Six années qui ont ébranlé la planète

Cérémonie des vœux 2026 particulière, puisque dernière du mandat, quelque peu perturbé par des conditions météos hivernales mettant à rude épreuve les services municipaux.
Si pour la feuille de route et les projets 2026, il faut attendre le verdict des élections de mars prochain, cette cérémonie constituait un moment opportun pour faire le point sur les six années écoulées qui ont bouleversé bien de nos repères. Le monde tel que nous le connaissions en 2019 n’est plus qu’un lointain souvenir du fait de 5 évènements majeurs:

  • La crise sanitaire, unique et singulière, soulignant l’importance du vivre ensemble, de la liberté de se déplacer, des solidarités de proximité ;
  • L’invasion russe en Ukraine suscitant en Europe une prise de conscience collective de la nécessité de protéger la paix, trésor inestimable, de la défendre avec détermination ;
  • L’envolée des prix de l’énergie, l’élection de Donald Trump, le développement de la Chine, des faits géo politiques devant nous convaincre de l’urgence de développer enfin l’unité européenne, afin que demain nos pays puissent simplement encore exister ;
  • Le réchauffement planétaire et ses conséquences climatiques, auquel nous devons apporter concrètement et dans l’urgence des réponses adaptées ;
  • Au niveau national, l’instabilité politique qui depuis la dissolution plonge notre pays dans l’immobilisme et l’incertitude ;

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère qui impose de renforcer la robustesse et la résilience de nos territoires y compris au niveau le plus local, celui de la commune.

Ce mandat éprouvant, singulier, en mode plus qu’actif, a démontré l’importance de l’action publique de proximité portée par nos communes.
Si la vie politique locale n’a pas les caractéristiques de la « grande » politique nationale actuelle, et tant mieux me semble t’il pour nos concitoyens, elle se limite « simplement » à régler les problèmes du quotidien qui empoisonnent la vie de nos concitoyens, préserver la cohésion sociale et préparer « accessoirement » l’avenir de nos territoires. L’élu local en se limitant au domaine du faire et du concret, non du dire, du paraitre, des postures change sans doute plus la vie de ses habitants que bien des discours.

Localement, je veux souligner le soutien de Jean François Parigi Président du département de Seine et Marne et de Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile de France.
Nous avons mis de côté nos divergences politiques pour relever, ensemble, les défis du quotidien et celui, aussi complexe, de faire avancer des territoires que nous nous devons de défendre tant ils ont été oubliés par le passé.
Souligner également le rôle de la CAF, essentiel au maintien du lien social et familial dans nos communes, celui des services déconcentrés de l’état (Préfecture) sur beaucoup de projets utiles à la vie de nos habitants.

Ensemble, chacun à sa place, nous avons agir pour défendre un territoire, riche de ses contrastes, potentialités et talents, porteur de beaucoup de promesses à accompagner et faire éclore.

Nos collectivités en faisant bloc ont tenu littéralement le pays, y compris lors de l’absence répétée de gouvernement durant plusieurs mois. « L’intelligence des territoires » n’est pas un vain mot.
Il faut cependant souligner que l’état a essayé d’être moins vertical et technocratique, il était grand temps : création et l’ANCT et de la Banque des Territoires, programme « Petites Villes de Demain », une belle opportunité pour notre commune !
Jusque-là l’aménagement territorial n’était abordé qu’au travers du prisme « big is beautiful » et d’intercommunalités X.X.L, désincarnées, déshumanisées, loin de tous et de tout, surtout du terrain et des habitants.
Conception qui s’est fracassée aux réalités du monde réel, des gilets jaunes, du COVID. Nos concitoyens ont pu alors voir concrètement qui était sur le terrain pour faire le job et qui ne l’était pas.

Il est toujours utile de rappeler le rôle de l’élu local dans la cohésion du pays, « à portée d’oreille », souvent dernier recours pour les habitants, parfois malheureusement, notamment sur les réseaux sociaux, bouc émissaire idéal, responsable de tous les maux de la terre, notamment ceux sur lesquels il n’a ni prise, ni compétences … tellement facile …
Malgré des budgets de plus en plus contraints et les demandes croissantes de nos concitoyens, nous nous battons pour maintenir les services de proximité permettant à nos concitoyens de s’épanouir, là où ils vivent, c’est aussi cela la République, travaillons à rendre nos communes plus résilientes face au vent mauvais qui vient. Nous faisons face, pas en paroles mais en actes.
C’est sans doute pourquoi nos compatriotes sont si attachés à leurs communes. Ils y trouvent une porte ouverte, trop souvent la seule, une bienveillance, une qualité d’écoute, mais surtout des actions concrètes menées par des élus à « hauteur d’homme et de femme », confrontées aux défis d’une société schizophrène qui se plaint des conséquences des problèmes qu’elle rencontre sans toujours vouloir en traiter les causes. Les élus locaux, en première ligne, font le job, traitent des conséquences, mais se doivent également d’agir sur les causes, car si eux ne le font pas, qui le fera ?

Ce mandat local est sans doute aujourd’hui le plus beau des mandats, celui du faire, du concret, des solidarités de proximités et des dynamiques locales, dont nos territoires ont tant et tant besoin.
Un engagement républicain qui n’est pas que personnel, tant il implique conjoint, enfants, chaque élu consacrant une part de sa vie familiale au service de l’intérêt général.
Six ans d’une vie, ce n’est pas rien, c’est pourquoi il est essentiel de rappeler la valeur de cet engagement citoyen, au service des autres …

Jamais les mots du discours d’Albert Camus à Stokholm ne m’ont paru si justes, tant ils soulignent les limites, mais aussi et surtout, l’ambition qui doit animer les élus locaux aujourd’hui et demain.


« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde.
La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »

C’est un rappel au réel, à l’humilité, à la raison lucide, mais surtout, à l’action et à l’engagement public et citoyen, notamment au niveau local, c’est ce qu’attendent de nous nos concitoyens en 2026.