La Halotte, la fin … au prochain épisode !

cb3c2a8447b5f2cc2a41af19180f3017.jpgLe 9 novembre dernier la Cour d’appel de Paris a rendu son verdict sur le dossier de la Halotte (cf notes précédentes). Un arrêt qui modifie singulièrement la donne sur cette affaire.

 Aucune charge n’a été retenu contre le plombier, la cour d’appel revenant ainsi sur le jugement rendu en première instance. A contrario, l’entrepreneur est jugé seul et unique responsable de l’explosion,au niveau de la juridiction civile (à lui le remboursement intégral des dommages et intérêts) et pénal car il écope d’une peine d’emprisonnement de deux ans avec sursis.

 Bien évidemment, ne commentant pas la chose jugée, je m’abstiendrais de tout commentaire sur ce dossier. Fin de partie pour autant ?

Non, le feuilleton judiciaire se poursuit … Nous venons de recevoir un courrier de l’avocat de l’entrepreneur qui nous informe que ce dernier a inscrit au Greffe de la Cour d’Appel de Paris, un pourvoi en cassation …

Autrement dit, ce n’est pas encore demain que la Mairie sera remboursée des 2 397,67 euros qu’elle a demandé pour remboursement du préjudice subit (pretium doloris)  !

Rappelons au passage que cette explosion s’est déroulée il y a déjà plus de 5 ans …

 Aucun commentaire avons nous dit ?

2 397,67 euros

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 Vendredi 29 septembre 2007, Palais de justice de Paris,  11eme chambre de la Cour d’appel, 13h40 l’audience sur l’explosion de l’usine des Radiateurs de Meaux débute. Une séance marathon qui va durer prés de quatre heures.
Cette audience arrive cinq ans, presque jour pour jour, après l’explosion et un an après le premier jugement rendu par le Tribunal de Grande Instance de Meaux (cf note), ce délai qui semble interminable est pourtant le rythme habituel de la justice française  !

Ce malaise de la justice, institution majeure s’il en est a déjà été signalée ici (cf note) mais il est  encore plus visible en ce lieu, pourtant symbolique. Le manque d’entretien du bâtiment, le nombre de dossiers volumineux entassés à la va vite dans les couloirs voisins, la mine fatigué des magistrats, manifestement débordés, témoignent en effet d’un malaise évident qui apparait en ces lieux encore plus fort …

Je m’efforce de défendre les  2 397,67 euros de dédommagement demandés par la commune; si certains s’étonnent d’un tel montant (cf note), vu l’ampleur de la catastrophe et ses conséquences pour ma ville, rappelons simplement que le plafond de remboursement des assurances souscrites par les accusés est de trés loin inférieur au montant des dédommagements demandés par les victimes. Informés trés tôt de cette situation, nous étions placés devant un dilemne :
– soit évaluer les dommages réels subis par la commune que ce soit en terme d’image (Trilport  ayant fait la une des médias nationaux après l’explosion ), en dépenses de personnel (temps passé en intervention auprés des sinistrés, accueil, nettoyage du site, élaboration des multiples dossiers …), l’incidence financière du retard de commercialisation de la zone d’activités … Autant de paramètres dont la simple estimation aurait demandé des expertises poussées et onéreuses
– Soit demander un dédommagement quasi symbolique, ne nécessitant pas de recourir à des experts. Nous avons opté pour cette dernière solution, avec un montant correspondant au simple remboursement d’heures supplémentaires et à l’utilisation d’un bureau durant une semaine par la cellule de crise estimé à 2 397,92 euros.  

Dédommagement que j’ai défendu en appel, dans une audience qui s’est révélée au final fort instructive.

 

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A la lecture des parties civiles présentes, malaise, une des sociétés du chef d’entreprise condamné en première instance s’est également constituée partie civile, pas à dire il y en a qui manque pas d’air !

L’ambiance de cette cour d’appel est différente de celle du Tribubal de Meaux, nous sommes entre spécialistes, un monde rempli de robes noires et blanches, de « cotes » (classement des pièces de l’instruction) plus ou moins bien taillées et de réthorique !
Le Conseiller lit sa synthese du dossier d’une voix atone, au delà des mots on a du mal à imaginer  la réalité brutale des faits, l’ampleur de la catastrophe, l’onde de choc qui a secoué la région, les flammes, la panique, les explosions de voiture, les toitures arrachés, et le paysage dévasté de la zone le lendemain matin. Au fil du rappel des évènements des blessures réapparaissent …
Lorsque le rapporteur arrive aux conclusions des trois expertises consécutives, des zones d’incertitude subsistent …
S’il est incontestable que l’explosion est due au propane et que deux heures ont suffi pour atteindre le seuil d’explosivité, aucun expert ne peut indiquer avec certitude la cause de l’étincelle qui a déclenché l’explosion. les experts priviégient toutefois une cause accidentelle …

Pourtant, chacun semble avoir son explication …

Pour le Chef d’entreprise, il a agit comme il le fallait. La « première » fuite de gaz constatée (un mois avant l’explosion), il a fait appel à un professionnel pour intervenir, le plombier de référence de l’entreprise, celui qui a en théorie les compétences … Ensuite ‘l’affaire était entre les mains du professionnel dont il n’a eu aucune nouvelle jusqu’au jour de l’explosion, un mois aprés …

Pour le plombier, la réalité est tout autre …
Constatant l’état de corrosion des canalisations, il a dans un premier temps hésité, avant d’effectuer une intervention de fortune. Une fois sa tâche terminée (mais l’était elle réellement ?), il a conseillé au responsable présent de changer l’installation en spécifiant que tous les soirs il fallait bien veiller à fermer la vanne de gaz …

Les parties civiles rappellent les conditions de travail de l’usine, dénoncées par les ouvriers et l’Inspection du travail : absence de mesures de prévention et de règle de sécurité, délégations de responsabilités plus que floues, fuites fréquentes, stratégies pour échapper au seuil du nombre de salariés imposant des structures comme le Comité d’Hygiène et de Santé …
Elles reprochent au plombier la nature de son intervention, non adaptée à l’urgence de la situation (choix du type  de soudure notamment mais pas seulement, il aurait du selon eux remplacer la canalisation) et sa non réactivité par la suite, au regard du coté précaire de la réparation. Un avocat a pris l’exemple d’un garagiste qui ferait une réparation de fortune sur un véhicule et laisserait partir son client … Une situation selon lui inamiginable …

La parole est ensuite donnée aux avocats de la défense qui déplorent le recours à une procédure pénale (notamment les peines d’emprisonnement avec sursis) dans cette affaire, rejettent les décisions de première instance du Tribunal de Meaux et les chefs d’accusation retenus en réfutant tout lien de causalité générateur de la catastrophe …

Pour l’avocat du chef d’entreprise, un tel procés est une dérive de la société à qui il faut absolument des responsables et qui a désormais tendance à tout pénaliser, même lorsque les éléments sont insuffisants pour caractériser la faute !

Les avocats du plombier eux vont beaucoup plus loin …

Soit l’explosion est accidentelle et rien n’indique que c’est la soudure qui a lâché … Si leur client avait refusé d’intervenir que n’aurait on dit ?
Soit l’explosion est criminelle, ce qu’aucune expertise n’écarte formellement… Ils rappellent la situation financière pour le moins délicate de ce chef d’entreprise très particulier, notyamment et surtout au moment de la catastrophe, la noria de sociétés en redressement judiciaire dont il était le gérant, les poursuites pour détournement d’actifs le concernant,  et le fait que l’explosion a détruit certains documents comptables peut être fort à propos eu égard aux controles qu’ils devaient subir tout juste quelques jours aprés l’explosion …

Pour ma part, j’ai rappelé l’ampleur de la catastrophe, sa violence, les deux morts causés par l’explosion, les usines dévastés, les cinq ans qu’il a fallut pour que la zone de la Halotte renaisse de ses cendres, ce que ce drame a pu couter à certains entrepreneurs voyant l’oeuvre de leur vie partir en fumée, un bilan qui aurait pu être bien pire !
J’ai indiqué la portée symbolique de notre demande de dédommagement devant un préjudice inestimable, notre volonté dans ce dossier de ne pas gagner de l’argent, ou de demander des têtes, mais bien de cerner les responsabilités de chacun afin qu’il les assume.
J’estime scandaleux qu’un professionnel fasse fi des règles de sécurité les plus élémentaires, oubliant que son outil de travail peut devenir une bombe potentielle mettant en jeu non seulement sa vie mais également celle de son personnel et des riverains.
Il est dans l’ordre naturel des choses que la société demande des comptes devant les conséquences dramatiques d’une explosion qui n’aurait jamais du avoir lieu et logique que le ou les responsable(s),en assume pleinement les conséquences au civil comme au pénal si la faute est caractérisée.

 

 Le jugement a été mis en référé pour le 9 novembre 2007 …

 

 

Notes précédentes sur le sujet :

En attendant l’appel

Une fuite de trop

L’explosion de la Halotte (1)

Lendemain d’explosion

La Fête nationale 2007

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Ce n’est pas sans déplaisir que j’ai vu arriver, comme beaucoup d’entre nous, les célébrations du 14 juillet, sous un soleil estival nous signalant la proximité de vacances proches, attendues et tout compte fait méritées aprés un mois de juin interminable !

Fidèles au rendez vous, les représentants des anciens combattants, les musiciens de l’Harmonie Municipale et de l’Ecole Intercommunale de Musique, les pompiers du Service Départemental d’Incendie et de Secours ont donné du relief à cette commémoration … L’occasion a été belle pour se féliciter des prochains travaux, sur le site de la Halotte (tout un symbole …), de la future caserne de Trilport, démontrant l’importance de l’action des pompiers locaux pour ce secteur du département …

Il m’est apparu important, surtout cette année de fêter la République et ses valeurs, matrice essentielle et incontournable d’une citoyenneté qui nous oblige …

 

Le fait de perpétuer, une tradition remontant à la révolution de 1789, célébrée par tant d’autres Maires de France, chaque 14 juillet depuis 1789, n’est en effet pas anodin … Il m’apparait important d’associer à cette cérémonie, tous ceux qui au-delà des siècles, des frontières ou des océans ont personnifié la France que l’on aime et qui aime … Terre d’accueil, de liberté, d’égalité, de fraternité s’il en est mais aussi de révolte, de courage et d’espoir …
La France des « vingt et trois » de l’affiche rouge célébrée par Aragon, celle de Guy Moquet, de Lucie Aubrac qui nous a quitté cette année, et de tant d’autres ayant choisi ce pays par ce qu’il est et représente … 

Nous sommes les descendants des générations de belges, polonais, italiens, espagnols, portugais, arméniens, africains, algériens qui s’y sont progressivement installés, à la suite des mouvements de population des siècles précédents, nourris à la même matrice républicaine, qui nous a permis de devenir des citoyens à part entière, grâce aux valeurs républicaines célébrées ce jour, constituant autant de graines d’espoir semées au gré du vent et de l’histoire …

Je fait partie de ceux qui ne mélange pas ,  origine et identité nationale … A quelques années lumières de ce Ministère amer de l’immigration et de l’identité nationale …

Lors de mon intervention, j’ai tenu à rappeler la mémoire d’un lointain prédecesseur; 2007 coincide avec le centenaire du décollage du premier hélicoptère et rappelons que si  Paul Cornu a pu le 13 novembre 1907, s’envoler à bord d’un « hélicoptère » de sa fabrication (plus de 230 kilos l’engin) et atteindre l’altitude record de 1,5 mètres, c’est bien à l’invention d’un Trilportais qu’il le doit.
Je veux bien évidemment parler du Vicomte Gustave Ponton d’Amécourt, Maire de Trilport, homme de science, inventeur, historien, fondateur notamment de la société numinasrique de France, ami et familier de Nadar et de Jules Verne. Si je suis loin de partager les convictions politiques, philosophiques  ou religieuses de ce grand esprit du XIX eme siècle, qui présentait la particularité d’être un royaliste, le devoir de mémoire nous impose aujourd’hui de saluer son importance pour notre commune comme pour l’engin « volant » plus lourd que l’air auquel il a donné le nom d’hélicoptère …

Il est temps que Trilport honore son grand personnage, l’occasion nous en est donné car 2008 coincide avec le 120 eme anniversaire de sa mort

 

 

La Marianne de Vera

medium_vera3.jpgC’est une cérémonie sympathique et inattendue qui s’est déroulée en Mairie à l’initiative de Vera Dorrer, sculpteur, il y a quelques jours.
Cette dernière a fait don à la commune, fait singulier, d’une Marianne de sa composition.

Un cadeau unique et apprécié tant pour sa valeur artistique, que sentimentale et symbolique. Il est singulier et instructif que les révolutionnaires de 1789 et 1792 aient choisi une femme pour personnifier les valeurs de la République et de la Laïcité; s’en étonner est mal connaitre l’importance du combat des femmes dans notre histoire.
Plus proche de nous et pour sortir de l’hexagone, chacun peut se souvenir de l’importance prise par les cortèges des « Mères de la Place de Mai » en Argentine dans la chute de la dictature ou plus récemment du combat mené par Cindy Sheehan, personnifiant à elle seule, la lutte contre la guerre en IRAK voulu par Bush, et devenue malgré elle l’icône planétaire de ce combat légitime.

 

Avant de savoir si « la femme est bien l’avenir de l’homme », selon la formule d’Aragon ou seulement « un désir d’avenir » pour les prochaines semaines,  revenons sur la symbolique du présent de Vera …

 

 

Les bustes qui président à toutes les cérémonies officielles se déroulant dans les maisions communes, représentent de manière symbolique la Mère Patrie, fille (ou mère) de la Révolution et des Lumières.
Cette tradition remonte à 1792, année ou la République choisit de s’incarner, par décret, sous l’apparence d’une femme, « Marianne », avec dans ses mains le drapeau tricolore, à ses pieds les deux livres de la loi et de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et le tryptique « Liberté, Égalité, Fraternité ».

C’est en fait lors de la Troisième République, aprés 1875, que les statues et les bustes de Marianne se multiplient dans les Mairies afin de prendre la place de ceux de l’Empereur Président, Napoléon III, déchu aprés la défaite de 1870. Une période de division dans notre pays, aprés l’épuration qui suit la Commune. Etat d’esprit que la coiffe des bustes confirment : soit bonnet phrygien, accentuant le caractère révolutionnaire de la madone ou bien revétu d’un diadème et d’une couronne, version beaucoup plus soft, voire conservatrice. La profondeur du décolleté est aussi un autre élement de différenciation, pour d’autres raisons touchant notamment à la religion catholique et à son coté « collet monté ». La Marianne de Vera possède une coiffe tout aussi symbolique, les étoiles européennes …

Depuis le début du vingtième siècle, Marianne arbore systématiquement le bonnet phrygien et s’est débarrassée de ses autres attributs; elle n’est plus aussi anonyme d’ailleurs, de Brigitte Bardot à Laeticia Casta (en passant par Catherine Deneuve) c’est toute une serie d’icônes de premier plan qui ont servi pour modèle. Elles sont pourtant loin du standard de la française moyenne …  Pour Véra d’ailleurs, le modèle idéal aurait été la Mère Denis, elle aussi une « vedette » cathodique de premier plan à sa manière. Mais je dois avouer qu’à tout prendre, je préfère la Casta !

 

 

Le choix du prénom « Marianne » est aussi trés symbolique ! La communauté des historiens s’est accordé sur son origine, il y a peu. Il émanerait d’une chanson occitane de la période révolutionnaire venant de Puylaurens dénommée « la Garisou de Marianno » (la Guérison de Marianne ).
Ce prénom est alors très répandu dans les milieux populaires; c’est un peu la revanche des gueux contre les nobles, celle de la France d’en bas contre la France d’en haut … Mais ce que trop peu de français savent, c’est qu’il a franchit les frontières et s’est imposé dans d’autres pays comme symbole de liberté pour des amoureux de la République. C’est ainsi qu’un de mes deux grands pères, berger espagnol pourtant, avait pour prénom « Marianno » en l’honneur de la République que beaucoup d’espagnols appelaient de leurs voeux !

 

 

 

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La Marianne de Vera, une des trois Marianne de la commune de Trilport

 

 

 

 

En 2007 « Apprivoisez vous »

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Pour les élus, janvier n’est pas un mois comme les autres, marathon des vœux oblige ! Des vœux comme s’il en pleuvait : ambiance intimiste, grande messe … Dans cette série, les vœux de sa commune constituent pour un Maire, un moment particulier, non seulement du fait qu’il se retrouve en première ligne. mais parcequ’au delà de l’exercice de style imposé, cette cérémonie constitue un temps fort, avec deux challenges à la clé : comment informer sans ennuyer son auditoire et mettre en valeur une action qui est avant tout collective ? comment situer les perspectives à venir pour mieux faire comprendre l’action en cours et les choix effectués ?

A l’heure du zapping, du règne de l’instantanée et de la « comm » à outrance diffusée par les médias nationaux qui renvoient les images formatées « pré digérées » pour le 20 heures de TF1 élaborées par les « spin doctor » (es spécialiste de la communication politique) prendre un moment pour faire le point et décrire tout simplement les différentes étapes et le  délai nécessaire à l’action politique du quotidien et du concret parait un rendez vous quasi anachronique …

Voilà pour le fond, la forme variant selon les équipes, les contextes locaux ou la mise en scène de la manifestation … Cette année nous avons débuté avec la projection d’un clip musical réalisé à l’occasion du Téléthon, par une association locale qui a eu le privilège de passer sur la télé nationale durant ces journées de solidarité … Il y avait des couleurs, des visages d’enfants, de la joie, beaucoup d’émotion et de passion … Le tout en moins de quatre minutes et sur un rythme d’enfer …

 

Après cela a été le tour des élus : salutations d’usage, puis retour vers 2006 …

 

 

medium_Voeux-2007b.jpgDepuis quelques années, gérer une commune constitue une vraie course d’obstacle, 2006 n’a pas échappé à la règle. La faute principalement au désengagement constant de l’Etat : entre ce qu’il nous demande et ce qu’il nous enleve peu à peu dans ses dotations le compte est de moins en moins bon !
Dans ce contexte, l’amende imprévue de plus de 80 000 € imposée à la commune (un peu plus de 6% d’impôts !) du fait du manque de logements sociaux a pas mal perturbé nos projets, d’autant que  nous avons décidé de ne pas augmenter les taux d’imposition.
Choix difficile, nous avons certes tenu le cap, mais pour arriver à bon port, il a fallu réduire la voilure, effectuer des arbitrages douloureux et remettre à plus tard certains travaux initialement prévus, car tout à un coût. Ce que trop de monde oublie …

Le retour sur 2006 est un kaléidoscope de temps forts et d’émotion partagée, car une ville est surtout belle lorsqu’elle vit … animer au sens littéral, signifie « créer la vie » … Une ville vit donc surtout grâce à ceux qui contribuent à l’animer … l’humain avant la pierre …
Il y a tant eu de moments lourd d’émotion et d’amitié : création de « l’espace pêcheur Marcel Rabeau  », motards de Zampano sur leurs drôles de machines avec qui nous avons accueilli pour la seconde fois le Tour de France des vieilles motos, des premières réussies comme les animations commerciales de fin d’année, le marché campagnard ou l’accueil des nouveaux habitants, l’inauguration du Centre de loisirs, le lancement de la bibliothèque tenue par une équipe de bénévoles campant littéralement dans la salle du Conseil deux fois par semaine, l’implication des membres du CCAS, l’intégration des animateurs du Centre de Loisirs au personnel municipal, le lancement du Pôle emploi afin d’aider concrètement nos demandeurs d’emplois dans leur recherche

Toutes ces initiatives et ces acteurs en s’entremêlant ont tissé un peu plus chaque jour les liens sociaux entre Trilportais, enrichissant cette toile de leurs différences respectives (cultures, quartiers, générations) renforçant entraide, respect et épanouissement mutuel…

Une ville est surtout belle lorsqu’elle est solidaire …

Bien sur il y a eu beaucoup de réalisations également : centre de loisirs « Le petit prince » (cf note sur le « centre ecolo »), remplacement du sol du gymnase, création d’un boulodrome, construction du vestiaire du foot et du roller, restauration du clocher de l’église et rénovation totale de sa Place, dont chacun s’accorde à dire qu’elle est réussie même de nuit …

Pour 2007, l’avancée de deux dossiers sera au centre de nos préoccupations : la réalisation de la déviation de Meaux Nord Est, ou « déviation de Trilport », et notre combat contre l’inacceptable dégradation des conditions d’accueil et de sécurité de la gare de Trilport, :

Des projets sont déjà sur orbite, nous y reviendrons prochainement: réorganisation de la Police Municipale , démarrage du Contrat régional et de deux des réalisations prévues dans ce cadre : construction d’un nouveau restaurant scolaire à la Charmoye qui débutera dans les prochains jours et le lancement de la rénovation et de l’extension du gymnase …
Ces chantiers sont le fruit d’une concertation approfondie avec les futurs utilisateurs, ils se veulent à la fois esthétiques, fonctionnels et respectueux de l’environnement : production d’électricité par pile photovoltaïque, récupération des eaux de pluie, panneaux solaires …
Car 2007 est d’ores et déjà l’année du Développement Durable et tant mieux ! Le dérèglement climatique du au réchauffement de la planète est désormais une affaire d’économistes, c’est dire s’il est avéré et que la question est d’importance …
Le développement durable est au cœur de l’action municipale depuis déjà 4 ans, puisque c’est en suivant cette démarche que nous avons conduit successivement les études du Projet CONT.AC.T, du Contrat régional et du PLU  … Désormais l’heure est à l’Agenda 21 … 

Le travail de fond qui a permis toutes ces réalisations et actions est ignoré de nos concitoyens, comme la partie immergée d’un iceberg … Les délais, l’énergie pour décrocher les subventions, monter les dossiers de financement, lancer les marchés et mener les chantiers sont pourtant importants et sont les mêmes pour une ville de 50 000 habitants ou une ville de 5 000 habitants … Pas le droit à l’erreur …
Exemple type : la question du logement social. Nous ne sommes plus, heureusement, dans la situation de l’an dernier. L’action que nous avons engagée a été enfin reconnue par les services de la DDE. Sur cette base, les dépenses déjà effectuées au titre du logement social, une préemption notamment, nous permettent d’être exempté de tout prélèvement pour 2007 et 2008 … mais nous y reviendrons plus en détail trés prochainement …

Saluons pour finir le sursaut républicain qui a conduit plus de 400 trilportais à s’inscrire en décembre sur les listes électorales. Dans une démocratie, il est essentiel que chacun puisse s’exprimer et devienne acteur … L’abstentionnisme conduit aux pires dérives … Réjouissons nous de cette attitude citoyenne et insistons sur l’utilité du lien social dans un monde de plus en plus violent et de plus en plus inégalitaire.
Ce lien social, la collectivité de proximité qu’est la commune en est dépositaire plus que quiconque … Chacun le sait : l’Etat qui est de plus en plus exigeant et de moins en moins présent, nos concitoyens dont les demandes sont de plus en plus pressantes et diversifiées. Nos finances municipales ne sont cependant pas extensibles. Il serait bon que notre futur gouvernement, quelqu’il soit, s’en souvienne et pallie à ces problèmes budgétaires en mettant tout sur la table afin qu’il n’y est plus de marchés de dupes entre Etat et collectivités locales.

 

Pour finir, voici un extrait du Petit Prince, de circonstance, puique cette oeuvre de Saint Exupéry a donné son nom à notre Centre de Loisirs en 2006 :

« Qu’est-ce-qui signifie « apprivoiser » ?
C’est une chose trop oubliée, dit le renard.
Ca signifie « créer des liens ». »

Qu’est ce qu’internet sinon une multitude de liens virtuels qui ne cessent de s’entrecroiser, s’entremêler, s’interconnecter … hyperliens de l’hypertexte qu’est la toile d’araignée mondiale …

Alors pour 2007, apprivoisez vous virtuellement !

« Le Petit Prince », Centre de loisirs HQE

medium_clsh_saint_ex.2jpg.jpgLe Centre de Loisirs « Le Petit Prince », inauguré la semaine dernière (voir note précédente) est le premier équipement public réalisé à Trilport en Haute Qualité Environnementale ; ce qui lui a valu d’ailleurs un article du quotidien de référence des franciliens (le seul : « Le Parisien ») sous le titre « Un Centre de Loisirs écolo », papier plutôt positif, un fait suffisamment rare pour être signalé et nous changeant de l’habituelle rubriques des Faits Divers qui attirent tant les journalistes.

Cette réalisation marque concrètement l’implication de l’équipe municipale dans la démarche de « Développement Durable », placée désormais au coeur de nos projets d’équipements et de notre action sur le terrain …
Trilport est la première commune francilienne de moins de 5000 d’habitants à se lancer dans la conduite d’un Agenda 21. Une démarche plutôt lourde à mettre en place, surtout pour une petite commune comme la nôtre, car transversale et nécessitant tout à la fois un pilotage fin et une concertation maximum.
L’Agenda 21 permet cependant à une collectivité de proposer des réponses concrètes et locales aux enjeux essentiels et globaux auquels nous devons faire face collectivement et qui menacent le devenir de notre planète. Nous n’avons pas d’autre issue, c’est ce que démontre toutes les études qui se succèdent et qui au fil des ans deviennent de plus en plus pessimistes (facteur 4, rapport Stern …) !

Le Centre de Loisirs « Le Petit Prince »  est la première illustration de cette volonté; nous avons placé sa réalisation sous le double signe du Développement Durable et du geste architectural, grâce en grande partie à notre fructueuse collaboration avec les architectes en charge du projet Mme Minazolli et M Puget …

 

Voici une présentation trés rapide de la démarche suivie pour réaliser cet équipement sous le signe du Développement Durable en attendant les prochains équipements du Contrat Régional dont nous reparlerons bientôt …

 

 

 

 

 

medium_clsh_saint_ex.3jpg.jpgLe point de départ est l’acquisition par la commune, d’une belle propriété bourgeoise, la « Villa Bia », dotée d’un magnifique parc paysager, qui abritait jadis les logements des cadres dirigeants de l’usine Kleber. Cet usine « historique » de la commune, a malheureusement fermé ses portes dans les années 1970.
Paramètre remarquable, la localisation en Centre Ville de la propriété située à 200 mètres des bords de Marne, à moins de 100 mètres de la Mairie et proche de la gare et du chemin menant à la forêt. Cette situation privilégiée nous a amené aprés un long débat  à decider d’y implanter le Centre de Loisirs et la future Mairie, afin d’utiliser toutes les potentialités offertes par cette magnifique propriété. Nous avons même articulé une partie importante de notre Contrat Régional et du projet CONT.AC.T. autour de ce dossier.
Le contexte particulier du site,l’importance du végétal, la présence d’un beau mur de meulière, la pente naturelle du terrain a suscité beaucoup d’intérêt et d’envie auprés des différents architectes qui ont postulé pour sa réalisation et que nous avons rencontré. Le choix a été délicat et trés discuté en commission.

Le projet lauréat retenu par la Commission, l’a été en fonction de trois éléments essentiels :
– notre volonté de respecter l’esprit de l’ouvrage ancien, typique du bâti local, notamment le superbe mur en meulière et de mettre en valeur le relief du site (en pente prononcé),
– les qualités environnementales du projet de bâtiment, notamment la place du bois et de la lumière,
– l’harmonie de l’ensemble constitué par le nouveau bâtiment et la future Mairie, implantée dans la villa du domaine, rénovée et agrandie.

 

Le geste architectural au service du Développement Durable

medium_clsh_saint_ex.2.jpgQue dire de ce bâtiment novateur, sinon qu’il respecte une démarche de Haute Qualité Environnementale dans l’esprit et à la lettre grâce :

– Aux partis pris architecturaux : choix des matériaux, avec le bois, l’alu et le verre, mais également la place de la lumière dans cette réalisation, la présence de larges baies en aluminium, avec des vitrages à faible émissivité et une double paroi vitrée, au sud, séparée par un vide d’air de 60 cm,
– A la configuration et de l’implantation du bâtiment, trés originale, avec un rez de chaussée à moitié enterré offrant une meilleure inertie thermique grâce à la terre qui  recouvre une partie du bâtiment, l’isolation partielle par l’extérieur avec l’utilisation du bardage bois, du mur de meulière d’origine, d’une serre en façade Sud, l’ensemble permettant un plus grand confort thermique hiver comme été,
– Aux choix environnementaux effectués : présence d’une citerne de récupération des eaux de pluie afin d’utiliser cette eau pour les sanitaires (WC) ou l’arrosage du parc et d’économiser ainsi cette ressource précieuse et rare, même s’il a fallut convaincre la DDASS du bien fondé de notre demande, solution d’un chauffage par centrale de traitement d’air à récupération de chaleur, choix des luminaires …
– A la présence d’un toit en terrasse végétalisée, ce qui grâce également à une utilisation astucieuse du relief offre une meilleure isolation et permet d’économiser l’énergie consacrée au chauffage. Une orientation qui a nécéssité au préalable une modification du Plan d’Occupation des Sols.

L’ensemble de ces éléments nous permettant d’arriver à des locaux plus agrables à vivre et d’économiser prés de 20% de l’énergie habituelle (chauffage, lumière …), sans surcout réel, du fait de l’utilisation des particularités du terrain ou des éléments présents sur le site (mur notamment).

Notre volonté a été également :
– d’économiser l’espace naturel, afin que les enfants, qui dans quelques semaines s’épanouiront sur ce site, bénéficient le plus possible du parc de la Villa Bia ; d’où la décision de construire le bâtiment en lisère de parcelle en utilisant le mur d’origine,
– de mutualiser la grande salle du Premier étage, baptisée salle Saint Exupéry afin de renforcer sa polyvalence et d epermettre les jours où le Centre de Loisirs ne fonction ne pas l’organisation de réunions, de projections ou d’expositions …

Nous engageons avec ce Centre, mais également avec la Place de l’Eglise, une véritable révolution culturelle vers plus d’accessibilité, voulu ici maximale ; d’ou le choix d’un ascenceur entre les deux étages, permettant à tout enfant de fréquenter ce Centre sans gêne supplémentaire dans le cas où il serait handicapé (ce que j’appelle la double peine !).

 

Pourquoi rendre hommage à Saint Exupéry ?

Rare sont les auteurs qui ont saisi, à la fois, la magie de l’enfance et la nécessité, avant tout le monde, de préserver une planète aussi fragile que la Terre …
Rare sont les auteurs qui ont realisé une œuvre universelle comme « Le Petit Prince » (texte et dessins) accessible à tous, à la fois poétique et philosophique … Ce conte onirique rappellant à la fois le rapport privilégié de l’Enfant à la Nature et la fragilité et la beauté de notre planère.

Beaucoup de journalistes, de spécialistes « es Développement Durable » attribuent (indûment pour Isabelle d’Agay, petite nièce de l’écrivain pilote, qui a gentiment accepté notre proposition de donner le nom de son illustre aïeul à ce Centre) la citation «  On n’hérite pas la terre de ses parents, on l’emprunte à ses enfants ».

Chacun s’accorde à penser cependant qu’elle correspond parfaitement à l’état d’esprit de l’écrivain pilote qui découvrant la terre du ciel, à bord de son aéronef, avec ses yeux d’enfants, et ceci bien avant l’apparition du concept de Développement Durable a lancé un cri d’alerte comme « Le Petit Prince … »

Trois citations de Saint Exupery illustrent ce propos …

« Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent. « 

« Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…  »  Le petit prince

« Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde. »