Six années qui ont ébranlé la planète

Cérémonie des vœux 2026 particulière, puisque dernière du mandat, quelque peu perturbé par des conditions météos hivernales mettant à rude épreuve les services municipaux.
Si pour la feuille de route et les projets 2026, il faut attendre le verdict des élections de mars prochain, cette cérémonie constituait un moment opportun pour faire le point sur les six années écoulées qui ont bouleversé bien de nos repères. Le monde tel que nous le connaissions en 2019 n’est plus qu’un lointain souvenir du fait de 5 évènements majeurs:

  • La crise sanitaire, unique et singulière, soulignant l’importance du vivre ensemble, de la liberté de se déplacer, des solidarités de proximité ;
  • L’invasion russe en Ukraine suscitant en Europe une prise de conscience collective de la nécessité de protéger la paix, trésor inestimable, de la défendre avec détermination ;
  • L’envolée des prix de l’énergie, l’élection de Donald Trump, le développement de la Chine, des faits géo politiques devant nous convaincre de l’urgence de développer enfin l’unité européenne, afin que demain nos pays puissent simplement encore exister ;
  • Le réchauffement planétaire et ses conséquences climatiques, auquel nous devons apporter concrètement et dans l’urgence des réponses adaptées ;
  • Au niveau national, l’instabilité politique qui depuis la dissolution plonge notre pays dans l’immobilisme et l’incertitude ;

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère qui impose de renforcer la robustesse et la résilience de nos territoires y compris au niveau le plus local, celui de la commune.

Ce mandat éprouvant, singulier, en mode plus qu’actif, a démontré l’importance de l’action publique de proximité portée par nos communes.
Si la vie politique locale n’a pas les caractéristiques de la « grande » politique nationale actuelle, et tant mieux me semble t’il pour nos concitoyens, elle se limite « simplement » à régler les problèmes du quotidien qui empoisonnent la vie de nos concitoyens, préserver la cohésion sociale et préparer « accessoirement » l’avenir de nos territoires. L’élu local en se limitant au domaine du faire et du concret, non du dire, du paraitre, des postures change sans doute plus la vie de ses habitants que bien des discours.

Localement, je veux souligner le soutien de Jean François Parigi Président du département de Seine et Marne et de Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile de France.
Nous avons mis de côté nos divergences politiques pour relever, ensemble, les défis du quotidien et celui, aussi complexe, de faire avancer des territoires que nous nous devons de défendre tant ils ont été oubliés par le passé.
Souligner également le rôle de la CAF, essentiel au maintien du lien social et familial dans nos communes, celui des services déconcentrés de l’état (Préfecture) sur beaucoup de projets utiles à la vie de nos habitants.

Ensemble, chacun à sa place, nous avons agir pour défendre un territoire, riche de ses contrastes, potentialités et talents, porteur de beaucoup de promesses à accompagner et faire éclore.

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L’Oasis, lieu de tous les possibles …

Certaines inaugurations marquent plus que d’autres, ce n’est pas l’ampleur de la réalisation qui en font la valeur mais bien d’autres critères. Celle de L’Oasis, à bien des égards, est de cet acabit et restera longtemps dans ma mémoire, tant ce lieu souligne notre capacité collective à rebondir face à un aléa malheureux (ici la faillite d’une usine), agir pour sauvegarder un élément symbolique et important de notre patrimoine, oser innover, le faire collectivement en embarquant nos partenaires et concitoyens autour de valeurs communes afin de construire, ensemble, de nouvelles perspectives.

L’Oasis est située au cœur du site Nugue, friche industrielle depuis 2022, alors que cette usine, témoignage précieux de l’architecture du siècle dernier et du dynamisme d’une France industrielle exportait autrefois ses produits et sa technologie partout sur la planète. Elle a été durant plus d’un siècle un des cœurs battants du territoire, un site véritablement emblématique de Trilport : par sa valeur patrimoniale, sa qualité architecturale et urbaine, comme sa localisation : en cœur de ville, à proximité directe de la gare et d’un sentier de grande randonnée (GR 15).
Il faut souligner également la singularité du lieu, issue de son histoire, de la configuration plus que particulière de son environnement, d’une architecture industrielle laissant une large place à la lumière naturelle.
Nous y avons créé un lieu partagé, placé à la convergence de problématiques sociales et sociétales aussi majeures que celle des usages du numérique, du lien social, de l’aménagement du territoire ou de l’action culturelle. Originalité, une dimension hybride et ouverte totalement assumée et revendiquée qui nécessite cependant d’être en résonance avec son territoire.

Ce projet souligne la valeur ajoutée de deux programmes nationaux dans lesquels Trilport est totalement engagée : le programme « Petites Villes de Demain » et le Plan « France Numérique Ensemble » dédié à l’inclusion et à la maîtrise des usages numériques dont l’Oasis constituait une des actions phares.
Pour mettre sur orbite son lieu partagé, la ville a candidaté avec succès à l’appel à projet de la Région Île-de-France sur les Tiers Lieux et obtenu de la CAF de Seine-et-Marne l’agrément « Espace de vie sociale ».

Quelques mots justement sur le modèle économique, nous l’avons voulu résilient, privilégiant la robustesse à la performance. Nos communes se doivent d’anticiper le vent mauvais qui risque de souffler de plus en plus fort d’ici peu, en recherchant et déployant de nouveaux formats, plus hybrides, agiles et sans doute attractifs, mais surtout robustes et sobres. De nouveaux formats qui doivent avoir gravé dans leur ADN la capacité à s’adapter aux contraintes croissantes : budgétaires, logistiques, administratives ou humaines.
Il nous faut privilégier le temps long, étendre le champ des possibles grâce aux synergies suscitées, à la polyvalence et à la mutualisation des ressources ou usages, favoriser l’émergence d’une économie collaborative et circulaire avec des alliances parfois improbables. Nous devons oser et innover, y compris au niveau social, en suscitant la fertilisation croisée des approches et en fédérant différentes communautés d’usagers potentiels.

La concrétisation de ce projet est une réussite avant tout collective et résulte d’un travail collaboratif avec toute une pléiade de partenaires.
La sauvegarde du site, niché en cœur de ville juste face à la gare, est due à l’intervention déterminante des équipes de l’Établissement Public Foncier qui ont acquis l’ensemble du foncier, permettant ainsi à l’ancienne fabrique de coffre forts de poursuivre son activité économique, puis devant la liquidation judiciaire de la société, de protéger ce magnifique patrimoine de la convoitise des promoteurs.
Ainsi nous avons pu faire émerger un projet d’intérêt général mettant à la disposition des habitants du territorie trois équipements sur le même site : un espace de vie sociale, des locaux de coworking et un FabLab :

  • L’espace de vie sociale est le fruit d’un travail commun de fond entre la commune et la CAF de Seine et Marne, auquel a été associé les Trilportais grâce à une concertation mené sur plusieurs mois ;
  • L’espace de coworking propose aux entreprises, auto-entrepreneurs, télétravailleurs ou étudiants, juste face à la gare SNCF, des ressources numériques et un cadre bienveillant pour travailler en toute sérénité ;
  • Le FabLab « Meaux Factory » implanté également sur le site donne accès à l’univers de la fabrication numérique, au monde des « makers » et du « DO It Yourself ». Il multiplie le champ des possibles et favorise l’émergence de nouvelles synergies ;


Revenons à la méthode déployée. Elle nous a permis d’apporter une réponse concrète à l’interpellation « Où atterrir ? » en développant un modèle innovant et hybride (« autres temps, autres lieux ») à bien des égards reproductibles.

Je vous propose de revenir sur cette méthode …

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Donner envie, d’avoir envie d’Europe

Nous avons accueilli une importante délégation de la ville allemande d’Engen venus fêter le 25eme anniversaire du jumelage entre nos deux villes ; d’un commun accord avec mon collègue allemand nous avions choisi le weekend du 9 mai pour célébrer ce moment de fête la date, symbolique s’il en est, de la journée de l’Europe, .
Les racines de notre jumelage sont cependant bien plus profondes et lointaines, nos liens d’amitié remontent en fait à 1987, année de l’appariement entre les collèges de nos deux communes ; depuis, chaque année des échanges entre les établissements se déroulent, une année à Engen, l’autre à Trilport. Il faut d’ailleurs souligner la mobilisation exceptionnelle de notre collège lors de ce week end pour contribuer à la réussite de cette célébration.

Vingt cinq ans ont passé depuis la signature de ce jumelage, 25 ans à l’échelle d’une vie humaine est déjà un long chemin …
Depuis 2000, nos enfants ont grandi, sont devenus des hommes et des femmes accomplis, pour certains des parents, beaucoup de nos ainés ne sont plus, alors qu’ils avaient tant œuvré pour l’amitié entre Engen et Trilport, nos territoires se sont transformées …
« Il n’est de richesse que d’hommes » a écrit Jean Bodin, aussi c’est avec émotion que nous avons célébré ce moment de partage, en pensant beaucoup à toutes celles et ceux qui ne sont plus, qui durant des années, inlassablement, passionnément ont œuvré avec enthousiasme à la réussite de cette belle histoire d’amitié européenne.
Que d’échanges, de rencontres, de moments d’exception partagés en 25 ans … Ce jumelage qui constitue, avant tout et surtout, une magnifique aventure humaine a été fêté en présence des Maires des villes de Pannonhalma (Hongrie) et de Monéglia (Italie) toutes deux jumelées également avec Engen.

J’ai tenu à rendre hommage à la formidable action initiée toutes ces années par Johannes Moser, l’ancien Maire d’Engen, à l’origine de ces partenariats.
Il a littéralement ouvert des fenêtres, permettant à nos habitants de toutes générations, de découvrir d’autres cultures, d’autres saveurs, que ce soit ici en France, à Engen ou encore a Pannonhalma et Moneglia, œuvrant pour que des passerelles entre nos différents pays émergent, nous permettant ainsi, 25 ans après, de nous retrouver avec le même enthousiasme afin de partager un moment au combien précieux, tant il est unique, improbable, bienvenue et heureux.
Ensemble depuis, nous avons semé au fil des saisons et des années, des graines d’Europe, dans chacune de nos villes : Moneglia, Pannonhalma, Engen ou Trilport …

« Unis dans la diversité » (Hongrois : Egység a sokféleségben / Italien : Uniti nella diversità / Allemand : In Vielfalt geeint), cette devise européenne que nous partageons nous est commune. Elle rappelle que nos différences constituent une richesse authentique et sont le socle d’une sagesse issue de nos histoires mêlées, dans le temps, l’espace, le passé, trop souvent dans le sang et la douleur …
Les spécificités de nos cultures respectives, la géographie si particulière de ce continent, l’histoire tumultueuse et entremêlée de nos pays depuis des siècles, constituent un ADN au combien riche, résilient et unique.
L’Europe est une confluence, un modèle improbable de société, une exception sur la planète, véritable oasis basée sur la tolérance, la place de l’humain, le respect d’autrui, l’importance de la culture, des arts, l’amour de la liberté, le souci constant de protéger et sauvegarder notre planète.
C’est tout l’enjeu de nos jumelages …
Donner du sens et de la substance à l’idée européen, mais aussi et plus que tout, des perspectives concrètes, donner envie d’avoir de nouveau envie d’Europe.

« Rien n’est construit sur la pierre ; tout est construit sur le sable, mais nous devons construire comme si le sable était de la pierre. » – Jorge Luis Borges

C’est cela construire l’Europe …
Bâtir inlassablement sur le sable un édifice commun, pour simplement rester acteur de notre destin, du futur de nos pays et permettre ainsi, peut être, à nos enfants de vivre dans un monde plus responsable, apaisé et surtout serein.

A nos 25 ans !

Additionnez, ne divisez pas

Le bâtiment de 1000 m2 que nous venons d’inaugurer, qui rassemble un restaurant scolaire et un Accueil de loisirs sans hébergement (ALSH) illustre les priorités environnementales de la commune : orientation bio climatique, place accordée à la lumière naturelle, choix de matériaux biosourcés issus d’une filière courte et locale, celle du chanvre.
Cette filière constitue un véritable atout pour l’économie régionale, l’emploi, la souveraineté du pays ou la planète : son développement contribue à diminuer spectaculairement les émissions en gaz à effet de serre du BTP comme de l’agriculture, contribue à la capture du CO2 et à la protection de la ressource en eau, vitale s’il en est.
Autres innovations, un mode constructif 100% hors site et un chauffage par le sol via un réseau de chaleur produisant dns le même temps de l’électricité et réinjectée dans le réseau grâce à une convention d’autoconsommation collective, la 1ere signée en Seine-et-Marne.

Cette réalisation marque une étape décisive ; en 15 ans Trilport aura rénové, isolé, agrandi et modernisé l’ensemble de ses structures scolaires et périscolaires ! Si évidemment des adaptations seront à effectuer, les réalisations d’ampleur sont derrière nous.

Nous devons cependant désormais tenir compte d’un impératif de plus en plus prégnant : la nécessité d’anticiper une contrainte budgétaire croissante et de l’intégrer dans la conception même de nos équipements comme des couts liés à leur fonctionnement.
Il nous faut les repenser de manière globale, en recherchant les complémentarités, l’adaptabilité et les sources de mutualisation tant nos communes sont confrontées aux exigences croissantes des familles, aux nouveaux modes de vie, à la contrainte de plus en plus pesante des différentes normes à respecter, et, dans le même temps, à des budgets de plus en plus difficiles à tenir.
Les élus locaux doivent comme trop souvent désormais apporter des réponses concrètes à des injonctions trop souvent contradictoires.
Nous n’avons plus les moyens de dissocier aussi hermétiquement qu’auparavant ce qui est du scolaire, du périscolaire, tant nous devons renforcer nos capacités d’adaptation, veiller à rechercher des mutualisations harmonieuses.
Nos communes, en première ligne, ne peuvent plus répondre seules à toutes ces exigences, faute de moyens logistiques, humains ou financiers. Aussi, il devient essentiel que chaque acteur, dans le cadre de ses missions, fasse preuve de souplesse, d’agilité, de capacité d’adaptation et d’esprit collaboratif, qu’il contribue à rechercher des solutions plutôt que des problèmes.
N’en doutons pas certaines normes se devront sans doute d’être revisitées dans un futur proche à l’aune des réalités budgétaires.

C’est cet esprit qui nous a animé dans la conception, non seulement de cet équipement, mais de toutes les rénovations que nous avons mené. Nos locaux devront sans nul doute s’adapter à divers contextes dans les prochaines décennies et intégrer la prise en compte des temporalités d’usage comme celle de l’incertitude de l’avenir.
Mais justement une des missions essentielles de l’éducation n’est-elle pas d’enseigner, et ce de plus en plus, à affronter l’incertitude ?

Il est également essentiel de rappeler le soutien constant de nos partenaires et le travail réalisé pour instruire et rechercher des subventions, qui il le faut le souligner ne tombent pas toutes seules du ciel, mais nécessite énergie, travail et esprit d’innovation bien souvent. Toutes ces années, c’est ainsi près de 7 millions d’euros qui auront été investis dans les structures scolaires et péri scolaires de Trilport avec le soutien de l’état, de la Région, du Département et de la CAF de Seine et Marne ; rien n’aurait été possible sans leur aide bienveillante et attentive.

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. » disait Saint Exupéry, L’avenir, toutes ces années, c’est ensemble que nous le rendons possible en investissant dans l’éducation de nos enfants.

Si faire la ville c’est donner deux ailes(ou « l ») à la « vie », cela n’est possible qu’ensemble, en jouant collectif .

Comme l’écrivait René Char

« Additionnez, ne divisez pas. »

Film vidéo sur cette réalisation

Ligne P : l’acceptabilité n’est plus une option

Travaux sur le réseau : SNCF Réseau

La parenthèse des jeux olympiques aura permis aux usagers de la ligne P de retrouver, le temps d’un été, le plaisir d’une vie sociale durant laquelle se rendre à Paris en train pour passer la soirée et en revenir était de nouveau possible. Cette parenthèse est désormais bien refermée après la reprise des travaux sur le réseau et le remplacement des trains de soirée par des bus de substitution.
Soyons clairs, depuis l’accident dramatique de Brétigny-sur-Orge, personne ne conteste l’urgence de régénérer un réseau si vieillissant qu’il a fait l’objet d’un audit sévère de la Cour des comptes, soulignant que l’Ile de France qui ne représente que 10% du réseau national concentre 70% de la circulation ferroviaire du pays et 40 % de son trafic voyageurs et que 40 % des voies et 30 % des aiguillages des 3 700 km du réseau francilien avaient plus de 30 ans d’âge et 15 % des caténaires dépassaient même les 80 années (dont pour 5 % le siècle !).
Régénérer l’infra constitue une priorité absolue pour la sécurité même des usagers. Ce constat m’a mené durant des années à militer pour qu’une rénovation à grande échelle soit lancée, aussi je ne peux que me satisfaire de l’effort sans précédent engagé par SNCF Réseau et Ile de France mobilités dans ce cadre.
Chacun comprendra également qu’intervenir sur des voies ferrés ne peut se faire qu’en l’absence de tout trafic et de préférence sur les créneaux les moins perturbants pour ne pas pénaliser le plus grand nombre d’usagers ; autant dire la nuit, ce qui permet de bénéficier de plages de 5 à 6 heures de travail avant le départ du premier train du matin.
Vu l’ampleur du retard à combler (plusieurs décennies de sous investissement et d’abandon) et les contraintes logistiques afférentes à ce type de rénovation lourde, de tels chantiers se prolongent inévitablement de nombreux mois pénalisant durablement le quotidien des usagers.
Il est bon de rappeler que les usagers de la grande couronne sont les plus touchés par ces chantiers, y compris si ceux ci ne les concernaient qu’à la marge jusqu’à présent, certains étant même très éloignés de leurs priorités (cf CDG ADP Roissy) alors que dans le même temps les demandes d’amélioration les concernant, comme l’électrification de la ligne Trilport / La Ferté Milon, la mise en accessibilité des gares les plus fréquentées apparaissaient secondaires devant les milliards consacrés au réseau du Grand Paris.

Il faut souligner l’impact pour la vie quotidienne de nos concitoyens de la suppression des trains de soirée durant plusieurs années, comme c’est le cas, elle influe durement leur vie sociale, familiale ou professionnelle, d’autant qu’elle se double de weekends successifs de travaux sans trafic. Dans l’inconscient collectif, le mode dégradé devient la norme, attisant un profond sentiment de frustration, d’injustice, d’abandon et pour tout dire de relégation..
La question de l’acceptabilité sociale se doit d’être considérée comme un enjeu majeur, sinon un préalable, vu l’absence de perspective d’amélioration proche pour des usagers qui ne disposent d’aucune alternative pour se déplacer, d’autant que cette situation se prolongera plusieurs années.

Comment rendre compatible l’urgence de régénérer un réseau à bout de souffle, atout essentiel de nos territoires et vecteur de mobilités plus durables pour aujourd’hui ou demain et la vie quotidienne d’habitants qui n’ont pas d’alternative pour se déplacer ? C’est bien le dilemme à résoudre.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, usagers et élus de nos territoires, n’avaient jamais été associés au moindre arbitrage lié à ces travaux, alors qu’ils en subissent plus que tout autre les conséquences directes.
L’acceptabilité sociale n’apparait pas, comme dans trop de domaines, ou si peu, dans les radars des décideurs, étant tout juste considérée comme une variable d’ajustement devant les priorités logistiques des techniciens. Ce n’est pas acceptable surtout devant l’impact de pour nos vies quotidiennes. Les choix et validations, sans mesure d’accompagnement, ne peuvent se limiter aux seuls priorités techniques mais doivent tenir compte des conséquences sociales plus que déstabilisatrices.
J’avais interrogé Clément Beaune, alors Ministre des Transports, dans le cadre de mes responsabilités à l’APVF, sur une situation que nous jugions intolérable et anachronique, en évoquant les relations « difficiles » des collectivités du pays avec SNCF Réseau.
Nous lui proposions de créer des « Comités d’axes » par réseau ou bassin de mobilités afin d’initier une concertation amont constructive avec SNCF Réseau.
Le ministre nous a rappelé que l’État au regard du principe de libre administration des collectivités territoriales, n’avait pas à intervenir dans les choix des autorités organisatrices, seules compétentes pour décider du niveau d’offre des lignes qu’elles administrent ainsi, en lien avec la maîtrise d’ouvrage, que des plages travaux retenues pour la modernisation des lignes de RER et Transilien. Dont acte.

Nous étions alors localement (élus du Pays de l’Ourcq, du Pays de Meaux, département de Seine et Marne, Région ile de France) en négociation très difficile avec le gestionnaire d’infrastructures et la Préfecture de région afin d’obtenir l’inscription de la l’électrification de la ligne Trilport / La Ferté Milon au Contrat de Plan Etat Région (CPER)) et confrontés à une vraie situation de blocage. Fort heureusement nous avons obtenu l‘inscription de l’électrification de la ligne au CPER, ce qui a contribué à pacifier nos relations.,Profitant de cette nouvelle donne nous avons exploré avec Transilien différents formats destinés à proposer le cadre d’une concertation constructive.
SNCF Réseau validant le concept d’un « dialogue territorial de la ligne P » avec SNCF voyageurs, Transilien, associations d’usagers de la ligne P, intercommunalités, département de Seine-et-Marne et Ile de France mobilités. Il ne faut surtout pas sous estimer ce que représente pour le gestionnaire d’infrastructure un accord, il constitue une véritable « révolution culturelle », encore faut il que les résultats suivent …

Où en est on aujourd’hui après quelques mois de rencontres ?

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Belle année 2025

Janvier se termine et avec la fin du 1er mois de l’année le cycle des cérémonies de vœux auxquelles j’ai participé. Toutes ont dressé un constat commun quelque peu désabusé, la déconnexion entre la réalité du terrain, à laquelle nous sommes confrontés au quotidien, et les postures de « responsables » politiques, prisonniers de leur bulle parisienne, focalisés par de petits calculs d’arrière-boutique et le souci d’exister, du moins médiatiquement, loin des besoins du terrain, des urgences de nos concitoyens, de la fracture de territoires à la peine, de la situation dramatique du pays et du manque de perspective qu’ils incarnent.
Ce décalage préoccupant alimente le climat politique délétère et anxiogène que nous connaissons et aggrave une fracture citoyenne de plus en plus perceptible et qui se rappelle à tous dans les urnes à chaque scrutin.
La France n’a toujours pas de budget, aucun élu local ne connait aujourd’hui les moyens dont il disposera dans les prochaines semaines afin de faire face aux urgences du terrain et investir pour sa ville, paradoxalement cette situation ne semble pas troubler outre mesure la représentation nationale, incapable de nouer le moindre compromis qui permettrait de sortir le pays, ne serait-ce que momentanément, de cette mauvaise passe (impasse ?).
C’est pourtant ce que font chaque jour, sans se renier pour autant, les élus locaux afin simplement d’agir pour leurs concitoyens, défendre des territoires trop souvent oubliés de la république et laissés pour compte.
Ce sont nos communes qui depuis des mois, tiennent le pays lorsque d’autres le fracturent, nos collectivités qui lui permettent d’avancer, qui investissent et améliorent la résilience de nos villes ou villages, et pallient le plus souvent à l’absence de services publics de proximité pourtant essentiels.
Région, département et communes partagent ce combat commun du monde du réel au quotidien, laissant de coté lorsqu’il faut leurs différences, tous mobilisés au service de l’intérêt général et de nos concitoyens.
C’est ce qu’a rappelé Jean François Parigi, Président du département de Seine et Marne dans son intervention lors de notre cérémonie de vœux, à laquelle il m’avait fait l’amitié de participer.

En 2024, l’équipe municipale a tenu sa feuille de route, investissant près de 3 millions d’euros dans la modernisation de la ville, la réalisation de nouveaux équipements et la consolidation de l’action des services municipaux. Réussite collective à laquelle il convient d’associer les différentes énergies qui y ont contribué, agents comme élus.
Mieux, les subventions obtenues, fruits d’un important travail, consolident d’autant nos perspectives budgétaires pour les prochains mois. Nous aurons réussi ainsi à préserver nos capacités d’actions pour 2025, ce qui n’est pas rien, vu le contexte national.

Nous devrons cependant rester vigilant et rigoureux, garanties indispensables pour agir efficacement mais surtout durablement. N’oublions pas que contrairement à l’état, nos villes votent leur budget à l’équilibre et n’empruntent pas pour boucler leurs dépenses de fonctionnement. Il nous faudra faire preuve de responsabilité et garder le cap.

Être élu local, c’est accepter d’être en première ligne, à hauteur d’homme, accessible, au service de l’intérêt général … Pas si facile au quotidien, tant cela implique également d’accepter de se faire critiquer, de prendre quelques coups au passage, le plus souvent virtuels (les Yakafautquon des réseaux sociaux …). Le mandat local est une école de résilience mais surtout d’humilité, vu l’écart considérable et de plus en plus important entre nos capacités réelles à faire et agir au regard de nos contraintes (logistiques, humaines, et surtout financières), de la présence de lois et normes contraignantes, parfois contradictoires, qu’il nous faut faire respecter et des demandes croissantes de concitoyens ignorant tout des difficultés du terrain.
Nous devons « gérer » leur impatience, le sentiment d’injustice ou d’abandon qu’ils expriment, quelquefois légitime, quelquefois non, leurs révoltes, parfois même leurs colères, le tout, sans avoir toujours les moyens d’apporter des réponses immédiates.
Situation qui créé inévitablement un sentiment de frustration qui décourage beaucoup d’élus.

Alors quelles sont nos perspectives d’actions pour 2025 dans l’hypothèse d’avoir un budget pour le pays ?

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