L’explosion de « la Halotte » (1)

Il y a dix jours avec l’AVIMEJ ( Association d’Aide aux Victimes) nous avons réunit les victimes de l’explosion de « la Halotte » pour faire le point sur ce dossier avant son passage au tribunal en septembre. Avec deux objectif majeurs : Expliquer la suite de la procédure judiciaire, éclairer les victimes sur la possibilité de se constituer partie civile. L’occasion de revenir sur cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre à son époque …

 

La Halotte est le nom d’une zone d’activités, implantée à Trilport, ayant placé ma commune sous le feu des médias en octobre 2002, suite à une explosion au bilan dramatique : deux morts, plus de 130 habitations touchées, six entreprises arrêtées, une cinquantaine de salariés au chômage technique durant de nombreuses semaines …

 

Dans cette première note, quelques impressions relatives aux premières heures d’un évènement qui a profondément marqué ma vision du rôle d’élu local …

 

 

Mercredi 22 octobre, 22h20  … de retour d’une réunion municipale (Commission Scolaire), l’esprit libéré, je pensais déjà à mon départ en vacances le lendemain matin.

Soudain, une énorme déflagration … J’ai tout de suite pensé à un avion s’écrasant au sol non loin de chez nous  … C’est dire la violence de l’impact … Quelques secondes après, coup de fil : « ça brûle du coté de Recticel, c’est grave ». L’usine Recticel, implantée sur la commune depuis de très nombreuses années possède entre autres la caractéristique d’être classée Sevezo, seul bas.

 

Je m’y suis précipité aussitôt, l’usine étant situé à deux, voir trois kilomètres de mon domicile. En fait, « l’incident » ne provenait pas de Recticel,  mais d’un peu plus loin, de la Halotte, une zone d’activités où sont implantées des entreprises pourtant à priori sans risques. Je suis arrivé en même temps que le premier véhicule de pompiers, soit à peu prés 15 minutes après la déflagration.

Vision dantesque, flammes ,bruit assourdissant ponctué d’explosions soudaines, provenant des voitures du garage Peugeot qui s’embrasaient et explosaient à tour de rôle …

Peu à peu les véhicules de secours et de police nous ont rejoint et le secteur rapidement bouclé afin d’interdire son accés aux riverains affolés et aux badauds. Aprés une rapide prise de contact avec les services de secours et la police, je me suis rendu dans les quartiers proches du sinistre, où l’effet de souffle avait laissé sa trace : toitures endommagée, fenêtres et verrières détruites. La violence de l’explosion avait été impressionnante …

Une trés grande solidarité entre les riverrains s’est manifestée, les pompiers et les agents municipaux présents ont pu aider les victimes afin de mettre hors d’eau les toitures des maisons une à une, entre autres tâches urgentes à effectuer : informer et accueillir les entrepreneurs sinistrés, retrouver les plans des réseaux de  la Zone d’activité (nous craignons pour les canalisations de gaz), afin de prévenir tout risque éventuel pour les pompiers. Michel Vallier, Maire de la commune à cette époque, absent, c’était au Premier Adjoint que j’étais d’assurer sur place.

Allers retours incessants entre Mairie, où nous avions installé une cellule de veille (permanence téléphonique & accueil …), quartiers sinistrés et site de la Halotte, afin de donner aux secours les informations techniques et les plans des réseaux collectés, de rencontrer les entrepreneurs et de tenter de répondre à une seule question, lancinante : y avait t’il des personnes dans les locaux des entreprises en flamme ?

Sur le coup d’une heure du matin, nous avons appris la découverte de deux corps inanimés … A trois ou quatre heure du matin et avec la journée du lendemain qui se profilait, retour à la maison. Je savais déjà que nous n’allions pas partir en vacances de si tôt …

 

Le lendemain matin, devant l’ampleur de la catastrophe, nous avons constitué une «cellule de crise» rassemblant élus, responsables des services municipaux et partenaires extérieurs. Deux publics sinistrés aux problématiques différentes à aider : administrés et entreprises. Au fil des heures, cette cellule s’est renforcée : l’AVIMEJ (association d’aide aux victimes), la Chambre de commerce et d’Industrie nous délèguant un de ses collaborateurs, Seine et Marne Développement, l’agence de développement économique du Département mais également la PJ de Versailles afin de coordonner les dépôts de plaintes et les différents constats.

 

J’ai piloté avec ma Directrice Générale des Services, l’ensemble du dispositif. Nos objectifs étaient simples : être réactif, concentrer et coordonner les différents dispositifs d’assistance, appréhender en temps réel les priorités du terrain, mettre en place au plus vite des services concrets auprès des sinistrés (particuliers et entreprises) et ceux dés les premières minutes, voilà, la feuille de route était toute tracée.

Nous avons mis l’ensemble de la logistique municipale au service des administrés. Les secteurs sinistrés étaient hors d’eau en fin de matinée mais les dégâts impressionnants; l’explosion s’étaient fait entendre à des dizaines de kilomètre et l’effet de souffle enregistré d’une violence extrême.

Nous avons réquisitionné l’Espace Multiservices de la Mairie (lieu d’accueil équipé de moyens informatiques et d’un accés à Internet) qui n’aura jamais aussi bien porté son nom, afin d’y installer un circuit administratif simplifié pour les sinistrés concernant l’ensemble des différentes formalités à vaccomplir, y compris une cellule de conseil juridique, financier et psychologique …

Concernant les entreprises, d’autres impératifs étaient à prendre en compte : gardiennage, recherche de locaux provisoires pour un redémarrage d’activités rapide (six usines sur sept étaient entièrement détruites), collecte d’aides financières auprès des administrations, de l’Etat, de la Région et du Département.

Autre paramètre dont nous devions tenir compte également, la fièvre médiatique … Tous les types de médias affluaient : presse écrite, radios, télés … La nouvelle de l’explosion s’étant répandue comme une trainée de poudre, l’effet AZF trés certainement …

 

Au matin, la Halotte était devenu un véritable champ de bataille aprés un bombardement : tôles enchevetrées, voitures calcinés. Cette explosion aurait eu lieu en plein jour, cela aurait été un vrai carnage ! Heureusement que personne ne travaillait ce soir là dans les usines.

Les personnes présentes sur le sinistre (policiers, pompiers, experts) étaient tous choqués de l’étendue des dégâts. Les badauds et les journalistes, en nombre important, contenus au loin derrière un cordon de sécurité.

 

Un coup de fil soudain de la Préfecture nous signalant l’arrivée prochaine de trois ministres sur le lieu du sinistre : Jean François Coppé, Nicole Fontaine, Roselyne Bachelot a un tout petit peu compliqué l’affaire.

 

(suite dans la prochaine note …)

 

Le WeB 2.0, Buzz, révélation ou Révolution ?

Internet est de nouveau un bon plan pour les entrepreneurs. Après l’éclatement de la bulle financière, les sites Internet sont enfin rentables (publicité, internautes et développement du e-commerce). Un cercle vertueux désormais enclenché, c’est la confiance qui revient, pour les internautes comme pour les investisseurs, prêts à soutenir de nouveaux projets d’entreprise.

 

Une nouvelle donne à laquelle l’émergence de la déferlante Web 2 n’est pas étrangère. Avant d’apporter quelques éléments d’analyse, revenons sur le phénomène Web 2.0, très tendance aujourd’hui. Que signifie cette expression ? Nouvelle vague (pour le surf c’est adapté !) buzz ou révolution ?

 

 

Le Web 2.0 marque incontestablement une nouvelle étape du développement d’Internet sur plusieurs champs : économique, technologique, culturel …

 

 

 

 

 

7 principes sont au coeur du Web 2.0, selon O’reilly, auteur d’un article qui fait autorité :

-1 – des services, pas un package logiciel, avec des possibilités d’économie d’échelle
– 2 – un contrôle sur des sources de données uniques, difficiles à recréer, et dont la richesse s’accroît à mesure que les gens les utilisent
– 3 – considérer les utilisateurs comme des co-développeurs
– 4 – tirer partie de l’intelligence collective
– 5 – toucher le marché jusque dans sa périphérie à travers la mise en place de service « prêt à consommer »
-6 – libérer le logiciel du seul PC – offrir de la souplesse dans les interfaces utilisateurs, les modèles de développements et les modèles d’affaires
– 7- Enrichir les interfaces utilisateurs

De Netscape à Google, ou l’émergence d’un nouveau paradigme économique

Netscape, la marque emblématique des débuts d’Internet s’est développé à partir d’un modèle économique traditionnel, bâti sur un produit logiciel, son navigateur. Gratuit, celui ci devait être à l’origine d’un marché rémunérateur situé au niveau des serveurs et des transactions (B to B, B to C). Un business model selon le type Microsoft reposant sur la maîtrise et le contrôle des standards, la gestion d’un planning de sortie de versions successives et attendues, d’un système de licence, des problèmes de portabilité sur différentes plate-forme …
Il en va tout autrement avec Google. Si c’est une application informatique, c’est avant tout un service permettant d’obtenir des données ; sans données Google n’est rien. Son utilité (donc sa valeur) n’est ni son contenu, ni le logiciel en lui même, mais sa capacité et son savoir faire à établir sur le réseau une relation entre l’utilisateur et un contenu. Une activité qui implique des traitements permanents et une remise en cause quotidienne. Ce savoir faire lui a permis, de surpasser jusqu’à aujourd’hui tous ses concurrents.
Ses dirigeants travaillent tous les jours à améliorer et perfectionner leur produit, leur domaine d’action est le Web dans toute sa plénitude, sa globalité et sa diversité, y compris les petits sites (théorie de « la longue traîne » ou  » longue queue » ou « the long tail ») que ses recherches mettent en valeur.
Les sociétés tel Google qui font le web 2.0 bénéficient d’un avantage concurrentiel naturel, inscrit dans leurs gênes. Elles ne s’abritent pas derrière un « business modèle » traditionnel avec des revenus rémunérateurs dépendant d’un produit dominateur derrière lequel s’abriter, leur credo est une perpétuelle remise en cause qui les rend particulièrement réceptive et réactive. Un exemple parmi d’autres : pas de problème de bugs au niveau d’une nouvelle version , la « béta » est une réalité quotidienne et c’est l’utilisateur qui en utilisant les produits les façonnent peu à peu.

Le plus incroyable est que les deux technologies à la base du « Web 2 » sont connus depuis le début d’Internet. Pourtant XML et les interfaces de programmation d’applications (API) n’avaient jusque là suscités que peu d’intérêt, c’est malgré tout à partir d’elles que se sont développés les Web Services et les flux RSS (acronyme signifiant au départ « Sommaire de site enrichi » ou bien « Really Simple Syndication » ou Syndication vraiment simple)
Cette évolution auraient elle était possible sans le succès de Linux, de l’Open Source qui ont brisé les monopoles en place ? Il est permis d’en douter.
Les stratégies propriétaires bénéficiant de rente de situation sont à des années lumière du Web 2, même si la lutte autour de la maîtrise du portail sera déterminante. L’objectif étant désormais d’être universel et de s’adresser à un marché global, tant pour les plateformes (PC et Mac) que pour les supports (ordinateurs, PDA, téléphonie …).

Désormais, l’information a un fil à la patte

Un RSS est un fichier texte généré par un site Web ou un blog, composé de balises décrivant le contenu d’une note par exemple et pouvant être interprétés par un navigateur ou un logiciel adapté (agrégateur). Le RSS est dénommé fil d’info car ce fichier généré automatiquement permet de suivre le rythme de publication de nouvelles notes et d’en diffuser un résumé. Le développement des blogs, dont une des caractéristiques majeure (ce blog n’échappe pas à la règle) est le rythme incertain et irrégulier de parution des notes (ou post) a donné toute son importance au RSS. S’abonner à un fil d’info permet de recevoir les posts au fur et à mesure de leur publication, il en va de même pour les Podcasts.
Nous entrons dans l’ère de la distribution des contenus, qui n’est pas sans poser certaines interrogations sur la fiabilité des informations reprises et transmises sur la toile mondiale, le Web étant une formidable caisse de résonance. La vérification des sources et les recoupements d’informations devient dans certains cas une nécessité et redistribue vers les médias une nouvelle fonction … Le Web est avant tout réactif avant que d’être réfléchi (cf note précédente)

Tirer parti de l’intelligence collective : la force est dans le lien

Depuis Xanadu, le lien hypertexte est à la base du web, il en fait son originalité, sa force, sa richesse, sa simplicité, transformant la toile mondiale en une base de connaissance perpétuelle qui s’enrichit continuellement de nouveaux contenus intègrés à sa structure et constituant peu à peu le Web sémantique. Une situation décrite par O’Reilly : « Telles des synapses formant un cerveau où les associations se renforçent à force de répétitions et d’intensité, les connections au sein du web se multiplient organiquement à la mesure que leur dicte l’activité de l’ensemble des utilisateurs. Le web est devenu une affaire d’intelligence collective« 

Cette évolution transforme les sites en émetteurs d’informations et les internautes en producteurs de contenus, grâce aux langages dynamiques qui permettent de mettre en situation de co-développeurs les internautes. Les liens vont dans les deux sens, permettant un vrai dialogue grâce aux trackbacks (rétro lien) qui permettent de réagir à des notes en postant commentaires, nouveaux liens …

Les exemples d’intelligence collective ne manquent pas : Napster transformant chaque client en serveur au service du réseau, la Page Rank (classement de page) de Google, méthode de classement basé sur les liens hypertextes (et non sur l’analyse des contenus), l’encyclopédie Wikipedia, triomphe du travail collaboratif, ou n’importe quel utilisateur du web peut enrichir ou modifier un article … Signalons également l’importance du buzz (ou « marketing viral », le bouche à oreille) et l’implication des utilisateurs dans le réseau, appellé par certains la « sagesse des foules » …

Pour le philosophe Pierre Levy, initiateur des arbres de connaissances et philosophe du cyberespace : « Il s’agit d’une mutation culturelle comparable à l’invention de l’écriture, si le langage oral porte l’intelligence collective de la tribu, l’écriture l’intelligence collective de la ville, le futur Web sémantique exprimera l’intelligence collective de l’humanité mondialisée interconnectée dans le cyberespace ».
« L’intelligence collective existe dès les sociétés animales … Elle accomplit un saut fantastique avec l’humain du fait du langage, de la technique et des institutions complexes qui caractérisent notre espèce. L’évolution culturelle humaine peut être considérée comme un lent processus de croissance de l’intelligence collective, qui suit un parcours en zig-zag, plein d’essais et d’erreurs, mais avec quelques grandes étapes irréversibles à long terme … l’avènenement du Web représente un pas de plus dans cette longue histoire ».

« Le Web accomplit trois grandes mutations :
1) tous les documents et tous les types de représentation sont virtuellement interconnectés.
2) Tout document présent en un point du réseau est virtuellement présent partout dans le réseau.
3) Les signes ont acquis une capacité d’action et d’interaction autonome grâce au logiciel ».

Ou sont les pistes de développement ?

Deux enjeux stratégiques se dégagent aujourd’hui : celui des données et du portail.

La course pour la possession de données stratégiques est en cours … Données libres, données propriétaires … AU regard de la diversité du type de données et du développement de la numérisation, le débat fait rage et concerne également les bibliothèques (voir note), les photos de satellites mais aussi le téléchargement rebondissant sur d’autres problématiques, plus juridiques celles ci concernant le droit d’auteur (ou le droit d’éditeur). Un débat ouvert également dans d’autres domaines comme celui de la génétique … .
Des données sur lesquelles des nouveaux services se greffent … GPS et aide à la conduite par exemple à partir des photos de satellites … Le champ d’action ouvre des perspectives phénoménales …
Autre enjeu de taille : l’importance fondamentale du portail. Celui ci devient de plus en plus complet et global. Complet dans les services proposés : messagerie instantanée, gestion des agendas, carnet d’adresses, informations, navigateur … Global sur la diversité des plate formes et supports accessibles … PDA, GPS, voiture, ordinateurs (PC, LINUX, MAC) … Un marché qui fait beaucoup d’envieux : Yahoo, Google, Microsoft et auquel s’invite de nouveaux venus tel Apple notamment …

L’Internet est redevenu du coup, l’eldorado des entrepreneurs. Les USA connaissent une vague de création de services web sans précédent, en France cela frétille tout juste bien que les clignotants soient au vert : puissance et simplicité des technologies, présence d’investisseurs, modicité du budget à réunir pour se lancer.
La dynamique est lancée et devrait au regard des caractéristiques du Web 2.0 plutôt concerné des start up que des grandes entreprises, alors que c’est exactement le contraire que vien de faire notre gouvernement, tout récemment … L’informatique logicielle est un sentier de croissance vertueux, ce qui dans le contexte actuel n’est pas rien, et devrait interpeller les politiques sur la priorité des aides à accorder devant plutôt se diriger vers des petites structures réactives (les virtuels Google de demain ) que dans des grands groupes. Il faut avant tout essaimer. Le choix des projets à aider devant être effectué selon certains critères par des spécialistes reconnus dans la partie (une sorte de « business angel institutionnel »), des pistes existent …

Le développement du logiciel libre, par exemple, permet de développer de nouveaux services au meilleur coût mais également de nouveaux emplois. Les applicatifs à mettre en place et à implanter permettant d’optimiser le formidable potentiel du Web 2.0 demande une assistance et un savoir faire local. Encore faut il que les pouvoirs publics et les collectivités territoriales soient moteurs dans ce domaine et qu’on les aide dans cette démarche.

Deux exemples concrets concernant une commune :

– Elle peut bénéficier de subventions (Etat, département, région) sur l’acquisition de matériel (au titre de l’investissement) et non sur un développement logiciel effectué par une Web Agency Locale. Pourtant l’essentiel des pièces d’un ordinateur est produit en Asie du Sud Est (surtout en Chine) alors que le développement, l’implantation et le paramétrage d’applicatifs utilisant des solutions à base de Linux ou de logiciel libre « Open Source » (Appache, SPIP …) nécessitera l’intervention d’un informaticien local, et permettra d’agir efficacement pour l’emploi (qu’il soit direct ou indirect).
– Une acquisition de matériel ou de logiciel permet à une commune de récupérer la TVA, une intervention logicielle, non …

Un buzz est une technique de marketing viral qui repose principalement sur le phénomène de bouche à oreille. Il s’agit de faire parler d’un produit ou d’un service avant son lancement officiel en distribuant, de manière parcimonieuse et parfaitement calculée, des informations ou des rumeurs qui entretiendront la curiosité des Internautes. Un buzz bien encadré peut amener à rendre un produit célèbre avant même sa sortie.

Xanadu, né en 1960, le projet Xanadu lance un nouveau de système d’information « au bout des doigts ». Ted Nelson, son animateur invente l’hypertexte. Une vision avant-gardiste utopique qui peu à peu dessine le devenir de ce que sera plus tard Internet

Article de O’Reilly (en français)

Blog de Francis Pisani : Transnet (voir dans mes favoris)

Ou l’on reparle des gens du voyage

La question des gens du voyage, déjà évoquée en de maintes occasions sur ce blog, est récurrente et revient dés les premiers rayons du soleil annonçant l’été. Un problème complexe au regard de la diversité des réponses concrètes à apporter selon la nature des personnes concernées (sédentaires, occasionnels, grands passages) et constitue un des serpents de mer pour  lequel notre société n’a toujours pas trouvé de réponse acceptable,et ce depuis des siècles, en voici le dernier épisode …
Début mars, nous reçevons de la Préfecture un document d’une cinquantaine de pages intitulé  « Propositions pour un ré-examen du Schéma Départemental d’Accueil des gens du Voyage » accompagné d’un courrier demandant au Conseil Municipal de se prononcer dans un délai de deux mois … Surprise !!!

A la lecture de ce document quelle ne fut pas ma surprise de voir figurer en page 10 la proposition de créer deux nouvelles aires d’accueil sur l’agglomération situées à Trilport (ma commune) et Crégy les Meaux. Je n’ose imaginer, ce qui se serait passé, si par mégarde nous n’avions pu lire l’intégralité de ce rapport dans les délais impartis, ce qui au regard du volume de travail traité durant la période était du domaine du possible.

 

Une méthode plus que contestable !
La méthode employée par les services de l’Etat sur ce dossier démontre que le tropisme du CPE se limite pas aux seuls hautes sphères de l’Etat. La théorie du CPE, privilégiant  « l’unique vérité venant d’en haut malgré tout et malgré tous  »  se décline en effet également plus localement :

– Comment admettre l’absence totale de concertation avec les élus de terrain, inadmissible sur un dossier nous concernant au premier chef. Présents sur le terrain (24 h / 24, week end compris) les Maires sont en première ligne pour remplir un rôle de médiateur entre gens du voyage et riverains, je suis bien placé pour insister sur ce point.

– Comment accepter qu’un document de cette importance n’ait donné lieu à aucune étude de terrain : nombre de places à créer, nature des gens du voyage concernés, dimension, nombre et localisation des aires d’accueil suggérées et ne se soit simplement limité qu’à une étude statistique reposant sur les fiches police.

Cette question concerne également la Communauté d’Agglomération, à son corps défendant dirais je … Si aujourd’hui, l’intérêt Communautaire (pour notre Communauté d’Agglomération) est strictement limité à la gestion de l’unique aire d’accueil existante, la problématique des gens du voyage ne se limite plus à cette seule aire; pour preuve, les propositions émises par les services de l’Etat.
Il est dommageable que ce dossier n’ait toujours pas donné lieu à une réflexion globale de fond entre les élus des 18 communes, malgré mes interventions (cf annexes) et celle du Maire de Nanteuil. Les élus locaux ne doivent plus ignorer ce problème, ou regarder ailleurs lorsque les caravanes passent … Cet épisode démontre l’urgence d’aborder concrètement la question des Gens du Voyage au niveau  intercommunal et de manière globale afin de trouver des solutions adaptées à notre contexte et correspondant effectivement à la réalité.

 

Des propositions sur le fond

Voici quelques propositions sur les différents point abordées dans le projet de ré-examen du Schéma Départemental d’Accueil des gens du Voyage de Seine et Marne, dont beaucoup issues du courrier envoyé en juin dernier.

Concernant la réalisation des aires d’accueil
Le rapport estime le besoin actuel de l’agglomération à 50 places supplémentaires. Estimation uniquement basée sur l’examen des fiches police. Soulignons que vu du terrain la majorité des personnes concernée est constituée de sédentaires ou semi sédentaires, la proposition de créer deux aires d’accueil de 25 places chacune, n’apparaît donc pas adaptée à cette catégorie de gens du voyage.
La localisation et le dimensionnement des aires d’accueil doit faire l’objet, en amont, d’une étude sérieuse, et d’une approche multicritères abordant notamment les paramètres relatifs à l’accessibilité de ces aires, à leur dimensionnement, aux configuration des terrains possibles, à la proximité avec les habitants, à la nécessité d’avoir une répartition sur l’ensemble du territoire de l’agglomération …
Signalons que pour l’heure la Communauté d’Agglomération ne comptabilise que 2 villes de plus de 5 000 habitants  Meaux et Nanteuil les Meaux et d’une seule aire d’accueil de 37 places située à Meaux et que Trilport comme Crégy les Meaux ont moins de 5000 habitants.

Concernant les terrains de grands passages
Force est de constater que l’agglomération du Pays de Meaux ne dispose actuellement que d’un terrain de Grand Passage recensé situé à Nanteuil, il faut en savoir gré au Maire de cette ville. Ce terrain présente cependant deux particularités : il est placé dans une zone inondable, ce qui n’est pas sans poser de problème et occasionne quelquefois des déplacements de caravanes sur d’autres sites (Mareuil, Fublaines, Meaux, Trilport), et possède une capacité limitée à 60 caravanes, ce qui lors de grands déplacements ne peut suffire, constat partagée par les conclusions du Préfet.

Les solutions proposées dans mon courrier de juin 2005 sont toujours d’actualité :

« – une rotation réelle et planifiée entre toutes les communes (du département si gestion au niveau de l’Etat, ou des EPCI si gestion au niveau intercommunal),
– une indemnisation de la commune d’accueil,
– des aires de grand passage sélectionnées en concertation avec les élus en fonction de critères précis,
– un soutien immédiat des pouvoirs publics dans le cas ou des « gens du voyage » ne respecteraient pas ce schéma et s’installeraient ailleurs. »

Je propose qu’au niveau de l’agglomération du Pays de Meaux et sur la base de ces principes nous élaborions un cahier des charges précis (permettant notamment de limiter certaines contraintes de proximité avec des riverains) et recensions une liste de plusieurs sites potentiellement intéressant sur différents secteurs de l’agglomération (quatre ?)afin de pouvoir organiser une rotation annuelle pour la séquence 2006 / 2010.
Il serait bon également que les frais occasionnées par les terrains de grands passages soient mutualisés et reconnus d’intérêt communautaire. Il est scandaleux que le Maire de Nanteuil (où est située l’actuel aire de grand passage ) soit obligé de faire la quête auprés de ses collègues pour obtenir une mutualisation sur les frais occasionnés !

Concernant la question de l’habitat des gens du voyage en voie de résidentialisation
Là encore, les pistes de réflexion proposées en juin dernier sont toujours d’actualité … 
 » Sur l’agglomération du Pays de Meaux, quelques familles présentes depuis des générations séjournent selon ce mode de vie. Certains sont mêmes propriétaires de parcelles dans nos communes. Elles ne répondent pas à la logique des « grands passages ». Force est de constater pourtant que la structure actuelle de Poincy, ne répond pas à leurs besoins. Faut il imaginer d’autres structures plus adaptées ? Je pense qu’il serait normal d’intégrer dans le Plan Local de l’Habitat à l’étude sur l’agglomération, les besoins de cette catégorie de population, solidement implantée dans notre agglomération depuis des décennies « 

Pour finir (dans l’attente de nouveaux rebondissements), lors du Conseil Municipal du 7 avril, les élus de Trilport ont rejetté à l’unanimité les propositions du ré examen du Schéma Départemental d’Accueil des gens du Voyage en Seine et Marne , tant pour des raisons de forme que de fond. Les délégués de la commune ont également posé une question écrite au Conseil Communautaire afin d’avoir une position collective sur ce sujet sensible.

La suite au prochain épisode …

 

Précédentes notes sur le sujet :

Gens du voyage, quelques propositions d’actions …
http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/06/24/mes_propositions_pour_les_gens_du_voyage.html

Trouble à l’ordre public ou non ?
http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/06/24/trouble_a_l_ordre_public.html

Pour la côte rotie
http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/06/24/pour_la_cote_rotie.html

CPE : ou de l’autisme en politique …

L’entêtement de Dominique Villepin peut être grave de conséquence, il est en effet grand temps de trouver une porte de sortie à la grave crise sociale que nous traversons. A jouer le pourrissement du conflit, le Premier Ministre prend des risques considérables, l’autisme a ces limites ! Espérons que les prochains jours le ramène à une analyse plus circonstanciée de la situation. Constat évident, devant une réforme aussi sensible nos gouvernants auraient du mener en amont une réelle concertation avec les représentants des jeunes et les organisations professionnelles et patronales. L’essentiel était plutôt que de faire un coup politique (ou comment se distancier de ce cher « Nicolas ») de débattre et dialoguer autour d’une vision et d’un projet d’ensemble. Cela aurait permis l’utilisation d’arguments d’une toute autre nature que ceux développés jusque là par le gouvernement, pour certains irrecevables, le  « Mieux que rien » cachant trop souvent le « Pire que tout ».

 

Dialogue d’autant plus nécessaire, que les violences urbaines de novembre dernier devraient amener les différent spolitiques et énarques à laisser de coté une certaine arrogance et à manifester plus d’humilité.   

Il n’y a pas de fatalité à la précarité
Pour les jeunes, la réalité d’aujourd’hui n’est guère réjouissante : chômage important, voir dramatique dans certaines banlieues (lire note précédente), emplois précaires, temps partiel, stages non rémunérés, intérim … Comme le démontre beaucoup d’analyses de sociologues et d’économistes, le système produit chaque jour à foison ses « in » et ses « out » et la frontière entre ces deux états devient de plus en plus tenue.
Fait nouveau, le CPE s’adresse à tous les jeunes, quelque soit leur qualification et les réunit du coup dans la même angoisse; loin d’amélioer la situation il relègue la jeunesse au rôle d’une simple variable d’ajustement économique. 
La société génère une nouvelle catégorie de travailleurs : « les travailleurs pauvres ». Situation peu enviable, qui ne permet pas à ces personnes de bénéficier d’une réelle autonomie, de pouvoir vivre décemment de leur travail ou de se loger. Les nouveaux Contrats (CNE et CPE) sont des plus dissuasifs pour par exemple,  obtenir des organismes d’emprunt , des banques ou des bailleurs sociaux des prêts ou un logement.
Concernant le chomâge, la réponse de trop de politiques a été jusque là on ne peut plus réductrice : c’est la faute à la mondialisation … « L’enfer c’est les autres …  » … Attitude irresponsable qui a déclenché une réaction en chaine dont la dernière illustration a été le résultat du scrutin européen, le non à l’Europe soulignant la peur des autres (le plombier polonais) mais également du lendemain.
Nos différents gouvernants ont oublié une maxime essentielle : « Gouverner c’est prévoir »! La mondialisation économique entraînant de fait une nouvelle distribution des rôles entre pays développés et pays en voie de développement, elle nous impose de revoir notre politique sociale et la priorité absolue accordée à des secteurs comme l’éducation, la formation ou la recherche et la nécessité de redéfinir une vraie solidarité nationale afin de lutter efficacement contre les inégalités qui s’accroissent chaque jour un peu plus.

Le problème central avec le CPE n’est pas qu’il amène un minimum de souplesse à un système bloqué mais au contraire qu’il transfère l’essentiel du risque à l’acteur le plus fragilisé, le salarié, qu’il contribue à précariser davantage (la précarité ne s’arrête pas aux seules portes de l’entreprise mais poursuivant le salarié jusque dans sa sphère privée). Une des questions de fond posées par les anti CPE est celle de savoir « qui doit assumer le risque économique « , pour eux comme pour moi, la réponse apportée par le dispositif initié par Villepin est irrecevable.

L’inquiétude d’un patron de petite entreprise (je ne parle ici pas des grandes entreprises du CAC 40)  au moment d’une embauche devant la crainte du licenciement provoqué par les aléas économiques est également compréhensible. Un troisème acteur, la puissance publique, peut intervenir pour assumer tout ou partie de ce risque social, c’est sur ce constat simple que les pays scandinaves notamment ont avancé.

Ouvrir de nouvelles perspectives …
Le plus important pour notre société est il de précariser l’emploi ou au contraire de valoriser les compétences ? Il n’y a de richesse que d’homme écrivait un philosophe du moyen age, ce constat est toujours d’actualité au XXI eme siècle. D’autant que la mondialisation ne nous laisse pas d’alternative, ne pas avancer c’est reculer, réformer est donc nécessaire.
Mais une réforme ne peut être le produit de la réflexion d’un énarque solitaire coupé du terrain, elle doit être collective, partagée, nécessite un consensus entre les différents acteurs, des moyens et non de la précipitation, de l’autoritarisme et de l’autisme. Mieux vaut pour le monde de l’entreprise un personnel qualifié, bien formé, avec de l’optimisme, de l’énergie positive qu’un personnel précarisé.

Revenir au XIX eme siècle n’a aucun sens, mettons nous simplement au niveau de notre époque.

Il nous faut donc rebondir et sortir par le haut de cette crise, non pas fermer les fenêtres et ne rien faire, mais au contraire ouvrir de nouvelles perspectives et le champ des possibles … Quitte pour certains publics cibles déterminés, les non qualifiés par exemple, qui ne sont ni jeunes ni vieux, mais simplement sortis du système ou qui n’y sont jamais rentrés, mettre en place des mesures adaptées et spécifiques.
Nous devons également et en urgence, lancer de nouveaux chantiers, complémentaires et prioritaires  comme ceux de l’Education (et la place de l’entreprise dans l’enseignement supérieur), de la Formation et de la Recherche et nous tourner ainsi résolument vers l’avenir.

 

Précédentes notes

CPE, le contrat qui fait désordre : http://jmorer.hautetfort.com/archive/2006/03/06/cpe-le-rapport-qui-fait-desordre.html

Pourquoi CPE rime avec précarité : http://jmorer.hautetfort.com/archive/2006/02/22/pourquoi-cpe-rime-avec-precarite.html

Stand the ghetto : http://jmorer.hautetfort.com/archive/2005/11/07/du-sens-de-la-responsabilite-dans-l’art-de-manier-du-«-karch.html

 

Contribution de Jacques Attali et Vincent Champainhttp://juliette.nfrance.com/~ju16656/Supprimer/texte.pdf

Eau : Comment ne pas boire une dernière tasse …

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Occulté par la crise du CPE, le 4ème Forum mondial de l’eau s’est tenu fin mars à Mexico avec pour thème « L’action locale pour un défi global » ( tout un programme pour un élu de terrain !), peu aprés la publication du Rapport mondial des Nations Unies.
Ce document publié tous les trois ans dresse un état des lieux des ressources en eau douce de la planète. Sa dernière édition (la 2eme)  intitulée « L’eau, une responsabilité partagée » va à l’encontre de beaucoup d’idées reçues et démontre que le problème n’est pas forcement là ou on l’attend …

 

Si un habitant de la planète sur cinq n’a toujours pas aujourd’hui accès à l’eau potable , la principale cause n’est pas une insuffisance de la ressource en eau douce (bien qu’inégalement répartie sur la planète) mais provient bien des problèmes d’approvisionnement …

Ou en est on aujourd’hui ?

Quelques réalités, histoire de mieux planter le décor :
– L’eau douce, dont 68 % est figée dans les glaciers et les neiges éternelles, ne représente que 2,5 % de l’eau sur Terre; ce qui est suffisant pour les besoins humains.
– L’agriculture consomme 70 % de la consommation totale. Le reste se partage entre l’industrie (20 %) et les usages domestiques (10 %).
– Accéder à l’eau potable, c’est disposer de 20 litres d’eau saine par personne, disponibles à moins d’un kilomètre.
– Plus d’1 milliard de personnes (près de une sur cinq) n’ont toujours pas accès à l’eau potable et 40 % des habitants de la planète ne bénéficient pas d’assainissement,
– La consommation en eau a été multipliée par six au cours du XXe siècle bien que la population n’ait que triplé. Les populations les plus touchés par ce manque résident pour 2/3 dans les bidonvilles de mégalopoles en trés forte croissance (notamment en Chine et en Inde).
– La pollution touche la moitié des rivières et des fleuves mondiaux et contamine les mers et océans (eaux usées, hydrocarbures et rejets de métaux lourds …) avec une répercussion directe sur la santé des hommes.
– Si l’Europe utilise 75 % de son potentiel d’énergie hydraulique, l’Afrique, dont 60 % de la population n’a pas accès à l’électricité, n’en exploite que 7 %,
–  la somme annuelle dépensée par les seuls Américains dans l’achat de crèmes glacées (11 milliards d’euros) permettrait de fournir de l’eau potable et garantir des installations sanitaires décentes à l’ensemble des pays pauvres.

Certaines tendances de fond se sont accentuées ces dernières années :

L’épuisement des nappes phréatiques : le niveau des nappes phréatiques est devenu préoccupant dans certaines régions du globe.
La pollution : La croissance, le développement industriel et démographique, l’agriculture en déversant de plus en plus d’eau non traitée contamine l’eau potable et les rivières, fleuves et nappe phréatique,
La dérégulation climatique : les catastrophes naturelles se multiplient, 90 % d’entre elles sont liées à l’eau. L’élévation du niveau de la mer devient préoccupante : 2 personnes sur 5 vivent aujourd’hui dans des zones susceptibles d’être inondées …
L’appauvrissement des sols : sécheresse en Afrique de l’Est et en Amazonie due à la déforestation à grande échelle …
La croissance démographique :  En 2030 la population mondiale aura besoin de 55 % de nourriture en plus, ce qui se demandera plus d’irrigation (principale consommation d’eau douce). 2/3 de la population mondiale vivra dans des villes, entraînant une augmentation de la demande en eau et en assainissement considérable, 2 milliards de personnes environ devraient vivre dans des bidonvilles.

 

L’eau, défi du XXIeme siècle

La question de l’eau est prioritaire à bien des égards, c’est une des priorités des objectifs du millénaire de l’ONU. L’état actuel est préoccupant sur au moins deux champs :

Sanitaire : 1ere cause de mortalité dans le monde  l’eau (pénurie ou mauvaise qualité). Chaque année, erellions de personnes meurent de maladies causées par une eau de mauvaise qualité (choléra, diarrhée, paludisme, typhoïde …) qui ont tué 3,1 millions de personnes dans le monde en 2002. 90% des victimes avaient moins de cinq ans. On estime que quelque 1,6 millions de vies pourraient être sauvées chaque année si l’on améliorait les conditions d’accès à l’eau potable, les services d’assainissement et l’hygiène.

Géopolitique : Dix pays concentrent 60 % des réserves en eau (en tête le Brésil et la Russie), 80 pays (Afrique et Proche-Orient surtout), soit 40 % de la population mondiale, souffrent d’une grave pénurie. La question de l’eau au Proche Orient est explosive, plus encore que celle du pétrole et soulève des tensions entre notamment Israël et les pays arabes.

Le dilemme du choix du type de gouvernance

La « crise de l’eau» est due à une mauvaise gouvernance, car disponible gratuitement dans le milieu naturel, l’acheminement d’eau vers les consommateurs ou son évacuation demande des investissements colossaux, ainsi que des dépenses de maintenance et d’entretien considérables. Autour de l’eau beaucoup de questions de première importance gravitent : santé, sécurité alimentaire, développement économique, utilisation des sols, préservation des écosystèmes …
Un marché mondial qui suscite beaucoup de convoitise. Au regard des investissements nécessaires, la privatisation des services de l’eau a été encouragé par nombre d’organisations internationales et de décideurs mondiaux qui ont ainsi contribué à développer du coup des rentes de situation pour des fermiers multinationaux de plus en plus puissants. Envers du décor, ces entreprises redoutent les aléas  politiques et leurs conséquences financières.  Du coup, selon les situations locales, divers types de modèles économiques plus ou moins vertueux ont été développés : le tout privé, le tout public, ou des solutions  mixtes basées sur un partenariat privé / public … Les avis du Conseil Mondial de l’eau, organisateur du Forum Mondial, qui regroupe nombre de professionnels (type Veolia, Suez notamment) sont contreversés et s’opposent quelquefois à ceux de certaines O.N.G.

Pour sauver d’une mort programmée des millions de personnes, les besoins financiers sont considérables et dépassent le simple cadre de l’eau. La réponse doit être multilatérale et politique. Il faut des moyens financiers considérables, mais également des institutions adaptées et compétentes, un cadre politique, juridique ou règlementaire stable, des structures et infrastructures efficaces, une transparence au niveau de l’information financière ou sanitaire … Une vie démocratique saine donc, qui ne favorise pas forcemment l’enrichissement des multinationales. Le bouleversement politique en cours en Amérique Latine peut ouvrir des perspectives si la corruption ne s’en mêle pas !

Reste à envisager des solutions adaptées à chaque région et à chaque pays afin de contribuer à moins gâcher cette ressource essentielle qu’est l’eau, mieux la gérer, l’économiser … Des pistes à explorer où que l’on soit sur la planète bleue y compris dans nos villes pour « penser globalement et agir localement » car :

Comme le dirait Candide :  » il faut que chacun cultive son jardin … »


Pour télécharger le Rapport Mondial des Nations Unies « L’eau, une responsabilité partagée » : http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001444/144409F.pdf

SRU : Trop c’est trop !

Aprés le constat de carence dressé par le Préfet de Seine et Marne, « l’amende” imposée à Trilport au titre de la loi SRU est doublée, atteignant un montant supérieur à 82 000 €, soit prés de 3% du Budget de Fonctionnement, ou encore 6% d’impôts locaux !

 

medium_mairie.2.jpgLe couperet est tombé ! Le constat de carence, dressé par le Préfet de Seine et Marne, au titre de la loi SRU, doit s’appliquer, sans préavis, dés le Budget 2006
Une décision grave de conséquences qui va à l’encontre des efforts effectués par la Municipalité depuis 2002 sur ce dossier complexe et qui pénalise durement des finances municipales déjà diminuées du fait du désengagement de l’Etat … Cette décision, prise sans concertation pourrait remettre en cause les investissements lancés afin justement de pouvoir répondre aux objectifs fixés par la loi SRU, un comble !

 

 

Un constat de carence, dur à avaler, pourquoi ?

Il m’apparait utile de dresser un rapide rappel chronologique afin de revenir sur la « carence » supposée de la ville de Trilport et de ses élus face à une décision qui a pour conséquence immédiate de doubler le prélèvement SRU, pourtant déjà intégré dans notre plan pluriannuel d’investissement au montant fixé initialement en 2002 par l’Etat.

Avant 2002, nous disposions d’un parc de locatifs sociaux d’environ 80 logements, représentant à peu prés 5% des logements de la commune. En 2002, la loi SRU fixe l’objectif (communes de plus de 3500 habitants) des 20% de logements sociaux en 20 ans. Rien à dire jusqu’à présent, cette orientation répondant à un besoin évident de mixité sociale. Les services de la DDE impose à la commune, sans aucune concertation, visite sur le terrain ou enquête de faisabilité, un objectif de réalisation de 39 logements sociaux à construire sur la période 2002 / 2004 (simple application d’une règle de trois).

Avec la volonté de bien faire, la municipalité décide de mettre en place, au préalable, les structures et infrastructures permettant d’aboutir à une mixité sociale épanouie (et non subie) et à une intégration réussie dans la ville. Elle lance divers chantiers : réorganisation de l’ensemble des services municipaux, création d’un Service Jeunesse (accueil péri-scolaire, structure ados, centre de loisirs), d’un service d’Action Sociale et lancement de partenariats avec le Département (CONT.AC.T et Contrat Triennal de Voirie) et la Région (Contrat Régional). Des partenariats accompagnant la réalisation d’un important programme d’investissement, qui dés cette année et sur 3 ans permettront la création d’un Centre de Loisirs, d’un Local Jeunesse, d’un ensemble culturel, de nouveaux locaux associatifs et sportifs (dont l’extension du gymnase), l’agrandissement de nos écoles (réfectoire, accueil périscolaire …) sans oublier l’amélioration de la sécurité dans les rues et de l’accessibilité dans la ville,
Dans le même temps, les élus participent à la mise en place de la Communauté d’Agglomération du Pays de Meaux, création exigeant un gros travail de dossier et de nombreuses réunions de concertation. La création de cette intercommunalité permet dés 2004, le lancement d’un Plan Local de l’Habitat Intercoimmunal (qui sera validé sans les prochaines semaines) dont le logement social constitue un axe central et répondant à une anlyse précise du terrain.

Rappelons qu’en 2002, une explosion industriuelle accidentelle a entièrement détruite une zone d’activités de la commune, un sinistre dramatique qui a fait deux morts et touché plus d’une centaine de concitoyens. Le suivi de ce dossier délicat et complexe (dommage industriel, enquête, problème d’assurance, d’emploi, d’urbanisme …) a été effectué par ma seule commune, une tâche qui a demandé beaucoup d’énergie et de temps aux élus comme aux services municipaux.

Ces divers évènements ont quelque peu retardé l’objectif initial fixé par les services de l’Etat. D’autant qu’une opération menée par l’OPAC de Meaux aurait du aboutir, en toute logique, à la construction dés 2003 d’une dizaine de logements sociaux supplémentaires, elle n’est toujours pas sortie de terre et ce n’est pas faute d’avoir relancé plusieurs fois ce bailleur social ! Nous faire supporter l’impact financier de ce retard de réalisation est totalement injustifié !

Des efforts que depuis 2004, nous avons amplifié : lancement des études du Schéma Directeur d’Assainissement, lancement d’un Plan Local d’Urbanisme avec des préconisations environnementales fortes, dont la mixité urbaine constitue un des axes prioritaires dans le cadre notamment d’un Agenda 21, extension du droit de préemption, création d’un emploi en charge des questions relatives au logement, préemption d’une propriété d’une valeur de prés de 150 000 € permettant la création de 2 logements pour des personnes nécessiteuses (conventionnement en cours), prise de contact avec divers acteurs et organismes du logement social afin de lancer de nouvelles opérations sur la commune … Excusez du peu …

Le constat évident que m’inspire cette affaire, dressé à posteriori et désormais en toute connaissance de cause du dossier est le suivant : la méthode employée par l’Etat, n’est certainement pas la meilleure. Il faut savoir que le plus difficile et le plus long à mettre en oeuvre dans cette procédure est le debut de la démarche : nécessité de définir un projet de développement du logement social harmonieux, cohérent et adapté au contexte local, découverte du monde des acteurs du locatif social, recherche des bons partenaires, constitution et mise en place de la panoplie des outils règlementaires, financiers, et de la logistique nécessaire et enfin lancement des opérations; cela demande des mois et des mois de travail …  L’ensemble de ces ingrédients m’apparait indispensable pour réussir une mixité sociale épanouie (nous y reviendrons). Cela demande de la sérénité, de la concertation et surtout pas d’improvisation, car il est essentiel de ne pas confondre dans ce domaine, vitesse et précipitation !

 

La commune, un parfait bouc émissaire !

Il est évident que dans le domaine du logement social, l’Etat s’exonère à bon compte de sa part de responsabilité, importante s’il en est pourtant. Un reflexe qui remonte à la nuit des temps et constitue sans doute un  privilége régalien.
Sans aide des services de l’Etat, les Maires des peites communes disposent ils des moyens logistiques et financiers leur permettant de répondre en quelques mois à une demande effectuée sans l’ombre d’une concertation (il est vrai que cela est une marque de fabrique de ce gouvernement) et dans une période pour le moins tourmentée (décentralisation, lancement des intercommunalités, désengagement de l’Etat …) et mouvante ? D’autant que l’implication financière de l’Etat dans nos budgets est inversement proportionnelle à ses exigences, chaque année plus croissantes.

Fixer un objectif quantitatif et technocratique à partir d’une règle de trois, sans étude de faisabilité réelle, visite sur le terrain, rencontre avec les élus, suivi ou aide logistique est une illustration du profond fossé entre le Monde réel et le monde virtuel dans lequel vivent certaines de nos élites (la réaction de surprise d’un haut fonctionnaires découvrant qu’une amende de 15 000 € équivaut pour une commune à 1% d’impôt est révélatrice à plus d’un titre !).
Il est dommageable pour la communauté, que les technocrates auteurs de ces directives n’aient jamais vécu en HLM ou en Cité. Oublier l’importance du facteur Qualitatif (qualité du bâti, situation dans la ville (disséminé ou aggloméré), mixité urbaine ou non …) et ne s’arrêter qu’au seul objectif quantitatif des 20% à atteindre, c’est surtout prendre le risque de multiplier et de créer de nouveaux ghettos … Notre ambition est toute autre; elle vise justement à vouloir réussir qualitativement cette intégration, nous y reviendrons prochainement …

Culpabiliser les élus de terrain de l’état de la situation actuelle, sans analyse sérieuse des efforts réellement déployés par chacun et du contexte local, est totalement injuste et arbitraire. Amputer les budgets municipaux, sans préavis, du jour au lendemain, en prenant le risque ainsi de compromettre des investissements indispensables aux communes et à leurs habitants démontre soit une certaine irresponsabilité, soit une méconnaissance réelle des difficultés budgetaires actuelles des petites communes et cela ne pénalise, au final, que les villes pauvres …

Mais tout ne va il pour le mieux dans le meilleur des mondes (« Huxley is alive ! ») ?

car Neuilly sur Seine peut dormir tranquille …

 

Note précédente :
Comment suis je devenu un Maire hors la loi ?