
La manifestation de ce jour démontre que la fibre a pris enfin la clé des champs et s’intéresse désormais au monde péri urbain et rural, ce dont le Maire que je suis ne peut que se féliciter. Trilport petite ville de 5000 habitants est représentative s’il en est, des spécificités de ces territoires péri urbains, voir ruraux, puisque composée de plus de 1 500 pavillons sur 2 200 logements !

La fibre est plus qu’un lien de lumière, elle constitue un véritable  trait d’union, entre tout un chacun et la planète. Les usagers qu’ils soient habitants ou acteurs économiques ne demandent que le minimum, presque rien : être connecté 365 jours sur 365, 24 heures sur 24 heures, en continu, avec un débit leur permettant de disposer de tous les services numériques, il en nait de nouveaux chaque jour.
Une simplicité apparente qui cache de fait une très grande complexité et l’intervention d’une chaine d’acteur multiple, dans laquelle chaque maillon est essentiel. C’est dire l’utilité d’un tel guide !

Lorsque l’on aborde le développement des usages numériques, deux maitres mots s’imposent à tous et partout : convergence et interopérabilité, car nous sommes en présence d’un véritable éco système qui s’affranchit des océans et des frontières.

Le déploiement de la fibre optique est pour le pays et le développement de ses territoires un enjeu stratégique essentiel et prioritaire qui démontre la formidable capacité de mobilisation, mais également d’innovation, de la France. Ce challenge hautement technologique engage à la fois son présent mais aussi la grande partie d’un devenir qui ne peut être que numérique, tant dans le déploiement des infra ou des superstructures, que dans celui des usages ou des objets connectés, domaines dans lesquels notre pays est aux avants postes.

Mais une telle manifestation signifie bien plus, tant pour notre commune que ce territoire  …

 

 

 

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Combler la fracture numérique

Aucun élu ne peut aujourd’hui envisager sérieusement le développement de son territoire et l’épanouissement de ses habitants, sans connexion au réseau à Très Haut débit. La fibre optique, est un robinet désormais essentiel et vital, porteur de vie et d’énergie qui permet de transformer des déserts territoriaux en terre d’espoir et de dynamisme.

La Seine et Marne constitue un vrai paradoxe. Si ce département francilien, situé à proximité de la ville capitale, a deux villes nouvelles connectées au Grand Paris, l’essentiel de ses communes sont durablement victimes de trois fractures : territoriale, sociale mais aussi numérique. Situation qui a amené le Conseil Général sous l’impulsion de Vincent Eblé et Bertrand Caparroy a agir avec efficacité et dynamisme dans le domaine numérique, par le déploiement d’un réseau de fibre optique sur l’ensemble du département (Réseau d’Initiative Publique), puis la création il y a quelques semaines d’un Syndicat Mixte d’Aménagement Numérique.

La ville de Trilport, du fait des limites techniques et physiques de l’ADSL, faisait jusque là partie des communes sinistrées au niveau numérique avec notamment une  éligibilité au 3Play absolument catastrophique. C’est dire que nous avons accueilli avec beaucoup d’enthousiasme la proposition de l’opérateur ORANGE de faire de la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux (CAPM), dont notre commune fait partie, dans le cadre du Programme National Très Haut Débit, une zone appel à manifestations d’intentions d’investissement (ou AMII). Dans ce cadre, l’opérateur historique s’engage à déployer sur l’ensemble des 18 communes de l’agglomération, sur ses fonds propres (avec la participation de SFR) un réseau FFTTH avec l’objectif d’équiper 100% du l’agglomération d’ici fin 2019.
le Président de la CAPM, Jean François Copé a confié le suivi de la convention avec Orange et l’élaboration du calendrier de déploiement, à la Commission Développement Numérique animée par Olivier Morin à laquelle je participe. Cette dernière a décidé d’accorder la priorité aux communes les plus mal desservies, dont Trilport au premier rang.
L’avancement actuel du déploiement engagé, qui a démarré en 2012, permettra, d’ici à la fin de l’année, selon les techniciens d’Orange, de rendre raccordable plus de 60% des logements, et d’ici décembre 2015, 100% de la commune, ce qui constitue une vraie opportunité d’autant qu’à priori les travaux avancent à bon rythme.

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Une visite de terrain symbolique à plus d’un titre
 
Il est singulier qu’Objectif fibre est choisi pour illustrer le lancement de son guide une opération de logements sociaux.
Ce programme constitué d’un petit collectif (8 logements) et de quatre pavillons, s’intègre dans un partenariat entre le bailleur social FSM et Orange. Il témoigne de l’intérêt d’une parfaite collaboration entre acteurs de l’immobilier et opérateurs pour faciliter le déploiement de la fibre optique. FSM a intégré, très en amont dans la réalisation de cet ensemble, le pré-équipement en fibre optique de chaque pièce des logements.
Le stade du FFTH est dépassé, la fibre irriguant non seulement le domicile mais chaque pièce !
Quelques mots sur la collaboration entre la ville et ce bailleur. Elle est basée sur des valeurs communes, dont l’innovation, mais surtout une approche qualitative  du logement social.
L’opération de la rue Aveline, sélectionnée par « Objectif fibre » est emblématique de notre partenariat, car bâti autour de la notion d’accessibilité, au sens global et transversal du mot :
  • Accessibilité résidentielle, avec la création de 12 locatifs sociaux,
  • Accessibilité multi générationnelle, un quart des logements livrés sont aménagés pour des personnes séniors dans le cadre de la mise en place du label Habitat Seniors Services
  • Accessibilité numérique enfin, avec le pré-équipement en fibre optique de chaque pièce
Cette réalisation modeste, 12 logements, est une réponse concrète aux fractures évoqués précédemment : sociale, territoriale et numérique mais aussi générationnelle …
La fibre contribue ainsi à rendre la ville mais aussi la vie chaque jour plus accessible au plus grand nombre, quelque soit sa situation.

14-18, terrible source d’inspiration

onze-novembre.jpgLes commémorations sont des moments utiles qui contribuent à forger la citoyenneté d’une nation, mais plus encore de ses jeunes habitants qui en ont grandement besoin.
Ces instants de recueillement national sont précieux, pour l’unité du pays mais constituent aussi un devoir de mémoire et une marque  de respect envers tout ceux qui sont tombés donnant leur sang à leur patrie, qu’elle soit d’une rive du Rhin ou de l’autre.

L’occasion également de souligner que le terrible et dramatique conflit qu’a été la guerre de 1914 1918, a paradoxalement inspiré toute une génération d’artistes, avant, pendant et après le champ de bataille …

Du néant peut quelquefois sortir la lumière … La faute à la vie quotidienne dans les  tranchées, à ces journées interminables rythmées par le vacarme incessant des obus qui tombent et explosent aux alentours immédiats, à la présence d’une peur tenace, inséparable des terribles nuits des poilus, à la proximité quasi charnelle de la mort, compagne lancinante au combien fidèle, autant d’éléments qui constituent des sources d’inspiration puissantes.
Sans omettre l’aventure humaine qui se joue à chaque seconde dans les tranchées, véritable condensé des sentiments exacerbés qui se mêlent et s’entrecroisent, ou l’atroce voisine le grotesque voir le pathétique, ou le rire flirte avec l’émotion et le drame tutoie la légèreté… Beaucoup d’hommes, le soir, à la veillée, dans les casemates ou les tranchées, qu’ils soient illustres ou anonymes, ont évacué comme ils le pouvaient leurs idées noires grâce à la création artisanale ou artistique.

Ces créateurs, comme tous les soldats du front, étaient de nationalité française ou non, leur couleur de peau comme leur lieu de naissance importait peu, car tous étaient français de cœur et de sang versé ! Tel le suisse Blaise Cendrars, ou encore le russe d’origine polonaise, Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, plus connu chez nous depuis sous le nom de Guillaume Apollinaire, qui a tout fait pour être en première ligne. Il restera à jamais le blessé à la tête bandée immortalisé par Picasso, suite à l’éclat d’obus reçut à la tempe en mars 1916 au pied du Chemin des Dames.
Ils ont donné à notre pays, comme toute ces générations sacrifiées, jeunesse, joie et espérance, mais aussi trop souvent leur vie ! Leur sang étant l’encre indélébile qui a permis d’écrire des pages cruciales de l’histoire de l’Europe et du monde moderne.

Guillaume Apollinaire s’est éteint deux jours avant la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, à l’âge de 38 ans, victime de la grippe espagnole …. Il a cependant pu, peu avant sa mort, publié un recueil de poésie : Calligrammes, « poèmes de la paix et de la guerre » dédié à un de ses amis tombé au chemin des Dames.
J’en ai tiré un poème « La Petite Auto » qui témoigne que la Grande Guerre n’a pas seulement était une tragédie, incontestable, véritable boucherie sans nom, mais qu’elle marque définitivement la fin d’une époque et l’arrivée d’un temps nouveau, ici comme partout sur la planète.

Ce centenaire sera, en 2014, l’occasion de rendre hommage, à tous les combattants de toutes les nations, qui sont tombés sur le champ d’horreur, de quelque coté qu’ils soient, afin de célébrer et porter, au nom de leur mémoire, un message de paix pour les générations futures.

 

 

 

 

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La petite auto

 

Le 31 du mois d’Août 1914

Je partis de Deauville un peu avant minuit

Dans la petite auto de Rouveyre

Avec son chauffeur nous étions troi

Nous dîmes adieu à toute une époque

 

    Des Géants furieux se dressaient sur l’Europe

    Les aigles quittaient leur aire attendant le soleil

    Les poissons voraces montaient des abîmes

    Les peuples accouraient pour se connaître à fond

    Les morts tremblaient de peur dans leurs sombres demeures

    Les chiens aboyaient vers là-bas où étaient les frontières

 

    Je m’en allais portant en moi toutes ces armées qui se battaient

    Je les sentaient monter en moi et s’étaler les contrées où elles

    serpentaient

Avec les forêts les villages heureux de la Belgique

    Francorchamps avec l’Eau Rouge et les pouhons

    Région par où se font toujours les invasions

    Artères ferroviaires où ceux qui s’en allaient mourir saluaient encore

    une foie la vie colorée

    Océans profonds où remuaient les monstres

    Dans les vieilles carcasses naufragées

    Hauteurs inimaginables où l’homme combat

    Plus haut que l’aigle ne plane

    L’homme y combat contre l’homme

    Et descend tout à coup comme une étoile filante

 

    Je sentais en moi des êtres neufs pleins de dextérité

    Bâtir et aussi agencer un univers nouveau

    Un marchant d’une opulence inouïe et d’une taille prodigieuse

    Disposait un étalage extraordinaire

    Et des bergers gigantesques menaient

    De grands troupeaux muets qui broutaient les paroles

    Et contre lesquels aboyaient tous les chiens sur la route

 

    Et quand après avoir passé l’après-midi

    Par Fontainebleau

    Nous arrivâmes à Paris

    Au moment où l’on affichait la mobilisation

    Nous comprîmes mon camarade et moi

    Que la petite auto nous avait conduits dans une époque

    Nouvelle

    Et bien qu’étant déjà tous deux des hommes mûrs

    Nous venions cependant de naître »

Admettre le fait péri urbain

Trilport, une ville à la campagne, entre Marne et Forêts

Avec le vote du Schéma Directeur régional d’Ile de France, la création de la Métropole du Grand Paris, la publication de récents ouvrages ou l’envolée du vote FN dans certains territoires, le fait péri urbain est devenu une réalité incontournable qui fait désormais l’actualité. Indéniablement il existe, je l’ai rencontré, le vis au quotidien comme citoyen mais aussi élu local.

Prenons l’Ile de France, région la plus riche du pays (18% de la population nationale, 30% des richesses). Si toutes ses communes appartiennent à l’aire urbaine de Paris, plus des trois quart (85%) avec moins de 2000 habitants, notamment en Seine et Marne, sont considérées comme  péri urbaines. Peut on pour autant les classer en France métropole (note précédente)?
Non, un seine et marnais ne dispose pas tout à fait des mêmes facilités qu’un habitant de Paris ou de la Petite Couronne; et encore il existe une Seine et Marne des villes et une Seine et Marne des champs ! Ce département connait une croissance démographique ininterrompue depuis plus de 20 ans : foncier disponible, prix attractif, proximité apparente avec la région parisienne …

Autant d’arguments qui attirent de nombreuses familles, mais au quotidien, la réalité se révèle plus contrastée. La proximité avec Paris est toute relative, au regard de la congestion routière, du manque d’infrastructures en transport en commun, de la saturation d’un réseau ferré sous dimensionné et de l’absence quasi totale de multi modalité. L’organisation actuelle des transports remonte aux années 70, c’est dire, et ce, malgré les efforts déployés par le STIF depuis 2006. Trop souvent, dans le 77 se déplacer s’apparente à un parcours du combattant, que ce soit en voiture ou en transport en commun !

Comment en période de disette budgétaire rattraper 50 ans de sous investissement et financer dans le même temps le réseau du Grand Paris ?

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